M- ROUI1Y
Élu au premier tour de scrutin. — 8M2 voix.
Chers Concitoyens,
J’ai l’honneur de solliciter le renouvellement du mandat que vous m’aviez confié, il y a quatre ans, car j’ai conscience de l'avoir fidèlement rempli et d’avoir soutenu sans défaillance
les intérêts du pays et de la démocratie. ,
Deux événements de la plus haute importance ont marqué la législature qui, vient de,
prendre fin. , . ...
C’est, tout d’abord, le vote d’une loi essentiellement égalitaire qui, réduisant a son
maximum de durée le service militaire, l’impose sans exception, et dans les mêmes conditions, à tous les jeunes gens en état de porter les armes.
D’au ire part, le Parlement a mis fin au conflit perpétuel qui agitait constamment les Églises et l’État, en brisant les liens qui les unissaient et constituaient un obstacle à leur
mutuelle indépendance. . ,
Ceite rupture qu’à défaut d’autre considération, le sentiment de notre dignité nationale a rendue nécessaire, ne s’est pas accomplie sans soulever les protestations des adversaires de nos institutions. Escomptant la crédulité publique, ils crient à la persécution, à la spoliation et nous accusent de porter atteinte à la liberté religieuse. U n’en est rien ; si, désor-
mais, le clergé est, comme couscous, placé sous le régime du droit commun, les églises restent ouvertes comme par le passé et les croyants continueront à pratiquer leur culte avec les mêmes facilités qu’autrefois,
L’État avait le droit de transmettre en totalité aux associations cultuelles les objets mobiliers qui ornent les édifices religieux ; c'est dans cet esprit qu’il a fait procéder à leur inventaire. Cette opération, dont la portée a été volontairement dénaturée, a donné lieu à des incidents imprévus et profondément regrettables, dont la responsabilité retombera tout entière sur les hommes de mauvaise loi qui, dans un but inavouable, n’ont pas hésité à les provoquer. Elle n’a fait aucune impression sur l’esprit de nos populations corrèziennes, si attachées au Gouvernement de la République, et qui lui *ont reconnaissantes des efforts qu’il fait pour assurer la prospérité agricole, industrielle et commerciale.
J’ai adhéré à ces réformes, et j’ai sanctionné de mon vote toutes les mesures qui ont pour but et pour résultat de donner une impulsion plus vive à notre agriculture, et de !a protéger aussi efficacement que possible contre la concurrence étrangère.
Dans un ordre d’idées plus spécial, l’avenir de notre manufacture d’armes a été l’objet de mes constantes préoccupations^ j’ai’ lutté sans relâche pour augmenter son développement, assurer du travail à nos ouvriers et améliorer leur sort.
Le temps nous a manqué pour mener à bonnes fins les rêf-rmes que nos travailleur b de la terre et de l1 usine attendent avec une légitime impatience, la loi sur les retraites paysannes et ouvrières. Elle est actuellement soumise aux délibérations du Sénat, qui aura à cœur de donner satisfaction au prolétariat des campagnes et des villes.
Des pensions sont déjà assurées, à partir du 1er janvier 1907, aux vieillards, infirmes, incurables et indigents, el les déshérités. de la fortune ne seront plus dans l’obligation de faire appel à la charité publique.
L’heure va bientôt venir pour la République, qui a allégé et réparti également l’impôt du sang, de remanier notre vieux système financier, et de faire contribuer tous les citoyens aux charges publiques proportionnellement à leurs ressources et à leurs facultés par l’établissement de l’impôt sur le revenu.
C’est à cette œuvre que seront conviés vos nouveaux mandataires, et si, comme je l’espère, vous voulez bien me renouveler vos suffrages, je m’appliquerai de toutes mes forces à la faire aboutir.
Point n’est besoin de dire que vous me trouverez, dans l’avenir comme dans le passé, profondément attaché aux idées de progrès démocratique et social et fermement dévoué à vos intérêts.
Vive la République 1
Dr H. RQÜBY,
Républicain radical,
Maire de Lapleau, membre du Conseil général, Député sortant.
2e Circonscription de TULLE,
M. TÀVÉ,
Élu au lflï tour de scrutin. — 11487 voix.
^Par 10,365 voix vous m'avez nommé votre député, il y a quatre ans, et à cette éclatante manifesta Lion se sont ajoutés, depuis, des témoignages nouveaux et nombreux de sympa* thies et d’ainttiés qui me font un devoir de répondre à votre confiance en vous demandant le renouvellement de mon mandat*
Taï suivi fidèlement le programme que je vous avais soumis et tenu les engagements qae j'avais pris devant le suffrage universel,
j’ai voté la réduction du service militaire à deux ans et l’abolition des privilèges et des dispenses, La loi de deux ans est une loi d’égalité et une loi bienfaisante ; les familles nécessiteuses recevront une pension pour compenser l'absence de leurs enfants*
Pai voté Pextension de la compétence des juges de paix pour vous décharger des frais trop onéreux pour les petits litiges.
J’ai voté la loi d'assistance à la vieillesse, aux infirmes et aux incurables, et leur petite pension, à partir de Tannée prochaine, leur permettra de s'asseoir dignement au foyer de leurs fils sans y être une ch arge et une bouche inutile.
J’ai voté les retraites ouvrières et paysannes pour assurer aux travailleurs de la terre comme aux travailleurs de l’atelier le pain de leurs vieux jours.
[" La prochaine législature, après la délibération du Sénat, y mettra la dernière main.
Elle aura à terminer le vote, commencé par nous, de Timpôt progressif sur le revenu, pour décharger les petits, emménageant ia fortune moyenne, et en demandant davantage au luxe, an superflu, à la richesse.
Elle aura à supprimer Timpôt foncier pour les petites cotes, puis l’impôt des portes et fenêtres et la cote personnellô-mobilière, dont j’ai montré les défauts à la tribune de la Chambre.
Elle aura à favoriser de plus en plus le Crédit agricole mis à la portée des petits cultn valeurs.
PT- Nous maintiendrons la, protection sur l’élevage de votre bétail ; les cours des ventes sur nos marchés témoignent que notre vigilance pour l'agriculture n’a pas été inutile .
À diverses reprises, je suis intervenu à la tribune au sujet des lignes de la Corrèze qui pourraient être encore plus utiles à la circulation de vos produits, et je ne cesserai d’y consacrer mes efforts comme je l’ai fait plusieurs fois, dans la discussion des budgets, pour le personnel de notre manufacture d’armes, source de prospérité pour notre région, que nos Ministres de la Guerre nous ont fait l'amitié et Thonoeur de visiter, au cours de ces deux dernières années, dont ils ont pu ainsi apprécier la valeur, et qui reprend de plus en plus une activité nouvelle, si favorable à ia ville de Tulle que j’administre depuis quatorze ans.
Les travailleurs de tout ordre ont droit à la sollicitude de la République : la mienne ne leur a jamais fait et ne leur fera pas défaut, pas plus qu’à la masse des petits fonction* naïres, employés et commis des diverses administrations, facteurs, cantonniers, dont le sort est particulièrement digne d’intérêt.
La Republique a droit au dévouement de tons ; elle a subi, dans ces derniers temps, de rudes épreuves; la Congrégation enserrait de plus en plus la France dans les mailles
puissantes de sou filet ; la rue était livrée aux factieux et retentissait des cris de haine et de mort des fauteurs de coup d'Éfat ; l'indiscipline se manifestait ouvertement dans les rangs de l’armée.
fai défendu la République : nous voulons conserver le foyer de lumière, de justice et de progrès que la France a toujours été dans le monde; pour sa grandeur et son indépendance dans la paix, nous voulons une armée forte, mais fidèle à la République et obéissante à ses lois.
Aujourd’hui, comme au 24 mai, comme au 16 mai, comme au temps du boulangisme et du nationalisme, la réaction cléricale tente contre elle un nouvel assaut* Elle prend pour prétexte la loi de séparation des Églises et de l'État qui nous fur imposée par les conflits de plus en plus aigus nés du Concordat, et rendue inévitable, même pour les plus modérés, par faffront fait à la République en la personne de son Président, venu à Rome pour y sceller un pacte d’amitîê auquel l'Italie a été fidèle et qui a contribué à écarter récemment les malheurs de la guerre*
D'éminents catholiques Pont reconnu et loyalement proclamé : la loi de séparation est une loi libérale; elle donne à l'Église une liberté qu'elle n'a jamais foonue; elfe fournit largement, par les associations cultuelles, par l'abandon gratuit des édifices du culte, par les pensions perpétuelles et les allocations au clergé à long délai, les moyens au nouvel ordre de choses de s'organiser sans surprise et dans la paix des croyances.
Ce sont les partis réactionnaires qui cherchent , par le mensonge, à dénaturer le caractère de la loi, à en empêcher le fonctionnement, pour s'en faire, dans un but électoral, une arme contre la République et tenter de nous ramener de trente ans en arrière, au gouvernement des curés, aux jours néfastes de « TOrdre moral » où les républicains, sous la République même,' étaient traqués sans merci*
11 ne peut plus y avoir d'équivoque* Aucun républicain, ou se disant tel, ne peut donner son appui ou son vote au candidat des cléricaux et des réactionnaires sans trahir la République et sans garder au front la marque ineffaçable de sa trahison*
Que tous les bons citoyens, que tous les républicains fassent leur devoir! La République écrasera définitivement ses éternels ennemis 1
Vive la République !
TAVË,
avocat,
maire de Tulle, député sortant,
candidat républicain radical-socialiste.
Circonscription d'USSEL.