‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1906Chapitre 33 sur 280 · HO · texte numérisé non relu

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contre les tendances rétrogrades de nos adversaires, contre la politique de recul et de rahison.

Vive la République démocratique et sociale 1

, Félix A LD Y,

Avocat,

Vice-président au Conseil général de l’Aude, Député sortant.

2* Circonscription de NARBONNE.

M. Albert SÂRRÀUT.

Élu au 1èr tour de scrutin. — 8.416 voix.

Mes chers concitoyens,

Par une résolution unanime, le congrès dTunion républicaine radicale et socialiste de noire circonscription m’a remis une seconde fois la garde du drapeau que nous avons en 1902 conduit ensemble à la victoire. Candidat de tous les républicains de gauche, je demande à vos libres suffrages le renouvellement de mon mandat.

Je viens d'avoir pendant quatre ans le grand honneur de vous représenter ; vous m'avez vu à l’œuvre ; je me soumets à votre jugement souverain avec la confiance profonde que donne le sentiment du devoir accompli. Mes actes et mes votes sont là pour attester avec quelle fidélité invariable j’ai respecté mes engagements. Sur le terrain politique et social comme sur le terrain économique, jpai conscience d'avoir tenu la parole donnée, d’avoir apporté à la défense de vos intérêts moraux et matériels un dévouement égal à une égale fermeté.

Au point de vue politique, républicain d’avant-garde, j’ai défendu passionnément notre idéal commun de progrès et de liberté contre les violences de la réaction cléricale et contre les défaillances des républicains rétrogrades. J’ai voté les lois assurant la laïcité nécessaire de la République : j'ai collaboré à la grande œuvre libérale et salutaire de la séparation des Églises et de l’État; j'ai été avec la liberté de conscience contre la servitude du dogme, avec la tradition française contre l'esprit ultramontain, avec la France contre Rome.

J ai lutté de toutes mes forces pour la défense de la République, parcs que la République est le seul instrument possible de progrès démocratique, ïe seul régime capable de réaliser les grandes réformes dont les masses laborieuses attendent, avec leur émancipation, les bienfaits légitimes de la justice sociale.

Toujours vous m’avez vu parmi ceux qui s’efforçaient à l'amélioration du sort des travailleurs, pas une fois mon appui n'a manqué aux revendications dictées par le souci de leur indépendance, de leur mieux-être et de leur dignité.

Tel j'ai été, tel je reste. Vous connaissez mon programme, vous l avez acclamé en 1902, cest celui du parti radical-socialiste. Il renferme toutes les grandes réformes réclamées par la démocratie : impôt global et progressif sur le revenu, avec dégrèvement de l'Impôt foncier, retraites ouvrières et agricoles; assurance contre le chômage; protection du travail

contre l’oppression des féodalités financières; retour à l’État des grands monopoles et services publics; élargissement de la capacité des syndicats ouvriers*

De ce programme j je ne retranche rien ; je reste prêt au contraire à y ajouter toute mesure que l’évolution des faits économiques et sociaux me désignera comme vraiment capable d’accroître el d’assurer le bien-être des classes laborieuses.

Au point de vue économique et viticole, faut-il vous rappeler de quelle volonté inlassable et persévérante j’ai travaillé pendant ces quatre années au relèvement de notre malheureuse région? Ceux Jà mêmes qui me combattent aujourd’hui rendaient naguère hommage au labeur et aux efforts que je n’ai cessé de dépenser pour remédier à la crise terrible qui nous étreint; il n’est pas un débat intéressant sur la viticulture où je ne sois intervenu. Vous m’avez vu sans cesse sur Ja brèche, avec mes collègues du Midi, pour dénoncer les méfaits intolérables de Ja fraude ou pour améliorer le marché de notre grande industrie viticole.

Le vin au soldat, l’interdiction de la vente des produits servant à la fabrication des vins artificiels, la grande loi sur les fraudes alimentaires, la répression des acquits fictifs, l’exercice des négociants en vins dans Paris, 3a liberté de la distillation, les restrictions et limitations successives apportées à la pratique déplorable du sucrage par les lois de 1903 et de 1905, toutes ces mesures de défense viticole, Tune après l'autre arrachées à ceux qui méconnaissaient notre triste situation, n’ont été obtenues qu'au prix d’un labeur incessant, par une lutte sans répit, à laquelle je m’honore d’avoir consacré le meilleur de mes forces et de mon énergie.

La détresse cruelle et persistante de notre viticulture impose à ses défenseurs le devoir impérieux de poursuivre cette lutte jusqu’à ce qu’ils aient obtenu les mesures capables d’assurer notre relèvement économique. Le Gouvernement a pris l’engagement ferme et loyal d’y consacrer l’effort de sa sollicitude; cet engagement sera tenu. Je garde la conviction profonde que l'heure approche où, désormais prémunie par une législation efficace contre les maux dont elle a tant souffert, la viticulture verra cesser enfin l’angoisse et la misère qui font si longtemps accablée.

Électeurs,

Àujourl’hui comme il y a quatre ans, j’adresse un loyal et confiant appel aux énergies disciplinées de tous les démocrates sincères qui veulent, dans la France toujours plus forte et plus respectée, la République toujours plus résolue à poursuivre sa grande tâche de liberté et de justice. Aujourd’hui comme il y a quatre ans, vous avez à choisir entre ceux qui sauront défendre, en même temps que vos intérêts matériels, le généreux idéal de votre foi républicaine et ceux qui essayent une fois de plus d’exploiter votre détresse passagère pour les Jonches desseins d’une politique de recul ou de trahison-

Je connais depuis trop longtemps votre clairvoyance et votre admirable fidélité républicaine pour douter de votre choix. Le 6 maî, la République devra encore une de ses plus belles victoires à la vaillante démocratie de la deuxième circonscription de Narbonne*

Vive la République démocratique et sociale J

Albert 3ARRAGT, Député sortant.

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