‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1906Chapitre 36 sur 280 · BOUCHES-DU-RHONE · texte numérisé non relu

BOUCHES-DU-RHONE

V“ Circonscription d'AIX

M. Gabriel CARON

Élu au lor tour de scrutin . — 7,292 voix.

Citoyens,

J’ai l’honneur de me présenter de nouveau à vos libres suffrages.

Aujourd hui comme en 1902, vous connaissez la sincérité de nies convictions républicaines et l’ardeur de ma foi socialiste.

Aujourd’hui comme alors, vous savez l’activité que je m’efforce de mettre en œuvre, le dévouement que je veux apporter à souteuir les intérêts moraux et matériels de ia ville d’Âix et des communes de la circonscription.

Aujourd’hui comme alors, je pose ma candidature à la fois sur le terrain de l’union entre tous les éléments du bloc et sur le terrain de la défense des grands intérêts aixois.

Ma pensée a été comprise puisque, dés le début de la période électorale, s’est spontanément Tait sur mon nom l'accord de tous ceux qui aiment d’un attachement passionné la République et l’arrondissement d’Aix,

t Quoi qu il auive, un tel résultat restera l’honneur et ia fierté de ma vie publique. Je n avais négligé aucun effort pour essayer de m’en rendre digne par avance.

, Les ffuatre mmêes que je viens de passer à ia Chambre, j’ai conscience, en effet, de les avoir consacrées au service de la démocratie et du prolétariat, au service de ma circonscription,

Je m’honore de m’être associé à toute l’œuvre de réformes laïques, économiques et sociales réalisées au cours de la législature finissante et dont la loi de deux ans, la loi sur J a séparation et la loi instituant les retraites ouvrières et pa vannes constituent les trois points essentiels.

Je suis fier de n’avoir jamais laissé en souffrance la cause de la population que j’ai 1 honneur do représenter.

Mes déclarations et mes promesses ont été ainsi mises à l’épreuve des faits. Et c’est foit de la double garantie que l’exercice de ces quatre années de mandat législatif offre à mes électeurs et à mes amis que je retourne devant vous.

J’ai servi votre politique.

J’ai défendu vos intérêts.

Je vous demande aujourd’hui vos suffrages comme un témoignage de sympathie, de

confiance et d’estime qui sera pour moi une récompense pour le passé. Je vous les demande aussi comme un encouragement pour l’avenir. Car mon programme peut se résumer en ces trois mots : Toujours plus de progrès ! Toujours plus de justice I

Vive la République démocratique et sociale !

Vive la ir* circonscription d’Àix !

Gabriel BARON,

Député sortant, Conseiller général d’Aix-Nord.

2e Circonscription (TA1X.

M. Camille PELLETA N*

Élu au l<r tour de scrutin. — 7*452 voix*

Citoyens,

Vous m’avez confié, il y a 25 ans le drapeau delà République radie àle-soci âlîête , Je n’ai ni changé ni reculé. Vous non plus.

Trop longtemps, nous avions épuisé, soit à défendre nos institutions contre les agressions réactionnaires, soit à pousser en vain la charrette embourbée du modérantisme, les forces que nous aurions voulu employer à une cause féconde de réformes.

Depuis quatre ans, cette œuvre est commencée. Nous avons chassé les moines de toutes couleurs, celte avant-garde de la théocratie romaine. Nous avons réalisé la réforme décisive que la démocratie inscrivait en tête de ses revendications ! nous avons déchiré le Concordat de Bonaparte et fait la séparation des Églises et de l’État.

On a dit qu’hypnotisés par la lutte contre le cléricalisme, nous avions oublié ou négligé notre programme économique ; cela est faux, puisque nous avons réduit Je service militaire à deux ans, établi l’assistance aux vieillards et achevé, à la Chambre, la loi qui assurera les retraites aux travailleurs des villes et des campagnes.

Maïs il est vrai que les dernières années ont été principalement consacrées à la lutte contre le cléricalisme* ÎI fallait commencer par le commencement et désarmer d’abord le pouvoir envahissant de l’Église, Cette œuvre est terminée. La dernière législature a été surtout une législature de libération de PÉtat laïque : la prochaine sera une législature de réformes économiques et sociales*

Réforme de notre système fiscal, par des taxes proportionnelles? création de l’impôt sur le revenu? par suite, suppression de.Pimpôt personnel-mobilier, de Pimpôt des portes et fenêtres et de l'impôt foncier pour la démocratie rurale ; réforme des droits d’enregistrement et des droits sur les successions ; réduction des frais de justice, car rappel à la justice est le droit sacré du pauvre comme du riche.

Achèvement de l'œuvre entreprise des retraites pour les travailleurs, assurées par les ressources financières de l’État; pour nos marins, augmentation des retraites versées par la Caisse des invalides ; pour les employés des chemins de fer, vote de la loi Berteaux, trop longtemps ajournée par la résistance des dividendes uuuraires des grandes compagnies.

Droit aux Syndicats pour les employés de TÉtat.

Reprise des monopoles qui constituent la puissance de la féodalité financière ; rachat des chemins de fer, dont les tarifs doivent être établis, non pour la fortune de quelquesuns, mais pour les besoins de la nation ; reprise des mines, où de cruels malheurs viennent de faire éclater les vices de leur régime actuel ; reprise des assurances, création d’un vaste crédit national à bas prix pour l’agriculture, pour le petit commerce, pour les travailleurs de i Industrie, afin qu’ils puissent pacifiquement devenir propriétaires de leurs instruments de travail

Tel est le programme que j'ai soutenu toute ma vie, contre la haute banque, contre les grandes compagnies, contre tous les privilèges financiers ; tel est le programme dont la législature prochaine entreprendra la réalisation ; et les réformes déjà accomplies yous sont un gage de la passion avec laquelle nous nous consacrerons à celles que vous attendez encore.

Cette œuvre ne peut être réalisée que par le Bloc de gauche, auquel nous devons tous les résultats déjà obtenus, c’est-à-dire par l’union cordiale et par la collaboration féconde de toutes les forces de la démocratie, en face de la coalition étroite de toutes les forces de contre-révolution cléricale.

Je m’honore d’avoîr appartenu au Ministère qui a représenté ce Bloc au Gouvernement, sous la direction de mon éminent ami ^Combes ; je sois fier devoir partagé avec ki les outrages et les calomnies des jésuites avoués et cachés ; ils suffiraient à prouver que je suis resté au pouvoir ce que j’étais dans l'opposition.

Citoyens, nos ennemis savent rester unis : ne nous divisons pas.

La démocratie provençale, celte avant-garde de la démocratie française, est fondée rement attachée au Bloc. Là où il est représenté par nos amis socialistes, les radicaux se sont refusés à leur opposer des concurrents, pour ne pas scinder les forces républicaines* Vous jugerez ceux qui, chez nous, feraient, à leur insu je veux le croire, le jeu de Pennemi commun.

Ce que nous avons devant nous, c’est la réaction masquée et mal masquée, c’est la réaction se reniant elle-même pour vous tromper; c’est la réaction cachant honteusement son nom et essayant de nous voler le nôtre.

Tous au drapeau I Vive la République démocratique et sociale!

Camille PELLETAI

Circonscription d1 ARLES.

M. Henri MICHEL,

Élu au 2* tour de scrutin, — 11,154 voix.

Aux électeurs républicains radicaux-socialistes de rarrondissement df Arles. Citoyens,

Depuis huit ans, j’ai Y honneur d’être votre représentant à la Chambre des Députés et je viens, pour la troisième fois, solliciter le renouvellement de mon mandat. 4 Vous me connaissez.

Toute déclaration plus ou moins retentissante est donc inutile.

Jugez-moi sur mes actes politiques, c'est-à-dire sur mes votes.

Au moment où les royalistes relèvent la tète dans notre arrondissement, il n’est pas déplacé de vous dire que i’ai soutenu de toute mon énergie, depuis le premier jour jusqu'au dernier, le Ministère Combes d’action laïque et de défense républicaine, qui a mené si vivement le bon combat contre toutes les forces coalisés de la réaction royaliste, impérialiste, plébiscitaire, nationaliste et cléricale.

J'ai voté toutes les lois d’ordre politique, économique ou social qui sont de nature :

A affranchir de plus en plus la pensée française de la tutelle du dogme, à alléger les souffrances et les misères de ceux qui travaillent et qui peinent, à faire disparaître les privilèges et les abus révoltants, trop nombreux encore dans notre société démocratique éprise avant tout d’égalité;

A introduire plus de justice dans les rapports sociaux, en un mot;

A apporter plus de bien-être matériel et moral à la classe ouvrière et prolétarienne.

J’ai voté :

La loi supprimant l’enseignement congréganiste;

La loi sur la séparation des Églises et de l’Étal, couronnement nécessaire de l’œuvre

de laïcisation commencée depuis tant d’années;

La loi réduisant à deux ans le service militaire, que nous pourrons bientôt, j’espère, réduire à un an.

La loi de solidarité sociale, organisant dans toutes les communes l’assistance obligatoire pour les vieillards, les infirmes, les incurables, qui recevra son application à partir du l*r janvier 1907.

C'est là l’œuvre d’hier.

Quelle sera l’œuvre de demain?

Appliquer sans esprit de persécution, mais aussi sans faiblesse et sans défaillance, la loi de séparation, afin de prévenir et d’empêcher tout retour de domination césarienne et cléricale.

Apporter un soin paniculier à l’étude des problèmes sociaux qui agitent le monde du travail et mener à bien l’œuvre de rénovation sociale à peine commencée.

Assurer, par la loi des retraites ouvrières et paysannes encore pendante devant le Sénat, au travailleur épuisé, le morceau de pain auquel il a droit sur ses vieux jours.

Faire disparaître, par l’établissement de l’impôt progressif sur le revenu, un système fiscal léger aux riches, lourd aux pauvres.

Prévenir et régler, par une procédure d’arbitrage qui sauvegarde également les intérêts en présence, les conflits malheureusement trop fréquents et toujours si douloureux entre le capital et le travail.

Faciliter à tous l’accession à la propriété individuelle dont le parti radical-socialiste n’entend ni amener ni préparer l’abolition.

Organiser et étendre la participation aux bénéfices.

Arrêter ces grosses concentrations de capitaux qui créent de véritables féodalités financières, et deviennent un danger chaque jour plus graud, aussi bien pour 1 État que pour l’individu.

Poursuivre sans relâche le retour à l’État, des mines, des chemins de fer, de la Banque de France, de tous les monopoles qui doivent constituer des services publics, organisés au profit de tous, plutôt que des exploitations particulières dont quelques privilégiés seuls bénéficient.

Réduire les frais de justice.

Reviser le cadastre.

Mettre un terme aux abus d’un favoritisme éhonté dans toutes les administrations.

Reviser et refondre ie Code militaire absolument suranné.

Supprimer les Conseils de tmerre, dont certains jugements récents, ridicules et grotesques, quandils ne sont pas odieux et révoltants, ont démontré rinutüité et l'injustice.

Développer l'arbitrage international et les moyens de régler pacifiquement, par les voies seules de îa justice et du droit, les différends entre les nations, pour qu’ils ne puissent plus dégénérer en conflits sanglants.

Réformer et compléter l’organisation du Crédit agricole.

Créer des chamïms d’agriculture.

Développer renseignement agricole et l’enseignement professionnel.

Étendre aux ouvriers de l’agriculture les bénéfices de la loi sur les accidents du

travail-

Accorder à l'agriculture une protection sage et éclairée, qui défende nos produits nationaux contre V avilissement des prix provoqué par la concurrence étrangère.

Ouvrir des débouchés nouveaux à nos vins.

Réprimer impitoyablement la fraude.

Rechercher et appliquer tous les remèdes tes plus propres à enrayer et faire cesser cette effroyable crise vinicoie, ruineuse pour tous nos départements méridionaux.

Telles sont, citoyens, rapidement énumérées et résumées, les grandes lignes de mon programme politique, économique et social.

Citoyens,

En ce qui concerne plus. particulièrement notre bel arrondissement, je m’attacherai, comme par le passé, à en défendre partout les intérêts avec la dernière énergie.

Je demanderai le vote du projet Ôerteaux si impatiemment attendu par les employés et ouvriers des chemins de fer.

l'insisterai pour que les travaux déjà commencés du canal de Marseille au Rhône — j’y ai fait consacrer un million au budget de 1906 — soient conduits avec rapidité en Arles, comme sur les aulres points du parcours, et je m’efforcerai d’obtenir qu’on mette sérieusement à l’élude et qu’on vote le projet du canal latéral qui ira jusqu’à Lyon et qui permettra de résoudre définitivement le problème du Rhône au triple point de vue commercial, industriel et agricole. -

Je poursuivrai sans relâche ;

Le respect absolu des droits des inscrits maritimes aussi bien sur les étangs que sur le Rhône.

La réglementation équitable pour tous les intéressés des eaux en Durance.

La défense, au sein de la Commission supérieur, é des halles centrales de Paris, des intérêts si gravement menacés à celte heure de nos approvisionneurs, propriétaires, agriculteurs, expéditeurs des cantons de Ghâteaurenard, de Saint-Rémy, d’Orgon, d’Eyguières, de Tarascon, d’ Arles. La création en Arles d’une Chambre de commerce et d’une Chambre d’agriculture.

L’abaissement des tarifs de transport pour nos fruits, légumes, primeurs, vins, foins, etc.

L’amélioration de l’élevage de notre cheval de Camargue et son exportation en Indo- Chine et à Madagascar.

Le développement de l’école professionnelle de maréchalerie d’Arles, la seule qui existe en France, avec celle de Paris, et qui, grâce au dévouement de tous les membres du syndicat des maréchaux de l'arrondissement, a donné déjà de si merveilleux résultats.

Citoyens,

J’ai toujours pensé que la plus grande force de l’homme politique, c’est la franchise et la loyauté. Ennemi de tout retour en arrière, mais aussi adversaire résolu de « Faction

directe, de la désertion des soldats, et autres succédanés de l'anarchisme » suivant les expressions dont se sert le groupe socialiste parlementaire dans sa déclaration, je suis- et je reste républicain radical-socialiste*

Républicain, parce que la République est l'instrument nécessaire de tomes les réformes.

Radical, parce que je ne suis pas partisan des demi-mesures de cette politique décevante de piétinement sur place et de statu quo , qui ajourne indéfiniment les réformes* comme n'étant jamais suffisamment mûres et réfléchies.

Socialiste, parce que je considère que c'est pour FÉtat non seulement un droit mais un devoir d'intervenir toujours et partout en faveur du pauvre contre le riche, du faible contre le fort et de rétablir ainsi l'équilibre rompu, au profit des uns, au détriment des autres, dès les premiers pas de Y homme dans la vie*

Fïrmetédans les convictions, fidélité au programme, dévouement aux intérêts de l'arrondissement, telle fut toujours, telle est encore ma devise*

A vous de dire sl oui ou non je l'ai loyalement mise en pratique*

Si vous estimez qu'un député sortant doit être jugé d'après ses actes, je vous les livre tous sans exception et j'attends avec confiance votre verdict, c’est-à-dire le verdict du suffrage universel.

Vh e la République démocratique et sociale f Vl v e Fa rron disse m e n t d ' À rï es !

Henri MICHEL,

Député sortant,

Candidat, républicain radical-socialiste du bloc de gauche.

lrt Circonscription de MARSEILLE

M. CARNAUD

Elu au 1er tour de scrutin. — 5 , 9f)à voix.

Citoyens,

Nous présentons pour la quatrième fois à vos libres suffrages Run des adversaires les plus résolus de l'obscurantisme, le citoyen Carnaud. il appartient à cette phalange d'hommes de progrès qui veulent rénover notre société et grandir notre pays par les œuvres fécondes de l'instruction .

Carnaud a l'honneur d'avoir donné an parti républicain son programme de réformes scolaires en lui faisant adopter le principe de l'égalité des enfants devant l'instruction* Après les lois sur la gratuité et l'obligation de Renseignement primaire, cette réforme achèvera l'œuvre de justice que la République doit à ses enfants. Ce seront leurs aptitudes personnelles qui deviendront désormais la mesure de leur instruction et de leur éducation*

Pendant ses douze années de députation, il a acquis une expérience incontestée des affaires publiques et a contribué par son travail et par sa parole à l'élaboration et au vote des lois suivantes :

Loi sur la marine marchande (dispositions nouvelles en faveur des exportateurs et des marins) ;

Loi sur la caisse de prévoyance ;

Loi sur la règlementation des effectifs de la marine marchande;

Loi sur la suppression de Renseignement congréganiste;

Loi sur Renseignement primaire*

Ses votes ont toujours été conformes aux intérêts les plus sacrés des petits et des humbles. Voilà pour le passé.

Le programme dont nous lui coulions la défense est le suivant :

Reconstitution de l’ancien groupe de Renseignement dont il a été le fondateur et le secrétaire (250 députés)! pour assurer la conquête de nouvelles réformes scolaires; socialisation des grands moyens de production, de crédit et d’échange : mines, chemins de fer, chutes d’eau, assurances* banques, raffineries de sucre, etc.; impôt progressif sur le revenu; suppression des conseils de guerre; journée de huit heures; défense du petit commerce et de la petite industrie, par la création d’un crédit commercial ; patente proportionnelle au nombre des spécialités des grands magasins; protection du travail des quais; suppression du monopole des docks; protection des inscrits maritimes* Augmentation de la pension des invalides de ta marine (proposition Carnaud); protection des pêcheurs* Répression do la pêcheà la dynamite, surveillance par des vedettes de RÉtat, repeuplement du golfe* Amélioration des luis déjà votées sur la Caissedes retraites ouvrières, sur la pension d’invalidité pour les vieillards Ica infirmes, sur les pupilles de l1 Assistance publique, sur les assurances contre les accidents* Constitution de caisses contre le chômage. Protection d^s sociétés coopératives et de la mutualité* Extension du droit syndical. Amélioration du sort des petits fonctionnaires, des employés de commerce, des banques et des compagnies de navigation; Rénovation des quartiers de derrière la Bourse et des Garnies, (Projets Tony-Garnier; grand prix de Rome)* Création des zones franches, (Projet Àntide Boyer, Gadenat, Carnaud)*

Le ciioyrn Garnaud, ancien membre de la Commission du canal de Marseille au Rhône ayant contribué au vote de ce projet en 1901, et le sachant en bonne voie dVxécution, laisse à M. Grand val, si fort au courant de nus affaires locales, l’honneur facile de le creuser une seconde fois.

Electeurs, avec te citoyen Carnaud, il ne peut y avoir d’équivoque pour personne : ses votes et ses actes parlent pour lui*

Pour le récompenser de son dévouement aux principes républicains socialistes, qui sont les vôtre» depuis douze ans, son adversaire lui décoche les traits suivants :

Faux républicain, malfaiteur public, candidat de l’émeute, de la délation et des fiches, de la confiscation et de l'accaparement, du népotisme, de l’ifitoteraüce*et de la persécution.

Il ne vous en faudra pas davantage pour reconnaître à ces injures, le vocabulaire dont les serviteurs du Perdre moral se sont toujours servis contre Ses plus fidèles serviteurs de la démocratie*

Aux urnes donc pour Marseille et pour la République!

(Suivent ies signatures)*

Mes chers concitoyens,

En vous t! ernan ant vos suffrages je n’aspire ni à la gloire, nia la fortune; mais à F honneur de travailler à la rénovation sociale.

Mon souci sera toujours de donner davantage à la collectivité que je n’en reçois : formule de haute morale qui est à la base môme du collectivisme.

Maximilien CAR N AUD*

2 9 Circonscription de MARSEILLE M. CADENAT

Élu au l" tour de scrutin. — ■ 8.763 voix.

Citoyens,

Nous versons présenter une fois de plus à vos libres suffrages la candidature du Citoyen Bernard Cadenat, député sortant, secrétaire du groupe parlementaire des inscrits maritimes, vice -président du groupe parlementaire de défense des douaniers, qui, depuis nue vous lui avez accordé votre confiance, a dignement et vaillamment tenu sa place parmi les défendeurs du prolétariat, ainsi que de la République démocratique et sociale. Secrétaire du la Commission du commerce, de l’industrie et des ports francs, membre de la Commission des douanes, membre de la Commission extraparlementaire pour Tètude des moyens de transport, il a su défendre aussi les grands intérêts commerciaux, industriels et maritimes de notre grande cité. Ses adversaires politiques eux-mômes ont été les premiers k l’en reconnaître et à le remercier.

Son programme, vous le connaissez ; il n’a pas varié : c’est le programme du parti socialiste qui dans les deux mondes sert de ralliement aux travailleurs luttant pour leur émancipation. Le citoyen Cadenat y a toujours conformé sa conduite, et c’est la tête haute qu’il revient devant vous, pour tenir une fois de plus haut et ferme, avec le drapeau du socialisme, celui de la République et de la liberté de conscience. t

Avec le concours unanime du parti socialiste, le citoyen Cadenat qui n a, en aucune circonstance, ménagé ses efforts pour la défense de la République, a le droit de compter aussi sur l’appui de tous les sincères républicains, pour vaincre plu? facilement ennemi

commun. . .. „ . „t

Mais pour marcher vers une victoire éclatante et certaine an premier pour, il ne faut

pas d’abstentions!!! ,

11 ne faut pas que les républicains et les socialistes se disent : « Nous n avons pas

besoin de voter, il sera élu quand môme, la réaction n’a pas porté de candidats contre

luitli » Non, citoyens, toute négligence serait coupable.

Si un ballottage se produisait, faute du quart des inscrits, ce serait une satisfaction donnée à nos adversaires, ce serait une défaillance de celte démocratique population-

N’oublions pas que si 1789 a fait la Révolution civile avec la Déclaration des droits de l’homme et 18*8 la Révolution politique avec le suffrage universel, il appartient au vingtième siècle de réaliser la transformation économique et sociale.

Votez donc tous en masse au premier tour pour le citoyen Bernard Cadenat, ce sera pour lui et pour les modestes militants qui le soutiennent sans avoir les lessources in ptu sables île certains partis, l’économie des frais d'un second tout de scrutin , ce a us , pour notre candidat et pour nous, le moyen d’aller, entre ri es deux tours, aidir nos cama rades moins favorisés dans d’autres circonscriptions-

Aux urnes,

Pour rémancipation du prolétariat,

Pour le triomphe du socialisme et de la République.

Bernard CADENAT-

3£î Circonscription de MARSEILLE

M. J. TBIEBRY

Élu au 1er tour de scrutin. — 9.925 voix.

Mes chers concitoyens, pour la troisième fois je demande à votre confiance l’investîturo de votre mandat. Entré dans la vie publique il y a huit ans, comme républicain, je reviens devant vous en qualité de président du groupe républicain le plus ancien de la Chambre, de celui qui compte dans ses rangs les plus illustres et les plus anciens serviteurs de la République* Les deux législatures que nous venons d’accomplir n’ont pas donné à U République la concorde, la paix morale, le prestige et la prospérité qu’elle doit au pays* A aucun moment., mes amis et moi n’avons cessé de rappeler au Parlement et à la nation l'inéluctable solidarité qui rattache l’ordre intérieur à la sécurité et à la dignité au dehors. Nous avons lutté sans relâche contre le sectarisme et les pratiques abjectes du ministère Combes, qui, en désorganisant les forces nationales, a exposé le pays aux plus graves périls. C’est afin de poursuivre le iriomphe d’one autre politique, de conjurer les anarchies tragiques qui viennent de se dérouler dans le Nord, de ramener entre les citoyens la concorde et le mutuel respect de leurs croyances et de leurs opinions* d’envisager la loi de séparation avec tous les ménagements politiques et diplomatiques qu'exige une législation aussi irritante et aussi inconsidérée, d’épurer le personnel politique par l'institution plus équitable du scrutin de liste avec la représentation proportionnelle et de faire faire un pas sérieux aux réformes sociales.

Ce n’est que si le pays arrive à s’affirmer sur une majorité parlementaire renouvelée et assagie que nous pourrons, par la suppression de l'initiative parlementaire en matière de dépenses et en fortifiant les contrôles financiers, ramener Tordre H l’économie dans nos budgets et y réintégrer le chapitre de l’amortissemem, remplacé, aujourd'hui, par le déficit. C’est ainsi seulement que nous pourrons assurer Tin dépendance du pouvoir judiciaire, une autonomie nécessaire aux pouvoirs municipaux, des ressources suffisantes aux législations de Rassurante, de la prévoyance, de l'invalidité, du chômage et des retraites pour la vieillesse. C’est ainsi seulement que nous pourrons développer notre fortune économique sous la protection d’une armée forte et respectée et d’une diplomatie prudente et écoutée. Les années troublées que nous venons de vivre ont démontré que la fortune matérielle et morale d’une nation sont dans une mutuelle dépendance. Si vous envoyez au Parlement des représentants également soucieux de la dignité et de la paix intérieures et extérieures, vous assurerez une vigilance plus continue et plus féconde à la défense de vos intérêts commerciaux, industriels et maritimes, au développement et à la coordination trop négligés de l’outillage national, h l’amélioration de notre régime douanier par des accords commerciaux qui donnent aux affaires la certitude et la stabilité* Aujourd’hui,, comme il y a quatre ans, je fais appel à tous les républicains et à tous les Français qui veulent s’unir avec moi pour la défense de nos institutions et la sauvegarde de la patrie. Vive la France I Vive Marseille I Vive la République 1

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