‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1906Chapitre 6 sur 280 · M. CECCALDI · texte numérisé non relu

M. CECCALDI

Élu au 2® tour de scruiin. — 7.172 voix.

Citoyens,

Votre ancien sous-préfet, que vous avez toujours honoré de votre estime et de votre sympathie, fait aujourd’hui appel à vos libres suffrages.

Désigné le 22 octobre, par l'ensemble des comités républicains de la première circonscription pour défendre le programme économique et politique de nos chères populations thiérachiennes, j’ai été chargé par la Fédération départementale d’abord, par le Comité exécutif du parti radical et radical-socialiste ensuite, de faire prévaloir les idées de progrès démocratique pour lesquelles vous luttez depuis plus de trente ans.

Cette mission est belle. Je l’accomplirai consciencieusement,

La tolérance m’a permis jadis de faire triompher nos idées dans certaines communes du Vervinois, acquises depuis très longtemps à la réaction; mon amour de la justice et de la liberté que j'ai toujours fait respecter, me donnera l’occasion de gagner définitivement à la République la grande majorité de notre corps électoral.

Citoyens,

Battus sur le terrain des idées, nos adversaires ont entrepris d organiser la lutte sur

des équivoques. . .... ’ .

Après avoir excité les passions des mécontents, Us ont prostitué la religion et déshonoré la patrie. Tout cela pour essayer de faire croire que nous sommes contre la religion,

contre l’armée et l’ordre de choses établi. .

J’ai autant que quiconque le devoir de parler de l’honneur de notre [pays. Car j’ai été soldat, et le temps que j’ai passé sous les drapeaux m’a donné, en toute justice, le droit de flétrir à la foie les dévoyés qui rêvaient de planter le drapeau dans le fumier elles officiers factieux qui ont pratiqué la désobéissance dans le rang.

Citoyens,

Partisan résolu de l'impôt sur le revenu et de la loi de solidarité sociale, qui doit procurer, par la seule intervention de l’État, une retraite à tous les vieillards indigents sans distinction de classe, je poursuivrai la réalisation du programme radical et radical-socialiste, que j’accepte intégralement.

Ainsi ils obtiendront satisfaction, tous ces employés de chemins de fer, tous ce» fonctionnaires, instituteurs, cantonniers, douaniers, facteurs, tous ces travailleurs intéressants que j’ai défendus par la parole et par la plume, parce que j’ai connu leurs misères et partagé leur détresse.

Toutes les questions qui intéressent notre bel arrondissement ont attiré mon attention lorsque j’étais sous-préfet. Elles seront l’objet de ma constante préoccupation si vous me faites l’honneur de m’élire.

Citoyens,

11 importe qu’on doiine.aux herbagers une protection que la loi de 1903 et la suppression des ports francs n’ont pas rendue suffisante,

le m’efforcerai sur ce point d’assurer la vente du bétail par la modification des traités de commerce qui gênent maintenant vos transactions, notamment avec la Belgique et l'Allemagne. Mes efforts tendront à faire compléter la loi de 1905 et surtout à assurer le vote de la loi Lucien Cornet, qui a pour but d’empêcher les falsificateurs de ruiner la santé publique et de concurrencer déloyalement tous nos fabricants de beurre.

En réservant le meilleur accueil aux mutuelles et aux syndicats agricoles, nos agriculteurs ont déjà bénéficié de futile concours du Gouvernement, J’aurai à cœur de continuer ma première propagande en assurant à tous les groupements agricoles, sans distinction d’opininn, des subventions suffisantes pour aider à leur complet développement,

La mutualité m’a toujours compté au nombre de ses défenseurs. Je lutterai demain comme hier à côté de tous ceux qui s’emploient à développer l’esprit de prévoyance, parce qu’on ne saurait jamais trop encourager le goût de l’épargne,

Gitoyens,

L’intérêt que j’ai toujours porté aux ouvriers, l’aide efficace que j’ai donnée aux agriculteurs, aux industriels et principalement aux petits commerçants ne m’oni jamais empêché d’accorder tout mon concours à une catégorie de travailleurs qui honorent notre arrondissement. Les vanniers ont béuèfidé jadîs*de toute ma bienveillance. Je leur donne l’assurance que leurs syndicats trouveront chez le député ce même accueil qui leur était réservé à la sous-préfecture.

J’ai à cœur de continuer dans l’intérêt de tous, la lutte que j’ai entreprise pour la construction du chemin de fer de la vallée de l’Oise, Par des démarches répétées et pressantes, fai obtenu avec la Commission de défense de ce chemin de fer, le vote de crédits importants et l’accomplissement des formalités nécessaires à la construction de cette ligne. En donnant à tous les riverains de l’Oise l’as3urance de continuer jusqu’au bout la campagne entreprise en leur faveur, j’apporte aux habitants de îa vallée de la Brune et aux populations desservies par les lignes de Ho mer y à Liart et Hi'rsun à Plomion, l^ffinnatioti d’un concours qui n^a jamais fait défaut à tous ceux qui sont légalement désireux de progrès et de bien-être.

Citoyen

Défimeeqfi dp, enAemi d& la dévolutions jft poursuivrai le. vote

des lois d’évolution que la dénirç, depuis longtemps. Et je. m’emploierai par

IJapplicatjipq ipesures, utiles que le radical Qt i;adical-socia liste réclame, Ui*ta minent,

k a^grqr le, irip/flpbq des id/éfis . généreuses, qjufl la, Révolution frMCWA a semées, dans Le ipqqjdp ût qu % qoju$. a voqs I e pxi mop mal devoir, défaire. gétmer dans notre; pays*

Citoyens,

Nos adversaires ont^ formé um bloc. IL comprend* tous les monarehi&teBs lefif bonapartistes, les partisans de- 1 ^congrégation et les organisateurs de complots. Il devient menaçant pour la République.

Vous aurez à coeur de maintenir intact le Bloc républicain, afin de montrer au pays, que voua savez être unis, et que vous n’hésitez jamais à oublier les querelles personnelles, orsqu il s’agit de l’intérêt supérieur du peuple et la République.

Vive la République démocratique et sociale.

Pascal CECCALDI,

Ancien sous-préfet, avocat à la Cour d’appeî de Paris, Candidat unique du Comité exécutif du parti radical et radical-socialiste, de la Fédération départementale de PAisne et des Comités de la 1” circonscription de Vervins,

2* Circonscription de VERVINS

M. HÀUET

Êiu au 26 tour de scrutin# — 6,853 voix.

Mes chers Concitoyens,

Répondant à l’appel de mes amis politiques, je viens solliciter l'honneur de vous repré] senter à la Chambre des Députés,

Enfant de ce pays, vivant sans cesse au milieu de ses habitants qui me connaissent pour la plupart, je ne m'attarderai pas à vous renseigner sur moi-même, sur mes origines# sur ma vie.

Mais il importe à la sincérité même de la consultation électorale que tout candidat prenne nettement parti au point de vue de son orientation politique* En ce qui me concerne, je ne veux pas qu’on puisse jamais me reprocher d’être l’homme d’une équivoque quelconque.

J’appartiens au par ti républicain radical, SI vous m’accordez la majorité de vos suffrages, j’irai siéger au milieu des élus se réclamant du Comité exécutif du parti, à côté de mes amis Morlot et Magniaudé, Avec eux, je m’attacherai à maintenir toutes les conquêtes de la République et je défendrai sans faiblesse nos institutions démocratiques contre les assauts répétés de la réaction sous quelque masque qu’elle apparaisse.

Je m’opposerai résolument à tout retour offensif de nos adversaires au sujet de la loi de séparation et plus énergiquement encore à toute tentative ayant pour objet de renouer le lien, aujourd’hui à tout jamais rompu, qui unissait l’Église et l’État. L'œuvre d'affranchissement laïque de la dernière législature est surtout importante en ce qu’elle anéantit l’un des plus redoutables éléments de résistance au travail d’émancipation sociale, qui est à la fois le but et l’honneur du Gouvernement républicain,

Iï appartiendra à la prochaine Chambre de rendre définitive la solution de la question des retraites, c’est-à-dire d’assurer au travailleur le pain de ses vieux jours. Je prends rengagement de voter cette loi de solidarité humaine conformément au projet adopté par la Chambre dans sa dernière session.

D’urgentes réformes fiscales concernant l’impôt si injustement réparti* de nombreuses réformes dans les domaines administratif et judiciaire, où subsistent encore des pratiques dfun autre âge* ont été trop longtemps ajournées, L’étude en a suffisamment duré, il convient de les réaliser à cette heure.

L’impôt sur le revenu devra surtout être établi. le le voterai, parce que j’estime qu'il est équitable* plus près de la vérité, plus près de la justice qu’aucun autre système fiscal. Et, d’ailleurs, je ne vois pas pourquoi la France le condamnerait par anticipation, alors que depuis longtemps ü existe en d’autres pays où son application ne soulève ni difficultés ni récriminations. Au surplus, l’impôt sur ie revenu est une réforme démocratique qui s’impose, qui soulagera l’humble travailleur de l’usine et des champs* demandant simplement à celui qui possède de payer un peu plqs cher sa part privilégiée d’un bonheur qu’il est matériellement impossible à aucune organisation sociale de distribuer individuellement.

11 importe encore de ne pas enrayer, par des mesures rétrogrades, le mouvement syndicaliste né de la loi si libérale de 1884, et je prétends qu’il ne faut point en exclure les fonctionnaires, même ceux de l’État, qui ne détiennent la moindre parcelle de la puissance publique.

Quoique fidèlement attaché au principe de la propriété individuelle et, par suite, me séparant nettement de la doctrine collectiviste, j’estime que la République doit faire une politique sociale qui assure k tous les citoyens, avec la plus grande somme d’égalité possible, la part de sécurité et de bien-être à laquelle chacun a droit.

Je réprouve les théories qui tendent à détourner de leur devoir patriotique les soldats de la nation; friais j’entends que-soit maintenue en toutes circonstances la suprématie du pouvoir civil sur le pouvoir militaire, et que les actes d’indiscipline, à quelque degré de la hiérarchie qu’ils se produisent, soient réprimés par une loi commune si elle doit être inexorable.

Je veux une politique résolument pacifique et prudente au dedans comme au dehors, parfaitement conciliable d’ailleurs avec la défense énergique de nos intérêts et le souci de l’honneur du nom français.

Au point de vue économique, je suis partisan de la doctrine protectionniste, et je voterai avec empressement toutes les lois susceptibles de venir en aide au petit commerce, à l'industrie, à la culture.

Mes efforts tendront à faire activer la construction de la ligne de chemin de fer de Guise à Hirson, qui est indispensable aux habitants de la vallée de l’Oise et sera pour cette région laborieuse un élément certain de prospérité.

Si vous faites de moi votre député, je remplirai avec fidélité mon mandat républicain, Mon suffrage ira s’ajouter à ceux de cett e vaillante phalange de démocrates qui a déjà fait de très grandes choses et qui en fera de plus grandes encore, si tous les éléments de gauche savent rester unis dans l’avenir comme par lé passé.

Veuilles agréer, mes chers Concitoyens, l’assurance de mes sentiments les plus dévoués.

Albert MUET,

Conseiller général du canton du Nouvion.

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