M, SAINT-MARTIN
Élu au 2€ tour de scrutin* — 6,124 voix.
Citoyens,
U accueil que j’ai reçu dans les communes de l’arrondissement m'a confirmé dans cette impression qu’on n’a pas oublié ma vie toute de fidélité à ma foi républicaine, toute de dévouement pour les intérêts agricoles de nos concitoyens*
A la veille du scrutin, je m’adresse donc à vous et je vous dis :
Un long programme est inutile; ils sont tous trop longs*
Vous me connaissez depuis de longues années, puisque ma vie s'est passée à côté de vous, que j'ai vécu près de vous, que je suis un Vauclusien de naissance et de cœur.
Je puis, cependant, vous rappeler que, depuis trente ans, à l’Assemblée départementale, j’ai posé, formulé et soutenu toutes les questions relatives à vos cultures, à vos irrigations, à vos transports, à vos routes, au développement de votre bien-être, par la défense de vos droits.
J’ai défendu la propriété des eaux de la Durance en faveur de Vaucluse contre les prétentions exorbitantes des Bouches-du-Rhône, contre les tentatives d’usurpation de Marseille; et cela, je l’ai fait sans cesse, depuis 1876, au Conseil général. Je l’ai fait, en 1884, à la tribune de la Chambre des Députés, où j’ai affirmé les principes de cette propriété, desquels a découlé récemment la réglementation définitive de la Durance, la rivière nourricière de vos plaines, qui en vivent.
C’est moi qui fus le promoteur du chemin de fer de l’Isle à Orange, et qui, par la création de cette ligne, ai donné à nos populations agricoles de cette région des moyens nécessaires de transport, de débouchés et de vente pour leurs produits, ce qui leur permet \ de retirer une légitime rémunération de leur travail et de leurs sacrifices.
Je rappelle ces faits pour bien prouver, à la fois, que je connais vos besoins et vos
intérêts et que, mandataire toujours fidèle, je saurai les défendre avec compétence et avec passion, si vous m’envoyez au Parlement, Je ne cesserai de donner aux communes des preuves de mon dévouement pour tout ce qui touche leurs relations avec les centres, leurs chemins, leurs routes, tout ce qui peut en un mot améliorer leur vie municipale.
Eu politique, je suis aujourd’hui ce que j’ai toujours été ; un sincère républicain dans 3e meilleur sens du mot.
Toujours en avant pour les réformes, pour les progrès qui doivent amener un jour, pour le plus grand nombre, le plus de bonheur possible, le plus de concorde et d’union fraternelle, sous un régime de raison, de justice et de liberté, ou Fétat laïque exercera !a prédomine nce absolue des esprits.
Si je suis élu, j’appartiendrai au parti radical-socialiste, mais je veux rester libre, indépendant, ne relevant que de mes électeurs, jamais esclave des groupes et des coteries, qui prennent souvent les députés dans l’engrenage des intrigues; qui, quelquefois, leur font poursuivre des buts mesquins et personnels; qui les empêchent de voir clairement leur devoir, et par conséquent d’accomplir ce devoir avec indépendance, avec énergie.
Combattre les dépenses inutiles, créer des économies pour pouvoir soulager autant que possible les charges qui pèsent sur les contribuables;
Diminuer les frais de justice, que FÉtat rend si lourds pour les justiciables ;
Généraliser, assurer les retraites ouvrières et paysannes ;
Secourir les invalides du travail, les orphelins, les enfants du pauvre, les enfants abandonnés, maltraités et malheureux ;
Créer des hospices confortables pour les infirmes ;
Relever par le travail Parmée des vagabonds, les amener à gagner leur vie ;
Réduire les gros traitements et supprimer les sinécures, afin de pouvoir relever ies traitements des petits, des humbles agents, qui, eux travaillent et sont si mal payés;
Faire disparaître totalement cette plaie honteuse qu’on appelle 3c favoritisme, qui est un attentat permanent contre les droits des fonctionnaires modestes et laborieux mais qui sont sans protecteurs puissants;
Rétablir le scrutin de liste à îa place du scrutin d’arrondissement, qui rabaisse tout à des questions de personnes et d’argent; qui, finalement, mettrait entre les mains des candidats les plus favorisés de la fortune, des moyens de corruption utiles à leur ambition personnelle, mais nuisibles au peuple lui-même ; car celui-ci finirait par voir obscurcir sa conscience et sa droiture et par perdre son indépendance dans le travail des intriguas savantes et louches des arrivistes de la politique;
Travailler à une politique de pak, à la suppression des guerres entre nations, ce qui permettrait de diminuer ces dépenses militaires, ces armements toujours croissants qui se font au détriment de notre agriculture et qui sont le véritable obstacle à l'abaissement de tous les impôts ;
Supprimer les tribunaux d’exception, les conseils de guerre, la justice devant être 3a même dans le même pays et pour toutes les catégories de Français.
Voilà, rapidement tracées, les grandes lignes de mon programme. Pour le reste, je vous demande confiance dans ma loyauté.
Je serai fidèle à mes électeurs, fidèle à la défense de nos idées communes.
Sorti du peuple, j’ai fait tout ce que j’ai pu pour rendre des services a mes concitoyens, sans songer à mon intérêt personnel. Je suis toujours resté avec le peuple par le cœur,
De ce peuple, je veux la liberté morale, son bien-être matériel ; je veux pour lui la paix et la dignité dans une République de justice e£ de liberté.
Vive la République démocratique et sociale !
Jean SAINT-MARTIN,
Avocat,
Conseiller général de Vaucluse, ancien Député.
Circonscription d’ORANGE.
M. Alexandre BLANC.
Élu au 2" tour de scrutin. — 8.665 voix.
Le Congrès des forces socialistes de l’arrondissement d’Orange m’a désigné comme son candidat aux élections législatives. Ce poste d’honneur et de combat, je l’ai accepté sans hésitation et je le garderai sans défaillance.
Mon programme s’appuie naturellement sur les principes du socialisme : conquête des pouvoirs publics, entente internationale des travailleurs et transformation de la société capitaliste en société collectiviste.
II y a des mesures qui s’imposent immédiatement, entre autres l’application de plus en plus rigoureuse de la loi de séparation, le monopole de l’enseignement, gratuité de l’instruction à tous les degrés, suppression des Conseils de guerre, suppression des périodes de réserve, la diminution des gros traitements, la gratuité de la justice, le rétablissement du scrutin de liste avec représentation proportionnelle, l’extension du droit syndical à tous les salariés de l’État, la journée de huit heures, les retraites ouvrières et paysannes, l’impôt progressif et global sur le revenu, le monopole des chemins de fer, des mines, des assurances, etc.
Au point de vue de l’agriculture : agrandissement des biens communaux, dégrèvement entier de 1 impôt qui pèse sur la petite propriété, suppression des frais de mutation pour les petits héritages, achat de machines agricoles par la commune et par l’État, abaissement des tarifs de transport, réserve insaisissable du cultivateur, révision du cadastre, etc.
Citoyens, toutes ce3 mesures ne sont d'ailleurs que des réformes transitoires. 11 faut obtenir davantage. Soyez les artisans de votre libération économique. Ouvriers et paysans, «instituez -vous en parti de classe, sur le terrain de lutte des classes, et réclamez énergiquement la totalité du fruit de votre labeur. Quel que soit le résultat de ma campagne électorale, quel que soit votre verdict, j’aurai fait mon devoir, je resterai un défenseur inlassable du prolétariat.
Vive la République des travailleurs! Vive la République sociale!
Alexandre BLANC,
Instituteur,
Membre du Conseil départemental, candidat républicain socialiste.