M. FLEUR MT
Mes chers Conciroyens,
Désigné à l1 unanimité par le congrès républicain démocratique du H février dernier, je me présente à vos suffrages.
Enfant de la vallée Celles où mon père, pendant de longues années, a lutté vaillamment pour la République* je suis resté profondément attaché à notre pays et à ce peuple Yosgien dont je m’honore d’être sorti, dont je connais les aspirations et les besoins* ainsi qu^ le fidèle dévouement à la patrie et aux institutions qui nous régissent.
Depuis vingt ans, ma vie a éré consacrée h ïa méditation et à Tétude* et si, à l’âge de trente-quatre ans, j’ai été appelé* par la confiance du Président de la Répuh'ique et des Corps savants* à la chaire de haut enseignement technique du Conservatoire des arts et métiers* je ne le dois qu’a men travail et aux services que j’ai rendus à la science, à l’industrie et à Fagricuîture.
Membre du Comité d’organisation et d'installation de la grande exposition universelle de 1 900 T membre et rapporteur du jury pour la classe des industries alimentaires, j’ai été en outra appelé, depuis dix ans, à faire partie des grandes co omissions extraparlementaires qui* au Ministère des Finances, au Ministère de l’Agriculture et au Ministère de la Guerre, s’occupent de l’étude de toutes les questions intéressant la richesse nationale et Fa limen Litton du soldat, et jo suis, depuis six ans, membre permanent de la Commission d’hygiène industrielle qui, au Ministère du G-immerce, prépare les règlements et les projeta de loi concernant les maladies professionnelles et ia salubrité du travail dans les ateliers et les usines.
Par mes connaissances professionnelles, par l’expérience que j’ai acquise dans ces Commissions des travaux parlement aires, je croîs donc être à même de rendre service au
pays en général et je croîs pouvoir aussi servir les intérêts de la circonscription, si elle me fait l’honneur de m’envoyer à la Chambre des Députés.
Ami et disciple de Jules Ferry, au point de vue politique, je suis, comme lui, nettement et résolument républicain, exempt de toute attache avec les partis rétrogrades ; j’entends conserver et défendre et ces lois politiques, et ces lois sur i’organisatlen de Renseignement laïque et sur la séparation qui établissent ^indépendance du pouvoir civil, et qui, loyalement appliquées et observées, assureront à chacun le libre exercice des droits de la conscience admettront fin à ccs divisions et à ces luttes stériles qui ont détourné trop longtemps la République de Rétude des réformes sociales.
Libéré de la lutte pour l’existence, c’est à la réalisation de ces réformes que le Gouvernement doit s’appliquer et c’est à RaméHoration du sort des classes laborieuses qu’il doit donner tout son effort : développer les œuvres de prévoyance contre la vieillesse, contre la maladie, contre le chômage au moyen de la création d’un système d'impôt qui, sans vexation, répartira les charges publiques suivant les facultés de chaque individu ; porter son attention sur tous les moyens propres à diminuer les charges qui pèsent sur les petits cultivateurs et sur Mgriculture en général; consolider l’indépendance de la nation par Radoption des mesures capables de créer une armée, fidèle gardienne du sol national et des institutions républicaines ; examiner, enfin, en toute conscience et en toute justice, les revendications de la classe ouvrière avec la volonté de les faire aboutir progressivement et sans énerver aucun des organismes producteurs de la richesse nationale; tel est, mes chers concitoyens, le programme général de travail à la réalisation duquel j’appliquerai toute mon intelligence et toute mon énergie et dont je viendrai vous entretenir, tous les ans, dans chacun de nos cantons.
Electeurs,
Un dernier mot. Pour servir leurs calculs égoïstes et conserver leurs abus, les partis réactionnaires vont vous dire que je suis un républicain sectaire, ennemi de la religion et pactisant avec ces égarés qui prêchent la haine entre les citoyens et blasphèment le nom de la patrie française.
Ne les écoutez pas; suivant leur habitude, ils cherchent à vous tromper pour arriver à leurs fins.
Républicains démocrates, votez pour un des vôtres, pour le fils du peuple qui n’a pas de privilèges à conserver ni à défendre, pour celui qui vous expose franchement et loyalement un programme qui tient dans ces deux mots ; ni réaction, ni révolution.
Vive la République démocratique et sociale!