‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1906Chapitre 242 sur 280 · M. JAURÈS · texte numérisé non relu

M. JAURÈS

Élu au 1er tour de scrutin, — 6,386 voix.

Aux électeurs de la 2* circonscription â’Àlbi *

Citoyens,

Tai rempli en conscience mon mandat. JTai servi fidèlement le socialisme et la République, qui font inséparables ; car, sans la République, le socialisme est impuissant et,ssns le socialisme, la République est vide. Rappariions, vous le savez, à ce grand parti soeialisle qui a uni toutes ses forces pour hâter l’émanripatloiï complète des prolétaires et l’avènement d’une sodé é p us harmanîeu e et plus juste, où le travail sera souverain.

Je fait donc appel avec confiance â tous (es travailleurs, ouvriers de la mine et de la verrerie, du bâtiment et de ïa voie ferrée, journaliers agricoles, métayers, proprietaires, paysans, petits commerçants, artisans.

N’ayant en face de moi qu’un adversaire réactionnaire et de h pire réaction, fai le droit de faire appel aussi à tous les républicains démocrates. La République e t le se ul Gouvernement qui convienne à la dignité de l'homme, car elle seule met en jeu la raison et la responsabilité de tous. Seule au. si, par l’exe;eice toujours plus efficace de la volonté populaire toujours plus éclairée, par lé libre mouvement des idées et la puissante action légale de la classe ouvrière, elle peut assurer l'évolution pacifique des sociétés vers des formes meil- ; leures.

Celte République nécessaire, les réacteurs la menacent sans cesse. Qu^nd ils n’ont pu la tuer par 3a violence, Us essri nt de la tuer par le nunsoi ge.

Ils mentent impudemment quand ils présentent la loi de séparaiion des ÉglUes et de l’État comme une loi de persécution et de spoliation. C’est une loi de liberté et de salut. Elle supprime un privilège et elle frappe la puissance politique d'un clergé rétrograde inféodé aux paits du passé. Mais elle respecte pleinement la liberté des consciences et des croyances Je vous Rai démontré surabondamment dans nos réunions publiques et, seuls, ceux qui n’ont plus d’autre arme que fa calomnie, persisteront à nous accuser. Les dernières eonvub*

sions du fanatisme expir.nl nous affîig m : elles ne noos irritent pas, et nous n’exercerons d’autres vengeances que d appliquer ia loi sans faiblesse, mais sans colère, sms hésitation mais sans aggravation, dans l’esprit de liberté où nous l’avons faite.

Débarrassée enfin des entraves cléricales, la République reprendra et agrandira l’oeuvre de réforme à peine commencée*

Dèjîi, par ia loi d deux ans, nous avons allégé le fard au militaire qui. pesait sur les plus pauvres et réalisé l’égalité. C’est le prélude d'une réduction n ouvelle qui est possible dès maintenant, si l’on veut bien consacrer à l’éducation des soldats tout le t- mps qu’on leur demande, au lieu de le gaspiller dans toutes sortes de besognes accessoires ou de vaines ptrades*

Par la loi de l’assistance sociale aux vieillards indigents, aux infirmes et aux incurables, nous avons proclamé le droit h la vie,

La grande loi des retraites ouvrière et paysanne, au bénéfice de laquelle j’ai fait admettre les mé a y ers, a été votée par la Chambre, et la volonté énergique du suffrage universel fera plier la résistance du Sénat.

Ainsi la République, stimulée par le socialisme, pressée par la classe des travailleurs, commence à instituer cette assurance s sciai o qui doit s’appliquer à tous h s risques, a la maladie comme à ia vieillesse, au chômage et au décès comrnme à l’accident.

, Par là, elle ne diminuera pas seulement les misères et les angoisses qui dévorent tant d’existences humaines. Mais, en donnant à tous les prolétaires plus d : sécurité et de liberté d'esprit, elle leur permettra de mieux préparer l'ordre social nouveau. En les associant à la gestion des grandes institutions d assurance, elle les habituera à l’administration des grands intérêts qu’ils auront à gérer d.ms la société transformée.

Ces vastes lois ne seront possibles que par une réforme hardie de l’impôt qui demandera aux classes riches, jusqu’ici privilégiées, une plus large contribution, qui dégrèvera lespropiiétaires cultivateurs, les petits commerçants et les ouvriers et qui procurera le surcroît de ressources nécessaires aux œuvres do soli larité sociale.

Mais comment tout ce grand effort n’avorterait-il pas si la nation était jetée dans les horreurs de la guerre? Voilà pourquoi, nous, socialistes, nous délestons et condamnons les aventures. Voilà pourquoi nous vou’ons m .intenir et assurer la paix par l’union concertée des travailleurs de tous les pays, par la pratique croissante de l’arbitrage international, prélude du désarmement simuitmè dus nations. Voilà pourquoi, dès les débuts encore obscurs du c ijfiit maro ain, j ai signalé le péril, dénonçant les combinaisons financières des un*, la mégalomanie des a tires t, si. j’ai pu contribuer pour ma part ave: nos amis socialistes, à écarter l'orage de la guerre qui commenç ât à gronder, cela me console de bien des caloinn:e3 et de bien des o tarages*

(a est ce cto oeuvre fc coude d justice socïsIc et de pnisc internationale cjue je veux continuer ave ' vous et par vous dans la législature prochaine.

Je veux m’y efforcer aussi de définir, par des textes précis, la conception socialiste. Je voudraL: déterminer dans un vaste projet de loi, dans le Code du travail affranchi et organisé, ce que nous ferions, nous, socialistes, si liout avions la majorité dans le pays et au Parlement. Er j’espère démo itrer, non plus seulement par des déductions, mais par des dispositions législ tives précises et coordonnées, que l’organisation collectiviste ne menacera aucun intérêt essentiel, aucun droit, aucune liberté. Elle donnera un p’ein essor à l’initia tivo des indivi lus et des groupes. Elle respect -ra plein ment là propriété paysan ra et, bien loin d’y porter atteinte, elle l’aidera, au c mtraire, en la liber un de bien dos charges, de l’impôt, de l’hypothèque, de l’usure, de la mévente; en l’assurant contre les fléaux, en la protégeant contre les crises: El apportera immédiatement un largo supplément do bien être et de garanties à tous les producteurs-; à tous les travailleurs ouvriers et paysans, et amsi à ces petit-F commerçants si durement expropriés aujourd’hui, sans indemnité aucune, parla concurrence meurtrière et anar chique du gran 1 capital. Ede ménagera dans la transition les habitudes mêmes des privilégiés, et elle suscitera un si rapide développement de la richesse

générale que le niveau de ia vie des plus humbles sera relevé sans que les joies véritables et saines des heureux d’aujourd'hui soient amoindries.

C'est par Pincessanl effort vers la justice foetale que nous établirons enfin l'ordre vrai et profond dans la soc été inquiète et tourmentée.

+ La société d’aujourd’hui, qui met le travail d’un côté, le capital de l’autre, enfante le désordre et l'agitation* Elle ne trouvera son équilibre que dans la souveraineté du travail organisé. La politique de réaction et de répression ne peut qu'exaspérer les conflits. Ceux-là sont des fourbes et des pharisiens qui cherchent à propos de tous les incidents de la vie sociale à semer la panique et la peur. Ceux-là sont dos hypocrites et des cflnrineU qui essaient d'exploiter contre la République et le socialisme les gestes de colère échappés à cette pauvre population du Nord, que Féffroyabie catastrophe de Gourrières et l’égoïsme des Compagnies ont surexcitée. Mais c ux-là aussi sondent bien imprudents et bien coupables qui inviteraient la classe ouvrière à cher lier son affranchissement par des moyens brutaux, par des actes de destruction. Les attentats contre les propriétés et les personnes sont des crimes contre le socialisme encore p'us que contre le code bourgeois, car ils provoquent des paniques de réaction sous lesquelles le prolétariat risque de succomber. Et surtout ils défigurent le magnifique idéal socia istc. Le socialisme ne sera pas destruction, mais organisation, au contraire, et création. Il ne sera pas un déchaînement de sauvagerie, mais la victoire définitive de la civilisation sur les vieux instincts sauvages de domination, de rapine et de meurtre.

Avec, vous tous, citoyens, avec tout le parti socialiste, avec la classe ouvrière et paysanne, toujours mieux organisée, avec les républicains qui veulent donner son sens plein à la République, je travaillerai à cette grande oeuvre, qui sera une œuvre d'apaisement aussi bien que de jusiiee.

Vive la République sociale!

Jean JAURÈS.

lfe Circonscription de CASTRES.

M. le baron Xavier REILLE.

Elu au 1er tmir de scrutin. — 10.020 voix.

Mes chers Electeurs,

Pour la troisième fois, je viens solliciter vos suffrages.

Depuis huit ans que j*ai l'honneur de vous représenter devant le pays, j’ai défendu pied à pied vos intérêts de citoyens et de contribuables contre la politique néfaste qui opprime vos consciences et dilapide vos ressources.

Partisan de ia liberté et du progrès, j’ai combattu toutes les lois sectaires qui ont fermé nos écoles, violé nos églises et méconnu les droits de l’immense majorité des Français au profit d’une minorité tyrannique de jacobins et de francs-maçons, et j'ai, au contraire, voté toutes celles, trop peu nombreuses, hélas ! qu'un Parlement presque uniquement absorbé par le souci de ia persécution religieuse, a trouvé le temps de consacrer au bien de la démocratie, telles que : la loi sur îa réduction du service militaire, la loi sur l'assistance des vieillards, la loi sur les retraites ouvrières.

J’aurais voulu que cette dernière loi fût pour le pays un bienfait à la fois plus effectif et moins onéreux, grâce à une meilleure application du principe fécond de la mutualité* Saurais voulu surtout que les retraites ouvrières sortissent enfin du domaine des promesses électorales pour entrer dans celui de Inapplication pratique*

Des promesses I Les hommes qui sont au pouvoir et leurs amis ne vous les marchandent pas; ils vous en feront encore cette fois, mais vous ne croirez pas à leur sincérité*

Car ils gouvernent la France depuis huit ans, et depuis huit ans, ils n'ont fait aucune réforme, sinon celles que nous, les libéraux, nous avons arrachées de force à leur coupable incurie*

En fait de réformes fiscales, ils vous ont infligé des impôts de plus en plus lourds*

En fait ^économies budgétaires, ils ont essayé en vain de masquer des déficits sans cesse croissants par des emprunts toujours plus coûteux*

En fait de réformes sociales, ils ont semé partout la guerre des classes, la persécution, ia délation et la haine; ils ont tenté de désorganiser notre armée nationale, qui est pour nous le précieux garant de l’ordre et de la paix*

Au programme qu’ils affichent, vous saurez opposer celui qu’ils réalisent, et, soucieux de rendre enfin la République fidèle à sa belle devise : liberté, égalité, fraternité, vous unirez vos voix à celles des hommes vraiment libres qui, dans la France entière, veulent, avec l’aide de Dieu, secouer le joug funeste du Bloc pour le bien du peuple et le salut de ïa patrie*

Baron Xavier REILLE.

2a Circonscription de CASTRES,

M. le baron Àmèdèe REILLE*

Élu au ieT four de scrutin. — 1G.2M voix*

Mes chers Concitoyens*

Si vous relisez mon programme d’il y a quatre ans, vous y verrez prédits tous les attentats contre la liberté dont nous avoua été victimes au courant de cette législature,

La liberté d’enseignement a été supprimée en fait par l’expulsion des congrégations religieuses*

La Liberté de conscience a été encore m butte à tous les assauts de la délation, fille des loges maçonniques*

Les actes, les croyances, les opinions des citoyens sont soumis à une inquisition odieuse de la part des délégués, dont l’existence même est la honte d’une administration républicaine,

La séparation des Églises et de l’État, faite contre tout droit, en violation des traités les plus solennels, a été un Véritable défi j eté à l’opinion publique, dont l’indignation spontanée s’est manifestée à l'occasion des inventaires, mesure vexatoire et inutile contre laquelle j’ai voté et qui marque le prélude de la spoliation, là où les associations cultuelles ne pourront se constituer*

La défense nationale a été systématiquement désorganisée sous le ministère Combes

et, à la première menace de guerre, il a fallu des millions pour en réparer imparfaitement les brèches. Aujourd’hui encore, l’anarchie règne dans nos arsenaux.

Dans le Nord, l’émeute triomphante, pillant les magasins, saccageant les propriétés, jalonne déjà de ruines et de cadavres les premieis pas de la révolution en marche.

Tous les hommes d’ordre, tous ceux qui, comme moi, veulent une République qui nous assure la paix religieuse dans la liberté et la paix sociale dans le progrès, me donneront leur concours.

Mes actes et mes votes ont prouvé que mon ardente sympathie était acquise à toutes

les réformes démocratiques* ' +

C’est ainsi que j’ai voté la loi de deux ans et la loi sur Passisiance aux vieillards.

Le projet de retraites ouvrières et paysannes èst, malgré tous nos efforts, venu trop tard en discussion pour pouvoir être utilement soumis au Sénat, Nos adversaires, absorbés par les préoccupations de la guerre religieuse, lui ont ainsi donné le caractère d?une vaine manifestation électorale*

restîme qu’iî faut poursuivre Pincessante amélioration du sort des travailleurs par le développement continu de Pesprit mutualiste, par l'extension delà capacité des associations professionnelles, tant industrielles qu’agricoles ; en un mot, par une évolution progressive et pacifique qui, seule, peut donner des résultats féconds.

Il faut réaliser des économies sérieuses pour rétablir Pêtfuilibre du budget dont le déficit croissant, de Paveu même du Ministre des Finances, empêche la réalisation des réformes les plus urgentes, telles que la diminution des impôts, et leur répartition plus équitable.

Par deux fols, vous m’avez honoré de votre confiance. Si vous m accordez encore vos suffrages, je continuerai la même lutte contre la politique sectaire qui divise et trouble profondément Le pays.

Fidèle à notre devise :

Dieu ! patrie ï liberté l

Je ^abandonnerai jamais les revendications de nos droits méconnus et de nos libertés violées.

Baron Àmédêe REiLLE,

Député sortant,

Circonscription de GAILLAC.

M. Paul GODZY.

Élu aa 2e tour de ïcrulin, — 9404 voix.

Mes chers Concitoyens,

Est-il vraiment nécessaire que je vous adresse ma profession de foi? Ne la connaissezvous pas tous d'avance, et chacun de vous ne serait-il pas en état de Pécrire pour moi? Depuis trente ans, vous m'avez vu défendre les mêmes idées, car je ne suis pas de ceux qui changent, et ces idées, qui sont un héritage; de famille, je suis fier de ne les avoir jamais reniées.

t'es idées sont aussi les vôtres, et, dans les réunions publiques, dans les banquets ou je les ai exposées, vous m’avez si souvent, depuis que j’ai l'bonneur de vous représenter, renouvelle précieux té noignage de votre confiance, que ma profession de foi pourrait tenir

611 U«CJe continuerai la politique que vous avez tant de fois approuvée ».

Vous'vouliez^p^îa laïcité de renseignement, affranchir vos enfants de la main-mise de la Congrégation sur leur pensée : — l'ai défendu et voté la laïcité de I enseignement.

Vous vouliez l’égalité de tous les citoyens devant le service militaire ; - 1 ai préparé,

TaPPVousSuUei la' Uber tT de Qcdriscience, non pas plus mais autant ‘^ussurê

seurs que pour tes croyants : - J’ai voté la séparation des Églises et de 1 Etat, qui

également à tous la liberté de conscience. . ... , . înfip

Vous vouliez voir cesser le honteux abandon, par la Société, des vieillards et des infirmes : - J’ai voté la loi d’assistance aux vieillards et aux infirmes. . ble de

Vous voulez que l’ouvrier, le paysan, devenu après une vie de 1 Jeur, me P

gagner son pain, ne fût pas réduit dans sa vieillesse, à le mendier : - J ai vote la loi des

retraites ouvrières et paysannes. . justices

Vous vouliez la justice moins chère pour les pauvres . da paix, qui est un acheminement dans cette voie.

Voilà pour le passé.

aujourd’hui lourd a», pauvres, ££

mai, lea riche, en épargnant las pauvres : — Je volerai I impôt globa > 6

'‘"Tous voulez affranchir l’ioduairie, l'agriculture, le commerce delà IFannic deaffande.

compagnie, : - Je voterai la retour progreeeil à l'Etat dos chemm» ». te.

comme j'ai déjà voté le rachat du réseau de l’Oueut repoussé par la drodo et lej»nwç.

Vous voulez nue la loi des boissons cesse d’être une source de tracasseries pour.

: - Vbus voulez que racisme, ^«tm^uuiber-

culose, cesse de décimer la population, et plus particulièrement les classes abo^ ■

je voterai le monopole de l’alcool, qui mettra fin, et aux tracasseries de la loi des boissons

* “ ÏSÎttutfto cesse d’être le privilège de la fortune pour

de l’intelligence : - Je voterai les mesures propres à ouvrir les établissements d enseignement secondaire aux meilleurs élèves de l’enseignement primaire. d

Vous voulez que l’homme cesse d’être une machine et qu après le tra à vivre, il lui reste le loisir de vivre : - Je voterai la limitation des 1 leures de *r«yaU.

Vous voulez la paix : Elle sera assurée quand l’Europe saura que, personne, nous pourrons opposer à un agresseur, quel qu il soit, une J vraiment

S scTplméeen haut comme en bas, patriote et non M

nationale: -Je voterai toutes les mesures propres à assurer a la fois et la défense au

pays, et l’indispensable union de l’armée et de la nation. , rpn(,uvelle-

Vous voulez connaître tous les votes politiques de vos représentants . rai la proposition que j’ai déjà faite à la Chambre de nommer au ^ *?**££« dents des deux Chambres et le président de la République. Le vote sec et « vote public des mandataires, c’est, pour les premiers la garantie, pour les seconds preuve

10 'T/oe chaque les "grandes réformes, laissant, pour ne pas allonger cette prntemùo.Ju foi, celles (par exemple le scrutin de liste) qui, bien qu’importantes, sont de moindre

8Ur6Quant aux intérêts locaux, chacun de vous sait que je ne les néglige pas i mais tmm, vous comprendrez le sentiment de convenance qui me les fait passer sous silen -

ment où je sollicite vos suffrages, je rougirais autant de promettre des services que de rappeler ceux que j’ai rendus.

Les réformes que vous désirez et pour lesquelles je vous promets mon concours, nous ne les réaliserons que par l’union de tous les républicains sincères, par le maintien de ce Bloc républicain qui a rendu si féconde la dernière législature. Que notre mot d’ordre soit : « Pas d’ennemis à gauche I » notre devise : « N’ëxcom mu nions personnel » A la doctrine de la lutte des classes, attristant anachronisme, plus d’un siècle après la Révolution qui a aboli les classes, substituons, entre des citoyens de plus en plus libres, de plus en plus instruits, de plus en plus égaux, la joie de l’universelle fraternité républicaine.

Ainsi nous verrons B’évanouir à jamais ces revenants du passé, la réaction et le cléricalisme, qui, sous des noms toujours changeants et toujours hypocrites;: Ordre moral. Boulangisme, Nationalisme, Libéralisme, tentent périodiquement l’assaut toujours repoussé de la République.

Comme je l’ai toujours défendue, mes chers concitoyens, comptez sur moi pour la défendre.

Vive la République !

P. GOUZY, Député sortant.

Circonscription de LAVAUR.

M. de BELCASTEL.

Elu au 2“" tour de scrutin. — 7.531 voix.

Mes chers amis.

Vous avez à prendre la revanche de 1902. Cette fois, nul ne pourra vous voler la victoire.

Depuis quatre ans, nous ne nous sommes pas quittés. L’amitié que j’ai pour vous égale la confiance que vous avez en moi.

Je vous retrouve, plus actifs, plus dévoués, plus nombreux, plus résolus que jamais à lutter avec moi et par moi pour la conquête du droit, de la liberté, pour la défense de vos intérêts qui sont les mêmes que les miens.

Vos mains ont serré la mienne ces jours-ci avec une émotion communicative.

Comme il y a quatre ans, vous me dites : « Marchez 1 »

Comme nous pensons de même, je puis proclamer en connaissance de cause ce que vous pensez.

Le peuple est attaché à la République. II estime qu’il est mal gouverné. La métairie lui plaît, — je veux dire la République, — mais non pas le fermier, — je veux dire les législateurs. Il entend garder la première et se débarrasser des seconds. -

11 est résolu à conserver , à consolider et à accroître les conquêtes du progrès moderne.

U a soif d'égalité et de justice.

Il est résolu à faire respecter, par ses députés, ses libertés, sa foi, ses cultes, son argent acquis à la sueur de son front et dévoré par une clique sans vergogne.

La loi de séparation a été faite sans qu’on le consulte ; il n’en veut pas.

Il veut le rétablissement du budget des cultes, ce qui supprimera les quêtes.

De par la volonté du peuple, voici quelle doit être l’œuvre de la prochaine Chambre : r

1 Rétablir le budget des cultes. Comme l’école, le culte doit être gratuit-

2° Faire des économies en diminuant le nombre et le traitement des gros fonctionnaires. Les économies seules peuvent sauver une maison de la ruine et un pays de la banqueroute; r J

f 1Résoudn' ; la {îuesti011 dea refrait,es ouvrières et paysannes, soit par l’obligation, soit par de larges subventions d’office de l’Etat, du département, des communes, encourageant et multipliant le sacrifice libre du prévoyant;

4° Réduction à 14 jours des périodes des réservistes. Suppression des 13 jours

5» Protection au petit commerce et aux industries concurrencés par les travaux des détenus ;

6° Liberté et sincérité du vote;

1" Respect à la conscience des fonctionnaires militaires et civils, surtout à celle des petits ;

8° Le Vin entrant comme le pain et la viande dans l'alimentation règlementaire de la troupe ;

9’ Le vin au-dessous de 12° circulant gratuitement;

10° Maintien de la liberté de brûler son vin;

11" Protection de notre agriculture et de notre industrie par une politique économique qui nous permette d obtenir des concessions des autres nations;

12° Retour, en faveur de nos populations, aux usages antérieurs pour la chasse et la pèche ;

13° Pour favoriser le développement de la prospérité matérielle du pays, assurer la paix entre citoyens, éloigner toute menace de guerre par une attitude digne et cordiale avec les nations voisines; — pour cela, consentir les sacrifices nécessaires à l’approvisionnement et à I armement, et, par dessus tout, sauvegarder le respect de la discipline, glorifier le drapeau national et les traditions séculaires d’honneur qu’il contient dans ses plis placer à

la tête de l’armée des chefs qui ne soientpas des francs-maçons, mais qui, avant tout, soient Français.

Electeurs,

De toute part, j’entende dire : « Nous en avonn assez; on est allé trop loin. »

Vous êtes les maîtres.

Vous avez une arme : le bulletin de vote.

Le 6 mai, vous sauverez le pays : vous seuls pouvez le sauver,

, jf démocratie m’a confié le drapeau de la République, de l’honneur, du progrès, parce qu elle connaît mon dévouement pourle peuple et ma loyauté politique.

Je îe porte haut et ferme devant les rangs des républicains, des anticommunards, des libéraux réunis par une grande pensée patriotique pour refaire les finances publiques gaspillées, pour restaurer 1 esprit de tolérance, pour chasser les francs-maçons, pour museler les mouchards, pour conjurer la guerre civile, pour conserver ouvertes les églises, pour assainir le pays tout entier !

Tous aux urnes, le 6 mai, tous, comme, au jour du combat, on répond : « Présent 1 »

Pour la démocratie I Pour la liberté! Pour 3a paix! Pour la République! Pour la France!

De BELCASTEL,

Conseiller général du canton de Ouq-Toulza* Maire de BelcasteK

Président du comice agricole du canton de Lavaur.

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