‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1906Chapitre 5 sur 280 · FRANÇOIS HUGUES · texte numérisé non relu

FRANÇOIS HUGUES

Député sortant,

Candidat républicain anticollectiviste.

2e Circonscription de SAINT-QUENTIN

M. Jules DESJARDINS Élu au 1er tour de scrutin. — 8.586 voix.

Mes chers Concitoyens,

Depuis plus de douze ans, votre confiance m’a chargé du grand honneur de vous'représenter à la Chambre des Députés ; je vous remercie une fois de plus d'une pareille preuva de sympathie et de confiance.

Je me présente devant vous à nouveau, apportant comme gage de mon dévouement à défendre vos intérêts ma conduite passée.

C’est sur des actes qu’on juge ies hommes.

Vous direz si j’ai bien servi votre cause.

Inutile de vous faire des promesses, car vous savez que je ne suis pas de ceux qui changent de visage ou d’attitude.

Mon concours est acquis à tous, je consacre à remplir te mandat que vous m’avez confié, mes forces, mon activité et ma bonne volonté ; ce que j’ai été hier, je le serai demain.

J’ai donné au Gouvernement de la République le concours le plus loyal et le plus désintéressé, n’épargnant ni mon temps, ni ma peine, ni mon travail, mettant à son service et pour le bien de mon pays tout mon dévouement.

J’ailuttô sans compromission d’aucune sorte contre la politique du bloc qui menace vos droits, vos croyances, et vos intérêts les plus chers.

J’ai repoussé de toutes mes forces la loi de séparation des Églises et de l’Etat, loi de discorde et de haine, qui, dans la pensée intime de ceux qui l’on votée, aboutira bientôt à la fermeture de la plupart de vos églises.

J’ai voté la réduction du service militaire à deux ans, qui fait disparaître une des inégalités qui pesaient le plus lourdement sur la population laborieuse de nos campagnes ; mais j’ai protesté avec indignation contre l’oeuvre de désorganisation entreprise contre l’armée en la livrant à la pire propagande de l’antimilitarisme et aux atteintes encore plus dissolvantes des délateurs.

J’ai voté la loi d’assistance obligatoire aux vieillards et aux infirmes et celle organisant la Caisse des retraites ouvrières constituées avec le concours du travailleur, du patron et de l’État et en utilisant, de la manière la plus large, l’action si bienfaisante des sociétés de secours mutuels .

Voilà ce que j’ai fait dans l’intérêt de la démocratie laborieuse.

C’est ainsi que je continuerai, si vous me renouvelez votre confiance, résolu à donner i mon pays tout ce' que j’ai de courage, de force et d’intelligence.

Je travaillerai avec passion, à rétablir entre tous les Fiançais la paix et la concorde ; seule la réconciliation par le respect des consciences, par la justice et la liberté, peut sauver notre cher pays des dangers qui le menacent.

Partisan de la liberté des syndicats professionnels et de l’organisation des conseils du travail, je ne veux pas que ces instruments d’émancipation et de conciliation se tournent en moyen d’oppression de la liberté du travail ; je répudie toute compromission avec les collectivistes, les ennemis de l’ordre social et de la propriété.

Je lutterai, comme par le passé, contre le rétablissement de Pinique privilège des bouilleurs de cru, la taxe différentielle sur les alcools et l'injuste loi sur les boissons qui, faisant payer au nord la rançon du midi, écrase nos débitants sous le poids de la licence.

Je suis partisan de toutes les mesures qui assurent la protection efficace des produits de la terre, qui frappent la spéculation en supprimant les marchés a terme fictifs et qui, par des pénalités sévères contre les accapareurs, empêcheront que les cours ne soient faussés au préjudice aussi bien des consommateurs que des producteurs.

Vous connaissez mon dévouement à Pm du strie de notre région, notamment de la broderie qui a pris un si heureux développement dans notre contrée? j’ài proposé dernièrement la modification de notre tarif général des douanes concernant cet article et le principe en a été admis par le Parlement*

Les charges qui pèsent sur les contribuables excédent aujourd'hui leurs forces ; il serait grand temps de revenir à cette formule que je ne me lasserai pas de répéter : ni impôts nouveaux, ni emprunts.

Puisse la Chambre future comprendre la grandeur de sa tâche !

Qu'elle s'applique à pacifier le pays, à réparer les fautes commises, à réaliser les réformes qui sont prêtes, elle aura bien mérité du pays.

Je reste votre serviteur dévoué, et permettez-moi d'ajouter votre sincère ami.

Vive la France I Vive J a République !

- Jules DESJARDINS*

Circonscription de SOISSONS M* MAGNIAUDÉ

Elu au lwtour de scrutin. — 8.891 voix.

Chers concitoyens,

J’ai l'honneur de solliciter vos suffrages pour l'élection législative du 6 mai prochain.

Vous m'avez vu à l'œuvre depuis huit ans. Vous avez pu constater que je me suis toujours efforcé de faire aboutir le programme sur lequel vous m'avez élu et qui se trouve réalisé en très grande partie et, plus particulièrement, par la diminution des frais (le justice, — par la loi établissant le service militaire égal pour tous, — par l'assistance aux vieillards, infirmes et incurables, — par la séparation des Églises et de l'État, — par le vote du principe des retraites ouvrières, qui a reconnu et proclamé le droit à la retraite pour tous les vieux travailleurs*

La marche constante de l'esprit humain vers un idéal de justice et de fraternité me fait un devoir d'élargir mon programme.

C'est, en effet, par de nouvelles lois de solidarité sociale que nous éviterons la lutte de classes; que nous garantirons et la paix intérieure et notre indépendance et notre rang à la tête des nations.

C'est pour la réalisation de cette grande œuvre que je fais appel à la collaboration de tous les républicains sachant mettre au-dessus de tout leur amour du peuple, de la justice

et de ta liberté, pour commuer la lutte contre tous les réacteurs, les cléricaux et le» égoïstes, qui ont toujours ouvertement ou obliquement combattu une République vraiment digue de ce nom.

Oui, les adversaires de la République ont toujours eu recours aux mêmes procédés qui consistent à alarmer le pays pour le porter aux décisions les plus irréfléchies, Ils cherchent aujourd’hui encore, par leurs artifices accoutumés, à reconquérir îe pouvoir pour rétablir un Concordat avec Rorne et rejeter notre pays dans l’obscurantisme.

]1 faut nous unir, nous républicains, nous fils de la Révolution, contre tous les partis rétrogrades et lutter pour le triomphe des sentiments d’équité et d’humanité. C’est par la justice et la bonté, que nous augmenterons la valeur morale et matérielle de la France, qui s'élèvera sans cesse dans une paix faite de dignité, de fierté et de grandeur.

Vive h France!

Vive la République!

E. MÀGNIÀUDÉ,

Député sortant,

Républicain démocrate,

Candidat des fédérations républicaines, radicales et radicales-socialistes du département de l’Aisne et de l’arrondissement de Soissona.

1* Suppression des quatre contributions directes et leur remplacement par un impôt aur le revenu sans déclaration pour tous les revenus au-dessous de té. 000 francs par an.

2. Suppression du Sénat, ou tout au moins son élection par le suffrage universel,

3. Extension des pouvoirs de» assemblées départementales et communales.

4. Extension de la loi sur les accidents du travail à tous les ouvriers agricoles.

5. Suppression totale des frais réclamés aux ouvriers et employés pour la saisie-arrêt sur leurs salaires.

6. Établissement d’un impôt de 0 fr. 50 par jour et par ouvrier étranger employé. Le montant de cette taxe devra être versée par ies employeurs à la caisse du chômage involontaire.

7. Protection du travail par l'extension des syndicats professionnels.

Retraites ouvrières sans versement obligatoire des ouvriers et des patrons,

9* Suppression des prestations sauf celle des chemins ruraux restant à la charge des communes.

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