YONNE
Circonscription d’AUXERRE.
M. MILLIAUX.
Élu au 1er tour de scrutin. — 7.867 voix.
Mes eh ers Concitoyens,
Au mois d’août de l'année derniôim, vous m’avez élu votre représentant à la Chambre des Députés.
Je crois avoir fidèlement rempli le mandat que vous m’avez confié. Examinez mes votes : vous n’en trouverez pas un seul qui ne soit conforme aux engagements que j’ai contractés vis-à-vis de vous.
Aujourd’hui, comme alors, ma candidature se réclame des réformes inscrites au programme du parti radical et radical-socialiste* Vous en connaissez les lignes principales. ;
Souveraineté absolue du suffrage universel.
Refonte de notre système fiscal par Rétablissement de l’impôt progressif sur ie revenu.
Retour à l’État des monopoles concédés.
Caisses de retraites pour les travailleurs.
Suppression des conseils de guerre en temps de paix.
Suppression des treize jours, et remplacement des vingt-huit jours par des exercices périodiques de tira cantonaux.
Décentralisation et réformes administratives.
Réduction des gros traitements et réduction des frais de justice. *
Réfection du cadastre.
Défense de l’agriculture par la diffusion du crédit et des assurances agricoles.
Sur le terrain des intérêts locaux, je. n’ai pas besoin de vous rappeler que nos aspirations sont les mômes.
le me félicite du rétablissement du droit des bouilleurs de cru, auquel j’ai participé dans la mesure de mes forces; il m’apparaît qu’aucune atteinte n’y sera désormais portée. Mais il est un fléau contre lequel nos populations vigneronnes ont à lutter ; je veux parler de la mévente de nos vins, résultant surtout de la concurrence des vins falsifiés*
Je demanderai que les mesures los plus énergiques soient prises pour remédier à mie situation aussi décourageante.
Telle est la tâche à laquelle je me consacrerai si vous me choisissez à nouveau pour votre mandataire.
Mes chers Concitoyens,
‘ Vivant au milieu de vous, je connais vos besoins- Vous pouvez être assurés que tous mes efforts auront pour objectif le développement de la prospérité de notre arrondissement et de notre ville.
Si vous pensez que je suis toujours digne de votre confiance, je serai heureux do travailler à la défense de vos intérêts et à celle dés idées qui nous sont chères.
Vive la République !
M1LLÏAUX.
Député sortant.
2° Circonscription d’AUXERKE.
M, RIBIÈRE.
Elu au 2* tour de scrutin. — 6-487 voix;
Mes chers concitoyens.
Dans une première circulaire, je vous ai fait connaître Porigine et le vrai caractère de ma candidature au siège laissé vacant par le désistement de M, Mërîou.
Pat déjà parcouru un grand nombre de communes de notre circonscription pour y exposer mon programme en réuniob publique et je continuerai à le faire chaque jour d3ici à Détection.
Depuis vingt ans que je suis mêlé intimement à la vie politique et administrative de notre département, vous avez pu connaître et juger déjà mon attitude nettement démocratique et mes idées franchement réformatrices. Mais je tiens à vous dire que je suis avant tout un défenseur dévoué des intérêts de la démocratie rurale et de la petite culture, qui ont tant besoin d’aide.
J?aï protesté, au Conseil général, dans de nombreux vœux contre la suppression arbi-* traire et vexatoire du droit des bouilleurs de cru ; je rac suis réjoui du rétablissement de ce droit : je compte bien qu*à Fa venir il restera intangible.
En ma qualité de membre de la Commission spéciale des chemins de fer dont je fais partie depuis plus de dix ans, j'aï travaillé de mon mieux à faire adopter le réseau à traction électrique dans PAuxerrois qui, grâce au prolongement de Treigny à Saint-Sauveur et, dans Parvenir, à celui de Chàtet-Censoir à Courson, donnera entière satisfaction aux intérêts ,de notre région.
Je veux en outre :
La réfection du cadastre,
Une répartition plus équitable des charges fiscales qui pèsent si lourdement sur la propriété foncière alors que la propriété mobilière est privilégiée.
De grandes facilités pour la transmission de la petite propriété rurale.
L'insaisissabilité du bien de famille.
Ltexteosîon des syndicats agricoles et du crédit agricole.
L’application de la loi sur les accidents du travail aux travailleurs agricole?, aussi exposés et aussi intéressants que leurs camarades de l'industrie.
La disparition totale des prestations et de la taxe vicinale actuelle; leur remplacement par des centimes additionnels départementaux, ce qui aurait pour résultat de répartir plus équitablement ces lourdes c harges entre les campagnes et les villes actuellement favorisées* La diminution des frais de justice et une large réforme judiciaire*
Les retraites ouvrières et agricoles assurées par Rétablissement de L’impôt progressif sur le revenu et par la réduction du nombre des degrés d’hêrédiiè- La suppression des périodes de 13 et de 28 jours*
La suppression des conseils de guerre en temps de paix*
CJest vous dire que je suis un partisan très résolu de toutes les améliorations sociales, de toutes les réformes démocratiques.
Mais je m’arrête devant le collectivisme et rantimilitaiisme.
Je ne suis pas collectiviste, parce que j’estime que le travailleur doit pouvoir jouir en paix du fruit de son travail et de son épargne ; la propriété individuelle sera toujours le plus puissant levier de l'activité humaine*
gje ne suis pas antimilitariste, et je repousse de toutes mes forces les détestables théories d’Hervé préconisant en même temps ^organisation de la guerre civile et la désertion devant la guerre étrangère, môme défensive ! Elles conduiraient tout droit le pays à l'anarchie et à
l'invasion* /
Je suis un pacifiste profondément convaincu que grâce aux bienfaits de l’arbitrage international, grâce surtout tu mouvement irrésistible du progrès humain, qui permet aux peuples de se mieux connaître chaque j< ur, nous éviterons les Lamentables conflits armés entre les nations*
Ni guerre étrangère, ni guerre civile, telle est la formule que j’Qppore aux partisans
d'Hervé. ,
La démocratie ma rien à espérer et tout à craindre de la révolution.
C’est par le travail, la concorde et la paix que 3a nation marchera le plus sûrement dans la voie du progrès pour la conquête de toutes les améliorations sociales*
Si vous m'élisez Député, mes chers concitoyens, je m’engage à rester en communication constante avec vous, pour me rendre compte de vos besoins, m’inspirer de vos indications et remplir tout mon devoir de fidèle mandataire du peuple*
Mais quel que soit votre verdict, je crierai toujours du même cœur ;
Vive la démocratie rurale t
Marcel RIBIÈRE,
Vfce-président du Conseil général,
Membre de la Commission départementale, Président de la Fédération des mutualités scolaires de Y Yonne , Président de îa section auxerroise delà Ligue des droits de l'homme et du citoyen.
Circonscription d’AVALüON.
-M. Étienne FL4ND1N.
Ela an lor tour de scrutin. — 5.802 voix.
Mes chers Concitoyens,
La déclaration du groupa de l’Union républicaine, que je préside à la Chambre, résume mes doctrines politiques.
Ce sont celles d’un ami fervent de la démocratie, dont les convictions n’ont jamais varié, qui ne séparera jamais la patrie, la République, la liberté.
Je demande à la République, à laquelle je resterai immuablement fidèle, de respecter ses origines, ses principes, de répudier, de toute son énergie, les honteuses pratiques gui ont risqué de la déshonorer sous prétexte de la défendre.
Elle est, par essence, le gouvernement de la justice et de l’honneur; elle ne saurait délation C°mm0 procéli,îs Administration, l’arbitraire, le favoritisme, la corruption, la
La législation qui finit a épuisé sa vigueur dans les âpres et desséchantes querelles de la lutte anticléricale.
Il faut que la séparation des Églises et de l’État ait pour résultat d’enlever aux pouvoirs publics toute raison de s’immiscer dans les questions religieuses et qu’elle assure le respect ansoluides consciences et la pleine liberté des cultes.
C’est vers le domaine illimité des réformes économiques et sociales que doit se diriger désormais i activité parlementaire en introduisant dans notre législation plus de justice et plus de solidarité. . * J
Depuis trop longtemps on vous promet, sans la réaliser, une répartition mieux établie des charges publiques.
II ne suffit pas assurément, de mettre en œuvre une formule d’une séduisante simplicité pour opérer la refonte de notre système fiscal; mais à la Condition de repousser résolument I intolérable inquisition du fisc dans le secret des affaires privées, l’accord doit se réaliser sur les points suivants : dégrever les contribuables les moins fortunés ; tenir compte des charges de famille; éviter de frapper avec la même rigueur le revenu du capital et lè revenu du travail; alléger les charges qui écrasent l’agriculture; empêcher que l’impôt de mutation qui, dans presque tous les pays de PEurope , varie d’on minimum de î 0/0 à un maximum de 5 0/0, continue à atteindre chez nous le chiffre exorbitant de 7 0/0 * transormer l’impôt des prestations, afin que son poids cesse de tomber exclusivement sur les populations rurales et de constituer pour les contribuables les plus pauvres un impôt progressif a rebours. r r1 u
De louables efforts ont été tentés, au cours de ces dernières années, à l’effet d’amèébauchée80^ ^ C£UX ^ traVaÜIent ^ qi” souirreKt’ mais ï,œuvre entreprise est à peine
il faut que, sans créer un péril pour les finances publiques, la loi sur les retraites ouvrières, mise au point par la législature prochaine, garantisse la sécurité de leùrs vieux jours aux travailleurs des champs comme aux travailleurs des villes.
11 faut qu’elle soit complétée par l’organisation progressive de l’assurance contre l’ensemble des risques sociaux, depuis la maladie jusqu’au chômage.
«ih™ I*”* e'nrm qU,?,’^0U^ 1’imPuldon généreuse de la mutualité, largement encouragée et ventionnee par 1 État la multiphcaiion des institutions de prévoyance oppose aux dëcc vantes utopies du collectivisme l’accès du plus grand nombre possible de citoyens Ma pîl p lete la constitution du bien de famille insaisissable et le développement de la puissance
tZ P6t!te Pr°Priété’ **“ aUX reS£°UrCes du principTd W
Tout cela, mes chers concitoyens, peut être réalisé par une politique de concorde
f COr?- feC°Dd, du C3pita! et du travail : tout cela peut être compromis an contraire, par la politique de haine, de violence et de prétendue lutte des classes
à l.i'ïïï®’ ‘°nt 1UtiS COnduit àla grandeur nationale, dont l’autre aboutit à 1 irrémédiable déchéance, votre choix est fait depuis longtemps.
LaST^^f V°tre imerp!'ète fn Ke CeSEaüt de réclamer eH votre no® la paix: France 1 exténeur’ SÜUS conditicn du respect dés droits et de l’honneur de la
-a Képubhqiie.^lntér*eUr’ ****? ^ ^ Fr",«,ta’ S0US «“«*» aspect des lois de
A ces déclarations de politique générale, je dois ajouter un mot en ce qui concerne la defense des intérêts particuliers de notre région.
cru îïïr fafeaU dU &r°Upe Parlementaiié pour la défense du droit des bouilleurs de cru.jai été 1 un des promoteurs de la loi de réparation qui a rendu à nos populations le droit de disuHerhbrement le produit de leurs récoltes, droit dont les avait dépouillées contre toute justice, le ministère présidé par M. Emile Combes.
Conseiller general, j’ai obtenu de notie assemblée dépariementale le vote nui a eu pour conséquence le ré.ablissement, eu feveur de „„„„ comice, dess„ JnJû^prlmé™
politiques. ^6S ”0S C““iV!“!"r8 81 de "OS commerçants par de basse, rancunes
Conseiller général, j’ai fait décider l’établissement du réseau de tramways électriaues
Châtel r™ Ava °n 3 L0rmes’ 0uarré> Saint-Léger, Vauban, Vézelay, Bazoches, Sermizelles Chàtel-Censoir et qui se prolongera dans l’Auxerrois sur CoureoD, Coulange-la-Vineuse> Toucy et Saint-Sauveur. Ce projet qui m’a valu tant d’attaques et de railleries, tournant
trans w/U1 3 i COnfuaiOD de leura auteunî’ aSiurera à nos populations, avec les moyens de transport pour les voyageurs et les marchandises, la lumière électrique et la force motrice Notre arrondissement pourra devenir un pays industriel en restant un pays agricole
vo u 1 et 0^ r^* c h e r s concitoyens, de décider si j’ai justifié votre confiance et si vous ouleZ’ une fois de plus, maintenir 1- honneur de vous représenter à un mandataire que ses traditions de tamille, ses intérêts et tente sa vie rattachent à l’Avallocnais.
Vive la République !
Etienne FLANDIN,
Membre du Conseil général de l’Yonne, Député sortant.
Circonscription de JOIGNY .