VOSGES
1I# Circonscription d’ÉPINAL*
U. Camille KRANTZ.
Elu au 1er tour de scrutin** — 7*965 voix.
Mes chers Concitoyens,
Au cours de la législature qui finît, je crois avoir fidèlement rempli le mandat dont vos suffrages m'avaient honoré pour la quatrième fois*
J ai refusé, jusqu'au bout, ma confiance au Ministère Combes ; son œuvre de désorganisation et de corruption semait trop de germes de division et de haine dan^ notre pays. Le cotnbisme a survécu à M, Combes ; j'ai persisté à le réprouver énergiquement.
J ai voté contre la séparation dos Églises et de l'État; cette grave mesure, que le pays ne demandât aucunement, m'apparaissait grosse de menaces pour les consciences, grosse de périls pour la République elle -même*
1 *>ar ces votes, je crois avoir tenu les engagements que j’avais pris envers vous,
J’Y aurais manqué si j’avais refusé mon vote à la loi sur l'assistance obligatoire aux vieillards, aux infirmes et aux incurables privés de ressources.
J'y aurais manqué si, lorsque les droits des bouilleurs de cru ont été mis en cause, je n'avais combattu les mesures restrictives qui ont momentanément prévalu, et si je n'avais ensuite, eu qualité de président de la Commission des boissons, fait de long efforts pour atténuer une législation draconienne, dont finalement nous avons réussi à obtenir l'abrogation intégrale*
La tâche de la prochaine législature sera considérable,
* Il faudra d'abord, ainsi que le réclame déjà le Ministre de la Guerre, modifier la loi sur le service militaire de deux ans et la compléter par d-s dispositions assurant la formation des ca 1res et la constitution d'un solide noyau de rengagés, afin de donner au pays 1 l'année puissante et forte dont il a plus que jamais besoin*
Dans l’ordre politique* il est urgent de substituer au scrutin uninominal le scrutin de liste, avec représentation proportionnelle, 11 est plus urgent encore, dans Tordre adminis- ' tratif, de rendre aux Conseils municipaux leur autonomie, sous le contrôle exclusif de nos assemblées départementales, et de grouper par région les intérêts locaux, qui souffrent d'une centralisation excessive*
La décentralisation est, d'ailleurs, un moyen efficace d’enrayer l'accroissement des dépenses publiques et de mieux proportionner ces dépenses aux ressources, en substituant à la prodigalité parlementaire la prudente gestion des assemblées régionales. En allégeant
ainsi d'un certain nombre de charges le budget national, il faudra assurer, aux budgets départementaux et régionaux, les recettes correspondantes*
Ainsi comprise, la réforme administrative entraînera une réforme de nos contributions et une plus juste répartition des impôts.
Une des questions posées à l’heure actuelle est celle des fonctionnaires. Que les fonctionnaires, serviteurs de 1 Etat et du public, soient, à juste titre, soucieux de mettre leurs personnes et leur carrière a l’abri du favoritisme et. de l'arbitraire, rien de plus légitime î Mais, ce qm n est à aucun degré tolérable, c’est q m les fonctionnaires, sous prétexte de î dicats, aillent chercher, dans les Bourses du travail, un mot d’ordre révolutionnaire
I est temp; aussi, pour tes travailleurs, de comprendre que leur bien-être dépend
des H l it i pr0SpÉnté etie ractlvlté productrice du pays ; que ce n’est pas par la lutte des classes qu ils réussiront à améliorer b ur sort, f.a ruine commune, suite fatale de la violence, les atteindrait les premiers,
La prochaine Chambre devra les y aider en accueillant leurs revendications ’éeitimes
1 y aura heu, en outre, d’étudier la transformation de nos lois, pour permettre que le îravai puisse être associe au capital dans les entreprises industrielles, commerciales apicoles et y obtiennent enfin une part d’influence et de responsabilité; de faire aboutir a loi relative aux retraites ouvrières, après que le Sénat, qui est actuellement saisi- du financières3 ^ C° ** dl^ositions av c le libre jeü de la mutualité et les possibilités
Mes chers Concitoyens,
Je reste fermement attaché à la politique républicaine que j’ai toujours défendue, à la politique qui veut 1 ordre dans la rue, le respect de la propriété individuelle, la paix et - union entre les citoyens, la sécurité à la frontière, la libér é pour tous.
Vive la République !
Camille KRANTZ.
2e Circonscription d’ÉPINAL.
M. Henry BOUCHER.
Élu au 1" tour de scrutin. — 9.817 voix.
Messieurs les électeurs,
Soixante-dix maires de la deuxième circonscription de l’arrondissement d’Épinal m’ont affirmé leur inaltérable confiance et m’ont invité, en votre nom, à maintenir ma candidature républicaine, patriote et libérale.
Leur démarche spontanée et publique m’a été d’autant plus précieuse que, s’adressant à un député condamné depuis sept années à l’opposition, pour défendre la liberté elle témoigne d une indépendance morale qui honore le caractère vosgien
Je serre leurs mains loyales et j’obéis à leurs vœux en sollicitant pour la cinquième fois voire mandat legislatif. *
Messieurs les électeurs,
Mon programme de 1902 était explicite et formel. Je crois l’avoir fidèlement re“P]|- Acceptant le principe des retraües ouvrières à la coédition que les sacrifices de t profitassent aux cultivateurs comme aux ouvriers, j’ai repoussé toutes les dispositions d ) h Chambre en a compliqué l'organisation, et qui me paraissaient être oppressives ou dangereuses. Le vole du Sénat vient de me donner raison.
J’ai voté de gran 1 cœur la loi d'assistance aux vieillards et aux infirmes et] ai provoq l’apnl'Cation de la loi sur les accidents aux ouvriers des exploitations forestières.
Je n’ai pas eu besoin de combattre, comme je vous l’avais promis, 1 impôt mquisiton sur le rev. nu, car les radicaux, depuis sept ans au pouvoir, se sont bien gardés de e proposer, tandis qu’ils s’en faisaient, depuis si longtemps, une arme d opposition.
j’ai défendu, en toutes circonstances, le travail national et suis heureux de constata*
qu’après trois ans de luttes, les députés de l'Est ont enfin réussi a détruire cette loi contre
les bouilleur j de crû, que les méridionaux nous avaient imposée. . .
Pour rétablir l égalité réelle des charges militaires, j'ai, voté la loi du service de deux
ans qui doit recevoir encore de nombreuses améliorations. ., . .
’ L’un des premiers, j’ai signalé les menaces dont l’indépendance nationale a été 1 objet et je me suis efforcé, malgré les injures et les railleries, de faire assurer, en temps uti a,
nrotection efficace de notre frontière de l’Est.
J’ai voté 1 , suppre sion des sous-préfets, et me suis associé à toutes les reformes qui
auraient été de nature à simplifier notre administration et à diminuer nos dépenses,
‘ Aucune n’aurait pu être plus utile que la diminution du nombre des depot A. C est dans ce but que j’ai constamment voté en faveur de la réforme électorale, repou^st-e pa
rKlicsiiix '
Maïs, dès 1902, c’était surtout la liberté deconscince qui était en péril, et je vous avais
^^Waldeck Rousseau y avait ouvert la première brèche -, malgré tous les liens personnels et politiques qui nous unissaient je l’avais combattu sans hésitation et vous m aviez
^Comment n’aurais-je pas combattu le néfaste ministère Combes, dont l’œuvre restera comme une lâche dans l’histoire de ce pays, stigmatisée par cette triple formule . Persécution, Délation, Humiliation de la patrie ! . ,
Imparti rombiste, après avoir promis ie respecter la liberté d’enseign -ment, a erme trente mille écoles et dispersé cinquante mitie éducateurs du peuple, qui ont dû chercher dans la misère e. l’exil la liberté de leur couse enco et de leur profession.
C miment croire désormais en des promesses destinées seulement a endormir les rèsis-
tâMCBiî î i
Rassuré par un apparent scepticisme, qui n’était que la surprime des consciences, ce
porti a voulu irnp -ser â la France, sans la consulter, l'abandon de ses traditions séculaires et faire, de la séparation des cuit -s et de l’État, un instrument d’oppression.
Doyen de l’opposition dans la Commission parlementaire, je me suis efforce, avec mes courageux amis et les représentants les plus intelligents du socialisme sincère, d épargner & la législation française la honte de la persécution avouée.
Mais la loi, même amen Jèe par nos efforts, n’est, de l’aveu des sectaires, qu une etape
vers des persécutions plus audâcieuses.
Tant qu’elle n’aura pas été modifiée et sanctionné.! par l’accord des puissances morales et maiérielles qu’elle intéresse, elle sera repoussée par l’opinion publique : elle demeurera un véritable danger pour nos relations extérieures, pour la paix intérieure, pour la tranquillité de nos communes; elle faussera les rapports des partis et rendra impossible tout gouvernement de progrès pacifique.
En la combattant, j’ai conscience d’avoir déf mdu la République, quel on compromet en la faisant haïr; je suis fier de vous avoir obéi à vous tous qui m’avez dicté ma conduite et qiû en a viez le droit.
— iOW -
Huit mille trois cent cinquante électeurs, dont j'ai vérifié les droîls électoraux et qui forment la grande majorité de la deuxième circonscription, plus de douze mille femme? , qui ont bien le droit de parler quand il s'agit de leur conscience et des destinées moral s de leurs enfants, m ont fait entendre leurs voix et, derrière cette manifestation grandiose, fai senti palpiter 1rs cœurs de tous ceux qui, attachés par eux ou leurs parents aux fonctions publiques, menacés par la délation, retenus par l'intérêt, contraints par la prudence, se résignaient à l'abstention pour sauver le pain de leurs enfants.
Qu'on n’attribue pn s ce soulèvement des consciences à quelque pression extérieure, car je citerais cette intelligente ville de Thaon, si indépendante, si pénétrée par ks idées modernes, celte ville qu'on ne saurait accuser d'avoir été entraînée par ceux qui la dirigent, et où mille un électeurs, sur treize cent quatre- vingt-trois alors inscrits, se sont prononcés contre la loi.
Je citerai ïgney, où j'ai obtenu, en 1902, cent quatre-vingt-six suffrages, et où deux cent vingt-huit électeurs ont protesté auprès des Chambres*
Ce sont bien des citoyens libres qui se sont adressés à leur représentant pour défendre leurs droits et leurs traditions; j’ai exécuté leur volonté en mandataire fidèle; c’est à eux à ne pas laisser protester leur signature, le 6 mai prochain.
Qu’il aient confiance dans les institutions républicaines .sous lesquelles les lois oppressives ne sauraient subsister longtemps*
La loi contre les bouilleurs de cru opprimait la liberté des cultivateurs et violait leurs domiciles, mais, pour la combattre, iis n'çnt pas eu besoin de recourir à la ’.îoleuce; il leur a s ùfti de leur bulletin de vote, arme redoutable des démocraties ; ils ont voté avec énergie et persévérance, et !a loi détestée n’est plus aujourd’hui qu’un mauvais souvenir.
Défendez vos intérêts moraux avec autant de calme énergie que vos intérêts matériels, et la victoire est à vous.
Affirmez par voire vote que vous exigez la liberté de conscience et d'enseignement, la nèutraliié de l'école, le respect de l'armée*
Dites que vous ne voulez plus voir les fonctionnaires traqués et avilis, la légitime autorité de vos maires remplacée par celle de délégués masqués et irresponsable s.
Dites que vous en avez assez de ces fiches, de ces délations, de ces procédés de dictature sans courage qui déshonorent la République et gardez la certitude de prochaines et pacifiques revanches.
Unissez-vous au sentiment national et libéral qui soulève de toutes parts la France véritablement républicaine ; la journée du 6 mai verra l'écroulement du bloc, les élections de 1910 en disperseront les débris.
Mes chers Concitoyens,
Je vous convie à la résistance. républicaine et non é la réaction.
Débarrassés, à l’intérieur et à l'extérieur, de la politique de haine, rappelés au sentiment national par les dangers que vient dé courir le pays, nous pourrons reprendre les véritables traditions républicaines,
Nous pourrons confirmer nos alliances et entretenir ces amitiés précieuses qui, se groupant autour de la France à Algésiras, ont montré la grande place que notre patrie doit encore occuper dans Je monde.
Nous pourrons nous dévouer au progrès social, pacifique mais clairvoyant ; défendre nos finances compromises, assurer, par une meilleure organisation d s réengagements, le bon fonctionnement de la loi militaire, en tenant compte des besoins de l’agriculture ; nous pourrons défendre, comme nous Favoris toujours fait, le travail national, améliorer le crédit agricole, créer le crédit industriel populaire qui permettra aux travailleurs associes et solidaires d'acquérir leurs instruments de travail sans recourir à ces décevantes- violences qui compromelient le progrès économique et socid, inquiètent l s intérêts les plus re-pecnibles, violent la liberté du travail et, après avoir peut-être ensanglanté" notre pays, préparent de déplorables réactions*
fcffi&Nous devrons organiser le repos hebdomadaire, assurer la suppression des économats patronaux, débarrasser la loi des retraites de tout ce qu’elle a de chimérique et de dangereux, en sauvegardant la liberté de l’épargne.
Nous nous efforcerons avant tout de rétablir, par le respect de toutes les consciences et de toutes les libertés, Funion si nécessaire à ce pays. , '
C’est à cette œuvre que je veux, mes chers concitoyens, me consacrer, si vous m’accordez vos suffrages*
Pour le salut de la République !
Pour la grandeur de la patrie I
Henry BOUCHER,
Député sortant,
Vice-président du Conseil général des Vosges.
Circonscription de MÏREGOURT.
H. Marc MÀTHIS.
Élu a i 1er tour de scrutin. — 7.592 voix.
Électeurs,
Les comités républicains de l'arrondissement de Mirecourt, réunis en congrès, Je 11 février 1906, m’ont désigné comme candidat aux élections législatives du 6 mai prochain.
C’est à la suite de ce vote que je me présente à vos suffrages.
Républicain sincère et loyal, je suis, en politique, l’adversaire de la droite et des partis de réaction qui, sous des étiquettes différentes, font alliance avec elle pour combattre la République et entraver l’extension des idées de justice et de solidarité sociales.
Je suis aussi Fadversaire des collectivistes et des révolutionnaires dont les menées et les utopies sont aussi dangereuses pour l’idéal démocratique.
Il ne faut ni réaction, ni révolution l
La France républicaine doit aimer la paix et donner aux autres nations l’exemple du respect de leurs droits, mais la paix doit être conforme aux intérêts et à la dignité de notre pays.
Pour maintenir l'œuvre de la République sur ce point, ü faut imposer au pays les sacrifices que nécessite la défense nationale, il faut assurer la force de son armée et de sa mariné.
J'écarterai donc énergiquement tous ceux qui renient Fidée de patrie, tous les partisans de la grève militaire.
Un Vosgîen ne peut être qu’un bon patriote.
Au point de vue religieux, je suis partisan de la hberté de conscience la plus absolue.
— lOtiT —
Le Parlement a voté la loi de séparation des Églises et de l’État, c’est une loi de liberté dont ^application doit être également libérale, mais iî faut réprimer énergiquement les manœuvres déloyales de ceux qui cherchent à utiliser la religion comme un tremplin électoral dans le seul intérêt d'un parti.
La Chambre républicaine a réalisé des réformes importantes dans Tordre social et économique.
Elle a voté la loi de deux ans, la loi d’assistance aux vieillards, elle a supprimé les bureaux de placement qni exploitaient les travailleurs, déchargé de deux millions les petits patentables, èteudu la compétence des juges de paix et îêduit ainsi les frais de justice, elle a supprimé le monopole des inhumations et enfin elle a voté le timbre à dix centimes \ elle a favorisé les oeuvres de mutualité et établi le projet des retraites ouvrières, elle a étendu la loi des accidents aux ouvriers agricoles.
Ges nombreuses réformes en appellent u’autres, et j’apporterai tous mes efforts à compléter cette œuvre sociale.
Cultivateur, je connais tous les besoins des travailleurs des campagnes et je saurai défendre leurs intérêts avec dévouement.
j’ai déjà, dans toutes mes a nférences, indiqué que mon programme comportait comme points principaux :
La révision du cadastre avec redressement des cotes foncières :
La décharge des prestations ;
Le maintien du privilège des bouilleurs de cru;
L'extension des syndicats agricoles et des sociétés de crédit aux cultivateurs;
La constitution, pour les petits propriétaires fonciers, d'un bien de famille insaisissable.
Les questions ouvrières auront aussi toute ma sollicitude, et j’appuierai toutes les lois d’assistance et de mutualité;
La loi sur les retraites ouvrières et agricoles; r La création d’un code de travail ;
La révision de la loi sur la saisie des salaires ;
L’amélioration des œuvres d’assistance publique par une protection plus large de l’enfance ;
L’extension de la gratuité de l’enseignement à tous les degrés.
Les industriels et lés commerçants trouveront en moi un collaborateur dévoué, tout disposé à èludier ayee eux les questions les concernant. Je m'attacherai à proléger le petit commerce contre la concurrence des grands magasins, en demandant une équitable r> vision de la loi des patentes.
Le Parlement devra examiner les moyens d’accomplir les améliorations projetées sans cré.ir de nouvelles charges; il faudra donc créer un impôt de remplacement et je soutiendrai toute mesure imposant proportionnellement tes revenus, eo écartant toutefois tout procédé vexatoire dans la perception de Pimpôt.
Électeur3,
Vous devez juger, le 6 mai, l'œuvre de la République. J’ai confiance en vouai Vous connaissez mon programme, je l'ai exposé publiquement et je l’exécuterai loyalement, si vous me donnez vos suffrages.
Je consacrerai tout mon temps à la défense de votre arrondissement, qui est le mien, je soutien Irai noi intérêts communs et je m'efforcerai de faire triomph r les idées de justice et de liberté qui sont les vôtres.
Marc MATHIS,
Chevalier du Mérite agricole, Maire de Valleroy-aux-Saules.
Circonscription de NEUFGHATEAU.
M. le comte D’ALSACE, prince d'HÉNIN.
Élu au 1er tour de scrutin, — 8*046 voix.
Mes chtrs compatriotes,
Pour la quatrième fois, fai l'honneur de solliciter vos libres suffrages.
Mon programme républicain est resté le même.
Il e4tout entier dans ces mots : liberté, patriotisme, progrès social.
Partisan de Tarn -lioration progressive du sort des humble q je me suis associé et suis rés du à uf associer encore à toutes les mesures législatives de nature à réaliser cette amélioration ■ c’est vous dire que la solution des grandi problèmes sociaux, qui préoccupent notre époque, ne saurait me laisser indifférent.
Mais il importe de se rendre compte que cette solution exige des finances prospères ; j'estime donc que, tout en se préoccupant d’une répartition q>his équitable de l'impôt qui pèse trop lourdement sur les classes laborieuses, le Parlement devra s'efforcer d’entrer dans la voie des économies budgétaires afin de faire face aux charges nouvelles occasionnées par les lois déjà votées (lois d’assistance publique) et par celle en préparation (loi sur les retraites ouvrières).
Serviteur dévoué delà démocratie, j’appuierai toutes les réformes qui s’inspireront des idées de liberté et de justice, fondement même de l’instruction républicaine, et contribueront ainsi à développer la grandeur et la prospérité de la patrie.
Agriculteurs, travailleurs des champs ou de l’atelier, vous avez tous droit à une égale sollicitude de la part de ceux qui ont l’honneur de vous représenter. Mbn passé vous est garant que vos intérêts à mus me tiennent également à cœur.
Je n ar jamais eu d’autre ambition que de mettre au service de ces intérêts tout ce que j'ai de dévouement, d'activité et de forces; à vqus de répondre si je suis resté fidèle à mon programme-
Ai-je besoin d’ajouter, qu’au point de vue extérieur, je veux îa France pacifique, mais assez forte, pour pouvoir défendre la paix qu’elle n'a jamais songé à troubler?
Dans cette région frontière, au milieu de nos patriotiques populations, je ne crois pas nécessaire d’en dire plus ; nous nous comprenons.
Vive !ai France 1 Vive la République I
Comte D'ALSACE,
Conseiller général, Candidat républicain.
Circonscription de KEMIREMONT.
M. FLÀYELUL
Eiu au 1er tour de scrutin. — 9.726 vcrx.
Me= chers Concitoyens,
Je Tiens vous demander le renouvelle. nent du mandat que vous m’avez confié le 24 janvier 1904-
Vous ne pouviez alors méjuger que sur mes déclarations et sur le programme que je vous soumettais. Aujourd^uijC’est sur me. actes que doit porter votre jugement*
J’ai défen lu la liberté fermement, sans faiblesse, sans capitulation*
J’ai repoussé de toute mon énergie cette loi de séparation des Églises et de l'État*, préparée, exigée, imposée par la franc-maçonnerie, loi d’oppression qui a déjà provoqué de sanglants conflits et qui nous menace de 3a guerre civile, alors que le régime concordataire, dont le pays ne réclamait nullement l'abrogation, nous assurait la paix depuis un siècle.
J’ai combattu la malfaisante politique qui, sacrifiant les intérêts de la patrie aux passion intolérantes d’un parti haineux, a livré Farnâée à la délation et, par un véritable crime de trahison, a affaibli la défense nationale au moment même où une politique extérieure aventureuse dans ses projets, incertaine et débile dans ses moyens d’action, nous exposait aux plus graves périls.
J'ai lutté contre le ministère Combes, qui ne se maintenait au pouvoir que par l’appoint des voix internationalistes et révolutionnaires, et qui était dès lors condamné aux pires complaisances envers les hommes de désordre et les blasphémateurs de Pidêe de patrie.
Mais je n’ai pas hésité, dans un sentiment d’abnégation patriotique, à soutenir à sou début le ministère Bouvier, alors qu’on pouvait croire qu’il allait rendre à ce pays un peu de paix intérieure en s’affranchissant des funestes influences qui avaient pesé sur ses prédécesseurs.
Je n’ai d’ailleurs pas voulu me laisser absorber par la politique de combat. J’estime qu’il y a mieux à faire à la Chambie et c’est d'un esprit indépendant, libéré de tout parti pris, avec le seul souci d'accomplir une œuvre utile, que j’af apporté ma part d’active collaboration à l’étude des questions mutualistes, économiques et sociales et que je me suis efforcé de défendre les intérêts du travail national.
Mes chers Concitoyens,
Mes acîes dans le passé vous tracent d’avance mon programme pour l’avenir.
La Chambre prochaine aura une lourde tâche à accomplir, parce quelle aura beaucoup de mal à réparer*
fl faudra tout d’abord qu’elle rétablisse la paoc et Tordre dans le pays si profondément troublé*
Dégagée des agitatati <ns stériles, délivrée des luttes énervantes qui jusqu’ici ont absorbé ses efforts et trop souvent paralysé d’utiles initiatives, elle pourra alors en toute liberté s’occuper de réaliser enfin les réformes si incomplètement ébauchées par suite de la désastreuse agitation anticléricale.
Elle devra résoudre définitivement le problème des retraites ouvrières et agrLoles, remis en question par 1* opposition du Sénat* J’espère que Raccord se fera par 1 adoption du système de répartniop que j'ai déjà défendu à la tribune' parce qu il assurerait aux travailleurs le bénéfice immédiat de la loi.
Elle devra examiner les projets de réfoi me de notre régime électoral par le retour au scrutin de liste et par Finstituiion de la représentation proportionnelle, dont je me déclare partisan.
Elle devra compléter la loi de 1884 sur les syndicats, en leur reconnaissant une capacité entière qui, ouvrant un champ plus vaste à leur activité professionnelle et mutualiste, les affranchira de leurs pires ennemis, les meneurs et les agitateurs politiques*
Elle devra, par une refonte de notre système d’impôts dans un esprit démocratique, assurer tout à la fois le dégrèvement de la terre, depuis si longtemps surchargée, et de larges réductions en, faveur des famiiles Ils \ lus nombreuses et les moins fortunées* Celte réforme fiscale pourra être réalisée par Pi u pôt progressif sur le revenu, que je voterai à la condition qu'il soit conçu dans le sens des projets déjà présentés ækt MM. Burdeau, Ribot et Peytraï, c’est-à-dire sans taxation arbitraire U sans inquisition, d’après les signes extérieurs de ia richesse,
La future Chambre devra suivre une politique de stricte économie et, dans ce but, procéder à une décentralisation administrative et à une simplification des services qui, réduisant les énormes dépenses imposées par le continuel accroissement du fonctionnarisme, permettront de réduire. en même temps celles des contributions indirectes qui, frappant des objets de première nécessité et de consommation générale, empêchent en France la vie à bon marché telle qu’elle existe ailleurs, J
D’autres questions occuperont mon attention au Parlement : je ne puis ici qu’en énumérer quelques-unes ; Défense du petit commerce par l'amélioration de la législation des patentes. — Repos hebdomadaire, — Maintien absolu du druii des bouilleurs de cru, que j'ai déjà défendu à la Chambre* — Abrogation de la lot de 1903, qui a augmenté le prix du tabac de zone. — Perfectionnement constant de nos voies de communication, notamment par le raccordement de la ligne de Bussang à Belfort qui présent*,- en même temps qu’un intérêt régional de premier ordre, un grand intérêt général.
Mes chers Concitoyens,
Toutes ces réformes et tant d'autres également nécessaires ne sont possibles que si nous sommes assurés de îa paix intérieure. Vous repousserez donc tout à la fois les hommes d’intolérance et de haine qui, s’obstinant dans la persécution religieuse, nous menacent de la guerre civile, et leurs alliés, leurs associés de l’ancienne majorité combîste, les internationalistes et les antimilitaristes, les utopies du socialisme et les fous malfaisants de l’anti patriotisme, car vous voulez, comme garantie de ia paix extérieure, une armée forte et fière, soutenue dans son œuvre de vaillant labeur par ie sentiment patriotique de la nation tout entière.
Vous proclamerez, le 6 mai, votre volonté de citoyens libres, résolus à ne plus souffrir ia violation de leurs droits, à ne plus supporter des gouvernements qui, incapables de se dégager de leurs origines, ne pouvant arrêter la Révolution sociale parce qu’ils l’ont eux-mêmes déchaînée, abaissent le drapeau tricolore devant le haillon rouge des émeutiers et des incendiaires.
Dans la lu te pour Tordre et pour la liberté, jè fais appel à tous, à ceux-là mêmes qui m’ont combattu jadis \ je leur demande de prendre leur part du devoir social qui incombe aujourd’hui à tous les bons citoyens dans l’iutêrêt de la paix publique.
Je leur demande de s’unir à ce grand mouvement de réprobation et de protestation dom la puissance, dans la France entière, en déconcertant aujourd’hui nos aiversares,
nous garamit ie succès, à ce grand mouvement qui libérera la nation par raffnnchissement de la République qu’une secfe prétendait confisquer et que nous rendons à la France.
Vous acclamerez tous, le b mai, cette vraie République, libre et libératrice* garantissant à tous la justice et l’égalité* la République du peuple, réconciliant tous les bons citoyens divisés par de vaines discordes, la République de la paix sociale et de l’union nationale, libérale* fraternelle* élevée au-dessus des partis par un gouvernement uniquement soucieux de l’intérêt et de l’honneur de la France.
Vive la liberté I Vive ia France 1 Vive la République 1
Maurice FLÀYELLE,
Député sortant.
Candidat républicain nationaliste.
irc Circonscription de SAINT-DI É.