‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1906Chapitre 58 sur 280 · AUX ÉLECTEURS · texte numérisé non relu

AUX ÉLECTEURS

Mes chers concitoyen s ,

Si les électeurs sont souvent dupes des députés qu'ils élisent sur des programmes trompeurs et des professions de foi mensongères, je puis, quant à moi, me flatter, depuis vingt-trois ans que je vous représente k la Chambre, de ne vous avoir jamais trompés. Vous connaissez tous mes opinions religieuses et politiques, qui nJont jamais varié.

Et malheureusement n’ai-je pas été trop bon prophète, quand, depuis longtemps, je vous prédis les malheurs qui se sont abattus sur le pays. Ceux de vous qui m ont entendu il y a quatre ans peuvent se souvenir que je leur avais annoncé et l’abandon de ierre-Neuve, et notre déchéance diplomatique et financière, que les Ministres eux-mêmes ne cherchent plus à dissimuler.

Et la persécution religieuse si perfidement conduite qui, après les lois scolaires et militaires, puis l'expulsion et le vol des congrégations, vient d'entrer dans ia période brutale et s'attaque à nos églises elles-mêmes. Vous avez vu fracturer par des malfaiteurs les portes de nos sanctuaires* Qui donc peut nier maintenant la persécution ? G est le lait qui domine aujourd'hui tous les autres*

Si vous voulez la résistance, si vous voulez que cet infâme régime de vol et de persécution, ce gouvernement de casseroles et de mouchards, qui terrorise jusqu au moindre Village, cesse de tyranniser le pays, affirmez-le sur mon nom* Vous me connaissez assez pour savoir que je suis l'adversaire irréconciliable de ces infamies et des tristes personnages qui dirigent, pour notre malheur, la République juive et franc- maçonne*

MOUST de LÀRGENTÀYE,

Député,

Conseiller général,

Maire de Saint-LormeL

1« Circonscription de GUINGAMF*

M* de KERGUÉZEC.

Mes chers Concitoyens,

Lorsque les républicains de la lre circonscription de Guingamp m’ont choisi pour me Confier leur drapeau, j'ai ressenti une grande fierté de l'honneur qui m’était fait* J'ai com-

pris cependant que j’en suis redevable, bien moins aux qualités qu’on est en droit d’exiger d’un rt présentant, qu’aux attaques et aux calomnies dont m’honorent depuis dix ans les ennemis de la République et du peuple.

En m’outrageant quotidiennement; ils ont indiqué que je suis un bon soldat de la cause démocratique.

ie ne suis pas un étranger parmi vous, puisque, par mes grands parents, je suis originaire de Goudelin et de Pluëzaï, où je possède des intérêts* Breton comme vous, je connais votre langue, que je parle avec tous ceux qui ont besoin de mes services ou de me confier la défense de leurs intérêts.

Beaucoup d’entre vous m'ont connu au régiment et Us savent que je fus pour eux un bon camarade ou un chef juste.

Combattu à gauche par les révolutionnaires et à droite par les réactionnaires, je pense que la vérité est entre les deux extrêmes et qu’au milieu il y a place pour une République de justice et de vérité. Je suis partisan, non d’une République de privilèges, mais d’une République démocratique et sociale, d’une République dans laquelle on cherchera à réaliser la belle devise eu président Jackson ; « 11 faut que le très riche soit moins riche, afin que le très pauvre soit moins pauvre. »

Politique fiscale.

Impôts directs . — Je pense qu'une réforme de l’impôt direct s’impose, et qu’elle doit s'inspirer des principes suivants ;

1" Cute personnelle et mobilière. — La cote personnelle, qui frappe également tous les citoyens d'une même commune sans tenir compte de la puissance contributive de chacun, doit être supprimée*

Le montant du loyer ne saurait servir de base exclusive à l'évaluation de ta cote mobilière. Depuis longtemps, les répartiteurs ont pris l'habitude, dans ïa plupart des communes, de faire intervenir, dans la fixation de la taxe, divers facteurs tels que les charges de famille et les signes extérieurs de richesse*

Celte méthode avait été érigée en principe par la Constituante. Je demande qu’à nouveau elle trouve place dans la loi.

2° Propriété bâtie. — La suppression de l’impôt des portes et fenêtres a été décidée en principe par la loi du 18 juillet i892. Je demande que cette réforme devienne enfin exécutoire.

3° Propriété foncière non bâtie. — La propriété foncière non bâtie est cotée d’après un cadastre qui remonte aux premières années du xix® siècle. Ce cadastre oe tient aucun compte des transformations radicales que les méthodes scientifiques ont fait subir à l’utiUsation du sol ; la refonte en a été prévue par la lui de 1850 et celle de 1898.

Je demande que cette refonte soit hâtée, en même temps que les petites cotes foncières seront do plus en plus dégrevées*

4Ü Progressivité de l’impôt direct. — Les impôts indirects, qui sont payés dans la même proportion par tous les contribuables, grèvent plus lourdement les petites bourses*

Pour compenser celte inégalité, je désire que les impôts directs soient établis dans une forme nettement progressive.

Cette progressivité de l’impôt direct doit s’appliquer à la contribution mobilière, à ^impôt sur la propriété bâtie on non.

Elle doit s'appliquer aussi aux patentes, de façon à dégrever le petit commerce et à obtenir l’augmentation de la contribution, encore trop faible, payée par les grandes exploitations commerciales et industrielles

b° Différenciation des revenus au point de vue de leur origine. — La progressivité de l’impôt doit être déterminée, non pas seulement par le chiffre des revenus, mais aussi par leur origine.

On ne saurait, sans injustice, frapper dans la même mesure, des revenus, même égaux.

s'ils viennent du travail seul, du travail associé au capital, du capital utilisé 'dans les entreprises, du capital simplement immobilisé ou employé en fonds d’État, par exemple, et qui produit sans effort des revenus sans aléa.

Impôts indirects. — L’impôt indirect, ai-je dit, grève plus lourdement les petites bourses. Nous devons nous inspirer des principes de l’école libérale anglaise et tâcher de réduire autant que possible les taxes de consommation sur les objets de première nécessité, tout en augmentant, si c’est nécessaire, les objets de luxe, dont personne n’a besoin pour vivre et qui ne servent qu aux classes privilégiées. Pour ne prendre qu’un exemple, je désirerais que le paquet de tabac de 0 fr. 50 soit abaissé à 0 fr. 30 ou à 0 fr. Z|0. 11 devrait en être de même pour le tabac à priser de nos braves ménagères, le tabac à chiquer de nos marins, ainsi que pour les cigares ordinaires. On fera supporter le déficit par les tabacs et les cigares de luxe, dont personne n’a besoin.

Le seul impôt indirect réellement légitime serait celui qui, sans grever le consommateur de charges nouvelles, mettrait au compte de l’État commerçant les bénéfices considérables aujourd’hui réalisés par quelques individus qui détiennent sans contrôle toute une forme de production.

La régie d’État doit restituer à tous le profit indûment monopolisé par quelques-uns. Le monopole n est pas seulement une occasion de ressources, c’est en même temps une mesure de moralité.

Déjà, dans nombre de municipalités, la distribution de l’eau, de la lumière, de la forcé motrice, 1 organisation des transports, le service commun des machines agricoles font l’objet de véritables monopoles.

C est dans cette voie que 1 État, à son tour, doit s’engager après les municipalités. On a pu constater les énormes plus-values réalisées par le monopole du tabac et des allumettes.

Je demande le retour à l’État des exploitations qui, comme les chemins de fer, par exemple, constituent de véritables services publics et de celles qui, concentrées par leur nature entre les mains de quelques-uns, comme les mines, les sucres et les pétroles, donnent à leurs propriétaires le pouvoir de rançonner les travailleurs qu’ils eraployent et de taxer les consommateurs à leur gré.

C’est à Faide des ressources que donneront la réforme de Pimpôt direct et la création des monopoles de PÉt at que nous essayerons de réaliser les réformes sociales qui doivent constituer dorénavant la principale préoccupation du parti républicain.

Ges réformes devront être faites en respectant tous les droits de propriétés, ainsi que les droits de retraites des employés des compagnies, qui devront bénéficier des avantages faits à ceux de FEtat.

Politique sociale.

Politique d assurance, ~ Je désire, dans le domaine social, substituer partout la prévoyance à l’assistance. 11 ne suffit pas de secourir le travailleur dans la misère, il faut empêcher cette misère de se produire.

En votant la loi sur les retraites ouvrières, nous devons, par le concours de intéressé, du patron et de 1 État, assurer les travailleurs de toutes catégories, contre les risques de vieillesse et d 'invalidité*

Déjà, certains travailleurs ont trouvé, dans les mutualités ou même dans les caisses patronales, des instruments de prévoyance auxquels la loi du 1er avril 1898 fait des avantages légitimes. Je ne saurais, en imposant un système d’assurances unique, déposséder ceux-là des fruits qu’ils se sont acquis par leur prudence. Je reprendrai donc la formule de Léon Bourgeois ; « obligation de la prévoyance, liberté des moyens n.

f ar la réglementation de l’atelier, par des lois sur l'hygiène, par la surveillance des procédés de fabrication, on doit arriver à garantir l'ouvrier contre le surmenage et contre la maladie professionnelle,

Politique syndicale. - Je ne saurais négliger, à côté des autres dangers professionnel», ce risque essentiel, auquel le travailleur se trouve soumis, et qui s’appelle le chômage. Il serait vain d’organiser la prévoyance, si la société se reconnaissait incapable d’assurer aux individus ce minimum : le droit au travail.

Le parti républicain s’est efforcé d’atténuer le risque de chômage par la création, en 1900, de l'Office du travail, et par la suppression des bureaux de placement jjayants. Il appartient aux travailleurs de tirer de ces réformes, par l’association, les résultats qu’elles com-

I>t>rteC'est par la collaboration des syndicats ouvriers que fonctionne l’Office du travail, et c’est seulement à l’intérieur du syndicat que les bureaux de placement gratuits peuvent produire tout leur effet. Enfin le syndicat peut, seul, permettre de réglementer le travail, à l’intérieur de l’atelier, et donner à l’ouvrier le moyen de discuter le contrat qui l’unit au

patron. . ..

C’est dans ce sens, c’est en particulier dans le contrat collectif que je chercherai la

garantie d’une rémunération plus équitable du travail et non dans telle mesure qui, comme la participation aux bénéfices, peut fournir quelquefois des expériences heureuses, mais ne saurait constituer une organisation définitive. La rétribution du travail, toujours productif, ne saurait être subordonnée à ia réussite d’une exploitation,

La justification de la dualité nécessaire qui existe entre le capital et le travail est dans ce fait que le capital fonde l'entreprise et subit ïe risque, tandis que le salaire ne saurait être soumis à aucune fluctuation.

Je reconnais aux ouvriers ie droit de grève, cjui est un instrument de revendications prolétariennes, mais la grève cependant comporte des aléas souvent, des pertes toujours, A mesure que se développera l’organisation des travailleurs elle doit devenir un instrument plus effectif en même temps que plus prudent entre les mains des syndicats. Mais si je reconnais le droit de grève pacifique, je repousse de toutes mes forces les entraves à la liberté du travail, ainsi que les incendiaires qui portent atteinte à ia propriété, et les assassins qui frappent de malheureux soldats qui exécutent leur consigne. Testime que si le devoir du Gouvernement est d’être pitoyable pour les revendications pacifiques, il doit réprimer énergiquement les attentais. D'autant que ceux-ci ne font que retarder révolution de la société.

Politique rurale .

La République, occupée à combattre ees ennemis les plus cruels, a souvent dû négliger le sort des travailleurs de la campagne, qui est cependant bien intéressant. II faut faite cesser cet état de choses, et permettre aux paysans de participer enfin à révolution démocratique. Notre parti a déjà demandé le dégrèvement total de la petite propriété, du petit commerce et du petit travail* Je désire leur participation à la loi sur les retiaites ouvrières*

II y a d’autres réformes qui regardent plus spécialement îa campagne et qu’il importe de faire aboutir, telle que l’insaisissabilité du bien de famille, la diminution de la part allant à l’Etat dans les droits de vente des petites propriétés foncières, ainsi que la diminution des droits de mutation, encore trop lourds pour les petites propriétés*

Je désire ^organisation de Chambres d'agriculture pour défendre pins spécialement les intérêts de chaque région, développer nos richesses agricoles et leur faciliter des débouchés* Les tentatives qui ont été faites depuis 1899 pour organiser le crédit agricole ont donné des résultats assez bons, mais cependant insuffisants*

Le développement des syndicats ruraux, tout en groupant les cultivateurs pour la défense de leurs intérêts et de leurs droits, doit leur procurer des crédits à long terme. Un projette loi a été déposé en ce sens par le Ministre de l'Agriculture dans le courant de 1905* Le parti républicain se doit de le faire aboutir.

Je demanderai la création d’une école d’agrlcultpre dans le département, et la ville de

Guingamp, étant un point central, sera merveilleusement située pour la recevoir. Je suis certain que, si j’entre au Parlement, mon influence y sera suffisante pour l’obtenir.

J’ai fondé, il y a cinq ans, en un mois, les courses de Tréguier. Elles sont prospères et jouissent déjà’ d’une grande vogue dans la région. Avec mes amis, il me sera facile d’en faire autant pour Guingamp, et cela avec le concours de tous ou malgré l’opposition qui nous sera faite.

Je m’occupe depuis dix années de questions agricoles, et fai fondé les premières sociétés Assurances mutuelles et les premières caisses de crédit rural de la région. Désirant être lié d’une façon plus intime avec les travailleurs de la terre, avec ceux qui me nourrissent, et à l’émancipation desquels je travaille, en échange, je me suis fait moi-même agriculteur, et j’ai pris ia tête d’une exploitation rurale, afin d’être mieux à même de connaître les besoins des êtres sur lesquels pèsent de si lourdes charges. Je demanderai l’impôt progressif sur les grandes chasses gardées, à partir de 50 hectares d’un tenant, et l’application du produit de cet impôt au dégrèvement des impôts des paysans riverains.

Des communes de certaines parties de la France possèdent jusqu’à 25.000 et 50.000 fr. de rentes en terrains communaux. J’estime qu’il y a là inégalité entre les communes de cette région et la nôtre. Je demande que cette inégalité soit supprimée, et qu’ou trouve le moyen de faire bénéficier les communes de nos régions de dégrèvements de compen- Mto. •' "K

Politique militaire. J i

Sous l’Empire, les travailleurs faisaient sept aas de service et allaient se faire tuer à la frontière, tandis que Ses oisifs n’étaient même pas soldats. Lorsque la République a été assez forte, elle a voulu que tout le monde fasse trois ans de service; mais les réactionnaires sont parvenus à obtenir que leurs fils pourvus de diplômes n’en fassent que dix mois. Dans les quatre années qui viennent de s’écouler, la démocratie a dicté sa volonté aux dirigeants de jadis, et tout le monde fera désormais deux ans. Les soutiens de famille toucheront 0 fr. /5 par jour pour empêcher leurs parents de trop souffrir à la maison.

Mais cette égalité définitive devant l’impôt du sang, qui vient d’être édictée par la République à la nation, n’est qu’une étape, et aussitôt que les progrès de la paix universelle le permettront, la République réalisera le service militaire qui sera la forme de l’avenir, jusqu’au jour où la neutralisation de l’Alsace-Lorraine permettra d’espérer le désarmement général. La loi militaire a besoin d’être remaniée en ce qui concerne la marine. Il en est de même des lois de pensions des demi-soldiers, qu’il sera nécessaire de refondre le jour prochain, je l’espère, où nous aurons tes retraites ouvrières et paysannes.

En plus des augmentations justes, il faudra les dispenser de verser, après le temps de leurs pensions acquises, ou augmenter proportionnellement leurs retraites avec les versements continués. .

Il est de toute nécessité de réduire la durée du service des inscrits, sans toucher a 1 organisation actuelle de leurs droits de servir dans la flotte, g

Politique administrative.

Au point de vue professionnel, l’État doit assurer aux fonctionnaires de tous ordres qui le servent un traitement suffisant et des garanties de justice. J --^5

Je m’attacherai particulièrement à faire aboutir les revendications des instituteurs, telles quelles sont formulées dans le projet des Amicales; lsEtat, qui assure aux enfants e droit de savoir, doit assurer aux maîtres le droit de vivre*

Nous devons soutenir également les réclamations des agents des postes, dont la tâche devient plus lourde chaque jour, à mesure que rinstruction se développe et que l'homme ressent davantage le besoin de répandre sa pensée* Je m’efforcerai de faire abouti! le projet Berteaux en faveur des employés es chemins de fer; enfin, je me j montrerai toujours le

défenseur obstiné de tous les employés, dont on se plaît trop à critiquer le nombre et les méthodes, mais qui, en face des conditions de plus en plus onéreuses de la vie, assurent chaque jour avec plus de peine, uue tâche qui s’élargit sans cesse à mesure que s’élargissent les attributions et le contrôle de l’État.

Je porterai aussi intérêt à la gendarmerie, à ce corps composé d’hommes auxquels, en échange d’un salaire de famine, on demande plus de qualitésqu’il n'en faut pour n’importa quelle autre profession. Le groupement des fonctionnaires en associations ou en syndicats me paraît un moyen heureux de faire prévaloir ces revendications. Waldeck-Rousseau définissait ainsi le droit syndical : appartenir à une même profession, se proposer un avantage professionnel, telles sont les deux seules conditions exigées -pour la formation d’associations permises dans les termes de la loi de 1884.

Il est donc incontestable que les fonctionnaires de toutes catégories ont le droit de fonder des associations, non pas seulement dans les conditions prévues par la loi de 1981, mais même dans la forme autorisée par la loi de 1884.

Le droit de syndicat a’estpas le droit de grève. Aueun gouvernement ne saurait admettre que ceux à qui il a confié, avec des garanties spéciales, la charge des fonctions publiques, puissent interrompre, à un moment donné, la vie nationale au profit de leurs revendications particulières.

Au point de vue politique, l’État doit tenir compte de la fidélité de ceux qui le servent et récompenser le dévouement aux principes républicains.

Si Je dévouement est une vertu, le loyalisme est un devoir. Le Gouvernement ne saurait tolérer que ceux à qui il a donné une parcelle de pouvoir public puissent mettre leur autorité au service d’une opposition.

Le Gouvernement a donc le droit de se renseigner par l’intermédiaire des agents responsables sur le loyalisme de ceux qu’il emploie, et sur leur attitude politique, à la condition formelle qu’il n’y ait pas de notes secrètes.

Là s’arrête le droit de contrôle de l’État : il doit respecter sans restriction la libre pensée des fonctionnaires hors de leurs fonctions. U ne saurait, en aucun cas, s’ingérer dans la vie privée des citoyens, instituer une inquisition et créer une catégorie de suspects.

Réformes judiciaires. Organisation de la justice. — 11 ne suffit pas de proclamer l’égalité de tous les citoyens devant la loi, si le recours aux tribunaux doit demeurer le privilège des riches. Je poursuivrai donc de tout mon pouvoir l’abaissement des frais de justice et la réforme des bureaux d’assistance judiciaire.

Pas plus que la justice ne doit différencier les citoyens suivant leur fortune, elle ne saurait les différencier suivant leurs fonctions civiles et militaires. Ils doivent trouver devant les tribunaux les mêmes garanties. Je demande la réforme du code de justice militaire.

Je pense que pour donner toute garantie aux justiciables, la magistrature ne doit pas être une fonction de classe'.

Il convient, en rétribuant les juges suppléants, d’assurer un recrutement plus démocratique de la magistrature.

Politique extérieure.

Politique nationale. — En 1791, la Révolution française inscrivait dans sa déclaration : tt La nation renonce à entreprendre aucune guerre dans la vue de faire des conquêtes et n’employera jamais ses. forces contre la liberté d’aucun peuple, n

Notre démocratie doit persister dans cette conception et continuer la politique d’entente cordiale qui l’unit aujourd’hui à la majorité des peuples.

Pacifisme ne veut pas dire désertion. Je réprouve nettement toute action qui aurait pour conséquence de diminuer la force de la nation en face de l’étranger.

I adiisme ne veut pas non plus dire abdication. La France doit maintenir avec assurance ses droits partout où ils somTeif causa.

Ce n’est pas en cédant tou jours , c’est en nous montrant puissante et décidés, que nous devons essayer de maintenir la paix du inonde.

Politique économique , — Nous ne saurions oublier que, depuis un demi-siècle, la lutte entre les peuples s’cst modifiée singulièrement. C’est dans le détail des échanges et des trafics que se décide aujourd’hui la destinée des nations. La lutte quotidienne des intérêts s’est substituée presque partout aux batailles d'années.

Notre diplomatie doit tenir compte de cette transformation. Elle doit mettre au premier rang de ses préoccupations Fétude approfondie des besoins économiques comparés eî s’efforcer de conclure des traités de commerce où les intérêts français soient mieux sauvegardés ,

Elle doit se souvenir aussi que l’industrie et le commerce sont les grands véhicules de l'influence d’une nation dans le monde et tâcher de protéger, mieux que par le passé, la fortune nationale partout où elle se trouve engagée, -

Enfin, nous devons nous efforcer de provoquer de plus en plus ces grands congrès internationaux où les savants, les marchands, les ouvriers viennent discuter leurs besoins et leurs aspirations. C’est la fusion désintérêts qui provoquera la fusion des peuples.

Politique coloniale , — La période des conquêtes coloniales est maintenant terminée; la France doit s’occuper exclusivement d'organiser son action dans les pays qu’elle a soumis. Elle ne doit chercher d’autre expansion que l’expansion économique,

La France ne doit pas oublier aux colonies les principes essentiels qui, de tout temps, guidèrent son action. Elle ne saurait sacrifier aux opérations commerciales la liberté des peuples placés sous sa protection. Elle doit faire participer les indigènes, non pas seulement la vie économique du pays, mais aussi à sa vie intellectuelle» a son enseignement, à ses institutions.

Politique scolaire et religieuse.

Considérant que Le droit de développer sa personnalité ne saurait être plus longtemps le privilège d’une classe, je veux la gratuité de l’enseignement à tous les degrés avec le recrutement des écoles par voie de concours.

Je présenterai au Parlement un projet de loi qui donnera aux écoles la personnalité civile et qui, en kur permettant d'acquérir et de recueillir des legs, développera l’inatruelion sans que les finances de l’État soient obérées trop lourdement.

M’inspirant des principes sacrés de la Déclaration des droits de l’homme, je veux la liberté religieuse avec la suprématie du pouvoir civil,

le yeux que chaque Français ait le droit de suivre la religion qu’il désire, et jamais je ne consentirai à voter une loi qui fermerait les églises, car cetce loi serait contraire à la liberté.

Voilà, en résumé, les réformes auxquelles j’ai Le désir de contribuer. Je pense que, quand nous Les aurons obtenues, notre société se sera rapprochée d’un plus grand bien-être matériel, moral et intellectuel.

Je me tiendrai constamment en communication avec vous, soit dans mon appartement de Guingamp, soit dans vos communes, où je ma rendrai souvent, et où sera déposé un registre sur lequel chaque habitant pourra inscrire toutes les demandes ou toutes les réclamations qu’il jugera utiles.

Le drapeau que je porte n’est pas le drapeau rouge de la révolution et du sang, ni le drapeau blanc de la chouannerie^ mais c’est Le drapeau tricolore que vos ancêtres ont planté sur les ruines fumantes de la Bastille, qu’en haillons ils ont promené au travers l'Europe contre les armées étrangères, dans lesquelles servaient les ancêtres de nos adversaires et qu’ilâ ne renient pas.

C'est le drapeau des grandes victoires républicaines» et c’est le drapeau qu’ils ont planté sur les barricades pour marquer la conquête de chacune de nos libertés.

Sur ces plis, ces trois mois sont inscrits : liberté, égalité, fraternité.

Tous mes elïorts tendront à la réalisation de cette devise sacrée.

Vive la République 1

G, DE KERGÜEZEC*

2° Circonscription de GUINGAMP.

M. OLL1VÏER.

Élu au l*r tour de scrutin. — 8. 315 voix.

Mes chers amis,

Du jour on vous m’avez fait Thonneur de me choisir pour votre représentant, j'ai considéré que je vous appartenais. Je viens donc vous demander si vous voulez me renouveler mon mandat, 11 n'est pas exagéré d’affirmer que, du verdict que prononcera la France le 6 mai, sortira le salut du pays ou la révolution sociale avec la continuation de la guerre religieuse.

Depuis dix ans, les sectaires qui se sont emparés du pouvoir ne l'exercent que pour organiser une société sans Dieu. Ils ne se sont pas aperçus qu’en démoralisant l’école par un enseignement païen et la conscience populaire parle spectacle d’injustices et de corruptions sans nombre, ils ont encouragé tous les éléments de désordre à ne plus s’incliner devant aucune autorité. Nous n'avons plus seulement à défendre nos idées, mais notre famille, notre bien, notre patrie, notre vie.

En ce moment, c’est l’excercice môme du culte, c’est la liberté sacrée de la prière qui se trouvent menacés par une loi d’apostasie nationale.

Vous en avez déjà vu îes premiers effets : vos églises envahies, leurs portes brisées et jusqu’aux pieds des autels, des bagarres sanglantes engagées contre les ûdèles accourus pour les défendre ; nos officiers, nos soldats, par un odieux abus, condamnés à participer à ces violences sacrilèges, qui les révoltaient, en même temps qu’elles indignaient douloureusement la conscience publique!

Demain, ce seront de nouvelles profanations plus graves encore, si vous ne vous y opposez pas, pour arriver, comme le veulent les ennemis irréconciliables de notre foi, à la fermeture et à la confiscation de nos édifices sacrés I

Voudrez-vous laisser accomplir une pareille œuvre de haine, qui ne tarderait pas à être suivie des excès les plus révolutionnaires, comme il y a ccnt ansï

Déjà, sous l’empire des excitations les plus malsaines, les attentats contre les personnes et les biens se multiplient dans certains milieux et dans certaines villes terrorisées par les eocia listes. Ceux-ci ne se bornent plus à réclamer, dans leurs congrès et leurs programmes électoraux, avec Y union libre, la suppression de la propriété privée et F expropriation générale de tous les biens. Ils agissent. Fédérés au nombre de 600, 0Ü0 en une vaste association révolutionnaire, la Confédération générale du travail, ils déclarent qu’ils ne veulent plus rien attendre des réformes pacifiques, et la grève générale, avec toutes ses violences, ses calamités et ses ruines, leur apparaît comme le seul moyen de terrasser la société actuelle. L’armée seule pourrait les arrêter. Ils s’efforcent d’y Caire germer l'indiscipline et la révolte*

Peu leur importe que la patrie elle-même disparaisse dans l’anarchie criminelle qu’ils préparent et tentent de réaliser.

C’est donc le fruit de votre travail, le bien-être que vous avez acquis par vos efforts accumulés, la sécurité de vos foyers, qui peuvent ainsi se trouver directement

aUeiEtSde pareils dangers nous tracent impérieusement notre devoir à tous. Nous devons, quelles qu’aient été jusqu’ici nos divergences d’opinion, nou3 unir, — et nous unir étroitement— dans un même sentiment de salut commun, pour qu’une majorité nouvelle, composée de libéraux et de patriotes, puisse enfui arracher le pays à la domination de sectaires et d’inconscients qui n’ont pas hésité à sacrifier toutes les forces vives de la nation à la

satisfaction de leur haine et de leurs intérêts.

Alors seulement pourra renaître l’ordre, avec un Gouvernement républicain au sens vrai du mot, soucieux de tous les progrès, mais aussi respectueux de tous tes droits et de toutes les libertés et fermement décidé à ne point pactiser avec l’émeute,

L’éducation morale et religieuse a été bannie de l’instruction populaire. La liberté de renseignement, sans restriction, devra permettre de l’y rétablir.

L’égalité devant la loi n’est plus depuis longtemps qu’un vain mot pour les catholiques, chassés de partout, victimes de toutes les injustices, soumis à la délation la plus odieuse, organisée et pratiquée, jusque dans le dernier des villages, par des délégués n’ayant d autre titre à la faveur des pouvoirs publics que leur bassesse. Ces honteuses pratiques d un gouvernement de guerre civile doivent enfin disparaître.

Il ne faut plus d’athéisme d’Etat, mais un ni uvel accord avec le Saint-Siège qui vienne nous restituer désormais la liberté de conscience et nous rendre la paix religieuse. Ce. ne sera que dans l’apaisement des esprits, ainsi réalisé, que le Gouvernement pourra faire aboutir les réformes politiques et sociales que le pays attend toujours.

Tous les esprits libéraux réclament :

La révision de la Consiilution, afin d’y inscrire nos libertés essentielles et 'de les garantir, comme en Amérique, contre la tyrannie d’une majorité de hasard, par l’institution

d’uu tribunal suprême; , , .

L’organisation de la représentation proportionnelle, avec le rcrutin de liste et le secret

Une meilleure répartition des impôts permettant de dégrever la propriété foncière en atteignant proportionnellement tous les revenus, sans inquisition, mais aussi sans

De l’ordre dans nos finances, la réduction du nombre des fonctionnaires et des économies, à la place du gaspillage qui nous ruine ;

Une décentralisation administrative méthodique, afin de donner aux departements et aux communes des pouvoirs et une liberté qui les affranchissent d’une tutelle inutile et trop

Et l’organisation de chambres d’agriculture, pour défendre plus spécialement les interets de chaque région, développer nos richesses agricoles et leur faciliter des débouchés.

11 n’est pas admissible non plus que les réformes légitimes réclamées depuis si longtemps par tous les travailleurs, tendant notamment à l’organisation définmve des retraites pour la vieillesse et d'ufie caisse de chômage, soient encore différées. Elles devront etre l’œuvre principale et devenir l’honneur de la prochaine législature.

Sur un pareil programme de liberté, de tolérance et de paix, tous les efforts peuvent s’unir. Rappelons-nous seulement toujours que, si notre démocratie ne peut vivre que par e progrès, le progrès ne saurait exister en dehors de la loi morale; et pour la grandeur meme de notre pays que .nous aimons tous, restons fidèles comme l’ont été tous les peuples forts, à ce triple et puissant amour de Dieu, de la patrie et de la liberté.

Louis OLLIVIER,

Député sortant.

lrc Circonscription de LANNION.

M. le marquis de ROSANBO.

Élu au 1er tour de scrutin. — 5.838 voix.

Messieurs et chers concitoyens,

Je vous disais déjà, il y a deux ans et demi, lors de l’élection législative partielle du 29 novembre 1903, que J a grande affaire d’alors, celle devant laquelle touleB les autres s’atténuaient et disparaissaient, c’était la défense sacrée de la religion, de la patrie et de nos libertés*

Ce langage, est-ce que je ne dois pas le répéter aujourd’hui avec plus de force et plus yde vérité que jamais?

j I st-ce que la loi du i juillet 19üà décrétant la suppression de l’enseignement congréganiste ; et celle du 9 décembre 1905, dite de la séparation, faisant suite l’nne et l’autre à un ensemble de mesures antireligieuses, ne prouvent pas aux plus aveugles et aux plus indifférents qu’une guerre est dirigée avec une méthode infernale, depuis vingt-cinq ans contre le catholicisme lui-mémeï Et pour ceux qui n’auraient pas compris, est-ce que les coups de hache donnés dernièrement pour enfoncer les portes de nos églises ; est-ce que les assauts livrés contre celles-ci pour y pénétrer et les sacs dont quelques-unes d’entre elles ont été l’objet ne sont pas faits pour faire tomber de dessus les yeux tous les bandeaux ?

Ou peut aujourd’hui être pour ou contre Dieu; mais on ne peut rester indifférent ni hésitant. Il faut se prononcer et le scrutin du 6 mai prochain a justement pour objet de vous forcer à voua déclarer pour ou contre la religion de vos pères, que la France officielle ^a apostasiée sans le consentement de la vraie France.

D’autre part, est-ce que la patrie elle-même n’est pas menacée, non seulement par une foule de causes, mais tout particulièrement encore par les pires doctrines s’exhalant publiquement parfois, dans les chants les plus honteux?

Et enfin, de nos libertés, que reste-t-il? N’ont-elles pas été tuées au nom de la liberté? Et est-ce que ceux qui, pour les avoir voulu défendre, ont été jetés dans des cachots ne sont pas là pour le dire?

En dehors de cela, une situation financière déplorable et effrayante, mise en relief dernièrement et d’une façon remarquable par un homme tel que M. Jules Roche et reconnue exacte par le Ministre des Finances lui-même; des promesses souvent répétées et jamais tenues; des lois trompeuses, prétendues réformes qui n’eu sont pas, voilà l’œuvre de la précédente législature*

Les sophismes et les déclarations intéressées ne peuvent rien contre ces faits,

À vous de dire, par un bulletin de vote, si vous les approuves ou si yqus les blâmez. '

Vos intérêts et vos devoirs sont en jeu*

La répercussion des choses politiques sur les choses privées n’est pas niable * il s’agit donc de la France et de LKglise d’abord ; et de chacun de nous, de nos femmes et de nos enfants ensuite*

Le vieux soldat que je suis ne saurait dans ces conditions déserter la lutte et si, comme je le pense, il a rempli sans défaillance au Parlement la mission que vous lui aviez confiée et qu il avait acceptée, vous lui renouvellerez, le 6 mai prochain, son mandat.

En votant pour moi, le 29 novembre 1903, vous aviez surtout, comme je Fai dit du haut oc la tribune a M* Combes lui-même, voté contre ce dernier; En votant pour moi 3e

6 mai 1006, vous voterez surtout contre la séparation de l'Église et de l'État, dont j’ai rejeté 18 Score Ici dans la vieille Bretagne catholique, qui ne se

88 rapi>8ll“t 88 ,ieille ‘‘e,i><"

Potius mort quant fœdari l Plutôt mourir que faillir !

Le Marquis de ROSÂNBO.

2* Circonscription de LANNION.

M. LE TROADEG.

Elu au l'r tour de scrutin. — 5. 969 voix.

Mes chers Compatriotes,

Vous Otas appelés, le 6 mai prochain, à élire votre dépoté : je viens a nouveau solliciter vos suffrages. Y0U3 m’avez fait le grand honneur de me

t-lomen. r'et.'en ^

Ce qoe j’ai fait jusqu'ici, je suis prêt a la faia ,ooiolir8 œ0„ travail eu

vous un homme dèbonuevd^.

enfants seront sous les drapeaux, . ... , infirmes et aux incurables,

J’ai voté la loi d’assistance obligatoire aux viedlards, au “ J assurant à tous ceux qui ne peuvent pas gagner leur vie par le travail

annuel de 60 francs au moins. . Tensions améliorant la

J’ai voté toutes les lois intéressant la Marine, augui t g à partjr jour de

caisse de prévoyance, faisant toucher aux demi-so ier chaque* campagne de grande

leur cinquantième année, faisant compter pour une année chaque campaQ

pêche en Islande ou à Terre-Neuve. . nrotéueant ses produits contre la

j'ai voté toutes les lois 'J*«t les sociétés mu-

concurrence étrangère, encourageant le C e g culture du lin et du chanvre,

Mettes contre la mortalité du bétail, accordant des **§«»«> lois exonérant les petils contribuables d“ J j’ |aPs 5ià„ totale des 28 jours

Si vous m’envoyez à la Chambre nouvelle, je voterai Pi

Ct ^Jevoteranà pension, à h 5 ans d’âge, des marins dn commerce réunissant 300 mois d

“Tette'rai la loi des ,e, rades ouvrières, .accordant 360 francs par an à tons ies ttavaiileurs des villes et des campagnes et aux petits fermiers âgés de 60 , -

Je voterai, comme je l’ai fait jusqu’ici, toutes les lois qui développeront le bien-être et la sécurité dans notre population agricole et maritime.

Mes chers Compatriotes,

Je vois venir avec une confiance absolue l’heure où vous allez rendre votre verdict, fe vais, comme toujours, à la bataille avec une grande tranquillité d’âme, celle que donne la certitude du devoir accompli*

Je suis sûr que vous ne vous laisserez pas tromper par tous les mensonges qu’on répand sur le compte des vrais républicains et particulièrement à propos de la séparation des Églises et de l’Ètat*

Celle loi, quoi qu’en disent nos adversaires, est une loi de justice et de liberté.

Elle assure la liberté de conscience bt garantit à tous les Français la faculté de pratiquer leur religion dans Iob églises de leur choix.

Ces églises et tout ce qu’elles contiennent sont données, pour toujours et gratuitement aux fidèles. 1

Les prêtres âgés de 60 ans toucheront, pendant toute leur existence, Jes trois Quarte de leur traitement* 4

Les prêtres âgés de 45 ans toucheront, pendant toute leur vie, la moitié de leur traitement*

Tous les autres prêtres seront payés pendant 4 ans, dans les grandes communes et pendant 8 ans, dans les communes comptant moins de Î.0OG habitants*

Les presbytères seront laissés gratuitement aux prêtres pendant 5 ans : après quoi ils leur seront loués au profit des communes* '

Les millions économisés sur le budget des cultes seront remis par l’État aux Conseils municipaux et affectés au dégrèvement de l’impôt foncier.

Ce sont nos cultivateurs qui en profiteront.

bitudif8 pr°CeS810nS auront lieu comme à l’ordinaire et les cloches sonneront comme d’haégli^es* 101 n0UVdie PUnit d’amende et même de prison ceux qui feront du désordre dans les

Eile punit, il est vrai, des mêmes peines les prêtres qui se serviront de la chaire pour prêcher la haine de la République et la désobéissance à ses lois. r

Est-ce là ce qui les gène?

, °U,ÜS s'0CCiJP3Ut Plus de religion et moins de politique ; ils y gagneront et nous ne leur demandons pas autre chose*

Mes chers Amis,

Ne vous laissez pas égarer par les mensonges que répandent, dans un but intéressé les ennemis de la République à la veille de toutes les périodes électorales; *

Ne vous laissez pas intimider par les menaces de ceux qui voudraient redevenir les maîtres, pour nous dominer comme autrefois*

-, Jf peup!e esl auj°urd’hui C0DSdent de ea force et de ses droits. Il va dicter sa volonté et il faudra bien que tous s’inclinent devant elle

“els ,ous' ^publicai» de 1, 2- drcODScriptto de L.e.iOD, «rai * il'P»1» ans un esprit de discipline si admirable, j'ai la cerlilude que nous m rchons une fois de plus a la victoire et que nous allons, au milieu des acclamations nopolaires, conduire le drapeau tricolore à son triomphe déünitif. P

LE TROADEC.

Circonscription de liOUDÉAC.

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