G* GUILLEMET
lrê Circonscription de la ROCHE-SUR-YON,
M, 3e marquis de LESPINAY, décédé, remplacé par M. DANIEL LÀCOMBE.
Voy, élections partielles.
2* Circonscription de la ROCHE-SUR-YON.
M. de LAVRÏGNAIS,
Messieurs les électeurs,
Il y a quelques jours à peine, nous pensions, avec un légitime orgueil, que le drapeau de notre belle circonscription serait de nouveau porté à la Chambre par celui qui, pendant trente ans, a tenu haut et fier.
Puisque Dieu ne permet pas qu’il en soit ainsi, un lieutenant succède au chef- Électeurs,
Depuis le début de ma carrière politique, fai lutté pour les mêmes causes, près de notre vaillant député; je viens continuer son œuvre d’union et de défense catholique. Je me présente à vos suffrages en vous adressant le même pressant appel qu’il vous faisait hier»
Électeurs,
Écoutez I Regardez ! Souvenez-vous l
Une loi nouvelle nommée, à juste titre, de séparation, a brutalement séparé Dieu de PËtat, de la société, de la famille*
Vos écoles avaient déjà été fermées ; vos sœurs chassées l
Vos églises qui sont à vous, bien à voue, viennent d’être menacées, forcées, envahies, profanées !
Vous avez défendu les portes; vous aurez, sous peu, je le crains, à lutter plus énergiquement pour les rouvrir I
Le foyer de ïa famille; les berceaux des enfants; les tombes des aïeux; les croix de vos cimetières, tout est menacé, détruit 1
Vous aimez la liberté, toutes les libertés compatibles avec la sécurité, la dignité, l'honneur de la France ! Regardez autour de vous ce qu’on a fait!
Vendéens, une fois encore, montrez qu’il est plus facile de forcer les portes de vos églises que vos cœurs de chrétiens I
Vous tout qui souhaitez l'apaisement, la concorde entre les hommes de bonne volonté ;
Vous tous qui êtes résolus à assurer l'assistance aux petits, aux vieillards, aux travailleurs, aux déshérités de la vie.
Comme notre vénéré doyen, je vous redis ;
Oubliez les nuances, les petites divisions, les préférences personnelles.
Unissons-nous, n'ayons qu’un cœur et qu'une âme !
Aux urnes I Pas d'abstentions I
Pour Dieu ! Pour la France I
H. de LÀVR1GNÀIS,
Ancien secrétaire général de préfecture, Conseiller général du Poiré-sur- Vie,
ir* Circonscription des S ABLES-D’ OLONNE, M. Joseph GHÀILLEY.
Élu au ieï tour de scrutin. — 8,523 voix.
Chers concitoyens,
La consultation du suffrage universel aura lieu, le 6 mai, dans des conditions bien particulières.
Le député sortant, comme les autres adversaires des institutions nationales, affecte d'ignorer tout ce que la République a fait pour vous depuis 35 ans.
Les bienfaits de la République :
Songez à tous les bienfaits qu’elle nous a prodigués': la prospérité, la paix, la réorganisation de la défense nationale, la protection de notre agriculture, rinstruction àtousles degrés, la mutualité, l'assistance médicale gratuite, les retraites aux vieillards indigents ou invalides, le crédit agricole, le crédit maritime, la loi Le Bail-Brisson, en faveur des marins victimes d’accidents professionnels, etc.
Tout cela on l'oublie volontairement, *car on ne croit pouvoir combattre la République
qu’en niant ce qu’elle a fait. Aussi, à l’heure actuelle, de toute cette œuvre immense, nos adversaires ne retiennent que la loi de séparation des Églises et de l’État
L’opposition à la loi de séparation :
Le parti républicain tout entier ne se lasse pas de répéter que l’État n’attaque ni la religion j ni la conscience.
La République respecte votre foi : elle vous laisse vos églises et leurs biens, yos prêtres, avec plus de liberté que jamais Gouvernement ne vous en assura, puisque désormais l’État a reconnu l’autorité de la hiérarchie catholique, qu’il a renoncé à tout contrôle sur la nomination des évêques et que les conciles peuvent se réunir librement pour délibérer sur les affaires de l’Église.
On affirme qu’une affiche de la dernière heure doit vous dire que vos églises vont être fermées si vous votez pour la République. Ce sera un mensonge de plus ajouté à tant d’autres. Si la liberté de l’exercice du culte était menacée, tous les républicains la défendraient au nom de leurs principes mêmes.
Quand les élections seront passées, toute cette opposition de circonstance cessera.
Ayant peu, les catholiques se réjouiront d’une loi que tout récemment l’évêque de La Rochelle qualifiait de loi d’affranchissement.
Si, contrairement à mon attente, elle soulevait des difficultés, celles-ci ne seraient certainement pas insolubles. Pour les résoudre toutes, il suffirait de s’inspirer d’un esprit véritablement républicain, inséparable d’un sentiment profond de liberté.
Réformes nécessaires :
De grandes réformes vont s’imposer à nous pour rendre :
Le régime parlementaire plus efficace ;
Le budget plus élastique ;
La solidarité sociale plus effective encore ot mieux organisée ;
L’Administration pins apte à s’acquitter de tous les devoirs que le pays réclame d’elle, devoirs chaque année plus nombreux et plus variés.
Pour arriver à ces utiles résultats, il conviendra :
D’introduire dans le mode de suffrages le scrutin de liste avec la représentation proportionnelle et tout ce qui pourrait accroître la liberté des électeurs ;
De soumettre le travail parlementaire à de meilleures méthodes.
D’assurer à la France, par une sage réglementation de l’initiative parlementaire en matière de dépenses, une bonne gestion de ses deniers.