M. LOUP
Élu au 2° tour de scrutin. — '13.&68 voix.
Citoyens,
Je ne suis ni un inconnu ni un nouveau venu dans ia politique républicaine, et bien des fois déjà, à divers titres, les électeurs républicains ont bien voulu m honorer de leur
Il m’est permis d'ajouter que la sincérité, la fidélité invariable de mes opinions sont manifestement à l’abri de toutes contestatious ; l’une et l'autre, par l’ensemble de mes votes, de mes actes publics, se sont affirmées chaque jour plus clairement sans équivoque, au cours de ma vie politique déjà longue et entièrement consacrée, sans dcfaidance,
à la cause vraiment démocratique. . ,
Mettant en pratique le principe de la représentation professionnelle et de classe, les vaillantes et libres populations rurales de ^arrondissement de Joigny, — toutes attachées au travail agricole ou en relevant plus ou moins directement, — ont depuis longtemps déjà choisi à chaque fois l’un des leurs pour la représentation de leurs intérêts.
Une fois de plus, à l’égard de ces mômes intérêts, la même question se pose sous autorité du même principe, — trop peu observé encore par les électeurs ruraux, — et dont cependant de toutes parts on enregistre 1û3 bienfaisants résultats au bénéfice de ceux qui savent en faire usage.
Je prends à témoin, — et pour exemple, — notre récente et vigoureuse defense en ce
qui concerne le maintien du droit des bouilleurs de cru. *
A la faveurde groupements ruraux par vous institués, avec le concours de votre mandatiire, rural cimme vous, vos réclamations ont pris force et puissance inattendues pour faire enfin cesser la violation scandaleuse de vos domiciles privés.
Que les électeurs ruraux veuillent donc bien se rendre compte que, eux, les plus négligés, eux, les plus inté'essants, eux, les moins représentés, — ils sont le
nombre. . . .
Étant le nombre, l'avenir leur appartient, s’ils le veulent: qails se concertent et
s’entendent. .
Le choix de leur mandataire est le répondant de leurs iatèrêts professionnels, de classe
et d’opinion. ,
Sur le programme politique et économique ci-après, et qui n’est pas limitatif, en commun établi avec vous et par vous déjà adopté, j’obtenais la confiance des électeurs républicains de l' arrondissement de Joigny.
Révision périodique des lois constitutionnelles. — Souveraineté absolue du suffrage umversel. — Scrutin de liste. — Permanence de la Chambre des Députés par un renouvellement partiel. — Séparation des Églises et de l’État, en conformité des principes de la Révolution française. — Dissolution de toutes les congrégations d’hommes et de femmes. Retour à l’État des biens de mainmorte. — Impôt progressif et global sur le revenu, avec dégrèvement à la base. — Suppression progressive de tous les impôts indirects. Abolition des taxes frappant les objets de première nécessité. — Réduction de? patentes des petits commerçants. — Abroga ion complète de la loi Falloux. — Monopole de l’enseignement
réservé à l’État, — Gratuité de renseignement à tous les degrés* — Développement de renseignement professionnel. — Attribution de bourses par concours aux seuls élèves des établissements de V État, Ne seront admis aux fonctions publiques que les candidats ayant fait leurs études dans ces établissements. — Réduction des périodes de vingt-huit et treize jours, — Suppression des conseils de guerre en temps de paix. — Nationalisation des voies de communications) des mines* de tout monopole concédé par l'État. — Lois ouvrières* Caisse de retraites pour les travailleurs des villes et des campâmes. — Assistance aux vieillards, aux infirmes, aux incurables et aux orphelins. — Lois de protection pour l’agriculture et pour la viticulture, — Révision du cadastre et* périodiquement, des évaluations qui servent de base à l’impôt fonder, — Mesures préventives contre l'agiotage et l’Accaparement, — Organisation démocratique du crédit agricole. — Assurances agricoles par l'État, — Subventions aux Sociétés mutuelles agricoles* — Maintien absolu du droit des bouilleurs de cru, — Suppression des prestations, de la taxe vicinale. Remplacement par des centimes départementaux* — Décentralisation administrative, — Remplacement des Conseils d'arrondissement par des Conseils cantonaux disposant d'un budget spècial — Diminution du nombre des fonctîonmiaires en commençant par les sous-préfets* — Réduction des gros traitements an chiffre de l’indemnité parlementaire, — Amélioration des petits traitements* — Réduction des frais de justice et réforme judiciaire* — - Extension de la compétence des juges de paix. — Organisation du domaine colonial sans aucune nouvelle conquête* — Contrôle sévère des congrégations dans nos colonies*
Tous ces problèmes et d'autres encore, dont le nombre d'heure en heure grossit; toutes ces réformes qui se manifestent pressantes, nouvelle», inattendues, il faut successivement et méthodiquement les aborder et les résoudre.
Aux républicains on est en droit de demander s’ils sont prêts à vouloir ce qu’il faut vouloir, et au Gouvernement on est aussi en droit de demander si, avec la ferme volonté d’aboutîr* il est bien résolu à s’efforcer de rechercher les ressources correspondantes là ou elles sont et par les procédés eilicaees qu’il conviendra d’adopter*
Électeurs, vous rne connaissez, yqlis me connaissez plus et mieux que mes concurrents. Vous m’avez vu à l’œuvre sans défaillance pendant tout le cours de ma vie, tout entière passée au milieu de vous ; je suis l’un des vôtres,
* Vous choisirez celui qui vous inspirera le plus de confiance et dont les sentiments comme les opinions vous paraltrout à l’abri de toute suspicion.
Vive la République î
H, LOUP, Député sortant.
Circonscription de SENS.
M* Lucien CORNET.
Élu au l*r tour de scrutin, — 11,544 voix.
Citoyens,
Depuis bientôt dix ans, en 1806, en 1898, en 1902, vous avez fait triompher sur mon nom le programme démocratique eo m'accordant un nombre de suffrages toujours plus élevé*
Par 9.584 roix au dernier scrutin et, depuis quatre ans, par désordres du jour, votés dans de nombreuse sréunions, — vous avez approuvé mes actes dans les législatures passées et dans celle qui se termine.
Ces manifestations m’ont profondément touché. Elles m’ont nettement trace mon devoir. Sans cesse, je me suis appliqué à répondre de plus en plus à votre confiance en mettant tout mon dévouement, toute mon activité au Bervice de la République et des intétêts
qui vous sont chers - ■
Aujourd’hui, mon mandat est expiré. Les vrais républicains, les radicaux, les socialistes, se Bont accordés pour me reconnaître comme le candidat unique de la démocratie. Déférant à leur désir, je viens de nouveau vous demander vos suffrages et mettre à votre disposition l’expérience que j’ai acquise des affaires publiques et du Parlement.
Citovens, .
Mon programme reste, dans ses dispositions générales, tel aujourd’hui qu’il était hier, tel que vous l’avez voulu en l’adoptant à trois reprises différentes. Grâce à la ténacité des républicain1*, certains de ses articles ont été transformés en lois. Vous connaissez, d ailleurs, l’œuvre accomplie au cours de la législature actuelje, œuvre si attaquée par nos adversaires
et pourtant si incomplète à notre gré ! ,
Deux grandes réformes de notre programme ont enfin abouti : la séparation des Eglises et de l’État et la réduction de ta durée du service militaire à deux ans. Mais que d’obstacles i) a fallu renverser, que d’embûches il a fallu déjouer pour arriver à ce résultat !
Et la voie est à peine frayée ! C’est assez dire de combien de patience et d’énergie les républicains doivent s’armer pour les luttes futures.
Elles seront rudes et opiniâtres. Tout l’annonce. La République s’oriente vraiment vers le progrès. La coalition des vieux partis ne peut plus avoir d’illusions à cet égard. Dans sa détresse, elle recourt plus que jamais, — et vous ne le voyez que trop, —à tous les moyens susceptibles de retarder ou d’empêcher l’organisation définitive de la démocratie. Elle sait qu’elle livre sa dernière bataille et ' n’épargne point les plus amères critiques aux vrais défenseurs de la liberté, de la justice et du droit.
Citoyens,
Jo vous livre mes actes et mes votes. Vous pouvez les examiner* Jeu en regrette aucun* Ils me dispensent de faire ici de longues déclarations.
Au surplus, vous me connaissez.
Depuis longtemps, je vis au milieu de vous, — toujours à la disposition de tous, et je n’aurai rien à vous exposer que vous ne sachiez déjà de mes sentiments et de la commusauté de nos aspirations.
Je vous ai rendu compte de mon mandat autant de fois que mes devoirs parlementaires m’en ont laissé la liberté. Je tiens cependant à vous rappeler la collaboration constante que, dans un travail assidu, j’ai apportée aux lois d’amélioration sociale et à l’œuvre de défense républicaine.
En fondant à la Chambre le groupe de défense des intérêts agricoles, compose de 220 députés, j’ai obtenu que les questions intéressant un si grand nombre d’entre vous retiennent l’attention du Parlement et reçoivent ainsi les solutions qu’elles comportent.
L’agriculture, dont la prospérité est pour le pays une condition de force, de grandeur, d’existence même, a été l’objet de mes continuelles préoccupations. Secrétaire de la Commission de l’agriculture, j’ai pris part, en cette qualité, à la discussion de toutes les lois
susceptibles d’intéresser les populations des campagnes.
Vous savez dans quelle mesure j’ai contribué à l’abrogation des dispositions restrictives du droit des bouilleurs de cru. C’est en fondant le groupe des députés républicains défenseurs des bpuillenrs de cru que j’ai provoqué ce résultat. Désormais, plus de vexations obligatoires de la part de la régie. N’était-il pas intolérable que les cultivateurs ne puissent, comme tous les autres citoyens, être maîtres chez eux î
Élu comme candidat de la 'démocratie agricole et ouvrière, je u’ai pas oublié que je me devais à tous ceux qui peinent et qui souffrent. A la Commission du travail, dont je suis également secrétaire, j’ai collaboré aux divers projets de loi intéressant la classe ouvrière et
prolétarienne. „
Du reste, je me suis efforcé, en toute occasion, d’être un représentant du peuple actit et
vigilant. Soit seul, soit avec plusieurs de mes collègues, j’ai déposé plus de soixante propositions de loi et amendements.
Je suis monté à la tribune un très grand nombre de fois, toujours pour y de tendre les causes les plus justes et particulièrement les intérêts des petits, des humbles, des déshérités delà fortune.
Mes collègues m’ont donné une haute marque de leur estime : par deux fois, les groupes
politiques d’extrême-gauche m’ont désigné pour remplir les fonctious de secrétaire de. la
Chambre des Députés et, par deux fois, ie vote de la Chambre a ratifié cette désignation.
Secrétaire fondateur du groupe de l’arbitrage international (composé de 305 sénateurs et députés), j’ai pu suivre de très près la politique extérieure et contribuer à attirer 1 attention des peuples et des gouvernements sur la possibilité et les avantages d une politique
de paix. .
Adversaire résolu de la guerre, je suis de ceux qui veulent, — tout en prémunissant la nation contre les agressions du despotisme étranger, — préparer à l’humanité réconciliée un avenir de fraternité et de paix.
La politique d’aventure et ^irresponsabilité a failli faire répandre encore une fois des flots de sang, 11 faut que de si dangereuses aberrations soient rendues à jamais impossibles.
Républicain d’ avant-garde, j’ai pour idéal l’application du grand principe de solidarité humaine qui fut le principe même de la Révolution française. C’est vous dire si j’ai à cœur et si j’ai hâte de voir adopter les lois de justice sociale impatiemment attendues par les travailleurs de la teixe et de batelier 1
G’ est pour cela que je veux la réalisation rapide du programme que je soumets à vos suffrages.
Citoyens,
Nous avons devant nous les partisans déterminés de toutes les réactions, les défenseurs des privilèges si lourds au prolétariat, les adversaires de tout progrès social. C'est à Home, vous le savez, qu’ils vont chercher les directions de leur politique. Et vous savez aussi combien Us sont unis, combien organisés, combien disciplinés. Leur habileté à jouer de l'équivoque, vous la connaissez : soyez sur vos gardes !
Républicains qui voulez la pensée libre, qui réclamez la justice et la paix sociales, groupez* vous tous, - sans distinction d'épithète, - groupez-vous en un seul et indissoluble
faisceau pour la défense du patrimoine commun.
L'arrondissement de Sens ne reculera pas, il marchera toujours plus avant dans la vote
de la République démocratique et sociale.
Surtout pas d'abstentions !
Sous prétexte que le succès de notre cause apparaît comme absolument certain, ne négligez pas, — gardez-vous-en bien, — de remplir votre devoir de citoyen. Les abstentions constitueraient, moralement, un véritable danger. Si cotre parti obtenait moins de suffrages que précédemment, nos adversaires ne marineraient pas de proclamer qu’il y a un recul des idées républicaines dans l'arrondissement.
Gela, vous ne le voudrez pas et vous saurez déjouer leur attente.
Au bloc des forces aristocratiques et rétrogrades, vous opposerez le bloc démocratique Entre la réaction et la République, vous n'hésiterez pas.
Nos adversaires veillent et agissent. Faisons de môme.
Le jour du scrutin, pas un républicain ne manquera à l’appel. Il faut que cette fois encore la victoire soit écrasante»
Vive la République !
Lucien CORNET,
Maire de Sens, député sortant.
Secrétaire de la Chambre des Députés.
PflOGJMMMÊ.
Questions politiques .
Révision de la Constitution dans le sens le plus largement démocratique, — Le Suffrage universel souverain dans la République. — Suppression du Sénat. — Subordination du pouvoir exécutif au pouvoir législatif. — Election des Ministres par la Chambre des Députés*
— Pénalités contre les représentants du peuple ayant sciemment trahi leur mandat. — Assimilation du mandat politique au contrat civil. — Pointage de la présence des députés aux séances de la Chambre et interdiction de voter les uns pour les autres.
Garantie de toutes les libertés publiques : d’association, de réunion, de parole, de presse.
Révision de la loi de séparation des Eglises et de l'État dans un sens plus démocratique.
— Suppression entière du budget des cuites. — Suppression de toutes les congrégations ; retour à la nation des biens de mainmorte. — Liberté absolue des doctrines, — Liberté de conscience. — Abrogation de la loi du 15 mars 1850, dite loi Faltoux.
Emancipation complète de tous les êtres humains, sans distinction de sexe, de race ni de nationalité.
/ Suppression des fonds secrets.
Abolition de toutes les lois restrictives de la liberté de penser ou d’écrire.
Rétribution des fonctions électives, afin de les rendre accessibles à tous.
Décentralisation administrative. — La commune» le département, FÉtat, maîtres chacun de leur budget et de leurs services, dans les limites compatibles avec l'unité nationale, — ■ Epuration du personnel des administrations publiques dans le sens républicain.
Réforme de ia magistrature. - — Révision des Codes. - — Justice gratuite.
Instruction laïque obligatoire et intégrale aux frais de FÉtat par voie de concours.
Amnistie pour ]es délits politiques et autres que ceux de droit commun.
Politique de paix. — Arbitrage entre nations. — Plus d’aventures coloniales,
IM
Questions agricoles.
Protection de l’agriculture, car c’esl d’elle seule que découle la richesse industrielle et commerciale et, par suite, le travail de l’ouvrier.
Suppression des marchés à terme fictifs sur les denrées de consommation, ~ Défense dè la cultupe nationale par Implication raisonnée de taxes de douane sur les produits agricoles étrangers.
Venir immédiatement en aide à Fagricutture par la suppression de rimpôt foncier* la terre, simple instrument de travail, ne devant pas supporter de contributions spéciales.
Lois contre les spéculateurs et les accapareurs, qui causent un préjudice considérable à cotre agriculture.
Réforme de la loi sur la chusse, qui devrait protéger l'agriculture.
Révision du cadastre,
formation, dans la nouvelle Chambre, d'un groupe spècial de défense des intérêts des cultivateurs.
Organisation dTune caisse centrale pour parer aux sinistres oocasionnêa par la grêle, la mortalité du bétail et autres fléaux.
Création de Conseils de prud’hommes agricoles.
Répression énergique des Fraudes sur les produits agricoles et viticoles.
Maintien du droit des bouilleur» de cru ; suppression de tout exercice.
Abaissement des tarifs de transport, par chemins de fer, des produits agricoles et viticoles et des matières servant à ^agriculture,
Questions ouvrières.
Création d’un Ministère du Travail.
Protection des femmes et des enfants employés dans l'industrie. — Fixation des heures de travail dans l’industrie et d’un tarif minimum des salaires. — Institution de caisses ouvrières de prévoyance. — Personn alité civile aux fédérations syndicales ou corporatives.
Création d’asiles de retraites pour les invalides du travail, — Organisation des retraites, agricoles et, ouvrières.
Participation des associations agricoles et ouvrières dans les travaux de PÉtat et aussi dans l'élaboration des traités de commerce avec l’êtrangar.
Liberté syndicale pour tous.
Réalisation immédiate de la loi Berteoux en faveur du personnel des chemins de fer.
Questions ni ilita ire s «
Maintien du service militaire obligatoire pour tous, sans privilège, — Réduction de l'effectif des armées permanentes, en attendant leur suppression, qui devra résulter d’une entente entre les puissances. — Suppression des périodes d’instruction de 23 et 13 jours. — Suppression de la taxe militaire* — Amélioration du sort du soldat au régiment. — Franchise postale permanente entre les militaires et leurs familles, — Révision du Code de justice militaire : suppression des conseils de guerre en temps de paix.
Questions économiques .
Simplification des rouages administratifs* — Réduction des* gros traitements, — Limitation du nombre des fonctionnaires; suppression des sinécures, — Rémunération plus équitable des petits employés.
Suppression des monopoles. — Rachat des chemins de fer, canaux, mines, établissements de crédit, d’assurance^, pour être transformés en services publics au profit de la nation.
Suppression des octrois et des taxes de consommation. — Suppression des prestations et modification de la taxe vicinale qui devrait être répartie entre tous les contribuables d'un même département. — Suppression des patentes.
Remplacement de tous les impôts actuels par un impôt fortement progressif aur le revenu.
Plus d'emprunts. — Plus d’impôts nouveaux, — Réduction des dépenses. — Politique d’économies.
Questions locales.
Abaissement des ponts a Sens.
Réalisation du programme projeté de construction de lignes de chemins de fer desservant les cantons de Pont-su r-Yonne, de Serginès et de Villeneuve^!’ Archevêque!
Extension du Yésèau téléphonique à toutes les communes.
Révision des tarifs de chemins de fer relatifs au transport des vins actuellement établis au détriment des vignerons de noire région, qui sont sacrifiés aux Méridionaux.
Circonscription de TONNERRE.
M. V1LLEJEAN,
Élu au 1er tour de scrutin. — 5 . 544 voix*
Mes chers compatriotes.
Les délégués républicains de toutes les communes de notre arrondissement, réunis en congrès à Tonnerp, ont approuvé mon attitude politique et m'ont offert, pour la quatrième fois, la candidature aux élections législatives.
J'accepte J'iionneur qu'ils ont bien voulu nu faire, et je viens encore solliciter yos suffrages*
Je crois avoir rempli fidèlement le mandat que vous m'avez confié en 1895 et que vous m'a /es renouvelé depuis; j'ai donné mon appui à toutes les réformes politiques et . économiques qui ont été votées pendant ces quatre dernières années*
Eiies ont été, grâce à raiiion de t>us les partis de gauche, particulièrement nombreuses et importantes.
Voici les principales, car ia liste en serait trjp longue s'il fallait la rappeler tout entière ;
Séparation des Églises et de l'État.
Monopole des inhumations.
Suppression de V enseignement congréganiste.
Service militaire de deux ans obligatoire pour lois, avec attribution de secours aux familles nécessiteuses.
Binêfice du sursis étendu aux militaires et aux marins.
Extension de la compétence des juges de paix.
Dégrèvement des petites patentes.
Transfert aux tribunaux civils des décisions de la justice prud'homale.
Suppression des bureaux de placement.
Amélioration du service des enfants assistés.
Généralisation de la loi de 1893 sur l'hygiène et la sécurité des travailleurs.
Modification, dans un sens plus favorable aux ouvriers, de la loi de 1898 sur les accidents du travail.
Assistance obligatoire aux vieillards, infirmes et incurables, dénués de ressources.
Abaissement du droit de consommation sur les matières alimentaires et notamment sur le sucre.
Abaissement de la taxe des lettres.
Rétablissement du droit des bouilleurs de cru.
Enfin, fait capital, consécration, par un vote solennel de la Chambre* du principe des retraites pour les ouvriers de l'agriculture et de l'industrie, etc., etc.
JVle est, dans ses grandes lignes, l'œuvre qu'a fait aboutir dans la dernière législature cette union des gauches dont j'ai été ïe partisan fidèle.
On le voit, non seulement le parti républicain n'a pas menti à ses promesses, il les aÿ au contraire, tenues et dépassées.
Mais, quelque satisfaisants que soient les résultats déjà obtenus, ils sont loin de représenter toute la somme de réformes politiques, économiques et sociales que réclame ia Démocratie.
C’est pour les affermir et les compléter que je maintiens tous les articles du programme que je vous ai soumis en i 895, en 1898, en 1902 :
L — Protection de la production nationale, tant contré la concurrence étrrrgère que contre les entreprises des accapareurs et de 3a féodalité financière.
Réglementation des marchés a terme sur les denrées de consommation,
IL — Réforme successive de notre système d’impôts qui, de toute évidence, pèse trop lourdement sur la classe laborieuse.
Impôt progressif sur le revenu avec dégrèvement à la base, remplaçant ia cote mobilière et la contribution des portes et fenêtres, et procurant les ressources nécessaires, d’abord pour appliquer îa loi d’assis tac ce eux vieillards, puis pour réaliser la réforme plus large des retraites pour tous les travailleurs.
Déclassement des terres afin d’assurer une meilleure répartition de l’impôt foncier.
Suppression des prestations.
Organisation pratique du crédit agricole.
Abaissement des tarifs de transport pour les produits de la culture et de l’industrie.
Réforme des droits d’héritage.
Réforme judiciaire et diminution des frais de justice,
III* — Révision partielle de la Constitution, en ce qui concerne particulièrement le mode de renouvellement des deux Chambres et la durée du mandat de leurs membres.
Éleciion au scrutin public du Président de la République et des bureauxdes Chambres,
IV. — Atténuation des charges militaires dans la mesure compatible avec la sécurité nationale, notamment par La réduction des périodes d'instruction des réservistes et des territoriaux.
Suppression des conseils de guerre en temps de paix.