M. NICOLLE
Élu au 1er tour de scrutin. — 7.9Ê9 voix.
Me3 chers Concitoyens,
Nous allons, dans peu de jours, procéder à des élections législatives.
Soutenu et encouragé par de nombreux amis, je viens vous demander de porter de nouveau, dans la deuxième circonscription de Saintes, le drapeau de la République.
Je tiens, tout d'abord, à vous indiquer les priueipaux votes que j'ai émis dans le cours de mes deux années de présence à la Chambre des Députés.
J’ai voté :
1° La loi d'assistance aux vieillards et aux infirmes qui permettra souvent aux familles
grâce aux secours attribués, d'éviter l’hôpital à ceux de leurs membres que frappent l’âge ou la maladie incurable ;
2° La loi qui étend la compétence des juges de paix, ce qui donnera aux justiciables la faculté d’éviter des frais considérables de déplacement et de procédure ;
3? L’extension des warrants agricoles; bien comprise, l’utilisation des warrants donne
aux agriculteurs le moyen de se procurer l’argent nécessaire et d’attendre un moment plus favorable pour vendre leurs récoltes;
li° La loi réduisant de 15 à 10 centimes le port des lettres; grâce à cette loi, les correspondances entre les familles seront plus faciles et moins coûteuses;
5n Le rétablissement du privilège des bouilleurs de cru avec une disposition nouvelle qui permet de distiller librement, si on le désire, ou en acceptant un certain contrôle afin d’obtenir le certificat d’origine, moyen de donner une authenticité certaine à son produit.
J’ai voté aussi la loi sur la séparation des Églises et de l’État, loi rendue absolument nécessaire par l’intransigeance de la papauté.
Cette loi, du reste, n’est pas la loi de persécution que, dans un intérêt politique, voudraient faire croire nos adversaires.
C’est au contraire une loi libérale donnant à tous la liberté de conscience la plus absolue et permettant à chacun de pratiquer son culte aussi librement qu’il peut le désirer.
Les meilleurs catholiques, du reste, et les plus intelligents, tels que l’abbé Lemire, l'évêque de La Rochelle, MM. Cochin, Brunetière et autres, l’acceptent et y voient, dans l’avenir, une cause de grandeur et de prospérité pour la religion.
J’ai voté enfin la réduction de la durée du service militaire à deux années pour tou3.
Cette réduction, sans affaiblir notre armée, diminue, dans une large mesure, les charges qui pesaient sur les populations.
Je me suis associé aux députés qui demandaient qu’on raccourcît let périodes des vingt-huit et des treize jours, mais à, la condition qu’on ne portât pas atteinte à notre force défensive.
Il nous faut, en effet, une armée puissante et je suis absolument oppo é à ceux, de quelque côté qu'ils soient, qui recommandent l’indiscipline et la désobéissance.
Je me suis appliqué enfin, de toute mon énergie, à défendre les intérêts des communes de ma circonscription ; je crois donc avoir accompli mon devoir.
Si vous me faites Thon neur de me réélire, je ferai de même dans l’avenir et je m’associerai à ceux tle mes collègues qui chercheront à ménager les finances du pays et qui réclameront la suppression de l’initiative parlementaire en matière de finances.
Souvenez-vous que, grâce à ta prudence et à la fermeté des hommes d’État de la République, la France a conquis l’estime et l’amitié de la plupart des grandes puissances; vous avez pu le constater par les visites que presque tous les souverains de Europe sont venus rendre à nos présidents.
Souvenez-vous que cette République, si calomniée par nos adversaires, a procuré au pays trente-cinq années de la paix la plus profonde, ce qui ne s’était encore jamais vu en France, paix dont rien actuellement ne présage le terme.
Cette situation, souvenez- vous en, s’est encore améliorée à Àlgésiras où, soutenus par la plupart des gouvernements, nous avons pu triompher a notre honneur des résistances de l’ Allemagne*
Mes chers Concitoyens,
Il y a quelques mois, j’aurais pu, avec de grandes chances de succès, on me le disait de tous les points du département, me présenter au Sénat,
Je ne l’ai pas voulu.
J’ai tenu à demeurer fidèle aux électeurs de îa deuxième circonscription et à rester au milieu d’eux afin d’y lutter et d’y faire triompher ensemble, une fois encore, le drapeau de la République.
Et, maintenant, aux urnes, pas d’abstentions, et croyez, mes chers Concitoyens, à tout mon dévouement.*
G, INI COLLE,
Député sortant.
Circonscription de SAIN T- JE AN~D ANGÉLY .
M, RÉVEILLAUD.
Élu au lÉr tour de scrutin, — 10,748 voix.
Électeurs, chers concitoyens,
M’étant mis, selon ma promesse, en relations directes avec vous, et vous ayant convoqués tous pour vous rendre compte de mon mandat, je n’ai qu’à résumer brièvement ici les déclarations que j’ai portées dans toutes vos communes.
Comme je vous Fai dit de vive voix, j’ai pleine conscience d’avoir été, pendant la législature qui vient de s’achever, un député laborieux, un mandataire fidèle à tous mes engagements, un ferme et actif défenseur de vos intérêts généraux et particuliers.
Cette législature a été singulièrement réformatrice et féconde. Avec la majorité républicaine de gauche, dont je ne me suis jamais séparé, jTai voté et nous avons pu faire aboutir
ces lois de progrès, de liberté, de justice et de solidarité sociale qui répondaient aux aspirations et aux besoins du peuple, et qui ont obtenu tout d'abord l'assentiment de nos populations éclairées. Telles — pour ne mentionner que les plus importantes :
La loi sur la réduction du service militaire à deux ans ;
La loi sur la séparation des Églises et de l’État, qui, garantissant à chacun la pleine liberté de conscience et de culte, assure aux associations cultuelles l'usage gratuit des églises et, — par cette formalité des inventaires dont on a si faussement essayé de dénaturer le sens, — leur transmet l’entière et pleine possession des biens et des objets affectés au culte ;
La loi sur l’extension de ïa compétence des juges de paix, qui diminue pour l’ensemble des justiciables les frais et les dérangements de la procédure ;
La loi sur la détaxe des sucres, qui, en réduisant leur prix de moitié, a permis d’en généraliser l’usage dans l'alimentation populaire;
La loi sur la réduction du port des lettres ;
La loi sur les fraudes alimentaires, qui protégera le producteur et le commerçant honnête de nos contrées contre la concurrence déloyale des fabricants de ces margarines qu'on vendait sous le nom de beurres, ou de ces alcools d'industrie qu'on écoulaiL sous le nom usurpé de cognacs ;
La loi sur l'assistance des vieillards indigents ou infirmes, qui permettra d'hospitaliser dans leur famille les vieux travailleurs sans ressources qui en étaient réduits autrefois à mendier leur pain ou à solliciter une place, qui leur manquait souvent, dans les hospices municipaux.
Je ne mentionne que pour mémoire, dans cette énumération, des réformes qui, votées par la Chambre des Députés, sont encore en instance devant le Sénat, comme le projet sur les retraites ouvrières et paysannes, ou comme la réduction des périodes d'instruction pour les réservistes, de 21 à 15 jours, et pour les territoriaux, de 13 à 6 jours. J’espère que la prochaine législature verra s'achever sur ce point ce que celle-ci a commencé.
Je compte également que la prochaine Chambre saura mettre définitivement sur pied la réforme équitable de l'impôt par la suppression totale ou partielle do notre vieux système de contributions directes et son remplacement par une taxe sur le revenu.
Le principe en a été déjà adopté par la Chambre et j'ai, pour mon compte, toujours soutenu de mon vote, selon mes promesses, les projets de loi dans ce sens qui nous ont été apportés par le Gouvernement et qui n’ont échoué que par La coalition des mauvais vouloirs de certains avec les surenchères de certains autres.
J'ai, de même, selon mes engagements d’il y a quatre ans, proposé, avec quelques-uns de mes collègues, par un amendement à la ioi de finances, l’établissement de permis de chasse journaliers, selon le vœu de nos modestes chasseurs de campagne. Nous n'avons pas réuni la majorité pour notre proposition de loi, mais nous avons obtenu du Ministre de l'Agriculture, avec la reconnaissance que la loi de 1 Skh sur les permis de chasse ifest pas démocratique, la promesse de nous apporter dans la session prochaine une révision de cette loi sur la chasse. Réélu, je ne manquerai pas, s’il l'oublie, de lui rappeler sa promesse.
Avec mes collègues des Charcutes, j'ai lutté sans cesse pour revenir sur les effets fâcheux de cette malencontreuse loi des boissons votée par une majorité de coalition dans la précédente législature* Par la surtaxe excessive qu'elle avait imposée sur l'alcooî, cette loi avait amené ensuite, sous prétexte de répression de la fraude, la soumission de nos bouilleurs de cru à l'exercice obligatoire rie la régie; maïs nous avons enfin réussi, en ramenant à nos vues les députés du Midi, à obtenir de la majorité de la Chambre le rétablissement du privilège des bouilleurs de cru.
Nous aurons maintenant à tâcher d'obtenir de la prochaine Chambre la tax^ différentielle, c'est-à-dire la détaxe des eaux-de-vie naturelles, ainsi que le certificat d origine par régions, qui permettra à nos viticulteurs des Gharentes de luiter avec avantage contre la concurrence des alcools d’industrie du Nord et des trois-six des vins du Midi*
Parlerai- je de tout ce que j'ai demandé et obtenu dans l'intérêt de noiro arrondisse-
ment ; subsides ou subventions pour les communes et les écoles publiques, pour l’école primaire supérieure et pour riiospice de Saifet-Jeaû<TÀngéîy, pour les bureaux de poste, pour les bibliothèques communales et scolaires, pour les sociétés d’assurances mutuelles contre la mortalité du bétail, etc,? J’ai appuyé les justes demandes ou réclamations d’un très grand nombre de mes concitoyens. Et je puis me rendre ce témoignage que personne, parmi mes commettants, ne s’est jamais adressé à moi sans que j’aie tâché de lui faire avoir toutes les satisfactions qu’il a été en mon pouvoir d’obtenir.
Je suis intervenu à la tribune pour hâter îa construction du chemin de fer de Saint- Jean-d’Àngélv à Saujon. Je suis prêt â agir de même pour tout ce qui intéresse le réseau encore incomplet de nos voies ferrées.
Chers concitoyens.
Mes actes dans le passé vous sont un sûr garant de ma conduite à venir. Toute mon activité, tout mon dévouement vous sont acquis, et vous savez que le vieux démocrate que je m’honore d’être ne faillira jamais à ^on programme et à ses promesses.
Électeurs,
Vous avez à choisir, cette fois encore, entre deux politiques :
D’une part, la politique des réformes dans le sens du progrès, de la justice et de la solidarité, la politique de l'entente cordiale avec les puissances étrangères, qui nous a assuré depuis 35 ans le bienfait si précieux de la paix internationale* C’est celle de la République démocratique : c’est la mienne.
D’autre part, la politique des récriminations stériles, des vaines agitations, des provocations étourdies à la guerre étrangère ou aux discordes civiles ; des attaques mal fondées contre le crédit et la situation financière de la France; des appels à la peur, à l’ignorance ou au fanatisme. C'est la politique de l’éternelle réaction qui change de masque sans pouvoir changer de visage. C'est la politique de mou adversaire.
Entre ces deux politiques la grande majorité d’entre vous a déjà fait son choix. Votre nouveau verdict n’est pas douteux.
Le 6 mai prochain marquera une nouvelle et décisive victoire de la cause républicaine dans notre arrondisse ment.
Vive la République démocratique I
Eug, ÏÏÉVEILUUD,
Député sortant,
Candidat unique du parti républicain.