‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1906Chapitre 54 sur 280 · CORSE · texte numérisé non relu

CORSE

Circonscription d' AJACCIO

M. FORCIOLI

Élu au 2® tour do scrutin — 7.395 voix.

Mes chers Concitoyens,

Je viens vous demander le renouvellement de vos suffrages.

Pendant les quinze mois que j’ai passés à la Chambre, j’ai rempli fidèlement le mandat que vous m'aviez confié.

Aujourd'hui il voua appartient de décider si j'ai fait tout mon devoir,

Nous avons traversé une crise dangereuse. Nous avons pu voir que, seul entre tous les Gouvernements, le Gouvernement républicain permet aux citoyens de décider de la paix ou de la guerre.

Nous avons vu également, à la lueur des éclairs qui faisaient craindre l’orage, que, si nous voulons conserver l'honneur et l’intégrité de la patrie, nous devons avoir une armée forte par sa discipline, pouvant imposer le respect par sa valeur, par son armement et par le nombre.

J’ai voté la loi de deux ans, qui a diminué la durée du service militaire et établi l’égalité des charges entre tous. Cette loi est surtout une loi de justice.

J’ai voté la loi sur la séparation des Églises et de l’ÉLat. Peut-être le Concordat aurait-il duré quelques aimées encore, si la curie romaine, en se refusant à toute entente n’avait poussé au divorce un Gouvernement qui s’était déclaré hostile à la séparation. La loi est arge, tolérante, libérale. Jamais la République n’a entendu procéder à une œuvre de spoliation et j’aurais été des premiers à protester contre une pareille mesure. L’Église conserve gratuitement les édifices et les objets mobiliers servaut à l’exercice du culte. Maîtresse d elle-même, elle trouvera dans le nouveau régim î, avec une dignité plus grande, un renouvellement de la foi par l’effort et par le zèle des croyants. Elle a le droit, toujours refusé

jusqu a présent par les gouvernements, d’ouvrir une chapelle après une simple déclaration. *

La République est constituée par l'ensemble des libertés dont jouissent les citoyens afin d armer à ^organisation d’une justice sociale plus complète.

Elle seule a voulu et pu rèpaudie l’instruction comme une manne bienfaisante sur tous les points du territoire.

Elle seule a voulu et pu s'occuper delà situation des travailleurs.

Déjà elle a établi en 1 905 l’assistance obligatoire aux vieillards, aux infirmes et aux incurables privés de ressources,

Elle vient de voter une proposition de loi établissant les retraites pour les ouvriers des

viHes et pour les travailleurs des champs. Le Sénat républicain la votera également ot la République inscrira à son actif une réforme cie plus.

L’œuvre nJest pas finie : la Chambre nouvelle poursuivra sa marche vers un idéal de justice plus grande.

Justement préoccupé de la situation des fonctionnaires modestes de la République je pense que les députés et les sénateurs sont leurs défenseurs naturels, et que nous devons écouter en y faisant droit autant que possible leurs réclamations légitimes.

J’ai pu faire donner une suite heureuse à quelques demandes formées par les maires dans l’intérêt des communes et accorder des satisfactions à quelques intérêts privés. Je n’ai marchandé, dans tous les cas, ni mes démarches ni mon concours.

C’est dans ce sens que je continuerai à orienter mon attitude politique. Je suis convaincu que, dans le passé, elle a été conforme à l’idée que vous vous étiez faité du mandataire et du mandat.

D. FORCIOLI, Député sortant.

Circonscription d«ï BASTIA.

M. PIERANGELI.

Elu au 2“ tour de scrutin. — 7.379 voix.

Mes chers Compatriotes,

Cedant aux instances de mes amis, je viens solliciter vos suffrages.

Sans passé politique, je ne puis invoquer d’autres titres à votre confiance que la sincénié de mes convictions et mon profond attachement à mon pays.

Bastiais avant tout, mes aspirations sont les vôtres.

Poursuivre le relèvement économique de la Corse, soutenir les revendications de l’arrondissement, défendre de toute mon énergie les intérêts de Bastia, tel sera le but constant de mes efforts.

Républicain, je me déclare respectueux de tous les droits, de toutes les libertés.

■ Soucieux des véritables traditions républicaines, je donnerai toujours mon adhésion à une politique réformatrice, vraiment consciente des devoirs de l’État et des droits de l’individu, conciliant plus équitablement les intérêts du travail et du capital, assurant une plus plus juste répartition de l’impôt, donnant aux travailleurs après les longues années de labeur a certitude d’une vieillesse exempte de tous soucis, facilitant en un mot l’évolution necessaire de la démocratie vers la solidarité et la justice sociale.

Français, je repousse les théories destructives de l’internationalisme et de l’antimilitansme qui aboutissent à-la négation de la Patrie que tous, sans distinction, nous voulons tous les jours plus grande, plus forte et plus respectée.

^ ?rs®n’est pas oublieuse de ses gloires passées et elle garde assurément le souvenu du plus illustre de ses enfants, mais elle ne veut plus d’opposition stérile, et c’est du

gouvernement de la République qu’elle attend la réalisation des progrès dont nous sentons mus ie besoin.

Fidèle à mes amitiés, je ne croirai point faillir à mes engagements en poursuivant sans

cesse une politique d'apaisement et d’ut don, qui ralliera autour du même drapeau tous ceux que des dissensions passagères ont pu diviser , mais qu’animent les mêmes sentiments d’tnaUéîable attachement à la République.

Vive îa République !

Henri P! MA. N. G ELI*

Ancien magistrat.

Docteur ès-sciences politiques et économiques. Membre du Conseil général de la Corse.

Circonscription de CALVI.

M. SANTELLI,

Elu au 2° tour de scrutin. — 3*261 voix*

Chers concitoyens,

Candidat aux élections législatives du 29 avril, j’ai l’honneur de solliciter vos libres, suffrages.

Je ne suis pas un inconnu pour vous ; depuis plus de vingt ans, j’exerce ma profession dans notre arrondissement, et il y a bientôt quinze ans que je siège au Conseil général de la Corse*

Né parmi vous, ayant toujours vécu de votre vie commune, je me crois à même de connaître vos véritables besoins et d'apprécier vos légitimes aspirations* A ce titre, je fais un pressant appel à toute votre confiance.

En parfaite communion d’idées avec vous tous, fidèle à vos traditions les plus nobles, j'affirme hautement ma foi catholique.

Partisan résolu de toutes les libertés, je suis de ceux qui pensent que ridée religieuse, librement conçue, doit pouvoir se manifester librement et sans entraves* Mes convictions sur ce point, sont et demeurent inébranlables*

Je ne m’attarderai pas à vous faire ici, au. point de vue politique, des déclarations de principes, sonores, retentissantes, mais le plus souvent creuses et vide de sens.

Fier des origines essentiellement plébéiennes de ma famille, je m’honore d’appartenir a la démocratie républicaine.

Je donnerai tout mon concours au Gouvernement républicain, vraiment soucieux de ses devoirs et sincèrement respecteux de la liberté et des droits du citoyen, droits sacrés, intangibles*

Consciente de toutes ses responsabilités,, la démocratie doit poursuivre sans défaillance dans l’apaisement et l’équité toutes les réformes urgentes que. réclame notre état social*

Ma profession me mettant journellement en contact direct a les humbles travailleurs de nos campagnes dont la véritable situation a été trop longtemps ignorée ou méconnue, c’est surtout vers ces déshérités de la fortune, que doit se. porter la bienveillance des classes dirigeantes*

£1* sollicitant l’honneur de yous représenter, je n’ai en vue que l’intérêt supérieur de notre chère Balague* Vous m’avez déjà vu h l’osuvre* Ai-je besoin de vous rappeler que tour jours, avec une ardeur inlassable j’ai lutté au Gonseil général pour le triomphe de vos justes revendications. U n’a pas dépendu de moi que nos services maritimes postaux avaient été mieux organisés pour répondre aux besoins étaux vrais desiderata du pays.

Mes idées sur notre, situation économique si précaire, surtout au point de vue agricole yous sont aussi parfaitement connues.

Il est temps de sortir de l’ornière de la vieille routine, et de s’engager résolument dans la voie des innovations utiles.

Appelé, il y a deux ans, à collaborer à la formation du syndicat professionnel agricole de I arron iissement de Calvi, dont j’ai l’honneur d'être le vice-président, j’aurai toujours à cœur de seconder de tous mes efforts l'intelligente initiative et le zèle si bien connu de tous ses adhérents. Ensemble et d’un commun accord nous poursuivrons l’œuvre de relèvement que nous avons entreprise.

fiançais avant tout* je n’aurai jamais rien de commun avec les doctrinaires inconscients ou criminels qui, après avoir souillé le drapeau tricolore, emblème vivant de l’honneur national et de 1 idée de Patrie, travaillent systématiquement à la désorganisation de notre vaillante armée; seule, mais forte et respectée, l’armée peut, à l’heure du danger, assurer notre intégrité territoriale,- garantir notre sécurité et nous permettre ainsi de garder d'gaement notre rang dans le concert des nations.

Vivo la Balagna ! Vive la République !

Docteur SANTELLI,

Membre du Conseil général de la Corse.

Vice-président du syndicat agricole de l’arrondissement (le Calvi.

Circonscription de GORTE.

M. Antoine GÀVML

Élu au 1er tour de scrutin. — 6,301 voix.

Mes chers Concitoyens,

pt <J! me repréSeiUe de*arK vous avec la conscience d’avoir rempli, au mieux de vos intérêts et selon vos convictions, le mandat que je tenais de vos suffrages.

,!*. C!é ‘J6 raes actes Poétiques et mes votes au Parlement me dispensent d’insister

rvoJê .ymp°°hie.COmPte “ r8n<lre <‘iS°e ^ nC,UVe'Ie maMI“e de ,0,ro «*

d» JÏÏ5S. par,,ratmi0“' fér;étr? dcs principes qui font l, grandeur do pays et lu forco de la République, j approuve les mesures destinées à améliorer le sort de ceux nui tra

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ambi,i°" 6S‘ d“ -es amis, la Corse et la R6p„-

Antoine GAV1NI,

* Dépu té sorian t .

Circonscription de SARTÉNE

U. GÂBRIELLI*

Élu au laf tour de scrutin* — 4 * 22S voix.

Mes chers Concitoyens,

Vous m’avez élu, iï y a quatre ans, sur un programme que j'ai conscience devoir suivi.

Républicain, j'ai voté toutes les lois d’assis tance et de prévoyance sociales, fai voté la loi qui assure des ressources aux: vieillards infirmes et incurables, celle qui crée une caisse de retraite au prolit des ouvriers, et je me suis associé à toutes les réformes démocratiques qui ont pour but la proteciion des humbles et une meilleure répartition de la justice sociale. Respectueux rie toutes les croyances et de toutes les opinions, mais partisan de la suprématie du pouvoir civil, je nTai pas adopté dans son ensemble la loi de séparation des Églises et del’État, et j'ai voté tous les amendements favorables au libre développement des croyances religieuses.

Convaincu que la France ne pourra poursuivre sa mission de paix et de liberté que si elle s’appuie sur une armée forte et respectée, j'aï voté la loi qui appelle pendant deux ans tous les Français au service de ta pairie, et j7ai appuyé de mes votes tous les projets qui avaient pour but d'assurer la défense et l'intégrité du territoire.

Soucieux de remplir loyalement le mandat que vous m'aviez confié, je me suis occupé de vos intérêts privés et économiques avec une sollicitude qui ne fut pas toujours sans succès. J'ai obtenu des augmentations de crédits pour le port de Popriano et pour nos mutes forestières.

Je suis en mesure d'affirmer que ïo chemin de fer de Ghîsonaccia à Bonifacio fera bientôt l'objet d’une loi déclarative d'milité publique et l'achèvement du réseau se fera dans les conditions les plus pratiques et les moins onéreuses pour les finances départementales.

Élu sur un programme de conciliation, je me suis efforcé de maintenir l'accord entre les partis*

Contrairement à mon attente et à mon désir, les anciennes divisions se sont reproduites. Le parti réactionnaire s'est reformé et, sons prétexte de me combattre, il saisit avec empressement une occasion nouvelle de manifester des sentiments d'hostilité contre la République. Il ne saurait me déplaire de me solidariser avec elle et, sans doute, pour notre cause, pour les excellents républicains de cet arrondissement, ceux de la veille et ceux plus récents qui ne dé-erlent pas aujourd'hui, il vaut mieux quHt en soit*, ainsi et qu’un classe^ meoi définitif se fasse* Puisqu'il faut qu’il y ait deux partis, soyez certains, mes chers concitoyens. i«a je Gouvernement de la République saura reconnaître le

sien.

Dans la prochaine législature, j’apporterai à la tâche que vous me confierez de nouveau la même attention, une connaissance plus profonde de vos besoins, une expérience plus, complèie des efforts utiles,

Pénétré de la situation et des intérêts économiques et agricoles de votre arrondissement, je m'en inspirerai dans tous mes actes et si, redevenant votre élu, je serai fier de.

conserver à la République un arrondissement qui lui fut de tout temps dévoué, je m’estimerai heureux de réaliser les projets de tout ordre qui vous sont chers et qui, quoi qu’on en dise, me sont chers au même titre.

Vive l’arrondissement de Sartène î Vive la République!

Thadée GABRÏELL1,

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