CALVADOS
Circonscription de B A YEUX
M, le baron GÉRARD Élu au Ie' tour de scrutin, — 7 . 219 voix.
Messieurs et chers concitoyens,
L’œuvre antireligieuse de la législature qui prend fin la caractérisera dans l’histoire. Elle laisse le pays dans le trouble et la plus inquiétante des agitations.
Instrument servile de la secte maçonnique, la néfaste trinité Combes, 'André, Pelletao, s’est tout d’abord appliquée à grouper une majorité docile, pour entreprendre la désorganisation des forces morales et défensives de la France.
La délation la plus éhontée est devenue un moyen de gouvernement ; l’armée, les fonctionnaires en ont été les victimes, et à l’autorité des élus de nos municipalités l’on a tenté de substituer le pouvoir occulte du délégué.
Dans l’âme de l’enfance il fallait effacer l’idée de Dieu, source intarissable d’espérance, de consolation, de soumission aux misères et aux chagrins de ce monde : aussi, tout principe religieux a-t-il été banni de l’école; aussi, les congrégations enseignantes ont-elles été dissoutes. On disait leurs biens considérables ; qu’ont donc produit leur liquidation et leur dispersion? Mais que coûtent, par contre, à tous les contribuables la construction et l’enT tretien des nouvelles écoles imposées à tant de communes? L’enseignement libre a été suspecté et souvent, nous en avons eu nous-mêmes la preuve, il a fallu épuiser tous les degrés de la juridiction pour maintenir, au prix de nouveaux sacrifices, les bienfaits d’une éducation chrétienne et d’une émulation si efficace entre les maîtres. Aujourd’hui c’est â l’avocat de l’antimilitarisme qu’est confié le Ministère de l’Instruction publique I
Malgré les affirmations formelles apportées à la tribune par le président du Conseil, Combes, que la religion elle-même ne devait rien redouter, sous un prétexte né de la mauvaise foi des hommes au pouvoir, les relations avec le Pape ont été brusquement rompues et la séparation des Églises et de l’État demandée au Parlement.
Le Concordat, qui faisait à la France une situation privilégiée par le règlement des rapports de l’État et de l’Église, a été abrogé; et, cette séparation, sur laquelle le pays n’a jamais été consultée, est devenue un fait accompli, La loi de 1905, j’en ai la conviction, sera aggravée si les électeurs ne portent pas leurs préférences sur des représentants décidés à provoquer la reprise des négociations avec le Saint-Siège et à rétablir le budget des cultes.
Votre mandataire, messieurs et chers concitoyens, a traduit, par ses votes hostiles à cette loi, le sentiment non seulement de ses électeurs, mais aussi, il n’hêsitepas à le croire, celui d’une majorité encore plus grande dans notre arrondissement.
La politique du bloc n'a pas été moins funeste aux finances du pays et, pour en réparer les effets, de nouveaux impôts seront certainement nécessaires.
Grâce à la fidélité de notre alliée la Russie et à l'appui que, dans des interets communs, nous donne l’Angleterre, grâce à notre attitude calme et résolue à la conférence d'Algésiras, la situation extérieure, si grave il y a quelques mois, semble seule plus satisfaisante.
Je dois maintenant vous exposer ici, ne serait-ce que brièvement, comment je me suis acquitté du mandat que vous m'avez fait l'honneur de me confier.
Une réforme, celle-là prévue, a été la réduction à deux ans du service militaire. Je fai votée le 5 juillet 19ü/j? après m'être associé à la déclaration suivante faite par le général Jacquey :
« Partisans du service d*un an, nous voterons cependant la loi, en restant convaincus que ses imperfections nombreuses et les sacrifices qu’elle impose à ceux qui jusqu'à présent avaient été légitimement dispensés, nous conduiront nécessairement à l'adoption du système que nous avons proposé et qui offre à notre sens des avantages considérables au point de vue social et militaire, »
Autant que personne fai le souci de notre puissance militaire, Tannée n’est-elle pas Tincarnation de la Patrie?
Sur mes préférences pour le service d'un an, quelques explications me paraissent s'imposer : les dispensés de la loi de 1889 n'ont jamais passé pour des soldats inférieurs aux autres; la durée d'un an de présence sous les drapeaux peut donc être suffisante pour Vin-* struction militaire. Mais, estr^e en deux ans que sera formé un soldat aguerri? De là, néces- Bîté d'une armée de métier, assurant un meilleur effectif de la cavalerie et de Tartuferie, et fermant pendant les périodes d'exercices des réserves, comme en cas de mobilisation, un encadrement solide et entraînant. Ce serait par des primes, facilement prélevées sur l'économie réalisée, par ta certitude d'admission dans les services publics, que des rengagements de quatre ans pourraient permettre la constitution de ce contingent d'élite. Signataire de la proposition de loi. présentée par mou collègue et ami, M* Ernest Flandin, j'ai demandé avec lui que fa réduction du service accordée à tout Français profitât aussi aux inscrits maritimes, sans pour cela modifier le système actuel des pensions de retraite de la Caisse des invalides. Cette dernière question viendra au début de la prochaine législature.
Après avoir institué l'assistance aux vieillards et aux incurables, que j'ai considérée comme l'accomplissement d'un devoir de solidarité, la Chambre a discuté la loi des retraites ouvrières; j'en ai voté le principe parce que les travailleurs des campagnes ont été placés m même rang que ceux des villes. Quand cette loi reviendra du Sénat, certainement modifie par lui, je ne l'accepterai que si l'ouvrier n'est pas soumis à l'obligation de verser une part de son salaire , lorsque de trop lourdes charges de chef de famille absorberont tout ïe fruit de son travail. Ce if est pas l'État qui doit être, à mon avis, le détenteur des capitaux de ces retraites, les Caisses d'épargne mettent déjà entre ses mains une part assez grande de la fortune privée, et le besoin de nouveaux fonctionnaires est loin de se faire sentir. C'est en encourageant, en subventionnant les organisations de la Mutualité et en aidant à la création do caisses professionnelles régionales que le but serait le plus heureusement atteint.
Dans l'ordre agricole et économique, votre représentant s’est efforcé, comme il s'y était engagé, de défendre de son mieux les intérêts des cultivateurs. Adhèrent au groupe des bouilleurs de cru, dont l'union et la persévérance ont réussi à faire rapporter les mesures attentatoires au droit du producteur de transformer sa récolte et de la conserver dans son domicile à rabri de toute investigation, jusqu'au jour où il veut la mettre en circulation, fai eu la satisfaction de contribuer à ce résultat.
Je suis intervenu devant la Chambre, quand il s'est agi de protéger notre industrie beurrière contre les méiangt s, contre la fraude et l'usurpation de notre marque d'origine « d’Jsiguy et de Bayeux » et fai l'espoir que notre principal produit, mieux défendu par la
,oi yig-à-vis d’une concurrença déloyale, retrouvant sa faveur sur les marchés français et
étrangers, reverra des prix plus rémunérateurs.
J’ai porté à La tribune les réclamations trop motivées des vaillants pêcheurs de notre côte dont la situation si intéressante et si peu prospère, comme celle des constructeurs et de leurs ouvriers, aussi bien que des armateurs, me préoccupe particuliérement. Je souhaite que bientôt, comme j’en ai reçu l’assurance, des règlements, même internationaux, réussissent à protéger nos chalutiers à voiles qui donnent à notre flotte ses meilleurs marins. J’aurais pu, après la plus cruelle des épreuves, pour laquelle j’ai reçu de vous tant de
marques de sympathie profonde, j’aurais pu, dis-je, vous prier d’excuser ma retraite; je *
je pense que c'eût été, à l’heure présente surtout, méconnaître mon devoir, et je viens, messieurs et chers concitoyens, vous demander le renouvellement d’un mandat que j ai rempli sans éclat, je suis le premier à le reconnaître, mais en conscience, à la Chambre et dans notre circonscription. Tant qu’il plaira à Dieu, il restera de tradition dans ma famille de vous témoigner un fidèle attachement.
De même qu’en 1902, je ne prendrai garde, si elles se produisent, à des attaques auxquelles vous avez déjà su répondre en me donnant une grande majorité dans chacun des six cantons de ^arrondissement de Bayera.
Plus que jamais, dites-vous que le vote est une obligation pour tout bon citoyen, et, par le nombre de vos suffrages, veuilles me donner le 6 mai prochain, en même temps que votre approbation, un encouragement h poursuivre, en union avec tous les défenseurs de nos libertés, une politique qui saura donner à. la France la pacification sociale et la confiance, gages de la prospérité
Votre tout dévoué.
Baron GÉRARD,
Conseiller général de Trévières,
Maire de Maisons,
d™ Circonscription de CAEN
M. Henry CHÉRQiN
Élu au 1er tour de scrutin. — 7.629 voix.
Messieurs les électeurs et chers concitoyens.
Je suis un républicain et un démocrate : c’est dans ces deux mois que tient toute ma
profession de foi. .
Personne n’ose plus aujourd’hui contestei le régime républicain; ceux-là meme qui s’appuient sur les éléments royalistes les plus notoires se réclament de la République, il n’y a rien à ajouter à cet aveu d’impuissance des partis déchus,
La paix des esprits est la condition de tout progrès.
Cette pak ne saurait être Fœuvre des partis rétrogrades qui entretiennent dans le pays une agitation funeste. Elle ne peut être réalisée que par des hommes de bonne volonté, res-
pectueux à la fois de ia liberté et de la loi, désireux d'éclairer les citoyens et non de les surexciter, avides de concorde et non point propagateurs de haine.
La loi du 9 décembre 1905 a proclamé dans son article premier que la République assure la liberté de conscience et garantit le libre exercice de tous les cultes. Très sincère** rnent tolérant à la pratique de toutes les convictions loyales, je veillerai à ce que cette législation reçoive une application très libérale. Je veux, en effet, que chacun puisse pratiquer librement le culte de son choix, mais je ne confonds pas la religion avec la pulitique. Je suis d'ailleurs l'adversaire déclaré de tous les fanatismes, d’où qu'ils viennent.
Messieurs les électeurs,
Le problème social se résume dans trois mots ; u II faut vivre »,
Permettre à chacun de travailler et de vivre, tel doit être le but cie ceux qui dirigent les sociétés humaines.
A l1 heure actuelle, que de misères I Que de criantes injustices 1 Que de pauvres travailleurs succombant sous le poids des charges de famille I Combien de petits commerçants, de cultivateurs, à plus forte raison combien d'employés et d'ouvriers peinent pendant de longues années, traversent une vie,de continuels soucis et d'écrasantes fatigues pour n'aboutir qu'à la gêne dans leurs derniers jours I
Hommes de coeur de tous les partis, ne ferez-vous point taire vos querelles pour examiner et résoudre ces questions?
Point n'est besoin pour cela de la violence; j'en suis l'adversaire implacable. Il suffit d'une politique de généreuse et ardente solidarité*
Par elle, faisons la retraite pour la vieillesse, pour les travailleurs des villes et des champs.
départissons plus humainement les charges publiques en remplaçant les contributions directes actuelles par l'impôt progressif sur le revenu, c'est-à-dire en dégrevant les petits contribuables et en faisant payer l'impôt à celui qui a le moyen de le payer*
Organisons des institutions d'assurance contre le chômage ; développons la capacité syndicale, encourageons toutes les œuvres de prévoyance et de mutualité.
Venons en aide à tons les faibles :
À la femme, si longtemps oubliée par le législateur ;
A l'enfant, auquel il faut épargner les misères et les souffrances de ceux qui l'ont précédé dans la vie.
Par cette politique enfin, tout en consentant dans le présent tous les sacrifices nécessaires à la défense nationale, préparons une ère de fraternité entre les peuples, afin de rayer un jour de leurs mœurs l'épouvantable guerre qui les ruine et que condamnent tous les progrès de îa civilisation.
Chers concitoyens,
La défense de cette politique ne me fera point perdre de vue les intérêts spéciaux de notre pays.
L agriculture aura en moi un défenseur énergique. Jamais notre élevage n'a eu davantage besoin d'être encouragé. Je serai résolument et utilement son défenseur. Nos cultivateurs veulent être maîtres chez eux, ils peuvent compter sur moi pour défendre l'inviolabilité de leur domicile.
Le commerce des boissons, dont les intérêts sont considérables dans notre région, réclame la suppression de la licence, qui est une seconde patente; l'abaissement des droits exorbitants, qui constituent une prime à la fraude et une menace pour la santé publique. Je défendrai énergiquement ces revendications.
Le port de Caen, le commerce général de la circonscription doivent être, eux aussi, l'objet de toute l'attention du député élu ; ia mienne ne leur fera jamais défaut.
Les marins de nos côtes, les petits fonctionnaires de tontes nos administrations, kg employés et ouvriers de nos diverses industries, les agents si intéressants des postes et des chemins de fer ont des revendications que je connais et que je saurai défendre. Qu'ils comptent sur moi comme sur le meilleur des amis*
Messieurs les électeurs,
Si vous croyez que, pour être député, il ne suffit pas d'être animé de bonnes intentions, mais qu'il faut pouvoir monter à la tribune pour les défendre;
Si vous croyez qu'en fant du Calvados je puisse soutenir les intérêts de ce département que je n'ai jamais quitté et que je représente déjà au Conseil général ;
Si vous croyez enfin que j’aie la jeunesse et l'énergie nécessaires pour accomplir le mandat que vous m'aurez confié, donnez-moi sans crainte vos suffrages.
Je saurai mériter votre confiance de tout cœur, je Vous le promets.
Vive la République démocratique !
Henry CHÉRON,
Avocat,
Conseiller général du Cavaldos,
Chevalier de la Légion d'honneur.
20 Circonscription de CAEN
M. Fernand ENGERÀMD Élu au 1er tour de scrutin, — 7 * 7i|5 voix.
Mes chers concitoyens,
Je vous ai rendu compte, au cours de cette législature, du mandat que vous m'avez confié. Chaque année, vous ayez été mis à môme d'apprécier l’attitude de votre député; vous savez comment furent défendus vos intérêts, comment ont été tenus les engagements pris envers voua ; les ouvriers, les travailleurs diront si j'ai été pour eux Parai dévoué que leur fut mon père ; tous, vous me connaissez*..
Je n'ai rien à changer à mon programme de 1902, J'ai conscience de n'avoir jamais méconnu les sentiments qui me méritèrent votre confiance, — d'avoir toujours voté comme l'eussent fait à ma place mes électeurs et même la plupart de ceux de mon ancien concurrent
En 1902, mes amis et moi affirmions la nécessité pour la France d'avoir une armée forte et honorée; nous dénoncions le danger de vagues illusions humanitaristes, qui, sous de généreuses apparences, n'en sont pas moins pernicieuses, car elles énervent la nation et lui dérobent le sens et la vue des plus grands devoirs ; nous disions que pour conserver la paix il ne suffit pas qu'un peuple seul la désire, mais que les autres la veuillent pareillement, Avions-nons donc tort de parier de la sorte ? Le danger, que nous signalions, yous est apparu avec une brutale évidence. Souvenez-Yous de cette propagande criminelle contre l'idée de patrie 1 Des complications extérieures, dont îa mémoire n’est pas et ne doit pas être oubliée, n'ont- elles pas manifesté — et plus que notre patriotisme ne l'eût souhaité —
]fi justesse de dos appréhensions î à de certaines heures, n’avons-nous pas tons compris le , besoin pour la France de grouper autour d’elle ees enfants, réconciliés et unis dans une môme pensée ?
Le Parlement, vous disais-je, a trop de pouvoir, le Président de la République, pas assez.
Rappelez-vous l’œuvre d li Ministère Combes et du Bloc r l’année et la marine incon,~ sciemment désorganisées ; des mœurs et des pratiques politiques qui sont la négation de nos traditions françaises et de la doctrine républicaine; l’abjecte dètalion érigée en institution ri’Ktat; les libenês, les droits du citoyen foulés ans pieds par une poignée de sectaires, par une « bohème malfaisante », — comme Ta nommée pour l’Histoire le Président de la Chambre* M. Paul Doumer, — un Gouvernement, esclave d’une majorité unie pur la haine, organisant le trouble, le désordre, l'anarchie morale qui se traduisent aujourd'hui par l’émeute, le pillage, des grèves meurtrières, la rébellion des agents même de l'État; le pays eniin lancé dans cette redoutable aventure de la séparation des Églises et de TElat, sans son assentiment et contre le gré du Président de la République.
Le fait qu’une telle œuvre, condamnée par tant de républicains sincères, se soit poursuivie sans que le Chef de l’État ait pu s’y opposer, ce fait seul ne montre-t-il pas le vice fondamental du prétendu parlementarisme que la Constitution de 1875 a institué?
Plus que jamais je suis convaincu que, sans mettre en cause la forme républicaine des institutions, il est essentiel de reviser quelques articles de cette Constitution pour mieux définir et limiter les fonctions des divers pouvoirs politiques. J’estime ainsi que des mesures aussi graves que celle qui a pour objet de modifier le statut religieux de tout un peuple ne peuvent dépendre du caprice d’un seul homme ou du parti pris d’une assemblée, et qu’elles doivent être préalablement soumises au jugement de la nation.
Je m’honore d’avoir été le premier à m'opposer, dès au dessein de M, Combes de dénoncer le Concordat; j’ai alors revendiqué, à la tribune de la Chambre, le droit pour le peuple d'être consulté sur un aussi grave projet, Si on l’avait fait, que de difficultés, de troubles, de divisions eussent éiê évités, et le pays conserverait sans doute l’inestimable bienfait de la paix religieuse.
Je demande que des relations soient reprises entre les pouvoirs publics et les représentants autorisés de l'Église, et que la loi du 9 décembre 1905 soit amendée de manière à respecter les droits imprescriptibles de la conscience et l’autorité de l’État,
Électeurs,
La France a trop souffert de cette politique de représailles et de haine. 11 faut remettre Tordre et le calme dans ce pays. Je souhaite donc ravénement d’une politique de réconciliation nationale sous Tégide d’un Gouvernement qui sache et qui veuille goûverner ; à ceux qui se proposeront pour réaliser une telle œuvre, mon concours est acquis sans réserve ni arrière-pensée.
Un peuple ne saurait vivre de politique pure, ni digitation perpétuelle ; il Vit de son agriculture, de son industrie, de son commerce.
C’est l’union de tous ses fils qui fera la France forte et prospère, et seule Une nation forte et prospère est en état de corriger les injustices sociales et fiscales, de mettre en pleine valeur son sol et ses produits, de défendre son industrie, et, en assurant Tavenir, de stimuler cet esprit d’initiative et de progrès, qui peut nous donner les plus bienfaisantes victoires*
(Test de ces sentiments que je me suis inspiré, au cours de la législature qui s’achève; ce sont eux qui régleront encore ma conduite si vous me faites l’honneur de me renouveler votre confiance*
Vive la France!
Fernand ENGERÀND,
Député sortant-
Circonscription de FALAISE.
M. PÀULMIER.
Élu a vi l*r tour de scrutin, — 7.320 voii.
Mes chers concitoyens,
le viens, pour la sixième fois, vous demander le renouvellement du mandat qui tous avex bien voulu , sans interruption, me continuer depuis plus de vingt ans.
Ce que j'ai éteins le passé, je le serai dans l'avenir, si, comme j'en aï le ferme espoir, vous daignez à nouveau m'accorder vos suffrages,
11 y a quatre ans, je flétrissais les agissements du Ministère Waldeek-Rousseau, Les Cabinets qui l'ont suivi n'ont fait qu'accentuer sa politique, en la rendant encore plus inique et plus odieuse.
Tout ce que vous aimez et respectez a été détruit et profané.
Vous vouliez pouvoir donner à vos enfants l'éducation de votre choix. On vous a ravi cette liberté, en fermant toutes les écoles tenues par les frères et par les sœurs.
Vous étiez attachés au culte de ygs pères ; vous aimiez votre vieille église, où vous aviez été baptisés, où vous vous retrouviez chaque dimanche, ou vous aviez prié pour vos parents le jour où ils avaient été enlevés à votre affection. On veut arracher de vos cœurs ces pieuses traditions. En votant la séparation des Églises et de l'État, c'est la religion même qu'une majorité sectaire a voulu anéantir.
Vous aimiez la loyauté et la franchise, À ces vertus qui devraient être la règle 4e tout gouvernement, la franc-maçonnerie a substitué un système de délation et d'eapionnàge d'autant plus lâche et méprisable qu’il se cache sous le voile de Fanonymat
De même que la paix morale, l'ordre matériel est profondément troublé. La guerre religieuse et la guerre civile sont partout allumées en France. Hier, c'étaient dans les églises qu'avaient lieu de sanglantes bagarres ; aujourd'hui, -l'émeute gronde dans le Nord, dans la Somme, dans le Var; que nous réserve demain, avec la perspective toujours menaçante de la grève générale ?
Voilà ce qu'en huit ans la tyrannie du bloc nous a donné. Le pays accepte-t-il de plier* plus longtemps sous ce joug ?
À cette politique de discorde et de haine, nous voulons substituer, nous, une politique de concorde et d'union.
Nous voulons pour tous la justice et la liberté.
Nous entendons respecter les croyances de chacun.
Nous estimons que le Gouvernement de demain devra rétablir le budget des cultes, et signer avec le Saint-Siège un nouveau Concordat qui assure dans l'avenir le libre exercice du culte.
Nous voulons qu'on en finisse à tout jamais avec le système de délation et d'espionsage réprouvé par tous les honnêtes gens.
Nous voulons que l'avancement des officiers, comme celui des fonctionnaires* soit acquis au mérite et non à la faveur.
Nous voulons que la Chambre, faisant trêve à la politique, s'occupe davantage du sort des travailleurs et des intérêts de ia culture.
Nous voulons qu’on respecte à l’avenir le privilège des bouilleurs de cru que nous avons pu rétablir après trois ans de luttes et de laborieux efforts.
Telles sont les grandes lignes du programme auquel je consacrerai tous mes efforts, tant que j’aurai l’honneur de vous représenter à la Chambre.
Ai-je besoin d'ajouter que dans l'avenir comme dans le passé, j’apporterai à la défense de vos intérêts particuliers tout le zèle et toute l’activité dont je suis capable.
Veuillez agréer, mes chers concitoyens, l’assurance de mon entier dévouement.
Ch. PÀULMIËB,
Conseiller général,
Député sortant.
Circonscription do LISIEUX.
M. Henri LÀNIEL,
Elu au i,r tour de scrutin, — 9-445 voix.
Aies chers Gond toyens,
Il y a deux manières de gouverner un pays ;
Ou bien utiliser les forces dont dispose FÉtat pour améliorer le sort matériel, moral, social du plus grand dombre et créer ainsi un peu plus de bien-être dans la nation;
Ou bien faire servir la puissance administrative à l’organisation de mesures destinées à opprimer ceux qui ne pensent pas comme les détenteurs da pouvoir, et transformer ainsi le pays en un immense champ clos où les plus forts s'acharnent par tous les moyens à persécuter les plus faibles.
Jamais je n’aurais pensé qu’un gouvernement républicain se réclamant de la magnifique devise ; Liberté, Égalité* Fraternité, pût pratiquer cette seconde politique avec l’ardente passion et les procèdes détestables dont le ministère de M. Combes et le Bloc qui Fa soutenu ont donné le triste spectacle.
Quand à moi, avec tous mes amis du parti républicain libéral, je m’honore d’étre resté fidèle à la première politique et d’avoir énergiquement combattu un ministère dont lés violences et les haines nous mt ramenés aux jours les plus détestés des siècles passés, semant dans le pays des ferments de discorde dont nous souffrons et souffrirons longtemps encore !
Les liens qui m’unissent à vous, mes chers concitoyens, sont dé à trop anciens et vous connaissez trop bien mes senti me ms pour que j’aie besoin de vous exposer un programme politique détaillé.
Qu’il me suffise de vous dire que, si j'ai de nouveau l’honneur d’être votre élu, je m'efforcerai de réparer le mal que la législature qui prend fin a fait à noire pays.
De plus un plus convaincu que la conséquence inévitable de îa loi de séparation — conséquence incontestablement voulue par presque tous ceux qui l’ont votée — sera la fermeture échelonnée de nos églises et la suppression du culte dans nos campagnes, je voterai le rétablissement du budget des cultes.
Estimant que si l’État doit une protection efficace aux tî&vaiïlëtrrs des villes et des
champs que, s’il doit encourager les idées de prévoyance par d'importants subsides, U doit aussi respecter la liberté des ouvriers et ne pas se permettre de disposer contre leur gré tPime partie quelconque de leurs salaires, je voterai la loi relative aux retraites ouvrières* en me basant sur ce principe que l’assistance doit être obligataire pour l’État et ta prévoyance facultative pour les citoyens.
Je m’efforcerai enfin de consolider la victoire que tes défenseurs des libertés agricoles ont eu la grande joie de remporter en faisant consacrer de nouveau par la loi les droits des bouilleurs de cru*
En un met, mes chers concitoyens, je resterai toujours un libéral convaincu et un sincère démocrate, et inon plus vif désir est, qu’au cours du nouveau mandat que j5ai l’honneur de solliciter de vous, nous ayons tous le bonheur d’assister à un changement de Vorientotton politique et de constater que, lasse de faire des victimes, la République s’appliquera enfin à faire des heureux î
Veuillez agréer, mes chers concitoyens* l'assurance de mon profond attachement et de mes sentiments les plus dévoués.
Henri LAN! EL,
manufacturier,
Maire de Beuvillers,
Député sortant.
Circonscription de FONT-L’ÉVEQuII
M. Ernest FLÂNDiN
Élu au lçr tour de scrutin. —9. .079 voix.
Mes chers concitoyens,
La session de la Chambre des Députés s’étant prolongée jusqu’au 15 avril, je no pourrai, à défaut du temps nécessaire, me rendre dans toutes les communes, comme je l’aï fait en 1902. Estimant qu’un député doit voter lui-même et non se faire remplacer, j’ai voulu rester à la Chambre jusqu’à la lin de la législature, pour y défendre vos intérêts et remplir le mandat que vous m’avez confié.
Cependant, afin que vous puissiez vous prononcer en toute connaissance de cause, j’ai tenu à vous envoyer à tous le compte rendu de mon attitude politique et de mes principaux votes pendant les quatre années qui viennent de s’écouler.
Persuadé que la concorde et la paix intérieure» sont les conditions indispensables de la prospérité de notre pays, j’ai combattu sans relâche la politique de division et de haine du Ministère Combes, qui désorganisa notre armée et notre marine, violenta les consciences dans leurs sentiments les plus sacrés, fit alliance avec les pires ennemis de la patrie et de l’ordre social, se servit de Pinfàme délation comme d’un moyen de gouvernement et, par sa politique extérieure, faillit nous acculer à la guerre avec l’Allemagne.
Je ne me résignerai jamais à confondre la République, que nous désirons tous servir loyalement, avec le régime d’oppression et d’intolérance qui nous est imposé par la Franc- Mfiçonnerie,
bai défendu en toutes occasions la liberté de conscience et d’enseignement, ne pouvant concevoir ia République sans la liberté, et je me suis associé, en votant la loi d’assistance aux vieillards et aux inlirmes et la loi sur les retraites ouvrières, aux réformes destinées Il garantir plus de bien-être aux travailleurs des champs ou de l’usine et plus de sécurité à leurs vieux jours*
J’ai voté, enfin, contre la loi de séparation, que réprouve, à mon sens, l’immense majorité des Français, et dont les conséquences me paraissent, dans l’avenir, aussi redoutables pour l’Église que pour l’État.
Conformément aux engagements pris envers vous en 1902, je me suis appliqué tout spécialement à soutenir les intérêts de notre pays*
Ainsi que vous avez pu le constater, les propositions de loi que j’ai présentées et les questions que j’ai soutenues à la tribune, notamment en ce qui concerne l’élevage, les bouilleurs de cru, dont nous avons enfin fait rétablir le droit, et les vaillants marins de notre cote, ont reçu des solutions satisfaisantes,
11 me paraît inutile, mes chers concitoyens, d’entrer dans de plus amples détails, vous ayant déjà adressé individuellement l’exposé de mes travaux parlementaires; je vous demanderai seulement, si vous approuvez ma conduite, de bien vouloir consacrer, au scrutin du 6 mai prochain, un instant de votre journée à celui qui, sans avantages personnels, a employé exclusivement ces quatre dernières années à la défense de vos idées et de vos intérêts.
Ernest FIANDIN,
Docteur en droit,
Avocat à la cour d’appel,
Conseiller général du Calvados,
Député sortant.
Circonscription de VIRE.
M. Iules DELÀFOS3E.
Elu au l*r tour de scrutin, — 9.798 voix.
Mes chers Concitoyens.
La conscience française subit depuis quelques années une épreuve inouïe.
Il n’existe plus de Gouvernement, À sa place, une association de sectaires, de sophistes et de brouillons, vulgairement appelée le Bloc, entretient une anarchie brutale et grossière qui bat en brèche les défenses de la société et de l’État. Elle n’est dans le pays quJune infime minorité, et pourtant elle fait peser sur des millions d’honnêtes gens la plus insolente tyrannie*
Il n’y a plus devant elle ni droit, ni liberté, ni justice, pas plus qu’il n’y a ni religion, ni patrie* Son œuvre n’est qu’ oppression, ruine et honte.
Elle détruit ou salit tout ce qu’eïle louche. Il n’est pas une institution nationale, pas un culte qui n’ait subi l’affront meurtrier de sa main.
Les congrégations proscrites, les écoles libres fermées, l’armée désorganisée, la disci-
pline militaire ruinée, le patriotisme honni, les finances publiques dilapidées, la guerre sociale imminente, la guerre religieuse déjà commencée, les églises menacées de fermeture par la loi de séparation, voilà sommairement son oeuvre.
Eh bien, je suie l’adversaire déterminé de cette politique dévastatrice, et ma candidature O'est qu’une protestation contre elle.
Des républicains libéraux et modérés comme M, Ribot et M, Descbaneï, des radicaux comme M, Doumer, des socialistes comme M. Millerand, bref, les chefs les plus qualifiés du parti flétrissent à Tenvi cette imposture qui couvre du nom de la République les pratiques et les mœurs des plus abjectes tyrannies. Je ne demande qu'à m’associer à leur effort libérateur, et mon concours est acquis d’avance à tous ceux d’entre eux qui voudront inaugurer dans la législature nouvelle une politique de réparation et d’assainissement.
Ge n’est pas un succès personnel que je recherche eu faisant une fois encore appel à vos suffrages. Je ne suis et ne veux être que le porte-drapeau de vos justes révoltes.
Votre attitude devant l’insolence des inventaires a montré ce que yous sauriez faire, si l’on tentait de fermer vos églises et d’interdire la célébration de votre culte.
C’est cela qu’il faut dire maintenant à la France. Que votre choix s’unisse au cri de tant de consciences indignées, et vous aurez efficacement contribué à libérer la France de ce trop long brigandage 1
Jules DELA FOSSE,
Député sortant,
Chevalier de la Légion d’honneur.