‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1906Chapitre 239 sur 280 · M. L.-L. KLOTZ · texte numérisé non relu

M. L.-L. KLOTZ

Élu au 1er tour de scrutin. — 8.068 voix.

Chers Concitoyens,

U y a onze années déjà, lorsque, pour la première fois, en 1805, je sollicitais vos libres suffrages! je vous disais :

« Également éloigné de ceux qui veulent entraîner fa France aux pire; désastre*, en s’efforçant de ruiner la propriété individuelle et de ceux qui, hier encore, farouches ennemis de la République, ont fait mine de s’y rallier, pour vaincre par la ruse, alors qu’ils avaient échoué par la violence, je suis pour l’ordre et le progrès contre la révolution et la réaction ».

Je suis resté, je reste, plus que jamais, fidèle à cette déclaration. Car, — et c’est là nna loi constante de l’histoire, — de même que la révolution conduit inévitablement le pays à se précipiter dans les bras des réacteurs, de même les triomphes momentanés di la réaction produisent les plus graves mouvements révolutionnaires.

Dans l’intérêt de la République -et de-îa Franee, vous répudierez les can liduLares de ces deux partis extrêmes; vous affirmerez, sur mon nom, une fois de plus, votre volonté d’assurer la réalisation d s réformes démocratique-1, des lois sjeiale*, le développement de la prospérité 'nationale par l’étroite union de tous les républicains.

Et je l’affirme hautement : je demeure invariablement attaché à mon pr gramme, tris ferme sur les questions de principe, dédaigneux des injure*, d’on qu’elles viennent, conoiliant £ur les questions de personnes.

De ce programme, vous connaissez les grandes lignes : je les al récemment iraeées à Roye, en novembre 1905, et à Montdidier, au cours de cette période électorale. Je l’ai développé dans toutes nos communes et j’épronve quelque fierté à vous dire que je ne vous apporte pas que des promesses* nuis des actes.

La dernière législature, en effet, n réalisé une œuvre impartante à laquelle fai collaboré activement- La réduction à deux années de la durée du service militaire, la justice plus prompte et plus rapide, ^assistance accordée au vieÜard et à l’incurable* la diminution de Pimpôt sur le sucr^, la séparation dés ÉgUses et de l’État sont devénues de vivantes réalités.

Cette dernière loi devra être intégralement et loyalement appliquée, sans faiblesse comme sans violence, respectueuse de la liberté de conscience et du maintien de Tordre public.

le considère comme intangibles ces grandes lois républicaines.

Président et vice -président des plus importantes commissions, rapporteur des budgets de l’Agriculture et de la Guerre, j’ai la conviction d’avoir bien servi les intérêts de notre arrondissement et ceux du pays tout entier : je ferai aboutir les réformes nombreuses que j’ai proposées au cours de la dernière fégitlature.

le réprouve les théories funestes de l'antipatriotisme : je veux la paix, que seule peut nous assurer notre force défensive.

Je veux une réforme électorale sérieuse donnant à nos départemenls du Nord une représentation proportfonnelie au nombre de leurs habitants, la souveraineté du suffrage universel.

Je veux la réforme de Timpôt,. demandant moins au necessaire et plus au superflu.

Je veux le maintien dos tarifs protecteurs de 1892, qui donnent la sécurité à notre agriculture ; je veux le dégrèvement de la terre , qui succombe sous le poids tant de de charges ; je veux la diminution des frais de transporte de nos produits agricoles ; je veux défendre, comme par le passé, la culture régionale contre les fraudes des bouilleurs de cru et les agressions de la viticulture méridionale; je veux favoriser l’accession de tous à la p tîte propriété.

Je veux solutionner au plus tôt les questions vitales d’ordre économique et social, lutter contre les monopoles de droit et de fait, contre F accaparement et l’agiotage ; prévenir, par une loi sur l’arbitrage, les conflits si douloureux entre le capital et Je travail, substituer au régime du salariat celui de l’association par la participation aux bénéfices. Enfin, je m’engage à n’accorder ma confiance qu’à un gouvernement résolu à faire aboutir devant le Sénat la loi sur les retraites des travailleurs urbains et ruraux, déjà votée par la Chambre, résolu, en cas de résistance, à demander la révision de la Constitution pour assurer le dernier mot aux représentants du suffrage universel.

Depuis onze années que je vis au milieu de vous, vous m’avez vu à l'œuvre : vous avez pu apprécier mes travaux; l’expérience que j’ai acquise me donnera la force nécessaire, indispensable, de les poursuivre pour le plus grand intérêt de notre arrondissement.

La grandeur de la France pacifique et digne, l’évolution constante de la démocratie, la prospérité de notre industrie et de notre agriculture, les réformes sociales, telles sont mes principales, mes uniques préoccupations.

Et le 6 mai prochain, vous n’hésiterez pas, j’en suis convaincu, à assurer sur mon nom le triomphe de ces idées qui nous sont communes et dont la réalisation peut exercer une influence capitale sur la destinée de la République.

Vive la République démocratique et sociale I

Page 1