‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1906Chapitre 243 sur 280 · M. SÉNAC · texte numérisé non relu

M. SÉNAC

Elu au 1” tour de scrutin. — 9.080 voix.

Mes chers Concitoyens,

C’est avec un sentiment de légitime fierté que je viens vous remercier des votes de haute confiance que vous m’avez accordés en 1898 et en 1902.

Dans chacune de ces circonstances solennelles, 9.000 suffrages vinrent affirmer votre vieille foi républicaine, votre ioébranlable volonté de maintenir dans nos rangs la cohésion, l’union, la solidarité qui vous valurent les splendides victoires politiques de 1876, de 1877

dite des 363, et de toutes les élections ultérieures.

Vous répudiâtes impitoyablement les candidats à opinions indécises, rétrogrades, réactionnaires, ceux qui, inconnus la veille, croyaient pouvoir vous leurrer de promesses hypocrites et fallacieuses. Tous ne trouvèrent dans notre patriotique circonscription que dédain, mépris T échecs retentissants*

Ce passé garantit l'a venir* . x

Comme jadis, vous êtes prêts à rejeter les candidatures exotiques, toutes celles qui nourriraient la folle illusion de faire pénétrer dans nos rangs les méfiances, les suspicions, la vénalité, la corruptiou, les compromissions déshonorantes.

Vous n’écouterez ni calomnies, ni mensonges, auxquels nous dédaignerons de répondre. Vous songerez uniquement à votre devoir de citoyen, à la préservation de toute souillure qui pourrait rejaillir sur cet admirable instrument que la République de 1848 a mis dans nos mains : le suffrage universel.

Devant lui, les volontés individuelles ou collectives doivent s’incliner. Toute théorie contraire fausserait nos rouages gouvernementaux, nous conduirait au désordre et à anarchie.

Électeurs,

le viens solliciter le renouvellement du mandat que vous m’avez confié.

IL vous appartiendra d'apprécier et de juger mes actes durant la législature qui vient de

s'écouler.

le crois pouvoir dire que le travail accompli par la Chambre des Députés a été un labeur

incessant, inlassable. „ , • t

Toutes les questions politiques, économiques, sociales, humanitaires, ont fait 1 objet

d’études, de rapports remarquables.

Les lois sur la réduction à deux années du service militaire, sur l'assistance obligatoire aux vieillards et aux incurables privés de ressources, sur l'hygiène et la sécurité des travailleurs, sur la restitution aux oiseleurs du droit de chasser Talouette, sur tes retraites ouvrières et paysannes; sur la codification du travail et de fa prévoyance sociale, sur la liberté et la sincérité du vote, sur la réorganisation des justices de paix et ta réduction des frais de justice ; sur la suppression de renseignement congréganiste, sur la séparationloyale, libérale, bienveillante des Églises et de l'État, et la dénonciation du Concordat depuis si longtemps violé par Rome et par ie prêtre, sur l'augmentation de nos escadres, ont déjà reçu ou vont recevoir à bref délai des solutions conformes aux aspirations de la démocratie,

La propriété foncière non bâtie a bénéficié de nombreux dégrèvements, et la suppression du budget des cultes permettra à nos communes d'en réaliser d'autres encore à bref délai*

La taxe des lettres à 0 fr* Î0 au lieu de 0 fr, 15 est un fait accompli.

Le canal des Deux-Mers décuplera ^activité agricole, commerciale, industrielle de notre pays. Les études viennent d'en être confiées par FÊtat à une commission d'ingénieurs et de spécialistes* Ce canal sera Tœuvre de la prochaine législature.

J'ai le droit d'affirmer que j’ai énergiquement coopéré à cette œuvre immense*

Ht

Mes chers électeurs,

Si vous me donnez une fois cl e plus votre confiance, je m'efforce rai de faire adopter et triompher toutes les autres clauses contenues dans mes programmes antérieurs. J'inscrirai, au premier rang, le projet de toi relatif à l'impôt global et progressif sur le revenu*

Je continuerai d'être Je défenseur énergique du Gouvernement actuel, que je m'efforcerai d'améliorer, dans un sens plus conforme aux aspirations du suffrage universel, par la décentralisation administrative*

C'est la République qui, depuis 1870, a reconstitué nos armées, nos escadres, nos finances, notre prestige dans le monde.

File a puissamment contribué au développement de îa richesse publique, La viticulture, seule, traverse une crise douloureuse à laquelle nous nous efforcerons de porter remède*

Ces jours derniers, des complications marocaines ont jeté quelque émotion légitime dans le pays. Notre bon droit, notre puissante organisation défensive, la sagesse, la prudence de yos représentants républicains ont su trouver des solutions paisibles et honorables pour tous*

Citoyens,

En portant dans Turne votre bulletin de vote, vous direz que la réaction aurait infailliblement détruit celle œuvre si féconde de la démocratie.

La réaction vous aurait fatalement conduits à la guerre.

Vous voterez tous avec confiance pour ce Têgime de paix, de repos, de stabilité*

Vous voterez tous pour la République de progrès, de solidarité qui est la nôtre.

Urbain SÉNAC,

Avocat, ancien notaire.

Conseiller général de Gers, Député sortant.

Circonscription de MOISSAC*

M. CHAUMEIL,

Élu au ia tour de scrutin. — 6,575 voix.

Mes chers Concitoyens,

Depuis trois ans, l'arrondissement de Moissac est représenté au Parlement par l’élu d’une minorité réactionnaire*

Depuis trois ans, la majorité des électeurs, qui est républicaine, est impatiente de faire cesser cette situation, à la fois humiliante et nuisible aux intérêts de notre arrondissement* Le vœu manifeste de tous les républicains sincères appelle avec insistance ïa candidature d’un homme nouveau, d'un homme indépendant, d’un homme qui nr apporte dans la lutte aucun grief personnel à venger, d’un républicain résolu, non de ceux qui parlent beaucoup, mais de ceux qui savent agir et qui en ont donné la preuve. C'est le seul moyen d’en finir avec des querelles dont on ne veut plus entendre parler* C’est le seul moyen, par conséquent, de grouper le plus grand nombre possible de suffrages contre l’adversaire commun.

Mes amis politiques «n’ont fait le grand honneur d’estimer que je réunis ces conditions d’indépendance et de caractère indispensables pour obtenir la confiance des électeurs. Les républicains les plus autorisés de l’arrondissement m]ont confirmé cette opinion. Dès lors, mon devoir m’a paru tout tracé : je viens donc me mettre à votre disposition, mes chers concitoyens, pour reconquérir et restituer à la République le siège deMoissàc*

Telle est la raison d’étre de ma candidature ; telle est sa signification capitale, son caractère essentiel 1

Mes chers Concitoyens, *

Ces déclarations faites relativement à la situation particulière de notre arrondissement, il me reste à vous exposer de quelle manière et par quelprograrame, si vous me confiez îe mandat reconquis par noire parti, je me propose de l’exercer,

Jo m’honore d’appartenir au groupe républicain radical, l’entends par là que je suis partisan, non seulement de la République radicalement et définitivement instituée dans notre pays, en tant que régime répondant à si volonté si souvent exprimée, ainsi qu’à ses intérêts matériels et moraux, mais encore de tout le programme de réformes et d’améliorations sociales dont l’idéa] républicain comporte la réalisation*

En ce qui touche la politique générale, je suis partisan :

D’une plus équitable répartition des impôts, en demandant moius au travail et davantage à la richesse acquise ; impôt sur le revenu, avec suppression de la contribution foncière ;

De protéger par tous les moyens l'agriculture, le commerce et l'industrie;

De re viser la Constitution dans le sens le plus démocratique, la République étant mise au-dessus de toute discussion ;

De diminuer les gros traitements des fonctionnaires; d’augmenter les petits traitements ;

Des retraites ouvrières et agricoles;

De l'abrogation de la loi Falloux; de la liberté de l’enseignement, mais avec le contrôle de l’État ; des bourses de droit à toutes les écoles pour les élèves d’élite appartenant à la classe ouvrière ;

De la suppression des 1 S et 28 jours,

La question des ingérences de l’Église dans les affaires de -l’État est aujourd'hui réglée par la loi de séparation. — Cette loi a pour objet de préparer un ordre de choses ou, toutes les croyances restant libres, toutes les fonctions sociales pourront s'exercer et se développer en toute indépendance et en toute harmonie dans l'État laïque.— Mal interprétée par beaucoup, cette loi de séparation, dont le principe doit rester désormais intangible, est, comme toutes les œuvres humaines, sujette à des critiques et au besoin à des révisions de détail.

Tout ce que je puis vous déclarer, c’est que, si le Parlement est appelé à amender cette loi selon les indications de l'expérience, je m’inspirerai, en ce qui me concerne, du respect dû aux croyances religieuses, qu’il est toujours possible de concilier avec les principes essentiels de la doctrine républicaine.

Enfin, il reste à la société un lourd devoir à remplir ; je mettrai toute mon ardeur à l’accomplissement de la tâche de solidarité humaine et de justice sociale qui sera le suprême honneur de la République française.

En ce qui concerne particulièrement notre arrondissement, je poursuivrai la réalisation des idées dont l’énumération suit :

Culture dn tabac;

Abaissement des frais de transport de chemin de fer pour les denrées alimentaires et, notamment, pour les chasselas;

Création du Canal dos Deux-Mers;

Chemin de fer de Cahors à Moissac, avec embranchement sur Valence ;

Développement des moyens de communications par rétablissement d’un réseau de tramways; l'achèvement du réseau vicinal;

Installation d’une garnison a Moissac, afin de contribuer au relèvement de la prospérité industrielle et commerciale du chef-lieu de Farrondissement,

Mes chers compatriotes,

L’heure est venue pour notre arrondissement de reconquérir sa place et sa légitime influence dans la représentation de la France républicaine.

Je ne me dissimule pas l’étendue des devoirs et de la lâche qui vont m’incomber si vous m’envoyez au Parlement national, mais je suis un homme d’action, Gis de mes oeuvres, habitué, en démocrate de naissance, aux labeurs qui exigent du caractère, delà persévérance et de F énergie.

Je mets au service de vos intérêts et de vos revendications toute l’expérience et toute la bonne volonté qui sont en moi. — Si vous secondez mes efforts, si nous triomphons ensemble, vous pouvez compter sur ma loyauté républicaine et sur mon dévouement absolu à vos intérêts.

Vive la République!

J. -B. CHÀUMEIL,

Entrepreneur de travaux publics,

Maire de Valence.

Circonscription de MONT AUB AN ,

M. CAPËRAN,

Élfl au 2* tour de scrutin, — 13,939 voix*

Mes chers Concitoyens,

Les représentants autorisés du parti républicain dans notre arrondissement m’ont fait l'honneur de me désigner comme candidat à l'élection législative du 6 mai.

Soucieux avant tout de ne pas me dérober au devoir, à l'heure où tous les partisse réaction se préparent à tenter un assaut furieux contre la République, j’ai accepté la candidature qui m'était offerte.

J’ai le devoir de vous rendre compte du mandat que vous m'avez confié eu 1902 et de vous faire connaître mon sentiment sur les réformes dont la Chambre prochaine doit poursuivre la réalisation.

En me représentant devant le corps électoral j’ai le droit de lui dire que j'ai scrupuleusement tenu les engagements que j'avais pris devant lui en 1902,

Ainsi que je Pavais promis, jfaï voté :

La loi sur les associations;

La réduction du service militaire ;

La réduction des périodes des vingt-huit et treize jours ;

Les propositions tendant au rétablissement du scrutin de liste;

Le rachat des chemins de fer du Midi ;

L'extension de la compétence des juges de paix;

La loi sur les retraites ouvrières.

J’ai également appuyé de mon yole d’autres propositions de loi qui m'ont paru offrir à la démocratie d’autres améliorations.

Parmi ces projets, je citerai ^

La loi modifiant lo régime des sucres ;

La suppression des bureaux de placement;

La suppression du monopole des pompes funèbres?

La suppression des droits sur les chasselas à leur entrée dans Paris;

Le rétablissement du privilège des bouilleurs de cru, dans l’espoir d'atténuer la crise viticole dont souffre toute notre région du Midi, et pour mettre fin au régime d’inquisition et de vexation dont avaient a se plaindre nos agriculteurs, peu familiarisés avec les dispositions d’une loi gui les exposait à de graves pénalités.

J'ai voté la loi réorganisant les services des enfants assistés et l'assistance aux vieillards et aux incurables.

Enfin, avec la majorité des républicains de la Chambre, j'ai voté tous les articles du projet de loi de séparation des Églises et de VÉtat,

Beaucoup de républicains considéraient comme réalisable seulement dans un temps plus ou moins éloigné cette réforme de la plus haute importance ; ils n'ont pu l'écarter de leur route le jour où le Vatican a provoqué un conflit çntre la France et Rome, en protestant contre la visite du président Loubet au roi d’Italie.

C'est sur cette loi de séparation, odieusemeut dénaturée par les ennemis de la êpublique, que vont se faire les prochaines élections.

— mi —

On nous accuse d'avoir fait une loi de persécution, de violence ét de haine.

Cela n’est pas, mes chers concitoyens. Nous avons voulu faire et nous avons fait une loi équitable, loyale, respectant tous les droits de la conscience et, à l'appui de mou affirmation, j’apporte le témoignage d’un homme qui ne saurait être suspect aux catholiques, d’un homme qui n’a pas voté la loi de séparation : M. lübot. Voici ce qu’il disait à la Chambre, dans la séance du 7 mars ;

a Une loi qui donne au Saint-Siège le droit de nommer sans contrôle les évêques; une loi qui vous permet, à vous et à vos évêques, de vous réunir, de délibér&r et de gouverner les intérêts de l’Église catholique : une loi qui vous remet la jouissance des églises sans aucune condition de payement de loyer, sans rien d’humiliant et sans fixer de délai, permettez-moi de vous le dire, c'est, une loi qui peut ne pas vous convenir, mais ce n’est pas une loi de violente persécution.

« Vous ne pouvez pas dire cela à ce paya,

« L’Église catholique peut vivre avec cette loi; elle peut même prendre une place plus grande parce qu’elle devra s’accoutumer aux mœurs fécondes et fortifiantes de la liberté. >v

Nous les avons vus, ces ennemis de la République, à propos de i’inveu taire d^s biens de* églises, mesure conservatoire demandée et acceptée par une grande partie des advëffaîr&s de la séparation, dans un but électoral essayer de déchaîner sur le pays ia guerre religieuse et la guerre civile.

Ces conservateurs, faux amis de l’ordre, voudraient rendre les républicains responsables du sang versé sur quelques points du territoire à la suite de leurs malsaines excitations à la désobéissance aux lois.

Ces politiciens n’ignorent pourtant pas que la formalité de P inventaire était prescrite dans l’intérêt des fidèles et simplement pour assurer la transmission légale desdits biens aux associations cultuelles.

La prochaine législature trouvera devant elle la route libre et phurra hardiment s’engager dans la voie des réformes sociales.

Si vous me faites l’honneur de m'envoyer de nouveau au Parlement, vous pouvez être assurés que mon concours ne fera jamais défaut à ceux qui auront à cœur de réaliser sans retard les réformes attendues par la démocratie, entre autres la loi définitive sur les retraites ouvrières en ce moment devant le Sçnat; l'assurance des travailleurs contre le chômage, la maladie et l'invalidité, réformes qui compléteront heureusement la Loi accordant une retraites aux travailleurs des villes et des campagnes*

Dans l’intérêt de notre agriculture, que tant de crises ont cruellement éprouvée, je voterai la suppression de l’impôt foncier, réclamée par la Société nationale des agriculteurs de France, et je donnerai mon approbation à toutes les propositions qui auront pour but d’étendre et d’organiser les caisses de crédit et d’assurances agricoles et de réduire les frais de mutation.

Dans le but de développer ia richesse de notre pays, j’aiderai de toutes mes forces à la réalisation des projets d’améliorations de notre outillage national, ports et voies de communication de tout ordre*

Pour notre arrondissement, en particulier, je prends l’engagement de déposer à la Chambre, dès le début de la législature, un projet de voie ferrée reliant ia ligne de Toulouse-Limoges-Paris à la ligne de Toulouse-Capdenac-Paris, afin de mettre en pleine valeur ies belles et fertiles vallées du nord de notre arrondissement et de contribuer au développement du centre industriel de Caussade et Septfonds, dont notre département a le droit d’être fier. Pour pouvoir faire face aux dépenses nécessitées par toutes ces réformes que je Viens d'exposer, deux choses s’imposent :

Réaliser des économies dans les dépenses publiques qui n’intéressent pas la défense nationale et les lois de solidarité sociale ;

Assurer par Rétablissement de l’impôt progressif sur le revenu une répartition piu3 équitable des charges fiscales*

Chers électeurs,

J’ai confiance en votre bon sens.

A ceux qui nous accusent de vouloir vous ravir des libertés chèrement conquises, et que vous ne devez qu’à la République, vous répondrez : Nous savons quels sont les amis de la liberté, et nous n’irons jamais les chercher dans un parti que nous considérons comme le plus dangereux ennemi des libertés publiques.

Vous vous souviendrez aussi que, si la France a repris son rang dans le monde ; si, appuyée sur une armée et une marine de premier ordre, elle n’a plus rien à craindre aujourd’hui pour l’intégrité de son territoire; si, depuis quarante années, vous jouissez des bienfaits de la paix, c’est à la République que vous le devez, et vous n’accorderez votre confiance qu’à ceux que vous savez capables de la servir et non de la trahir.

Vous ne serez pas dupes de ceux qui n’osent plus arborer leur drapeau et se réclament de tous les partis pour les mieux tromper tous.

Le 6 mai prochain, la République sortira une fois de plus triomphante des urnes.

Notre belle circonscription de Montauban ne s’abandonnera pas, j’en ai la certitude, et sa vaillante démocratie restera fidèle à celui qui n’hésita jamais à mettre à son service tout son dévouement, toute son énergie.

Vive la République 1

Charles CÀPÉRÀN,

Maire de Montauban.

VÀR

Circonscription de BRI GNOLES.

M. Octave VIGNE.

Élu au lsr tour de scrutin. — 7.520 voix.

Mes chers Concitoyens,

J’ai à cœur de remercier bien affectueusement nos délégués qui, venus en grand nombre à Brignoles de tous les points de l’arrondissement assister au congrès du il mars, m'ont à l’unanimité désigné comme le candidat unique du parti républicain socialiste aux prochaines élections législatives,

Devant une manifestation d’aussi haute confiance et de si chaleureuse sympathie, qui m’a si profondément ému, mon devoir est tout tracé, et j'accepte la candidature qui m’est offerte.

Votre reconnaissance si touchante me crée des obligations auxquelles je ne chercherai pas à me soustraire.

Si vous m’envoyez de nouveau siéger au Parlement, j’apporterai dans l’accomplissement de mon mandat la même fermeté d’opinions, le môme désintéressement et la même énergie que par le passé.

Vous avez pu constater, en effet, que dans la mesure de mes forces, je me suis attaché, pendant toute la durée de la législature qui s’achève, à faire entrer dans le domaine des faits, par l’union de tous les républicains et de tous les socialistes, les conquêtes de l’esprit laïque et les revendications matérielles et morales du prolétariat agricole et ouvrier.

C’est grâce à cette concentration de tous les efforts démocratiques qui portera dans l’histoire le nom de bloc de gauche qu’ont été promulgées : la loi réduisant à deux ans le service militaire, la suppression de l’enseignement eongréganiste, la séparation des Églises et de l’État, la loi d’assistance obligatoire aux vieillards, aux incurables et aux infirmes, et enfin que la Chambre a voté les retraites ouvrières et paysannes, qui assureront aux travailleurs la paix de leurs vieux jours et la dignité de leur existence.

Citoyens,

Il appartiendra à la prochaine législature de continuer cette œuvre de libération deï consciences et d’émancipation humaine.

Le parti socialiste, avant-garde éclairée du grand parti républicain, s'appliquera énergiquement a faire aboutir les lois fiscales et les réformes sociales, destinées à apporter plue de Justice dans la répartition des charges publiques et à améliorer le sort si intéressant des classes laborieuses*

Au point de vue économique, je continuerai à avoir le souci constant et persévérant des intérêts de notre arrondissement que je connais bien et que je n’ai jamais perdus

de vue*

Je me suis efforcé d’apporter une atténuation efficace à ïa crise agricole si intense qui sévît dans nos campagnes et à laquelle les pouvoirs publics ont paru si longtemps insensibles* Un premier résultat a été atteint par le vote de la loi sur les fraudes et le rétablissement du privilège des bouilleurs de cru.

Ces palliatifs sont insuffisants. U faut que le législateur s’attache à augmenter les débouchés de nos produits, qu’il encourage davantage les syndicats de production et les coopératives de consommation, qu’il facilite l’application du crédit agricole, qu’il diminue les charges énormes qui pèsent sur la propriété rurale*

Citoyens,

L’expiration de mon mandat vous permet de me juger sur mes actes. Vous avez pu apprécier la sincérité de mes efforts, l’étendue de mon dévouement, la fermeté de mes principes*

Si vous m’accordez de nouveau vos suffrages, vous avez la preuve certaine que, comme par le passé, je consacrerai toutes mes forces à la satisfaction des intérêts de notre arrondissement et à la réalisation d'un avenir meilleur d’égalité politique, de justice sociale et de solidarité humaine.

Vive l1 arrondissement de Brignol es 1

Vive la République sociale!

Octave VIGNE,

Député sortant,

Président du Conseil général.

Circonscription de DRAGUIGNAN.

M. Maurice ALLARD*

Élu au !ef tour de scrutin* — 10*097 voix*

Chers Concitoyens,

Nous présentons pour la troisième fois à vos libres suffrages le citoyen Maurice Allard qui, depuis huit années, est votre mandataire à la Chambre des Députés*

Vous le connaissez* Vous connaissez son programme; c’est celui du parti socialiste. Vous savez avec quel dévouement et quelle énergie il l’a toujours défendu* Dans la discussion des grands intérêts politiques et économiques du pays, on l’a toujours va combattre au premier rang* Vous n’ignorez pas, notamment, le rôle qu’il a joué lors de la discussion delà loi de séparation, dans la lutte nécessaire contre l’Église, cette ennemie de la civilisation,

Ses interventions à la tribune ont été nombreuses et jamais il n’y est monté que pour combattre la réaction cléricale et capitaliste ou pour exiger l’application des réformes politiques et sociales réclamées depuis si longtemps par tous ceux qui souffrent de l’organisation économique actuelle.

Son attitude, en ce qui concerne vos intérêts agricoles immédiats, n'a été ni moins persistante ni moins énergique. Tous ses votes en font foi.

Mais à quoi bon insister? Mieux que personne, vous savez avec quelle scrupuleuse probité il a observé toutes les clauses du pacte conclu avec vous aux élections législatives de 1858 et de 1902. On juge les hommes d’après leurs acles. Or, jamais les actes du citoyeu Maurice Allard n’ont cessé d’être ceux d’un républicain et d’un socialiste aussi ardent que convaincu. Aux côtés des citoyens Jean Jaurès, Marcel Sembat, Édouard Vaillant, Dejeante, Paul Constans, de Pressensé, Gustave Rouanet et de tous les membres du groupe socialiste enfin unis dans une action commune, c’est toujours pour la République sociale qu’il a milité.

Sa ténacité, son énergie et la place marquante qu’il a su prendre à ta Chambre vous sont une garantie certaine que son action, dans la législature prochaine, s’exercera avec encore plus d’éclat et encore plus d’efficacité.

Citoyens,

Au 6 mai prochain, le nom du citoyen Maurice Allard sortira triomphant des urnes électorales, A celui qui nous a représentés avec tant de dignité et tant de dévouement, vous continuerez votre confiance.

En votant pour le citoyen Maurice Allard, vous voterez pour la République sociale et vous montrerez, une fois de plus, à tous vos ennemis, aux ennemis du progrès, de la raison et de la justice, que l’arrondissement de Draguignan, fidèle à sa foi républicaine et socialiste, est toujours à l’avant-garde de la démocratie.

Aux urnes!

A bas toutes les réactions !

Vive la République sociale I (Suivent les signatures.)

lrt Circonscription de TOULON.

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