M. MANDO
Ê!u au 1er tour de scrutin. — lii.067 voix.
Messieurs et chers Concitoyens,
Vous m’avez Tait l’honneur, depuis huit ans, de me confier le mandat de vous représenter au Parlement. Le prochain renouvellement de la Chambre des Députés et la désignation de ma Beule candidature, dans une importante réunion républicaine tenue récemment à Loudéac, m’amènent une fois de plus à me présenter à vos suffrages.
Ma profession de foi pourrait être courte : vous me connaissez tous; je suis toujours resté aussi inébranlable dans mes principes républicains que dans mon respect des convictions religieuses, et aussi fidèle à mes engagements que convaincu de la dignité d’une réelle indépendance.
Ne pouvant m’entretenir avec tous les électeurs, en raison de l’étendue de notre circonscription, je veux, cependant, exposer à chacun mes vues sur la politique générale, de même que sur les intérêts particuliers de l’arrondissement de Loudéac.
Pour faire aimer la République, la France a besoin, selon moi, d’une politique démocratique, progressiste et tolérante.
De grandes réformes ont été accomplies dans ïa paix par le régime républicain, depuis trente-cinq ans, en faveur de l'agriculture et des travailleurs qui Savaient jamais connu, jusqu’ici, autant de prospérité et de bien-être. H en reste encore d’importantes à réaliser ; mais la nécessité ÿimpoae d’enrayer les dépenses publiques, afin de maintenir le budget national en équilibre, aussi bien que pour éviter l’accroissement des lourdes contributions actuelles et surtout de celles grevant la propriété foncière, à cause de sa répercussion néfaste sur les prix des fermages.
L’amélioration des conditions les plus humbles, le souci du sort des enfants du peuple et les satisfactions à donner aux légitimes revendications des classes laborieuses sont, k mes yeux, la base de tout programme républicain. Il appailient au Gouvernement d étudier en ce sens un projet d’ensemble répondant aux exigences de la vie et mesuré à 1 étendue des ressources du pays.
Je donnerai mon appui aux propositions de ce genre qui seront inspirées non par L’esprit de haine ou d’envie, maïs par un Louable sentiment de justice et d'humanité. En Yue d’égaliser d’une façon plus équitable les contributions qui écrasent les cultivateurs et le petit commerce, j’accepterai un impôt de remplacement, avec dégrèvement pour les familles nombreuses et s’étendant proportionnellement aux facultés de chaque citoyen sur les diverses branches de revenus échappés jusqu’ici aux impositions générales, pourvu qu’il ne soit ni global pour tes salaires, ni arbitraire ou inquisitorial ; car les premiers essais ont montré qu’en ce cas le résultat pourrait être contraire au but visé. Je veux aussi que les retraites ouvrières reposent sur une loi facilement applicable, assurant à tous les tiavaiiïeurs des villes et des champs des avantages susceptibles de leur donner le pain et la sécurité pour les vieux jours.
Après les mesures d’assistance publique,, la constitution d’un bien familial semble devoir être prise en considération pour empêcher les habitants des campagnes d abandonner leurs pays d’origine. La nouvelle législature s’occupera des Chambres d’agiicultuie depuis si longtemps annoncées.
Désirant laisser plus de bras pour travailler la terre, j’ai voté la loi militaire de deux ans avec la réduction des périodes de vingt-huit et de treize jours, le maintien des soutiens de famille et la continuation des congés de moisson* Je m’attacherai, comme par le passé, à défendre les intérêts des agriculteurs et je porterai ï a plus vive sollicitude an commerce, à rindu strie, aux questions hippiques, à celles de mutualité, de police sanitaire des animaux, de crédit, aussi bien que d'assurances agricoles, dont l’importance est si grande pour celte région .
Tenace à exiger pour la fin do Tannée courante, inachèvement du chemin de fer de Saint-Lubin à Saint-Méen, et son prolongement sur une voie indépendante jusqu’à la Brohinière, je n’insisterai pas moins pour la prompte exécution des lignes départementales nécessaires à l’arrondissement de Loudéac.
Les difficultés survenues au cours du règlement des questions relatives à Terre-Neuve et au Maroc, ainsi que les enseignements à dégager de la longue conférence d’AIgésiras, pousseront, désormais, les pouvoirs publics à s’occuper de plus en plus des affaires diplomatiques touchant à la politique extérieure en vue d’obtenir, pacifiquement, des solutions compatibles avec l'honneur, les intérêts et les amitiés de la France,
Respectueux de la liberté des consciences, de .Renseignement, des cuites et de la propriété individuelle, il m'est impossible d’oublier les traditions séculaires auxquelles ce pays reste fortement attaché* J’ai voté contre la loi de séparation des Églises et de l’État, qui m’apparaîesait noue lancer dans l’inconnu pour la tranquillité civile et religieuse* Les événements n’ont fait, d’ailleurs, que justifier mes craintes*
La nation a besoin d’une armée aussi forte que disciplinée pour assurer la paix intérieure et défendre son drapeau. Je ne cesserai de repousser les théories révolutionnaires, la délation, Excitation aux grèves, les utopies collectivistes et les menées sfali militaristes, dangereuses pour nos libertés et aussi contraires à la prospérité de la démocratie qu’à la grandeur de notre patrie*
Erfin, je continuerai à conformer ma ligne de conduite aux principes d’ordre, de travail, d’économie, d’activité et de progrès qui ont été la règle de ma vie* Si, comme je l’espère, ces idées sont les vôtres et si vous pensez avec moi qu’elles peuvent augmenter l’attachement à la République, en affermissant îa concorde entre les bons citoyens, je serai heureux et fier d’étre honoré de votre confiance.
En vous donnant rendez-vous au scrutin du 6 mai, je yous renouvelle l'assurance de mes sentiments les plus dévoués,