ABEL BERNARD
Circonscription d’AVIGNON.
M. COULONBRE.
Élu au 2e tour de scrutin. — 9.102 voix.
Citoyens,
Élu en 1902, avec un programme radical-socialiste, je suis resté invariablement fidèle à ce programme.
Tous mes votes sont là pour en témoigner, et les votes qui sont des actes, valent mieux, en politique, que les plus beaux discoure.
La législature qui vient de finir aura sa place marquée dans l’histoire de la République. Quelques-unes des réformes depuis si longtemps attendues par la démocratie ont été réalisées, grâce à fanion étroite et à l’esprit de discipline de toutes les fractions du parti républicain.
Parmi ces réformes, je citerai notamment : la réduction du service militaire à deux ans, la suppression de renseignement congréganiste, Passistance Æux vieillards et aux infirmes, les retraites ouvrières et paysannes, et enfin la grande loi de séparation des Eglises et de PÉtat, qui assure la liberté de conscience et garantit le libre exercice des cultes.
Avec la majorité républicaine, j’ai voté toutes ces réformes.
A la tribune, fai défendu avec succès les intérêts des producteurs et expéditeurs de fruits et primeurs, gravement menacés par la loi sur la répression de la fraude des denrées alimentaires; j’ai défendu les intérêts du personnel de la voie ferrée et ceux du personnel des postes et télégraphes, l’ai enfin demandé que le principe de laïcité fût admis et appliqué dans les écoles françaises à P étranger.
Dans notre arrondissement, je me suis tenu en contact permanent avec vous. C'est en multipliant mes visites, en allant de commune en commune rendre compte de mon mandat, en assistant aux fêtes laïques, républicaines ou mutualistes que j'ai pu me pénétrer de vos vœux, de vos besoins, de vos aspirations démocratiques. C’est ainsi que j’ai gagné P estime et la confiance de nombreux républicains qui, en 1902, pouvaient douter de la fermeté de mes convictions.
En me proclamant, à P imam mité, au congrès tenu au Thor, Le porte-drapeau du parti organisé, la fédération radicale, radicale- socialiste et socialiste de Parrondïssement n’a point eu souci de ma personne : elle a voulu surtout témoigner sa confiance au député sortant qui avait bien rempli son mandat, et faire triompher, sur son nom, la politique du bloc républicain.
En ratifiant cette décision, en adressant aux électeurs républicains un pressant appel en ma faveur, le comité exécutif national m’a donné une nouvelle et précieuse marque d’estime et de sympathie pour l’attitude politique que j’ai toujours su conserver.
Encouragé par toutes ces manifestations imposantes, fier de l’approbation et de l’appui des hommes éminents de notre parti et de la presque unanimité des élus républicains de notre arrondissement, conscient de n’avoir jamais manqué, au cours de cette législature, au devoir républicain, je viens en toute confiance vous demander le renouvellement de mon mandat.
Mon programme est le même que celui que j’ai accepté en 1902, c’est celui du vieux
parti républicain. Vous le connaissez : Je Pal exposé dans toutes mes réunions publiques. Il peut se résumer ainsi : défense républicaine, action laïque, réformes soda les.
Je ne connais pas d'ennemis à gauche : avec les socialistes, je pense que l'émancipation politique et intellectuelle des travailleurs n’est que la préface de Leur émancipation économique et sociale.
Pour préparer cette évolution, il faut faire pénétrer plus de justice dans nos lois : il faut que la solidarité fasse place à 3’égoïsroe-
Tant que la misère, et surtout la misère imméritée, n’aura pas disparu de notre état social, la République nTaura pas réalisé l’idéal de justice et de fraternité qui est sa raison d’être.
C’est dans cet état d’esprit et avec la conviction de poursuivre avec les socialistes un but commun que je vous soumets le programme suivant, dont la réalisation apporterait à tous les travailleurs et à nos populations agricoles des satisfactions immédiates.
Suprématie définitive et complète de l’esprit laïque et républicain, — Impôt progressif sur le revenu, — Suppression de J’mpôt foncier, — Suppression des grosses sinécures, — Suppression des conseils de guerre en temps de paix et des périodes d'appels. — Scrutin de liste. — Égalité des enfants devant l'instruction ,
Attribution à l'État du monopole de Takool, des raffineries, banques, chemins de fer, mines. Organisation du crédit agricole et du crédit ouvrier.
Extension du droit syndical. Repos hebdomadaire. Lois d'assistance sociale. Encouragement aux œuvres mutualistes. Revendications des petits fonctionnaires, facteurs, cantonniers, personnel du chemin de fer.
Suppression des tarifs de pénétration. Facilités de transport pour les produits agricoles. Suppression du droit d’un franc sur les raisins frais de vendanges. Réglementation des eaux de la Durance,
Citoyens I je voterai toutes ces réformes comme si j’étais lié avec vous par tin mandat impératif.
J’ai le devoir d’ajouter que je continuerai à me préoccuper d’une manière particulière de tout ce qui a trait à la prospérité industrieîie, commerciale et agricole de notre arrondissement.
La proposition de loi relative à la réglementation des eaux de la Durance* adoptée récemment par le Sénat, et qui est actuellement devant la Chambre, sera l’objet de mes constantes préoccupa lions. Je veillerai à ce quelle ne traîne pas, comme jadis* pendant des années entières, au Palais-Bourbon, sans qu’elle ait pu seulement être discutée.
Enfin, je mettrai toute ma bonne volonté à la disposition de ceux qui, comme moi, souhaitent î’apaisement des divisions locales entre républicains. Je continuerai aussi 3t accueillir avec une égale sollicitude tous les républicains auxquels mon concours sera utile pour faire valoir leurs revendications, leurs titres ou leurs droits.
Citoyens,
Vous avez à choisir entre deux politiques ; celle du bloc de gauche et celle du bloc de droite.
Vous direz si yous approuvez ies reformes laïques et sociales qui ont été réalisées depuis sept ans et dont la démocratie commence à apprécier les bienfaits; vous direz si vous approuvez cette politique d’union des républicains qui a permis le vote de ces lois et qui a valu# La République, avec la paix sociale à fin té rieur, de précieuses amitiés à l’extérieur.
Ou bien vous direz si vous voulez, de concert avec toutes les réactions coalisées, et par un retour en arrière, faire revivre les jours néfastes du nationalisme; si vous voulez abandonner toutes les réformes, tous les progrès accomplis par le Gouvernement républicain.
Entre ces deux politiques, votre choix n’est pas douteux :
Vous ne vous laisserez pas égarer non plus par des programmes équivoques qui dissimulent mal des ambitions ou des préoccupations d’intérêt personnel*
Vous reconnaîtrez derrière ces équivoques, ces républicains dissidents qui firent cause commune avec la réaction , lorsqu'il s'agissait de défendre la République sous les ministères Combes et Waldedt-Rousseau*
Pour moi, si je suis votre élu, je consacrerai tous mes efforts à défendre à la fois les intérêts de notre arrondissement et je resterai, comme par le passé, le serviteur vigilant et passionné de la République I
Vive la République démocratique et sociale !
Gaston COULONDRE,
Député sortant,
Docteur en droit,
Candidat de la Fédération républicaine radicale, rad ica le-socia liste et socialiste do ^arrondissement d'Avignon,
Circonscription de GARFENTRAS.