‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1906Chapitre 35 sur 280 · Circonscription de RODEZ · texte numérisé non relu

Circonscription de RODEZ

* M. GÀFFIER

Élu au tour de scrutin, — 10,660 voix.

Mes chers concitoyens,

Je viens vous demander de me renouveler, pour la troisième fois, le mandat de député. Au cours des deux législatures dont j’ai fait partie, je me suis efforcé, par mes votes, de

justifier votre confiance. 3e ne pense pas qu’aucun de ceux qui m’ont honoré de leurs suffrages puisse me reprocher devoir manqué à mes engagements. Quand il s’est présenté des questions nouvelles j’ai cherché à les résoudre conformément à vos aspirations. M'étant constamment tenu en contact avec vous, il m’a toujours été facile de connaître vos sentiments. La question de Ja Séparation ne vous a pas été soumise lors du renouvellement législatif de 1902, mais, certain d’être votre interprète, j’ai voté contre cette Séparation, j’ai voté contre l’inventaire des biens mobiliers des Églises, conformément du reste à mes convictions personnelles.

Du jour où, pour la première fois, j'ai sollicité vos suffrages, je me suis imposé pour règle de concilier 3a fidélité aux institutions républicaines, auxquelles je suis Inébranlablement attaché, avec le respect du à la liberté de conscience.

Ce sera toujours ma ligne de conduite.

. D’ailleurs, dans les rangs mêmes de l’extrême gauche, des républicains coorageux ont proclamé que la politique antireligieuse ce saurait avoir que des résultats négatifs et décevants, sans profit pour personne.

Ne serait-il pas grandement temps de nous occuper des véritables intérêts de la France, des revendications de la grande famille paysanne, des revendications ouvrières? Représentant d’une circonscription rurale, tout mon dévouement, vous le savez, est acquis aux travailleurs du sol. Les droits protecteurs ont permis la vente de nos denrées et le relèvement des salaires; ces droiis doivent être maintenus. Quant aux revendications ouvrières, devenues particulièrement aiguës, refuser de parti pris de les entendre et de les accueillir, dans la mesure du possible, serait une grave erreur, une Injustice et un danger t la paix sociale ne peut exister que si l’immense majorité des citoyens est satisfaite de son sort. Mais les menées révolutionnaires ne sauraient dans aucun cas être tolérées.

Mes chers concitoyens,

La lutte électorale sera très vive dans la France entière ; notre circonscription semble devoir bénéficier d’un calme relatif, et je serais heureux que l’union se fasse dans tous nos villages et dans tous nos hameaux pour soutenir la politique de pacification religieuse, de travail et de progrès social que je préconise. Je n?ai pas besoin de tous assurer que, comme par le passé, je me consacrerai à cette politique d’apaisement par un dévouement impartial à chacun de vous-

E. GAFFIER,

Député sortant.

Circonscription de SAÏNT-AFFRIQUE

M. de CASTELNAU

Élu au 1er tour de scrutin. — 8.039 voix.

Mes chers concitoyens,

U y a quatre ans, je me présentais à vos suffrages sur lés sollicitations du Comité républicain libéral de Farrofltfissement de Saint-Àtïrique.

Je me plaçais, dans rua profession de foi, sur ie terrain de la République, forme légale

et indiscutée de notre démocratie* et j'invitais à se réunir autour de moi tous ceux qui voulaient que la République* au lieu d’être l’instrument de règne d’une secte, devait le régime par excellence du respect absolu du droit et de la pratique loyale de la liberté.

Vous m’êtes témoins que pas une de mes paroles* pas un de mes votes ne peuvent autoriser qui que ce soit à dire que j’ai été infidèle à ce programme,

Avec les républicains les plus éprouvés, j'ai combattu de toutes mes forces une politique à jamais néfaste, qui, outrant des lois déjà des plus dangereuses par elles mêmes et en imaginant de nouvelles, a saccagé nos libertés religieuses, chassé de France presque toutes nos congrégations, ruiné toutes nos écoles chrétiennes libres, fondées à l’aide de notre argent, et acculé, enfin, notre nation à toutes les injustices et à tous Ips périls de cette loi funeste de séparation de l’Église et de l’État, véritable apostasie nationale, si alarmante dès à présent pour la paix publique, f>our les intérêts et les droits les plus précieux de vos consciences, et si grosse de menaces pour l’avenir.

Faut-il rappeler qu’à toutes ces destructions et à tous ces abus de force d’une majorité égarée sont venues s’ajouter la désorganisation de nos forces d’attaque et de défense, la résurrection du régime des suspects et de son organe nécessaire, la délation, tandis que les doctrines les plus coupables allaient jusqu’à nier l’idée de patrie et à jeter ainsi dans les cœurs la semence de La plus incoercible anarchie.

C’est contre uu tel système que j’ai lutté pied à pied, n’oubliant jamais que la fermeté des doctrines n’exclut pas la modération de la parole et de la conduite, et y puise môme une force nouvelle.

A la politique socialiste collectiviste, j’ai opposé la politique sociale, basée sur le respect du droit individuel et sur ^accomplissement des obligations essentielles qui incombent au capital et à la fortune vis-à-vis du travail.

J’ai toujours pensé qu’il en est de la société comme de la famille : elle existe surtout et avant tout au profit des faibles et ce grand principe ne doit jamais cesser d’inspirer les lois et les mœurs.

j’ai voté la loi sur îes retraites ouvrières, je me suis efforcé dans la discussion d’en affirmer le principe salutaire, d’en sauvegarder tous les bons effets et de les assurer aux travailleurs des champs* tout en laissant aux fermiers et aux métayers pleine liberté à cet égard.

J’ai pris part aux débats des lois d’affaires touchant aux grands intérêts industriels, agricoles et commerciaux du paye : en un mot, j’ai fait tout mon possible pour me montrer digne de la confiance que vous m’avez témoignée,

A vous maintenant de me juger, sur mes paroles et sur mes actes. Mais ne vous attachez pas trop à L’homme, les hommes ne sont rien; ils passent avec la rapidité d’un jour ; seuls, les principes restent ; seuls, le droit, la liberté, la solidarité humaine sont immortels î

Et n’est-ce pas une noble ambition que de vouloir que notre démocratie contemporaine en devienne à la plus haute puissance une radieuse et impérissable expression I

Ce sera l’objectif de toute ma vie publique si vous m’ appeler à la continuer, j’y consacrerai tomes mes forces.

Je me dévouerai à toutes les mesures qui diminueront de plus en plus les charges énormes qui écrasent notre sol et en alourdissent sur le marché tous les produite, au plus grand préjudice du consommateur et du producteur*

Je revendiquerai les libertés locales ; je m’efforcerai d’affranchir de plus en plus nos départements et nos communes de cette tutelle de l’administration centrale qui ne relève trop souvent que de considérations purement politiques.

Je donnerai tous mes soins au prompt achèvement de la viabilité qui importe si fort au précieux intérêt de nos communes rurales; en an mot, je continuerai à être pour vous tous» sans distinction de parti, ni d’opinion, le meilleur des soutiens et le meilleur des amis.

Et je suis sûr de travailler ainsi à la réalisation du but suprême de tous nos dévoue* ments, c’est-à-dire à la grandeur de notre pays qui ne peut être assurée que par une

politique d'ordre, de paix religieuse et sociale, d’économies, de sages réformes et d’ajué- Horation progressive du sort du travail*

Vive la République î Vive la liberté I Vive la paix I

Léonce de CASTELNAU,

lr* Circonscription de VILLEFR ANCHE* M* Alfred CIBIEL

Élu au lw tour de scrutin. — 7*254 voix*

Messieurs et chers Concitoyens,

En me présentant à vos suffrages aux élections législatives de 1902, je vous disais que la coalition des radicaux, socialistes et collectivistes, qui imposait alors ses volontés au ministère, était une menace pour nos libertés, un danger pour la sécurité de notre pays*

Grâce à une pression administrative et à des procédés électoraux qui sont la honte d’un pays libre, ïe^ mêmes éléments de désorganisation sociale se sont retrouvés dans cette Chambre dont le mandat vient d’expirer, et vous pouvez juger par vous-mêmes si mes prévisions de 1902 se trouvent réalisées aujourd’hui.

Notre armes minée par la délation et l’antimilitarisme, notre marins en plein désarroi par i£S fautes d’un ministre inconscient ; voilà les résultats obtenus, malgré les sommes énormes dépensées pour Iss budgets de la défense nationale, alors que le pays courait des risques de guerre à l'occasion du Maroc*

ït fallait à cette Chambre une majorité : sur quel programme îa former? M* Combes n’a pas hésité, et pendant que scs ministres désorganisaient, Vun la guerre, l’autre fa marine, et que les autres faisaient du favoritisme le grand instrument pie leur règne, il reprenait avec rage sa guerre contre la religion* .

Après avoir, malgré toutes les promesses faites, fermé toutes les écoles congréganistes, c’est à nos églises qu’il s’est attaqué, et l'hypocrite loi de séparation des Églises et de l’État a été votée, non seulement sans consulter le suffrage universel, mais sans vouloir môme écouter les nombreuses protestations qui s’élevaient de tons côtés* Aussi quoi détonnant que la première mesure édictée par cette loi ait soulevé dans le pays une violente réprobation ? Les catholiques ont compris que par les inventaires l'État voulait; mettre la main sur les biens des fabriques pour en attribuer la propriété soit à lui-même, soit aux communes* D’après les dispositions de cette loi, non seulement les ministres des différents cultes cesseront bientôt de recevoir aucun traitement, malgré un engagement plus que séculaire, mais encore la propriété des églises, même de celles construites au moyen de souscriptions volontaires, tous les objets mobiliers du culte, ne seront plus à la disposition des fidèles que d’une façon précaire*

je crois m’être conformé aux désirs de ceux qui m’avaient donné leurs suffrages en m opposant à ladoption ce cette loi et en votant tous les amendements qui pouvaient la modifier dans un sens libéral*

Il n’est pas juste que les paroisses, dont beaucoup sont pauvres, soient obligées de s’imposer une lourde charge pour conserver un service religieux* alors que l’Etat, en s'emparant des biens du clergé, avait pris rengagement de supporter les frais du culte. Pendant un siècle, le Concordat avait assuré îa paix religieuse en sauvegardant à la fois les droits de PÉtat et la liberté des catholiques. Cette paix religieuse, nous la désirons tous, et rions pouvons l’obtenir en choisissant des mandataires qui comprennent qu’elîe ne peut être assurée que par une entente entre les deux autorités civile et religieuse et par le rétablissement du budget des cultes.

Les congrégations dépouillés de leurs biens, les fabriques des paroisses menacées de perdre les leurs, voilà beaucoup d’attaques successives contre le principe de la propriété- Si les électeurs ne s'y opposaient pas, on pourrait les mener loin sur cette pente î

Heureux de contribuer à toutes les lois qui peuvent alléger les charges des travailleurs ou leur assurer un peu plus de bien-être, fai voté la loi du service militaire de deux ans, la loi d’assistance des vieillards et des infirmes, et aussi, malgré ses imperfections, la loi des retraites ouvrières.

Ce dernier projet, qui n’a pas encore été examiné par le Sénat, devra être profondément remanié pour être applicable sans imposer de trop lourdes charges aux contribuables.

Cela est d’autant plus nécessaire que notre situation financière n’est pas bonne, malgré les a Himation s contraires du Ministre des Finances, Pour la première fois, le budget de 1005 n’a pu être établi même en équilibre apparent. Pour le solder, un emprunt de près de cent millions devra être fait! Un sérieux effort d’économie et de réformes administratives sera nécessaire si Pon veut éviter de nouveaux impôts.

Si vous me confiez de nouveau ïe mandat de vous représenter, soyez assurés, Messieurs et chers compatriotes, qu’entre le parti des sectaires et celui des républicains libéraux, je n’hésiterai pas à me ranger du côté de ceux qui veulent assurer la prospérité du pays par le maintien de l’ordre à l’intérieur et de la paix à l’extérieur.

Alfred CiRIEL,*

2 c Circonscription de VILLEFR ANCHE.

M. MÀHUÊJOÜLS.

Elu au 1er tour de scrutin, — 9.890 voix.

Mes chers compatriotes,

l’estime que c’est un devoir pour moi de vous demander le renouvellement d’un mandat que, dans d'autres circonstances, j’aurais certainement laissé à d’autres le soin de remplir. Mais lorsqu’un pays se trouve en présence de questions aussi redoutables que celles qui sont posées par les événements, il importe que ceux auxquels les circonstances ont donné une part* si petite soit-elle, dans la direction des affaires de l’État, prennent la responsabilité de leurs actes pour le passé et pour l'avenir.

La législature qui vient de finir après ïa laborieuse et interminable discussion d'un budget, dans laquelle, je le reconnais, tous les partis ont souvent sacrifié l’intérêt général

aux coalitions d'intérêts électoraux, a été marquée par le vote de trois lois d’une importance capitale*

iû La loi qui a réduit de trois ans à deux ans le service militaire, diminuant ainsi dYn tiers la lourde charge qu’imposent au pays les nécessités de la défense nationale eL établissant, par la suppression des dispenses, Légalité devant l'impôt du sang* J’ai suivi de près la discussion de cette loi à laquelle la réaction a opposé jusqu’à la fin une résistance obstinée- Je ne l’aurais pas votée si j’avais cru qu’elle pût diminuer en quoi que ce fut la force et la cohésion de notre armée.

2° La loi sur la séparation des Eglises et de TEiat, qui est, nous ne cesserons de le dire, non pas une loi de persécution, mais une loi de liberté, puisqu’elle n’inquiète aucune croyance, qu’elle laisse aux fidèles Posage de leurs églises gratuitement et pour toujours, qu’elle donne aux prêtres âgés des pensions auxquelles ils n’ont aucun droit avec la législation présente, qu’elle ménage avec équité pour les autres la transition du régime ancien au régime nouveau, et que, par elle l’Eglise possède (qui oserait le contester aujourd’hui?) une liberté sans limite et sans réserve. 11 semblait qu’elle dût avoir l’avantage de séparer la foi de la politique, afin que celle-ci no pût plus servir de celle-là* Mais la politique s’en est emparée, et on l’a bien vu par la façon dont les partis monarchistes ont su dans quelques départements exploiter, par une explosion de fanatisme, les susceptibilités respectables et la noblesse même du sentiment religieux dans celle insignifiante procédure des inventaires, à laquelle personne au Parlement n’avait attaché la moindre importance, 11 est permis d’espérer que c^ux des catholiques qui ne sont pu b des sectaires ou des politiciens ne larderont pas, quand les passions seront calmées, à rendre justice à cette loi que AL Ribot lui-même qualifiait, dans un discours qui a été affiché, « une loi d’apaisement »,et travailleront avec nous à l’appliquer dans l’esprit de liberté et de justice qui a guidé le législateur.

3° La loi sur les retraites ouvrières pour tous les travailleurs de l’industrie et de l’agrictihure, que la Chambre a votée avant sa séparation et qui est maintenant soumise aux délibérations ^u Sénat, Grâce à cette loi, tous les salariés de France — douze millions au bas mot — vont se voir constituer pour leurs vieux jours par le concours des patrons, des ouvriers et de l’ÉLat, une pension de 360 francs au minimum* Elle contient de plus une disposition qui, dès le jour de sa promulgation, assure, à toute famille ouvrière de France qui voit disparaître son chef, le secours immédiat et prolongé d^ l’État* Tel en est l’esprit et la synthèse. Sans doute elle peut être retouchée; die peut être améliorée dans les détails* Ce sera le devoir du Gouvernement de demain de prendre Finiûativë et la responsabilité des modifications utiles et possibles qui doivent préparer et assurer T entente entre les deux Chambres qu’anime un môme esprit républicain,

H me sera bien permis de rappeler que je suis le prunier ministre républicain qui ait déposé, en 1898, uir cette question des retraites ouvrières, un projet de loi qui a stTvi de point de départ et de canevas aux travaux considérables auxquels se sont livrés les hommes éminents qui composent la Commission du travail.

La République n’est pas seulement une forme de Gouvernement, elle e^t une organisation de la société toute entière. Elle assure la souveraineté de tous; mais p ;r là même, les citoyens se sont reconnu un droit à la mutuelle justice. C’est pour cela que nous avons voté line loi d’assistance aux vieillards et aux infirmes, par laquelle tout Français privé de ressources ei incapable de subvenir par son travail aux nécessités de l’existence recevra Passi stance sous forme de secours à domicile*

C’est pour cela que nous devrons travailler dans la prochaine législature à mettre plus d’équité dans la répartition de l’impôt par la réforme de l’impôt direct. 1. est de bon goût dans un certain monde dé plaisanter Pimpôt sur le revenu. Nous répondrons que l’impôt suivant la formule de la Révolution h doit être proportionné aux facultés de celui qui le paie » et si cette proportion ne peut être établie qu’au moyen de la progression, la justice et la raison nous font un devoir d’incliner vers un système dont notre législation fiscale a déjà fait de significatives applications, notamment en matière de patentes et 'de droits successoraux*

Dans l’avenir, comme je Fai toujours fait dans le passé, je soutiendrai les lois que le Gouvernement a mises dans son programme et dont il serait trop long de donner la nomenclature, mais qui se caractérisent par la réforme de ïTimpét direct et par le vote définitif de Ja loi sur les retraites ouvrières* Vous êtes assurés que je suivrai soigneusement toutes les questions touchant à l’agriculture, dans lesquelles mon intérêt se confond avec le vôtre*

Je tiens à dire, afin qu’il n7y ait aucune équivoque, que je suis l’adversaire de la lutte des classes* (Test an contraire l’union des classes, et mieux encore la fin des classes que l’on doit poursuivre par la solidarité des forts et des faibles, par l’assurance de tous les hommes contre l’ensemble des risques sociaux*

Je veux la paix sociale et j’estime qu’elle ne sera satisfaite que lorsque sera satisfait le sentiment de justice qui est peut-être le plus puissant dans l'àme de la nation. Mais à quoi serviraient toutes les réformes, si un vent de discorde et de haine devait continuer à souffler, si Fon pouvait impunément troubler l’ordre public et mépriser les lois? Aussi dirons-nous aux uns qu’on ne peut remplacer le passé qu’à la condition de savoir s’affranchir de ses servitudes morales comme des matérielles, et aux autres qu’on 11e peut conserver de ce passé ce qui est encore sain et respectable en détruisant dans les consciences la notion du respect.

Pour ceux qui comme moi ont vécu l’année terrible et qui se sont associés à l’admirable effort de patriotisme par lequel la France vaincue et mutilée est redevenue une grande nation à la tête de la civilisation et du progrès, il importe que la France reste forte,, pour ne pas avoir au dehors une politique humiliée* L’acceptation de certaines théories coupables aurait vite fait de nous mener, aux yeux de l’étranger, du mépris à la déchéance, de la déchéance à l’effacement définitif. Nous n’en sommes pas là, et la belle victoire diplomatique que nous venons de remporter à Algèsiras, grâce aux sympathies de la presque unanimité des puissances, nous a été d’un grand réconfort* Pour moi, comme les anciens de 1789 et de 1793 qui ne séparaient pas la patrie de ia République, je suis à la fois patriote et républicain, et je ne comprends pas autrement un Gouvernement de défense républicaine.

Et maintenant, mes chers amis, un mot de nos petites affaires* On me reproche, avec une indignation qui est d’un très bon comique, d’avoir consacré la plus grande partie de ma vie à m’occuper de vos intérêts privés, communaux ou départementaux et d’avoir abaissé ainsi la majesté de mon mandat. Je puis vous donner l’assurance qu’au premier rang des indignés figurent avantageusement un grand nombre de ceux qui furent des quémandeurs et des repus même au cours de ministères contre lesquels aujourd’hui ils n’ont pas assez de colère. Je continuerai donc* Faire du bien, et le plus possible, autour de soi est une innocente manie dont on se corrige difficilement à mon âge. Entre moi et ceux qui n’ont jamais rien fait et ne sont guère en état de faire grand’chose, vous voudrez bien décider, et quoi qu’il arrive*

Vive la République démocratique 1

Emile MARUÉJGULS,

Candidat républicain radical.

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