‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1906Chapitre 41 sur 280 · M. RIGA U · texte numérisé non relu

M. RIGA U

Élu au 1er tour de scrutin, — 12.623 voix.

Mes chers compatriotes,

Depuis de longues années Je suffrage universel accorde ses faveurs à des candidats soidisant amis du peuple, dont le plus clair passe-temps, une fois élus, consiste à se laisser vivre en parfaits indolents,

La question sociale et économique, pour ces députés férocement égoïstes, entre pour une part si minime dans le domaine de leurs préoccupations parlementaires que mieux vaut n'en pas parler,,.

Au fait, pourquoi s’intéresseraient-ils au développement des lois de solidarité humaine, pourquoi préconiseraient-ils Inorganisation d’une société plus maternelle, pourquoi enfin chercheraient-ils à faire aboutir les réformes économiques susceptibles de diminuer les charges du propriétaire -moyen, du commerçant surchargé d’impôts, du petit contribuable, ouvrier ou paysan ?

Pourvus, pour la plupart, de rentes honnêtes que viennent grossir encore les neuf mille francs de l’indemnité parlementaire, ces élus de la fortune ignorent les besoins, les aspb* rations de la démocratie du travail : de là cette indolence native qui préside à tous leur* actes parlementaires.

Le suffrage universel doit donc s’appliquer désormais à choisir ses représentants parmi les hommes qui ont conquis de toutes pièces leur place au soleil, si modeste soit-elle.

Fils de paysans montagnards, je suis fier de mes origines plébéiennes et viens vous dire ;

Je suis de ceux qui estiment que la République a définitivement terrassé le cléricalisme romain- et que l’heure a sonné de réaliser les réformes économiques et sociales après lesquelles aspire la démocratie laborieuse,

Dans cet ordre d’idées, voici les réformes qui seraient au premier plan de mes préoccupations si j’avais l’honneur d’ètre votre élu.

Dans l’ordre politique :

loutes les propositions de nature à amener la sincérité du vote vote public pour les élus ;

Le scrutin de liste ;

La suppression de Pin amovibilité de résidence pour les magistrats ;

La suppression des Conseils de guerre en temps de paix ;

Le désarmement simultané pour toutes les nations et la création d tm tribunal arbitral pour le règlement de tous les conflits internationaux ;

Toute les mesures tendant à amener la suppression du favoritisme dans les fonctions publiques.

Dans l’ordre économique et social r

L’impét global et progressif sur le revenu en remplacement des quatre contributions et des patentes ;

Les retraites ouvrières et paysannes ;

Développement des Caisses de prévoyance contre ïa mortalité du bétail ;

Larges subventions aux Comices agricoles ;

Création d’une école pratique de laiterie et d'enseignement agricole ouverte aux vachers et aux laboureurs désireux d’augmenter leurs connaissances professionnelles ;

Protection efficace du bétail cantalien par l’augmentation, si nécessaire, des droits de douane sur le bétail étranger ;

Création de nouveaux débouchés pour l’écoulement des produits de notre industrie laitière, tels que fromage, beurre de lait et de petit lait ;

Suppression totale des vingt-huit jours et des treize jours ;

Diminution des gros traitements ?

Diminution des frais de justice ;

Attribution à l’État des monopoles de fait tels que les chemins de fer et les mines ; rachat des chemins de fer, nationalisation des mines;

Liberté syndicale absolue, sans restriction, pour les fonctionnaires de l’État, instituteurs, cantonniers, facteurs, etc, ;

Relèvement des traitements des petits fonctionnaires ;

Défense énergique des revendications syndicales et professionnelles des ouvriers, des employés de chemins de fur, des professeurs, répétiteurs ou professeurs adjoints, des instituteurs laïques, des surveillants d’internat, des facteurs, des cantonniers, en résumé de tous les fonctionnaires digues de la sollicitude de la République ;

Extension de la juridiction dts Conseils de prud’hommes a tous les travailleurs, y compris les ouvriers agricoles.

En ce qui concerne plus particulièrement notre arrondissement, je consacrerai tous mes efforts à l’amélioration des moyens de transport et au développement du réseau de chemins de fer notamment dans les cantons de Montsalvy, Saint-Mamet, Saint-Gernin, Laroquebrou.

Électeurs,

Mon concours est entièrement acquis à la politique anticléricale du Ripe républicain dont la « Délégation des gauches » a été, an Parlement, Porganisme efficace et régulier.

Par contre notre doc bine et notre tactique raSicales et socialistes n’ont rien de commun avec l’action directe, la désertion des soldais et autres succédanés de Panarabisme*

J’approuve l’œuvre capitale de la législature qui vient de finir, notamment ;

L’application de la loi de 19GJL sur les associations, qui a elle-même abouti à la suppression de l’enseignement congréganiste ;

Le service militaire de deux ans ;

La loi sur P assis tance aux vieillards et aux invalides du travail ;

La séparation des Églises et de l’État ;

Enfin, la création de caisses de retraites ouvrières et paysannes.

Citoyens électeurs I

Convaincu que seule, cetle poliLique sociale peut, demain comme aujourd’hui, améliorer le sort des humbles et des déshérités* des travailleurs de la ville et des travailleurs des

champ s, je la soumets avec confiance au jugement de la démocratie républicaine et socialiste.

Votre choix n'est pas douteux : le 6 mai prochain sera, dans notre belle circonscription, un jour de triomphe pour la République laïque et sociale.

Vive la République du peuple! Vive la République sociale!

Félix RIG4L,

Instituteur en congé,

Candidat radical-socialiste*

Circonscription de MAURIAC,

M. Fernand BRUN.

Élu au 1er tour de scrutin. — 6,145 voix*

Chers concitoyens,

Depuis huit ans que j’aî Phonneur de vous représenter à la Chambre des Députés, je viens de nouveau solliciter vos suffrages, ne croyant pas avoir perdu la confiance dont vous m’avez investi à deux reprises, par de formidables majorités.

Je me félicite, en effet, d’avoir collaboré aux grandes œuvres de progrès politique et social que la majorité républicaine vient d’accomplir au cours de cette législature*

La séparation de l’Église et de FÉtat, que des événements imprévus avaient rendue inévitable, a mis un terme aux querelles continuelles qui surgissaient à tout instant, entre la République et le Vatican et condamnaient le Parlement à des agitations sans trêve, à la Stérilité. Ses dispositions à la fois fermes et libérales suffiront à garantir le pouvoir laïque contre toutes les nouvelles entreprises possibles du cléricalisme, en même temps qu’elles assureront à tous, la liberté de croyance et le libre exercice des cultes. Tous les gens de bonne foi la jugent acceptable pour les catholiques* Je m’opposerai, si je suis votre élu, à toute mesurejiouvelie qui serait de nature à l’aggraver ou à la détourner de son véritable but*

La réduction du service militaire à deux ans est aussi un fait accompli. Cette réforme, depuis si longtemps attendue, en instituant Légalité absolue de tous les enfants de France devant 1 impôt du sang, a eu pour résultat incontestable de rendre notre armée plus homogène et plus forte. Elle a ainsi contribué à renforcer encore notre défense nationale, que je ne consentirai jamais à laisser affaiblir ou désorganiser par des politiciens criminels ou imprévoyants.

La Chambre française s’est également honorée en votant les bis de solidarité sociale, telles que l’assistance obligatoire aux vieillards, infirmes et incurables qui vient d’entrer en application et cette institution colossale des retraites ouvrières et paysannes qui attend du Sénat sa consacration définitive et que le prolétariat devra à la conception humanitaire et à la ténacité de quelques esprits aussi élevés qu’indépendants,

La loi sur les justices de paix diminuera dans de notables proportions, les frais ruineux imposés jusqu’ici aux justiciables pour les plus petits procès et la réduction de la taxe postale, en facilitant les relations, contribuera à donner a notre commerce un nouvel essor*

La loi des patentes a été aussi votée, après bien des vicissitudes; la protection qu’elle assure aux petits commerçants, contre la concurrence envahissante des grands magasins, est encore bien insufflante ; il sera nécessaire de la compléter. Mais nous avons veillé, mes amis et moi, à ce que la règlementation nouvelle ne portât aucune atteinte aux intérêts de nos émigrants et marchand s- voyageurs, dont Fimeîligente initiative et la puissante activité sont pour notre pays une source intarissable de richesse et de prospérité.

Vos intérêts agricoles ont été énergiquement défendus et en élevant les droits de douane sur le bétail étranger, la loi Debussy, votée malgré l’opposition du Gouvernement, a institué, en faveur de notre élevage et de notre industrie fromagère, une protection efficace, dont les conséquences bienfaisantes, sont à l’heure actuelle, si heureusement appréciées de tous nos vaillants agriculteurs.

Je veillerai avec soin le maintien intégral de cetle législation tutélaire ; je m’efforcerai d’obtenir pour nos concours agricoles des subventions, au moins égales et supérieures, s’il est possible, à celles qui nous ont été jusqu’ici allouées; je ne laisserai pas déposséder de ses justes prérogatives rarrondissement* qui est resté le centre de l’élevage cantalien, le m’appliquerai aussi, comme par le passé, à développer parmi nous les œuvres de mutualité, de prévoyance et de crédit agricoles.

Vos législateurs pourraient être fiers de la grande tâche accomplie, si la réforme fiscale, qui est la plus essentielle, n’était restée en suspens.

Il n’a pas dépendu de moi que l’impôt général et progressif sur le revenu ne devînt une réalité. Secrétaire et rapporteur de la Commission de législation fiscale, j’ai conscience d’avoir, par mes travaux et par mes discours, fait tout mon devoir pour hâter la discussion et le vole de cette réforme capitale, qui est la clef de voûte de toutes les autres, qui seule peut procurer aux petits contribuables et à tous les travailleurs les dégrèvements attendus et à noire budget national l’élasticité nécessaire pour doter utilement les oeuvres d’assistance, de prévoyance et de solidarité qui sont l’honneur de notre régime républicain.

Ce sera Pce uvre de demain ; mais le but ne sera atteint que si notre démocratie labo» rieuse se montre plus soucieuse do choisir ses représentants, non parmi les bourgeois égoïstes, défenseurs attitrés du capitalisme, mais parmi ses véritables amis.

Partisan obstiné de la propriété individuelle, adversaire irréductible des utopies collée* tivistes, j’ai voté néanmoins en plusieurs circonstances, comme je voterai demain, le rachat des chemins de fer de l’Ouest et du Midi, voulant affirmer ainsi ma volonté constante de voir reprendre par l'État l’exploitation de nos grandes industries nationales telles que les chemins de fer et les mines, qui, au prix des plus durs labeurs, des plus terribles dangers et parfois des plus lamentables misères, imposés aux travailleurs,*procurent à des oisifs, véritables parasites sociaux, les plus scandaleuses fortunes.

Enfant du peuple, n’ayant jamais eu pour vivre que le produit de mon travail, je sais la protection que l’on doit au travail et je m’associerai, comme je Fai toujours fait, à toutes les mesures propres à assurer à l’ouvrier le repos normal et nécessaire, ainsi que l’hygiène et la sécurité.

Forte de tous les progrès accomplis sous son égide, la République doit poursuivre sa tâche vers un idéal toujours plus haut; mais elle n’a pas besoin pour se défendre, de consentir, au profit de coteries ou de sectes quelconques, le monopole de je ne sais quels procédés odieux de mouchardage et de délation, empruntés aux régimes déchus et que j'ai sévèrement condamnés.

Citoyens de l’arrondissement de Mauriac, *

Vous avez déjà prouvé, en maintes circonstances, que vous entendiez rester libres de votre choix, n’obéissant qu’à vos consciences, repoussant avec dédain les conseils et les avis que prétendent vous infliger des associations étrangères, ignorantes de vos sentiments, de vus intérêts et de vos besoins, de prétendus comités qui n’existent souvent que dans l’imagination des naïfs qui ont escompté leur estampille comme gage certain du succès.

C’est par un des vôtres que vous entendez être représentés.

Ce serai? vous faire injure que de douter de votre clairvoyance; elle n’aura pas de peine à percer h jour tes intrigues et a démasquer les pactes honteux qui unissent, dans une action commune, dans une complicité haineuse et jalouse, des hommes qui se réclament des doctrines les plus opposées.

Et dimanche prochain vous irez aux urnes, aux cris nulle fois répétés. :

L'Auvergne aux Auvergnats!1

A bas la réaction I

Vive la République !

Fernand BRUN,

Député" sortant,

Vice-président du Conseil général.

Avocat à la Cour-d^ppel de Paris.

Circonscription de MUHAT

M. BADjUEL

Elu a;u 1er tour, de scrutin, — 4 . 311 voix.

Mes. clmrs Concitoyens,

Devant la coalition de toutes les forces réactionnaires groupées autour de M. ie comte Stanislas de Caste liane, les démocrates sincères de notre pays ont estimé que le drapeau de [a République devait être remis entre mes mains.

Venus de tous les points de Parrondissement au congrès d'Allanche que présidait le sénateur Lintiîhac, assisté des trois députés républicains du département, ils vous demandèrent de m’accorder votre confiance et m'invitèrent à accepter la lourde tâche de défendre au Parlement vos intérêts méconnus depuis 1902.

Je%ds donc à la bataille, heureux et fier do me présenter sous de tels auspices, et sûr dp vaincre grâce à votre énergie et à votre bon sens. Mais je n’entrerai pas dans l’arène politique sans avoir rendu un public et légitimé hommage au uolde désintéressement de mon ami, le docteur Gabriel Pescljaud, qui, lui aussi, a bien voulu me juger digne de le remplacer au premier rang dans la lutte pour la République,

Enfant du pays, mêlé, dès mon enfance à vos joies et à vos peines, connaissant vos aspirations et vos besoins, qui furent ceux de nos parents, qui sont les nôtres et que je veux exposer à bon escient et soutenir avec conviction, je viens. donc* faire appel à vos suffrages, nÿ n par ambition, mais par devoir républicain.

Devenir votre député, c’est un grand honneur, certes, niais je veux surtout être lé défenseur indéfectible et ardent de votre cause, et, à côté de vos intérêts personnels et de ceux d e Larron diss errent, qui m e so n t s acre b , je n)’e fjfp r ce r#i de ré ai i s.e rr le s r^é formes, populaires qui paraissent les plus urgentes.

En tète de ces réformes, if faut placer Eimpûn sur le revenu, qui seul peut permettre dJen réaliser bon nombre d’autres ehque la prochaine Chambre a pour premier et inévitable devoir de vous donner.

Notre système fiseaf est' profondément- injuste-; l'argent en bourse, em titres ou en banque des capitalistes- ne paye qu’un impôt dérisoire; G’èsfr la- terre* toujours la terre* qui! les supporte presque tous; je voterai' donc la suppression- des contributions directes: fon-

cière, personnelle-mobilière, portes et fenêtres, patentes, et leur remplacement par un impôt global et progressif sur le revenu, sans mesures inquisitoriales ni vexa to ire 3.

Quand le Sénat rendra à la Chambre des Députés la loi sur les retraites ouvrières et paysannes, je m’efforcerai de lui resiïftW, si elle l’avait perdu, son sens le plus démocratique.

il n’est pas juste, en effet, que les fonctionnaires seuls jouissent d’une retraite. Les ouvriers des champs et’de l’atelier ont droit au pain de leurs vieux jours.

Respectueux de toutes les opinions religieuses et ennemi de l’in tolérance, j’estime que la loi de séparai ion doit être appliquée avec fermeté, mais justice, sans porter aucune atteinte au libre exercice des cultes,

La loi qui s éduira à quinze jours les périodes d’instruction militaire de vingt-huit jours trouvera en moi un défenseur résolu et je voterai la suppression des treize jours.

Une autre réforme d’ordre militaire me tient à cœur, c'est la suppression des conseils de guerre en temps de .paix; nous savons en effet qu’ils sont trop souvent sévères pour les soldats, mais indulgents parfois jusqu’à l’impunité pour les officiers.

Dans la nation armée qu’est la France, tout citoyen ètaut soldat devrait être jugé par des magistrats civils ; une justice égale pour tous sera le moyen d'avoir une année disciplinée,, forte et respectée, telle qu'il la faut à une grande nation comme la France.

Je serai partisan de la diminution des frais de justice et des droits dé mutation pour là transmission de la propriété rurale, ruineux pour les justiciables et contribuables, et delà révision du Code de procédure, dont le jargon est incompréhensible, et dont la plupart des articles, surannés, ne correspondent plus ni aux besoins, ni sux mœurs de notre époque.

Je veux la paix intérieure et, si c’est possible, éviter toute guerre pâf une politique étrangère à la fois ferme et pru lente, qui saura, par lo maintien de solides alliances, assigner à notre pays le rôle prépondérant qui lui convient.

Je veux la décentralisation des pouvoirs publics ; je voterai, sî la question vient h l’ordre du jour de la Chambre, la diminution des gros traitements et la suppression dès suvécutes et des fonctions inutiles.

Pour assurer la sincérité du vote et îa répression des fraudes et de là corruption électorales, je voterai le retour au scrutin de liste pour l’élection des députés. Ce mode de scrutin, en même temps qu’il assure l'indépendance des élus, est P ex press ion sincère de l’orientation politique du corps électoral.

Les oeuvres de prévoyance, d’assistance, de mutualité, tiendront la première place dans mes préoccupations, car elles contribueront mieux que toutes fes vaines formulés à éviter les conflits si regrettables du capital et du travail,

La mi-e à f’ étude des voies ferrées nouvelles intéressant notre arrondi sSemetit, telles que la ligne de Murat à Salers; le développement des industries de silice, si importante^, créées aux environs de Murat, trouveront en moi un zélé défenseur.

Représentant d’un pays agricole, je n’oublierai pas les tarifs douaniers qui, p *t urie sage protection, assureront l’écoulement de nos produits.

Tel est, dans ses grandes lignes, le programme de la prochaine ïégîstatûrè, et telle serait en particulier la tâche de votre député.

Si j’ai l’honneur d’être votre élu, j'aurai toujours ces engagements présents à Pesprd et au cœur.

Je suis un simple comme vous, aussi je vous dis sans phrase : je gérât digne de votre confiance.

Aux urnes,, le G mai, pour le candidat de la démocratie républicaine, pour lé candidat des ouvriers et des paysans.

Vite la République I

Ferdinand BABUEL, républicain râdîcâï, Candidat du parti républicain.

Circonscription de SAINT-FLOUR

Page 1