M. FIQUET
Élu au 2e tour de scrutin. — 12.500 voix.
Mes chers Concîtuÿens,
Désigné par tous les groupements républicains, Association républicaine, Union démocratique de la Somme, Union républicaine radicale et radicale socialiste, pour les représenter dmsla lutte électorale actuelle, c'est avec la plus entière confiance que, pour la quatrième fois, je pose ma candidature aux élections législatives pour la première circonscription d’Amiens, Tous vous me connaissez; tel j’étais eu 1803, en 1898, en 1002, lorsque vous m’avez accordé vos suffrages, tel vous me retrouvez aujourd’hui. Lors des élections du 27 avril 1902, je vous disais :
« Le programme que je vous ai déjà présenté deux fois est resté le mien, il est celui du parti républicain qui attend, avec la plus vive impatience, la réalisation des réformes
politiques et sociales promises depuis si longtemps à la démocratie. La publication journalière qui a été faite de mes votes vous a prouvé que je lui suis demeuré fidèle.
« Comme par le passé, je demande :
a La suprématie du pouvoir civil;
* La neutralité absolue de TÉtat au point de vue religieux;
« L’application rigoureuse des lois qui ont établi la gratuité, la laïcité obligatoire de renseignement primaire, Fabrogation de la loi Falloux, l’égalité de l’enfant devant Fin s traction;
« La réduction des frais de justice;
« Une plus équitable répartition de l’impôt et rétablissement de l’impôt global et progressif sur le rev ru;
<i L’égalité des charges militaires qui pèsent sur tous Jes citoyens, avec la réduction de la durée du service à deux ans, la suppression de toutes les dispenses et Passistancè aux familles nécessiteuses ;
« Je demande !e vote de lois protectrices du travail, des lois de prévoyance et de solidarité sociales, la création des retraites ouvrier s qui assureront aux travailleurs le pain de leurs vieux jours. »
La législature qui vient de se terminer, Pu ne des plus fécondes que nous ayons connues, a r alisè une certaine partie de ces réformes, La suppression de renseignement congréganiste a été votée ; la séparation de l’Église et de l’État, par une loi libérale et respectueuse des droits de la conscience, a mis fin à une union mal assortie que supportaient péniblement l’Église et l’État. La nouvelle loi militaire, réduisant à deux années la durée du service dans l’armée active, a réparti plus équitablement les charges militaires entre tous les citoyens ; ïi n’y a [ lus de dispenses et les familles nécessiteuses privées de leur soutien recevront des secours. L’assLtam e ob’ig toire aux vieillards, aux infirmes et aux incurables privés de ressources, va entrer en pratique le 1er janvier prochain. La loi sur les patentes a réalisé une partie des améliorations réclamées par le commerce et a mis un peu plus de justice dans là répartition des charges qui pèsent sur lui; la loi sur la réforme des justices de paix a étendu Faction de ccf!e juridiction démocratique, au pTus grand profit des contribuables.
Mon vote a été acquis à toutes ces réformes.
Si vos suffrages renouvellent mon mandat, je poursuivrai la réalisation non encore obtenue des réformes politiques, économiques et sociales que tous nous désirons vivement. Le premier résultat à atteindre sera de faire uneréalitéde la loi sur les retraites ouvrières, étendue à mus les travailleurs. Il faudra arriver au retrait des avantages faits aux bouilleurs de cru, au grand préjudice de notre région.
Adversaire des impôts de consommation, je voterai la sup ression des licences: j’appuierai de mon vote toute proposition tendant à améliorer la situation des travailleurs, à établir le repos hebdomadaire, à étends e la juridiction des consens de prud’hommes et à limiter, dans des conditions raisonnables, les heures de travail pour les empfoyés et ouvriers.
Partisan, dès la première heure, de la loi sur les synd cafs, je voterai toute mesure tendant à faciliter les rapports entre le capital et le travail et à établir les con eils de conciliation et d'arbitrage, en vue d* éviter les Conflits.
Partisan d la propriété individuelle, je volerai toute mesure en facilitant l'accès au plus grand nombre des travailleurs.
Partisan de la paix, je voterai toute mesure qui pourra, sans affaiblir la défense nationale, rendre La change moins lourde pour notre pays.
Mes chers Concitoyens,
Chaque fois que j’ai fait appel à vos suffrages, j’ai pris l’engagement de consacrer à la
défense de vos intérêts tout mon dévouement et toute mon énergie, en ma montrant un fi dèle serviteur de la démocratie et de la République.
A vous de me dire si j’ai su conserver votre confiance.
Vive la République 1
, , Alphonse PIQUET,
Maire d’Amiens,
Conseiller général de la Somme,
Député sortant,
Candidat des groupes républicains.
2R Circonscription cT AMIENS.
M. CAU VIS.
Élu au 2e tour de scrutin, — 16,226 voix
Mes chers Concitoyens,
j ne crois pas devoir faire une longue profession de foi. Mes actes et mes votes, depuis huit ans que vous avez bien voulu me confier la défense de vos intérêts, comme député, vous répondent de mes intentions pour l’avenir.
J'ai voté la loi milhaïre de deux ans et je suis partisan de !a réduction des périodes d’instruction dans toute la mesure où elle ne saurait compromettre la défense de la Patrie,
Je suis partisan de la réforme des conseils de guerre en les constituant avec des membres spécialement instruits et recrutés tour ces fonction-, et de ïa refonte du Code de justice militaire,
JJdi voté la loi de séparation, mais avec toutes les dispositions susceptible? d’assurer la liberté de conscienc : et la transmission dos biens à ceux qui assum ront fa charge de les administrer dan* l’intérêt du culte.
J’ai voté, comme député, la loi d’assistance aux vieillards eî aux infirmes et, comme Président de la Commission du Conseil général chargé' d’étudier les voies et moyens d’exécution, je me suis efforcé, avec mes collègues, d’en assurer le fonctionnement eu chargeant le moins possible la commune et, par suit le contribuable. Cette loi appelle des compléments: la créai ion d’hospices cantonaux, maisons d - repos pour les travailleurs vieillis et d’étabhssemen-ts publics d’assistance par le travail.
J’ai, voté !a loi des retraites ouvrières actuellement soumise au Sénat, J’ai toujours été acquis à toutes les œuvres de prévoyance, d’assistance et de solidarité. Je considère qu’il y a lieu d’aider la famille nombreuse, notamment par la mutualité, et de favoriser l’accession de la, propriété individuelle au travailleur. Parmi les moyens qui me paraissent les plus favorables pour atteindre ce but, jp citerai : la loi des habitations à bon marché, qui transforme le locataire en propriétaire par le payement de son loyer et assure, à lui et aux siens, la possession de l’habitation familiale, loi qui, par des dispositions additionnelle** devra leur en garantir indéfiniment la propriété; TappUealion des mesures pratiques .permettant d'associer plus intimement le capital et le travail à l’œuvre commune.
Ayant toujours vécu au milieu des travailleurs, je sais apprécier leurs besoins et je resterai préoccupé de rechercher les solutions capables d’améliorer leur situation,
MV eupant depuis de longues années d'industrie et d’agriculture, je considère que ces deux sources de la richesse nationale sont intinr.ment liées et je voudrais voir se réali er par des organisations semblables toutes les améliorations possibles. Aussi suis-je partisan résolu de la constitution des Chambres électives d’agriculture, h l’exemple des Chambres de Commerce, et je voudrais les voir s'unir dans une communaulê d’efforts pour accroître le bien-être (les citoyens et la prospérité de la France.
Je n’oublierai pas les questions d’instruction en facilitant aux enfants, susceptibles de les recevoir avec fruit, les enseignements secondaire et supérieur; j’exigerai de tous les maîtres les garanties de compétence nécessaire et le respect des lois de la République.
Tous mes efforts tendront à réaliser des économies pour diminuer les impôts et en faire une répartition plus équitable, par un concours plus large de la fortune acquise, parla décentralisation administrative, îa réduction du nombre des circonscriptions en en augmentant lJétendu3p la suppression des arrondissements et la création de conseils cantonaux, par la diminution du nombre des députés, en substituant à la base de la population et de î’ëtendue territoriale, celle du nombre des électeurs.
C’est dans ces dispositions et avec ces sentiments, mes chers concitoyens, que je me présente de nouveau à vos suffrages.
Vous, la France et la République, pouvez compter sur tout mon dévouement,
Ernest CALVIN,
M-aire de Saîeux, conseiller général,
Circonscription de DOULLENS,
M, ROUSÊ*
Élu au 1er tour de scrutin, — 7.258 voix,
Messieurs les Électeurs et chers Concitoyens,
C’est avec la plus grande confiance que je viens de nouveau solliciter vos suffrages pour le scrutin du 6 mai.
Vous me connaissez intimement ; vous savez qui je suis, d’où je viens, ce que j’ai fait, ce que je veux.
Comme en 1902, ma candidature se réclame de l’union étroite de tous les démocrates sincères, qui désirent les réformes laïques et sociales. K
La plupart de Vt)s élus : tous les membres du Conseil d’arrondissement, les maires et Conseillers municipaux républicains de la circonscription, m’ont offert spontanément leur appui, de même que la ligue républicaine et l’union démocratique de là Somme,
J’ai la satisfaction de po ivoir dire que tous marchent à mes côt js, dans la lutte contre les éternels ennemis de la République : le cléricalisme et la réaction.
À chacun de vous, j’ai rendu compte de mon mandat. J ai conscience de l’avoir loyale* ment et fidèlement rempli.
J’ai voté la loi d’assistance aux vieillards, aux infirmes et aux incurables.
J’ai voté la loi de deux ans, qui rend le service militaire de durée égale pour tous les citoyens.
J’ai voté, le 28 février dernier, la réducliou à quinze et à six jours des périodes d’instruction des réservistes et des territoriaux, on attendant qu’il soit possible de les supprimer complètement.
J'ai voté la loi sur les retraites ouvrières.
J’ai volé la séparation des Églises et de l’État, qui respecte la liberté de conscience et la pratique du culte.
Au point de vue économique, mes vingt-cinq ans passés dans les fonctions électives vous ont instruit de mes tendances et de mes aspirations.
Ancien vétérinaire, aujourd’hui cultivateur à Beaurepaire, j’ai appris à connaître de bonne heure les souffrances et les espérances de l’agriculture, aussi ai-je toujours pris à cœur la défense de ses intérêts.
J ai eu la bonne foi tune d’avoir été appelé au sein de la Commission des douanes de la Chambre des Députés et d’avoir participé activement à ses travaux depuis quatre ans.
J’ai coopéré aux mesures douanières qui ont fermé notre frontière à l’invasion du béiai] étranger; à celles qui ont mis uu terme aux importations de blé, effectuées sous prétexte d’origine tunisienne.
Je me suis opposé à la surélévation des droits sur les cafés brésiliens.
J ai voté, en 1903, l’abaissement de 60 à 25 francs, du droit sur les sucres et la réglementation du privilège inique d< s bouilleurs de cru.
Cette dernière mesure a malheureusement été supprimée cette année, au grand préjudice de notre région. — «apporteur de la proposition de taxation des graines oléagineuses exotiques, j’ai réussi à mettre en l’état cette question complexe.
J’ai voté le renouvellement de la prime à la culture du lin.
J ai déposé, le 13 février 1903, avec plusieurs de mes collègues du Nord, une proposition de loi tendant à la création, pour toute la France, d'un tabac de pipe, ce qui permettrait 1 extension dans notre départe ment, de la cutlure rémunératrice du tabac.
Chers Concitoyens, „
Il reste, sans doute, bien d’autres améliorations et bien d’aulres réformes à obtenir.
Je les soutiendrai.
Je suis partisan de la suppression des conseils de guerre en temps de paix et de la réforme du code barbare de justice militaire.
Je veux aussi la révision des frais de justice, la suppression des procédures inutiles et onéreuses, la refonte de notre vieil arsenal de lois souvent contradictoires.
Je suis partisan de l’impôt sur le revenu sans vexation ni inquisition et delà suppression de 1 héritage en ligne collatérale à partir du sixième degré, en vue du remplacement des contributions directes et des impôts indirects qui pèsent si lourdement sur les cultivateurs les commerçants et les ouvriers.
Je poursuivrai la suppression du privilège des bouilleurs de cru.
Je voterai le scrutin de liste, avec représentation proportionnelle au nombre d’électeurs,
a n que les intérêts de la région du Nord ne soient pas constamment sacrifiés à ceux du Midi.
Partisan de la paix, ja désire ardemment que les conflits entre nations soient réglés, non plus par les armes, mais par l’arbitrage international, et je m’emploierai pour y arriver. En attendant, je veux une armée forte et respectée, mais fidèle à ses devoirs et obéissante aux lois.
Chers concitoyens,
Si vous voulez que la République accomplisse les réformes politiques, économiques et sociales que la démocratie attend d’elle ;
Si vous voulez qu’elle toit le régime de travail, d'économie, de prospérité, de bien èLre matériel et moral que souhaite le pays, le régime de solidarité et de justice que réclament les déshérités, serrez les rangs pour vaincre la coalition réactionnaire et cléricale qui, tous l’îtiqu tte républicaine, et par des m nsonges odieux, des calomnies infâmes et des injures grossières, répétés r satiété dans les journaux l Authie, la Jlroix, le -îévioria l , /a Joui liai d'Amiens, etc., essaye de surprendre votre bonne foi.
Ne vous déjugez pas.
Allez aux urnes, faites votre devoir, je saurai aecoinplir le mien .
Pour vous je reste sur la brèche et je die :
Vive la République vraiment démocratique, vraiment laïque et vraiment sociale !
Albert ROUSÉ,
Conseiller général, maire de Doullens,
Cultivateur à Beaurepaire,
Député sortant.
Circonscription de MONTDID1ER.