‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1906Chapitre 32 sur 280 · M. DUJARDIN-BEAUMETZ · texte numérisé non relu

M. DUJARDIN-BEAUMETZ

Élu au lflr tour de scrutin. — 9*738 voix.

Mes citera concitoyens et amis,

Pour la cinquième fois je viens vous demander de resserrer les liens d’affection et d’estime qui nous unissent*

Depuis près de vingt ans, vos libre* suffrages m’ont successivement ouvert les assemblées communales, départementales et législatives.

J'ai la conscience d’avoir en toute circonstance rempli mon devoir*

Laissez-moi vous dire combien je me suis efforcé de me montrer digne de votre confiance, et cesl à vous, qui m avez toujours si vaillamment soutenu dans les circonstances les plus difficiles, que doit être reporté l'honneur qu3a en votre représentant d’ôtre appelé cinq fois h la présidence du Conseil général et deux fois dans les conseils du Gouvernement de la République.

Est-il besoin de vous dire que, républicain radical, je poursuivrai avec la même énergie P exécution du programme que nous avons élaboré ensemble en 1889 et dont, malgré tous les efforts de la démocratie, quelques points seulement ont pu être réalisés.

Je rappellerai seulement que j ai voté et que je voterai toutes les réformes politiques, économiques, fiscales et de fraternité sociale qui y sont comprises.

Dans la législature qui vient de s’écouler, le service militaire fixé à deux ans a rétabli l’égalité des devoirs de tous envers la Patrie, sans cependant diminuer les forces militaires de la France* Ce u’est pas après les émotions patriotiques que nous venons d’éprouver qu’un bon citoyen pourrait songer à diminuer ni la cohésion ni la discipline de la vaillante armée de la République*

Vous connaissez tous les circonstances qui ont rendu inévitable la séparation des Églises et de 1 État* Le chiffre de la majorité républicaine qui Fa votée a montré que les esprits les plus modérés ont vu en elle la seule solution possible à des conflits sans cesse répétés et toujours renaissants*

Quelles que soient les affirmations de ceux qui, dans un but politique, affectent de voir en elle une loi d oppression, il suffit d’en lire les articles pour se convaincre combien nous nous sommes montrés soucieux de respecter la liberté de conscience.

Le régime que nous avons adopté fonctionne aujourd’hui à la satisfaclion de tous dans les États-Unis d’Amérique et dans ia monarchique Angleterre*

J ai voté et je voterai toutes les réformes destinées à améliorer le sort des travailleurs et à assurer à leur vieillesse le repos des derniers jours*

Dans ma profession de foi de 1902 je vous disais :

« Je resterai toujours un défenseur résolu de la propriété et de la liberté individuelles. Je repousse de la manière la plus nette les doctrines collectivistes.

« La Révolution française a fait de tous les hommes des citoyens égaux et libres elle a fait disparaître dans des étreintes fraternelles les inégalités qui avant elle séparaient les hommes. Je réprouve donc ceux qui contrairement à ces principes veulent ressusciter la lutte des classes et confisquer, au bénéfice de l’État par la socialisation des moyens de pro-

duction et d'échange, les champs que vos pères et vous avez défrichés* Je considère que ces théories si elles étaient mises en application entraîneraient la ruine du pays et ne seraient qu'une résurrection plus moderne de Tan tique servage au bénéfice des audacieux qui deviendraient les dirigeants »,

Depuis de longues années déjà, notre malheureux pays lutte contre la plus effroyable des crises ; adversaires et amis politiques, tous savent les efforts que j'ai faits pour la conjurer*

Ils savent aussi que faction énergique des députés du Midi, combattue par des majorités de coalition économique, est restée forcément incomplète*

Nous avions mis nos espérances dans le vote de la loi des boisions et dans la suppression des octrois ; les améliorations apportées par ces deux lois n’ont pas été malheureusemen suffisantes pour faire cesser la crise.

Est-il besoin de vous dire que nos réclamations incessantes pour la suppression complète du sucrage se heurtent contre les intérêts d'autres régions {viticoles et que et; sont ccs dissensions au sein des viticulteurs eux-mêmes qui paralysent le plus souvent nos efforts*

Cependant le Ministre des Finances du Cabinet actuel, M* Poincaré, a reconnu publiquement les lacunes de la loi par lesquelles la fraude peut se faire jour et a pris rengagement de les combler.

Je rappellerai également que sous le précédent Cabinet l'ancien régime des bouilleurs de cru a été rétabli et les propriétaires pourront désormais distiller leurs récoltes sans intervention préalable de la régie.

Unissons-nous sans distinction de parti pour la défense des intérêts viticoles et ne divisons pas nos efforts dont profileraient seuls nos adversaires*

Républicains,

Vous m'excuserez si, retenu loin de yous par les devoirs de ma charge et par les incidents que vous connaissez, il m'était matériellement impossible de visiter vos rom mimes et de m'entretenir amicalement avec vous* Dans tous les cas ce ne serait pour moi qu’un plaisir remis.

Electeurs républicains,

Nous ne voulons ni réaction, ni révolution* Nous restons tous les soldats de la République et de la Patrie,

Nous savons que lés réformes que réclame la démocratie ne peuvent être réalisées que grâce au maintien de Pordre public auquel est liée la prospérité du pays.

En m'accordant vos suffrages vous voterez pour un républicain dévoué à la cause du peuple; en votant pour un membre du cabinet Sarrien, vous défendrez la République,

Vive la République!

Étienne BEAÜMETZ,

député sortant,

Sous-Secrétaire d'Étaf.

Mes chers concitoyens et amis,

Je vous ai déjà communiqué mon programme, je n'y reviendrai pas*

Ce n'est pas en vain qu'ensemble nous avons lutté vingt ans, et que pendant vingt ans vous m'avez donné, sans compter, votre inaltérable dévouement et vos chaudes sympathies*

J’ai conscience de les avoir mérités et d'en être toujours resté digne; je sais que cette fois encore ils ne ine feront pas défaut*

■ — ios —

Nos cœurs ont si longtemps battu à l'unisson que nos aspirations ne sauraient être différentes et que nous ne pouvons plus avoir que des intérêts communs et un même idéal.

J’attends donc avec confiance te scrutin de dimanche, car je suis sûr de votre inaltérable fidélité.

Aussi quand fai dû rentrer à Paris, où m’appelaient mes fonctions, si j'ai eu le regret de vous quitter au moment où, sur mon nom, vous alliez faire une grande manifestation républicaine, j'ai eu du moins la réconfortante certitude que je pouvais pleinement compter »ur vous,-

Vous avez fait vos preuves. Votre constance et votre fidélité à ta République ont rendu invincible la démocratie limouxine. Patiemment et fièrement, d'une marche infatigable et sûre, sans défaillance et sans haine, elle poursuit son œuvre de progrès et de justice sans qu’aucun obstacle puisse l'arrêter.

La victoire est assurée.

Néanmoins, mes chers concitoyens, c'est à vous qu’il appartient de la faire plus belle; que la certitude du succès ne voue enlève pas l’enthousiasme 1 Encore une fois affirmez votre fores par une de ces majorités éclatantes dont vous m’avez déjà honoré à quatre reprises; donnez l’exemple de cette discipline admirable d’où sont sorties toutes vos victoires,

Aux urnes et pas d'abstention pour le triomphe de la République démocratique.

Étienne BEÀUMETZ,

Député sortant, Sous-Secrétaire d’État,

Candidat de ïa démocratie républicaine.

lre circonscription de NARBONNE.

M. ALDY.

Élu au 1er tour de scrutin. — 6 . 363 voix.

Citoyens,

Désigné par ^unanimité des représentants du parti socialiste comme candidat à l'élection législative, je viens vous demander le renouvellement de mon mandat.

Depuis près de vingt ans je lotte à vos côtés. Vous avez pu suivre mes actes et mes votes dans les assemblées électives où j'ai eu l'honneur de voua représenter.

Républicain socialiste, inébranlablement attaché aux principes de mon parti, j'ai touj ours soutenu la politique d'action républicaine et laïque.

A la Chambre, j'ai voté ;

Les mesures propres à assurer la liberté et le secret du vote;

Le service militaire de deux ans ;

La réduction des vingt-nuit jours et la suppression des treize jours;

L'extension de la compétence des juges de paix ;

L’assistance obligatoire aux vieillards et aux invalides ;

Les retraites ouvrières ;

L'application de la loi des congrégations;

La séparation des Églises et de l’Éiat ; , , .

La mise à l'ordre du j our des propositions tendant à la suppression des conseils ce

eUeTEn ce ad conceiliTles intérêts particuliers de notre région, pivoté tontes les mesures susceptibles d’atténuer la crise terrible qui pèse sur notre malheureux pays Da us les commissions et à la tribune j’ai lutté avec toute mon énergie pour anéantir la fraude, le plus

redoutable ennemi de la viticulture. .

D’accord avec les représentants les plus autorisés du Midi viticole, j ai déposé et soutenu une série de propositions et un contre-projet réglementant la circulation du sucre et

soumettant à l’impôt l’alcool provenant du sucre.

On pent nous reprocher notre insuccès, mais non pas notre inaction.

Citoyen a,

Si ie reste votre représentant, mon programme politique sera toujours celui du parti républicain d’avant-garde marchant à la conquête des pouvoirs publics, pour donner au pro-

létariat un instrument définitif d’affranchissement. - . *

Au point de vue économique, c’est le programme socialiste que je continuerai de soutenir pour substituer un état social d’égalité, de justice et de solidarité à une société ou e

privilège égoïste et l’accaparement insatiable font de la misère des uns la condition de la

riCl1 Euom^’abord, je m’attacherai à la réalisation immédiate des améliorations suivantes : Réglementation légale et rationnelle du travail^ . .

Fixation de la durée de la journée de travail, avec sa garantie nécessaire, le minimum

de salaire ;

Extension des libertés syndicales;

Organisation définitive des retraites ouvrières;

Caisses de prévoyance contre le chômage ; . ..

Assurance sociale contre^ tous>s risques naturels et économiques s appliquant a totalité des travailleurs.

Extension à l’agriculture de la loi sur les accidents du travail ;

e, n.<S.i.«lo» ta ^ *•

Viticulteurs,

Je soutiendrai de mes Votes et de ma parole toutes les mesures qui notre production méridionale des charges qui pèsent sur elle, des fraudes qui avi i des taxes douanières qui la frappent. Je veux dire :

La suite des sucres, complétée par le payement des droits sur l’alcool par degré d'alcool,

£UCT La^axatiôn différentielle des alcools suivant leur origine avec prime en faveur des alcools dô fruits ■

L’abaissement des droits de douane sur les vins français à l’étranger ;

Le monopole de TaLcooi.

Tels sont les principaux points dé mou programme,

IL vous appartient de dire si vous 1 approuvez.

D’autres vous sont présentés. .

Vous choisirez entre eux et celui que je dresse avec tous les républicains sincères,

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