CHARENTE-INFÉRIEURE
Circonscription de JÛNZAG M. F. LÀRQWER
Élu au 1er tour de scrutin* — 10 .699 voix.
Chers Concitoyens,
En sollicitant pour la première fois vos suffrages, en 1902, je vous disais :
« J’entends défendre une République de progrès démocratique ;
« J'entends travailler à consolider votre prospérité, mise en péril par la loi néfaste des boissons 5
u J’entends assurer à notre arrondissement la part qui lui revient dans les bienfaits de l’État* n
Aujourd’hui, après quatre années de législature, c’est avec la conscience d'avoir tenu loyalement mes promesses que je viens de nouveau réclamer de vous l’honneur de représenter un arrondissement auquel m’attachent à la fois mes liens de famille, mes souvenirs d’enfance et mes intérêts d’homme*
Mes votes sont là pour vous rendre témoignage de la fidélité avec laquelle j'ai défendu, durant les quatre armées qui viennent de s’écouler, la République de progrès démocratique que je vous avais promis de défendre.
Je suis intervenu soixante-quatre fois par mes votes en faveur des bouilleurs de cru j
Membre de la Commission des boisions, j’ai coopéré de tout mon pouvoir et avec succès à la conclueion de l’alliance avec les députés viticulteurs du Midi, d’où est née la majorité — d’aujourd'hui et de demain — à l’union de laquelle nous devons enfin la restitution de notre privilège séculaire.
Les multiples subventions d’État — d'un total de près de ceutmille francs — accordées, sur mon intervention personnelle pressante, à de nombreuses communes, pour leurs écoles, leurs hospices ou leu rs églises et presbytères, sont là pour témoigner que pas un jour je n’ai perdu de vue les intérêts de notre arrondissement*
Parlerai-je après cela des lois d'ordre général au vote desquelles j’ai contribué?
La loi d’assistance obligatoire aux vieillards et aux infirmes, qui permet aux familles, en leur assurant une pension, d'éviter Phopitai à leurs proches qu’atteigoem l’âge ou l'irrémédiable maladie*
La toi sur le service de deux ans, qui, tout en assurant à la France une armée forte et une marine puissante, rend le service militaire effectivement obligatoire pour tous et moins lourd pour chacun.
L'allégement des périodes ' d’instruction militaîre? dans ce qu’il a do compatible avec le souci supérieur de la défense du pays*
La loi de séparation des Églises et de l’État, loi libérale, respectueuse à la fois des droits imprescriptibles de la conscience et des droits de ta nation, loi qui restitue aux seules autorités ecclésiastiques le privilège de nommer leurs dignitaires : Évêques, Curés, Pasteurs ou Rabbins, loi de dégrèvement qui, d'ici quelques années, aura réduit de 102 millions à 60 millions seulement l’impôt foncier sur la propriété non bâtie.
Mes chers Concitoyens,
Je me propose, si vous me renouvelez votre confiance, de Lire tons mes efforts pour que ces réformes soient, aussi rapidement que le permettront les nécessités budgétaires, complétées par le vote d’une loi sur les retraites ouvrières, assurant aux travailleurs agricoles et urbains des deux sexes, à Page de Pinvaliditê, la pension à laquelle a droit, eu démocratie, quiconque a travaillé en vue de la prospérité générale*
Cette loi devra, dans ma pensée, avoir pour préface indispensable la réforme totale de notre système d’impôts, et, pour corollaire, la formule : Pas dé chargés nouvelles pour la propriété.
La simplification de notre organisation administrative, la réduction des gros traitements et des frais de perception des taxes d'ordre divers, Famé1 io ration dn sort des humbles, à quelque profession qu’ils appartiennent, le maintien des bis qui garantissent fin tangibilité des biens acquis — du travail économisé — la création d*uo bien de famille incessible et insaisissable, Fextension des lois de solidarité et de mutualité, trouveront également en votre député un défenseur ardent, énergique et convaincu*
Mon programme économique et politique peut, aujourd’hui comme il y quatre ans, se résumer eu ees mots :
Ni réaction, ni révolution!
Évolution à la fois constante et sage, respectueuse de tous les droits, dans le sens du progrès ï
Électeurs,
Que vous dirais-je de plus?
Saiütongeais, propriétaire-viticulteur, bouilleur de cru, dont b famille est établie parmi ^ous depuis trois siècles, je continuerai a défendre de toutes mes forces vos intérêts qui sont les miens, non pas seulement en temps die période électorale, mais depuis longtemps et pour toujours !
C'est ïà une garantie dont la portée ne saurait vous échapper*
Vive l’arrondissement de Jouzacf Vivo la république l
Ferdinand LARQUIER,
Docteur en droit,
Propriétaire-Viticulteur, Maire de Saint-Siuipn-dç-Bordes, Député républicain sortant*
Circonscription de MARENNES M. TORCHAT
Élu au f tour de scrutin, — 8,223 voix.
Mes chers Concitoyens,
Il y a trois ans, lorsque j'ai eu l'honneur de solliciter vos suffrages, j’avais, comme aujourd’hui, trois concurrents : vous m’avez élu au premier tour de scrutin.
Conformément aux engagements que je prenais alors, j’ai souvent rendu compte du mandat que vous m’avez confié et j’ai trouvé dans toutes mes réunions de nombreux témoignages de vive sympathie. Le programme politique, économique et social du parti républicain, dont je suis le représentant, a recueilli partout les plus chaudes adhésions, et l'œuvre féconde accomplie par le Parlement dans la législature qui prend fin a rallié les suffrages de notre démocratie.
Ce serait une injure pour l’arrondissement de Marennes qui déjà, ea 1863, sous FEmpire, s’est donné de plein cœur à la République, d’escompter une défaillance de sa part et * de croire qu’il peut faillir à son passé*
Fai soutenu, à la tribune et par mes votes, les intérêts des travailleurs des champs, de Pusine et de la mer.
À vous maintenant de dire si j’ai démérité,
Jo mettrai à profit, pour la défense des intérêts de notre arrondissement, l’expérience des affaires publiques et parlementaires que j’ai pu acquérir pendant ces trois dernières années*
Partisan déterminé de Inapplication intégrale des lois votées par la République, je considère qu’après Père des grandes réformes politiques, le moment est venu de consacrer tous nos efforts aux réformes économiques 'ît sociales dont l’idée est inséparable de la solidité do nos institutions populaires et de la grandeur de la patrie française.
Le parti républicain défend un idéal de justice et de solidarité sociales : nous ne poursuivons qu’un but, le développement et le triomphe des idées de liberté, d’égalité et de fraternité que la Franco contemporaine a recueillies de la glorieuse tradition de la Révolution française.
Je condamne avec énergie les théories antipatriotiques de certains politiciens en rébellion ouverte contre la société et je veux la patrie grande pour la paix, et l’armée respectée, mais fidèle à ses devoirs et obéissante aux lois,
Avec leur clair bon sens, nos populations sauront bien discerner où sont la sincérité et la probité politiques, et feront prompte justice de toutes les habiletés et toutes les équivoques.
C’est à une œuvre d’économie, de prospérité et d’émancipation matérielle et morale que je yeux consacrer mes efforts pour réaliser l’idéal de paix, de progrès, de solidarité et de justice que poursuit le parti républicain*
Vive la République!
Charles TORCHUT,
Député sortant*
Circonscription de ROGHEFORT, M. BR AUD.
M es chers Concitoyens,
Dans quelques jours, le suffrage universel va nommer ses représentants à la Chambre des Députés.
Fort du devoir accompli, je viens, pour la cinquième fois, vous demander le renouvellement de mon mandat.
En me représentant à vos suffrages, je suis certain de retrouver auprès de vous l’accueil sympathique auquel vous m’avez habitué, car je n’ai cessé de consacrer tout mon temps, toutes mes forces à la défense de vos intérêts.
Sincèrement attaché à mes principes, je suis resté fidèle au drapeau du parti radical et, malgré les périodes critiques qu’il m’a fallu traverser, vous me rendrez cette justice que je n’ai jamais dévié de la ligne de conduite que je me suis tracée en entrant, dans la vie publique.
3e suis ce que j’ai toujours été : un républicain convaincu, adversaire irréductible des compromissions louches et dangereuses; un partisan résolu de Tordre et de la liberté; un défenseur ardent de la République, dont la destinée est intimement liée à la prospérité et à la grandeur de la patrie,
Du reste, vous connaissez mon passé, je pense que vous le considérerez comme une garantie suffisante pour l’avenir. Je n’al donc pas à vous faire une longue profession de foi, mon programme étant ie vôtre, puisque vous l’avez appuyé à plusieurs reprises.
Si vous me conservez votre confiance, vous pouvez être assurés que je ne faillirai pas à mon devoir et que je continuerai à lutter avec énergie pour hâter la solution des réformes économiques, financières, administratives, agricoles, viticoles, commerciales et mari Limes, qui intéressent à un si haut point notre région, et dont la réalisation, tout en apportant le bien-être aux populations des villes et des campagnes, si éprouvées depuis longtemps déjà, amènera ie triomphe définitif de nos institutions, toujours menacées par les ennemis irréconciliables de la République démocratique.
Je continuerai également à pratiquer une politique d'union et de défense républicaines, seule capable de donner de prompts et féconds résultats. L'expérience de cette dernière r législature me dispensé d’insister sur l’efficacité du système, puisque nous lui devons :
L’assistance aux vieillards, l’extension de la compétence des juges de paix, la nouvelle loi militaire, la loi sur les bureaux de placement, la loi sur les associations, la loi contre l’enseignement congréganiste, la loi enlevant le monopole des inhumations aux fabriques* la loi sur la marine marchande, la loi sur les inscrits maritimes, la loi sur les accidents, enfin la loi sur la séparation des Églises et de l’État, pour ne parier que des plus Importantes.
Est-il besoin d'ajouter que cette union du parti républicain est nécessaire plus que jamais, si on veut doter enfin le pays d’autres réformes promises depuis si longtemps et si impatiemment attendues par la démocratie, et qu’il serait trop long d’énumérer, mais qui font partie du vieux programme républicain auquel un mandataire fidèle et consciencieux ne saurait se soustraire?
Partisan de la marche en avant, ordonnée, mais constante; ouvert à toutes les idées de progrès et de justice sociales; désireux d’assurer la suprématie du pouvoir civil et convaincu de la nécessité d’une politique de paix à l’intérieur comme à l’extérieur, j’apporterai toujours mon concoure loyal et dévoué aux Gouvernements républicains soucieux de conserver de bonnes relations avec les puissances étrangères et animés du désir de poursuivre la réalisation des réformes dans le but d’accroître la liberté de chaque citoyen, en donnant aux humbles de nouveaux moyens d’action légitime pour pouvoir lutter moins péniblement contre les nécessités toujours grandissantes de la vie.
Mes chers Concitoyens,
La situation actuelle est sérieuse pour la France, car tous les partis rétrogrades coalisés rêvent le renversement de no3 institutions.
L’équivoque créée par les cléricaux à propos des inventaires dans les églises, et exploitée habilement par l’Action dite libérale, ne cache pas d’autre dessein que de restaurer une monarchie ou une dictature, et les membres de cette nouvelle ligue ne reculeraient même pas devant la guerre civile pour mettre la main sur le Gouvernement.
Républicains,
Il vous appartient de déjouer cette odieuse manœuvre des pêcheurs en eau trouble.
Unissez-vous étroitement pour faire face à l’assaut désespéré de la réaction.
Opposez le bloc républicain au bloc clérical composé de tous les débris des vieux partis déchus, incapables, par la dissemblance de leurs aspirations, d’accomplir autre chose qu’une œuvre de-gâchis et de ruine. En agissant ainsi, vous aurez bien mérité de la patrie et de la République.
La victoire est à ce prix.
Citoyens,
Je vous ai parlé avec une entière franchise, comme un honnête homme doit le faire.
Le temps n’est plus aux discours, aux promesses, mais aux actes.
Vous jugerez les miens en toute connaissance de cause.
J’accomplis mon devoir en sollicitant de nouveau vos suffrages. A vous de faire le vôtre, en votant en masse pour le porte-drapeau du parti radical dont la longue carrière politique est exempte de tome défaillance.
Aux urnes ! Pas d’abstentions î
Vive la République démocratique!
Ernest BRAUD,
Chevalier de la Légion d’honneur, officier d’académie, Député sortant, ancien maire de Rochefort, conseiller général de la Charente-Inférieure, président d'honneur de la Société d’encouragement à l’agri culture.
Je me présente à vous, seul, sans autre appui que celui de la communauté de nos intérêts matériels immédiats compromis ou menacés, comme un homme libre et fier de son indépendance qui vient demander aux hommes libres leurs libres suffrages* C’est vous dire que je ne me fais pas d’illusions sur la difficulté de ma tache.
Je vous dois un programme politique eféopnomique. Le voici :
Au point de vue politique :•
Mon programme ne sera ni ministériel ni antimmistériel; il sera avant îou! républicain et démocratique. — « Tout pour le peuple et par le peuple ».
Profondément imbu et épris des immortels principes de 1789, je mets en première ligne Instruction large et gratuite du peuple, la société ne devant négliger aucune intelligence, Instruire le peuple, c’est le rendre clair voyant, indépendant, fibre et riche.
J’estime en outre que Renseignement national doit être laïque à ions b s degrés, dans son personnel, dans ses méthodes, dans ses programmes. Cependant, je ne me crois pas le droit de refuser à ceux qui ne pratiquent pas mes sentiments) la liberté d'instruire nu de s'instruire à leur gré, à la condition absolue que cet enseignement privé sera lui-même laïque et soumis à ta loi commune sous le vigilant contrôle de l’État.
J’accepte et f approuve la séparation des Églises et de l’État. Je l’accepte, parce que j’envisage cette loi comme une loi de liberté qui permettra a chacun d'exercer à sa guise sa religion préférée; je l’approuve enfin, parce que je ne vois dans son vote qu'une consSquen.ee inévitable de l’évolution irrésistible des idées.
Aussi je ne doute pas que tous les Français réellement indépendants, soucieux de leur tranquillité et fidèles observateurs de la loi s’inclineront devant le fait accompli et considéreront cette séparation comme une œuvre de prudence qui nous délivrera à jamais do nombreuses causes de querelles intestines et peut-être de conflits extérieurs.
Puissent ceux qui ont intérêt k combattre momentanément cette loi delà séparation comprendre que les guerres de religion soûl finies et reconnaître qu’ils ne peuvent, par leurs violences, que lasser le pays*
La société civile ainsi sauvegardée, ce sera vers les institutions démocratiques toujours en progrès que je porterai mon attention et mon activité.
Je chercherai toujours à favoriser :
1° L'union de ces deux forces opposées qu’on appelle le capital et le travail, on demandant au capital toujours plus de bonté et moins d’égoïsme, et au travail toujours plus de reconnaissance et moins de défiance ;
2° La formation de ces grandes associations du travail ou syndicats ouvriers qui, a l’instar des Trade-Unions anglais, traitent de pair avec les syndicats patronaux pour fixer en commun les salaires, les heures de travail, le repos hebdomadaire et pour lutter, encore et toujours en commun, contre toutes les misères inéluctables de l’ouvrier : le chômage, les accidents, les maladies, la vieillesse;
3° Le développement de ees grandes institutions d'épargne et de prévoyance, d'assis- ' tance et de mutualité qui* sous le contrôle et avec le concours de l'État, du patron et de l’ouvrier, donneront cette retraite tant attendue (aussi minime qu'elle sera) à tout ouvrier de la ville et de la campagne désireux de s'assurer une vieillesse tranquille, et apporteront le pain de chaque jour aux imprévoyants de Favenir et aux déshérités de la fortune, désarmés physiques et intellectuels,
rapporterai également tous mes Foins à diminuer nos impôts et à les répartir d’une façon plus équitable :
1° En supprimant l’initiative parlementaire en matière de dépenses publiques;
2Q En décentralisant une administration surannée et en la mettant en harmonie avec les changements opérés par les conquêtes de la science et la rapidité des communications ; suppression de toutes les sous-préfectures et de quelques préfectures véritablement trop petites, avec tous leurs services afférents;
3Ü. En réduisant le nombre fantastique clés fonctionnaires dont le coût actuel s'élève à près d’un milliard ;
k° En réorganisant la magistrature, elle aussi trop nombreuse, et en rendant cette magistrature plus indépendante grâce à des traitements fixes qui la dégageront, par une quasi-inamovibilité, de l'oppression du pouvoir et des partis politiques;
En diminuant les frais de justice encore trop onéreux pour les petits (ventes judiciaires et ventes des biens de mineure) ;
6° En surveillant toutes les causes de gaspillages qui peuvent se rencontrer dans un budget de quatre milliards et notamment dans ces deux grosses sources de dépensés : la guerre et la marine ;
7U En mettant plus d’équilibre entre la fortune acquise et la fortune en formation; en imposant davantage 1 s valeurs mobilières et au besoin en augmentant le taux des successions collatérales;
8° En favorisant enfin fe retour à' la terre et en empêchant l’exode des campagnes vers la vide
ü. — Par la réduction h 1 0/fi au lieu de 4,30 0/0 du revenu net imposable de l’impôt foncier aclutd ;
b. — Püt \ abaissement des droits d'enregistrement sur les ventes des Liens ruraux, droits qui, à 7 0/0, sont exorbitants vis-à-vis des transactions des valeurs mobilières;
c. Par une répartition plus équitable de P impôt foncier, grâce à la révision complète du cadastre, dont le revenu a été évalué il y a plus de soixante ans;
d* — Par L'établissement, à une époque indéterminée, mais fatale, vu la nécessité et la difficulté de la tâche, de Pim pot personnel, global et progressif, seul impôt qui puisse répondre a la formule démocratique bien connue : « Les citoyens devront contribuer proportionnellement à leurs facultés, »
9& Enfin, en empêchant cette foule do députés — 586 — élus au scrutin d’ arrondissement, de sacrifier tes intérêts de la France à des intérêts du clocher, par le vote du scrutin de liste et de la i ep résema üon proportionnelle s un député par 100,000 habitants ou 30.000 électeurs, et non par 3,400 comme à Barcelonnette.
An point de vue économique :
M'inspirant de cette idée qu’un peuple vit surtout d’affaires, et ne voulant pas leurrer ce peuple avec dos promesses mensongères de réformes illusoires, toujours à l'étude et jamais , accomplies, j’emploierai toute mon énergie à donner le plus grahd essor à ces quatre grands la teurs de La grandeur économique de mon pays et de mon arrondissement: l'agriculture, la viticulture, le commerce et l'industrie.
Propriétaire-viticulteur à Clavette et à Chat* latilon, où je possède un vignoble important, ne et vivant au milieu des populations rurales, j’ai les memes besoins que vuus et je souffre des mêmes maux, C’est vous assurer que mes intérêts sont les vôtres et que :
En agriculture :
Je demanderai sans cesse l'application définitive et complète de la loi sur les fraudes gui nous ruinent plus sûrement que tous les fléaux;
Je demanderai sans cesse la constitution des Chambres consultatives d'agriculture, à fiinstar des Chambres de commerce, en même temps que l'admission des principaux agri* culteurs de France dans le sein des commissions extraparlementaires qui auront à discuter des lois agricoles ;
Je demanderai sans cesse la formation de Caisses de crédit agricole toujours plus nombreuses, et surtout 1 organisation de Coopératives agricoles de production subventionnées par l’État, grâce à des avances à long terme et à petit intérêt (2 0/0, et 25 ans), permettant aux agriculteurs de lutter avantageusement et à armes égales conire la spéculation outrancière qui nous ruine chaque jour en faussant la loi de l’offre et de la demande, et, à ce sujet, je suis partisan absolu de la suppression de la Bourse du commerce;
Je réclamerai enfin l'établissement du Homestead ou Bien de famille, insaisissable et inaliénable, dont j ai déjà déposé le vœu au Conseil général au mois d'août dernier, vœu dont l'application permettra aux familles nombreuses et malheureuses de mettre le nid familial à l'abri des vautours de la procédure.
En viticulture :
Je demanderai au Gouvernement plus de stabilité dans nos lois et plus d'aide effective dans nos revendications légitimes, par des traités de commerce bien compris et surtout par des règlements d'administration offrant plus de clarté, d'impartialité et de loyauté.
Je réclamerai, comme je l'ai déjà fait au Conseil général, la loi sur les ïraudes et sophistications et, pour nous, Cbarentais, l'authentification absolue de nos eaux-de-vie naturelles et la reconnaissance formelle par l'étranger de notre marque Cognac, grâce à la garantie d'authenticité donnée par l'État à nos produits au moment de leur distillation, grâce surtout à la séparation complète et absolue (c'est-à-dire avec chais distincts et comptes distincts, projet de réforme que j'ai déposé au Conseil général en 1902) des acquits blancs et des acquits rouges ; les ^acquits blancs étant réservés exclusivement aux eaux-de-vie naturelles avec certificat d'origine.
Il y aurait, avec de telles mesures, la certitude de relever la viticulture charenîaise si éprouvée. Ce serait le seul moyen de dégager nos vins inférieurs du marché de la consommation et de retrouver, dans ta distillation et la vente de nos admirables eaux-de-vie, la prospérité dont nous ne connaissons plus que le nom.
En commerce et en industrie ;
Je n'oublierai pas que nos côtes et celles de nos lies possèdent de petits ports dont il faut augmenter le trafic par des améliorations continues dans les voies d'accès, ainsi que par l'appropriation des cultures du sol et la vente de denrées destinées à l'exportation.
Je n'oublierai pas surtout notre grand port de La Pallice, ce merveilleux instrument de travail, si heureusement placé en eau profonde, en plein Océan et. en face Genève, comme tête de ligne de toutes les transactions du confinent et d'outre-mer, et dont il faut, coûte que coûte, accroître la puissance par le développement de son outillage et par l'organisation d’un fret de retour, si les Bochelais ne veulent pas se voir supplanter pour toujours par les ports de Nantes et de Saini-Nazaire, tributaires reconnaissants de la Compagnie d’Orléans.
Je n'oublierai pas non plus toute cette population côtière si intéressan te et si travailleuse ('bouchoïeurs, ostréiculteurs, sauniers, [ ècheurs, marins et pilotes) qui, eux aussi, comme leurs camarades de la terre ferme, ont à souffrir durement de la concurrence et de la mévente. Aussi soutiendrai-je énergiquement les intérêts salicoles de l’î]e de Ré contre les empiètements des salines de l'Est et réclamer ai-je Bonification des retraites des marins.
Quant au chemin de fer côtier dont on parle tant et dont le projet n'aboutit jamais, là, comme ailleurs (le prolongement de Ferrières à La Rochelle), les jalons et les promesses ne suffiront pas ; il faudra plus que des paroles, i! faudra des actes.
Les électeurs peuvent compter sur ma vigilance et sur ma ténacité habituelles.
Pour terminer enfin, je dis aux petits et aux humbles de ïa vide et de la campagne que je ne cesserai pas de m’intéresser à leur sort et que je les seconderai toujours de toutes mes forces.
Partisan de la diminution des patentes, dont le taux formidable actuel üniraii par rendre tout commerce impossible, je voterai l’augmentation parallèle des patentes de ces immenses bazars qui ruinent le petit commerce, sans aucun prolit pour le pro lucteur et pour le consommateur.
Je volerai également ïa suppression des octrois qui grèvent si lourdement le budget • * des famiîles ouvrières nombreuses, dont l'existence devient de jour en jour plus onéreuse et plus précaire.
J'o^e espérer que, là, c ^mme ailleurs, la bourgeoisie capitaliste voudra bien s- incliner vers le travailleur et lui tendre une main sccourable*
Mes chers concitoyens,
Si vous me faites T honneur de m’envoyer au Parlement, vous trouverez toujours en tnoi un représentant bienveillant, actif et dévoué.
Ma politique sera une politique d'ordre à l'intérieur, de paix à l’extérieur, avec une armée et une marine fortes et- respectées, éloignées de nos luttes quelque peu fratricides.
Ce sera aussi une politique û 'économies et d’affaires où les intérêts de chacun seront scrupuleusement étudiés et vigoureusement défendus.
Partisan convaincu de la propriété individuelle et ennemi résolu des utopies collectivistes et antimilitaristes, je serai toujours pour la conciliation et la concorde entre républicains de gauche, à quelque parti qu'ils appartiennent, estimant qu’il y a, dans cette union féconde, les éléments de ministères analogues à celui d'aujourd’hui, qui nous donneront loyalement, sans aucune arrière-pensée, toujours plus de bien-être et toujours plus de lioertè, pour la prospérité et la grandeur de la France et de la République.
Vive la République !
Veuillez recevoir. Messieurs les électeurs et chers concitoyens, l'expression de mon entier dévouement.
Docteur Maurice ROY,
Conseiller général de La Jarrie,
PropriétaS re-viticu S te o r ,
Membre de la Société des Viticulteurs de France, Président de la Délégation cantonale de La Jarrie, Administrateur de l’Union fédérale, et de la Caisse des Agriculteurs,
1" Circonscription de SAINTES M. 0. LAURAINE
Élu au Ie' tour de scrutin. — 8.180 voix.
Mes chers concitoyens,
Depuis huit ans que j’ai l’honneur de vous représenter à la Chambre des Députés, j’ai conscience d’avoir fidèlement suivi en toutes circonstances le programme politique, économique et social sur lequel vous m’avez élu.
J’ai défendu vos intérêts avec une énergie soutenue, et souvent le succès est venu couronner mes efforts. Les lois et les amendements aux lois que j’ai proposés, rapportés, défendus à la tribune et finalement fait voter, sont nombreux et importants; ils touchent à des branches diverses de notre organisation économique et sociale et de notre législation générale. Les .principaux constituent de précieuses améliorations au régime de la production et du commerce cbarentais et devaient nécessairement aboutir à la situation avantageuse actuellement faite aux bouilleurs de cru.
Membre de la Commission du budget, des Commissions des textiles, des pensions civiles; vice-président de la Commission permanente de législation et de réforme judiciaire, vice-président de la Commission permanente des réformes fiscales, rapporteur général de la Commission des boissons, membre de plusieurs Commissions extra-parlementaires et du Comité consultatif des chemins de fer, j’ai trouvé amplement matière à utiliser mon activité. Mes collègues de la Chambre ont bien voulu, à diverses reprises, me prouver que mes efforts étaient appréciés. Par trois fois, — et aussi longtemps que le règlement ie permettait, — j’ai été élu secrétaire de la Chambre des Députés par des majorités toujours croissantes.
Dans une législature qui, depuis trente-cinq ans, aura été de toutes la plus féconde en réformes, j’ai apporté ma pierre à l’édifice, modestement, mais courageusement, en bon ouvrier qui ne craint pas sa peine.
La confiance du Gouvernement de la République m’a appelé à prendre part aux négociations en vue d’un arrangement commercial avec la nation amie et alliée, l'ai été assez heureux pour voir aboutir nos longues conférences de Saint-Pétersbourg. Le traité ouvre le grand marché russe à nos eaux-de-vie en leur assurant une réduction de droits de 46 0/0,
Je suis également chargé de prendre part aux négociations engagées avec le gouvernement helvétique en vue d’une convention commerciale. Ces négociations, déjà fort longues, se termineront bientôt, j’en ai la conviction, par un accord favorable à la production et au commerce des deux pays.
G est moins sur des déclarations qtie sur des actes que Ton peut juger un député sortant.
Mon vote a été acquis et restera acquis à toutes les réformes constituant un progrès économique ou social, if serait puéril de s'attarder à établir une nomenclature des réformes de l'avenir*
J entends ne rester systématiquement sourd à aucune proposition ; je ne repousserai aucune de celles qui seront réalisables, si elles tendent à améliorer le sort des humbles.
Je ne changerai pas la règle de ma conduites qui a toujours été de défendre la politique des économies et de m'opposer à tout emprunt nouveau*
La réforme de notre système d’impôt foncier, longuement étudiée dans cette législature, aboutira, je l'espère, dans la prochaine et apportera dans la répartition des charges plus d’équité et plus de justice.
Mes chers concitoyens,
Au point de vue politique, je me suis conduit en républicain, défenseur discipliné de la République démocratique, laïque et réformatrice, en patriote sincère, décidé à imposer à tous la discipline et le respect des lois,
rappar liens depuis huit années au groupe de la ganche radicale, À l’unanimité des votants, mes collègues de ce groupe m’ont donné mandat de les représenter à la délégation des gauches* A la même unanimité, ils m’ont êln leur vice-président en même temps qu’ils acclamaient M. Henri Brisson à la présidence, en remplacement de M, Sarrien, devenu président du Conseil des Ministres,
Les adversaires de la démocratie s’efforcent, par une campagne de sophismes et de calomnies, de troubler vos consciences. Prenant pour prétexte la séparation des Églises et de l’État, que leurs agissements ont rendue necessaire, ils viennent, avec la plus évidente mauvaise foi, porter la lutte sur le terrain religieux. Je suis un défenseur convaincu delà liberté de conscience et je suis profondément respectueux de toutes les croyances et de tous les dogmes loyalement pratiqués ; mais je suis l’adversaire irréductible de ces menées cléricales odieuses qui tendent en ce moment à exploiter la crédulité publique et à pousser le fanatisme jusqu’à l’insurrection et à la guerre civile*
L’Action libérale dite populaire, digne héritière du nationalisme, englobe tous les débris des anciens partis sous la bannière du cléricalisme et, dans un suprême effort, elle espère préparer les voies à l’avènement du royl
G’est en vain que ces représentants prennent des masques et se réfugient dans des artifices de langage* La lutte est engagée entre les Droits de l’homme et le Syllabus* La question est bien posée : yous serez pour ou contre la République.
Vous choisirez entre le régime démocratique et le gouvernement du roy et des curés, entre la défense sérieuse et utile de vos intérêts et l’agitation stérile des commis-voyageurs en politique.
Lu République est un patrimoine commun que tous les républicains, de quelque nuance qu’ils soient, doivent revendiquer. Ils doivent s’unir non pas seulement pour combattre l’ennemi commun, mais pour assurer la réalisation des réformes économiques et sociales encore attendues par le pays et pour continuer les traditions glorieuses d’indépendance et do laïcité de l’État, de justice, de liberté et û!humanité de la Révolution française.
Au bloc de toutes les réactions, vous opposerez le bloc de la démocratie.
Tous aux urnes, pas d’abstentions !
Vive la République démocratique!
Octave LAURAINE,
Député sortant.
Proprietaire viticulteur,
Avocat,
Docteur eu droit,
2e Circonscription de SAINTES.