‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1906Chapitre 63 sur 280 · A. SI MON ET · texte numérisé non relu

A. SI MON ET

Député sortant,

Candidat radical-socialiste.

Circonscription do BOURG ANE UP.

M. DIÎSFARGES.

Elu au 2“ tour de scrutin. — 4.7A6 voix.

Mes chers concitoyens,

Le mandat que vous m’avez confié il y a quatre ans est expiré. Eu dépit des calomnies et des injures dont me couvrent mes concurrents, je viens vous en demander le renouvellement, parce que j ai fait mon devoir sans défaillance, et que je reste aujourd’hui, comme par le passé, disposé à le faire tout entier.

Les basses flatteries me répugnent, comme les querelles de personnes, qui sèment la division et la haine, sans rien ajouter au progrès social.

Vous ne trouverez donc ici, mes amis, ni folles promesses, ni violences, ni injures. Ces armes favorites à mes concurrents, ne sont pas les miennes, parce que j’appartiens à notre raoe honnête et loyale, pour qui le mensonge est une lâcheié, et les fausses promesses mie trahison. Avec votre indépendance et votre clairvoyance, vous comparerez votre député, que vous connaissez par ses actes, avec ses adversaires criards dont vous ne connaissez que les vaines paroles.

La législature qui prend fin est une de celles qui compteront toujours dans l’histoire de notre chère République démocratique. Des réformes d’une im(>ortance exceptionnelles y ont été réalisées : les unes, comme la loi sur l’assistance aux vieillards et aux invalides du travail, applicable dès à présent et obligatoire dès le 1er janvier 1907, fa toi du service militaire de deux ans, égal pour tous, la loi sur les retraites ouvrières ei paysannes marquent un grand pas vers l’idéal de justice et d’humanité que nous poursuivons, parce qu’elles touchent directement les humbles, les faibles, les déshérités de 1 =. fortune. Les autres ont une haute portée politique, et dans ce domaine, la séparation des Églises et de l’Éfta t a donné à celui-ci l’indépendance d’une personne morale qui veille à la bonne organisation et à la marche régulière des grands services publics, sans s'immiscer dans la conscience des citoyens, libres de croire, ou de ne pas eroire, libres d’avoir une religion ou de ne pas en avoir.

Ce sont maintenant les réformes économiques et sociales qui doivent être, à mon sens au premier rang du programme de la Chambre prochaine. Voici à mon avis les plus urgents problèmes que la législature de 1906-1910, aura à trancher, pour être fructueuse à

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impôt progressif sur le revenu, et suppression de la contribution personnel !e-mobi Itère ; suppression de l'impôt sur les portes et fenêtres, modification complète de U loi des patentes en faveur du petit commerce.

Allégement général du budget écrasant de la France, par de sérieuses économies et en proscrivant toutes dépenses nouvelles et inutiles ; réduction des gros appointements.

Protection vigilante et efficace de l’agriculture, en consacrant notamment une large part du budget de l’agriculture aux subventions accordées par l’État aux caisses de crédit agricole ; création d’écoles professionnelles et de chambres consultatives.

Extension aux petits cultivateurs, fermiers et métayers, de la loi sur le crédit agricole. Extension de la constitution du bien de famille insaississable, afin de préserver la famille agricole de la noire misère, eu lui conservant toujours un moyen d existence.

Extension du système des achats directs par l'administration de la guerre, avec payement comptant des denrées.

Refonte de la législation de la chasse.

Développement de la juridiction des conseils de prud’hommes agricoles, et refonte de la législation de 1892 sur la conciliation et l’arbitrage dans les différends entre patrons et ouvriers.

Toutes ces questions, présentent un double caractère d’urgence et de gravite; eues constituent un vaste champ ouvert à toutes les intelligences et à tontes les bonnes volontés.

Et combien sont plus pressantes encore, mes chers concitoyens, les réformes et améliorations d’ordre purement social, celles qui sont imposées, par la nécessité d établii plus de justice dans la situation de ceux qui travaillent sans amasser, à côté de ceux qui amassent sans travailler.

Ici se posent les plus graves problèmes sociaux, les résoudre tous, ce serait trop promettre, mais ce qu’on peut et ce qu’il faut, c’est y travailler, c’est introduire plus d’équité et plus de sécurité dans les rapports du travail et du capital :

Par une rémunération plus exacte et plus juste des services rendus ; par l’établissement rigoureux du repos hebdomadaire ; par des tarifs minimum et une limitation des heures de travail dans La grande industrie et les travaux publics des communes, des

départements et de L'État. - .

Par des garanties données auxtravailleurs contre la multitude des risques sociaux :malaaies, vieillesse, invalidité, chômage, etc., etc. Ce chômage, plus terrible encore que la maladie, n'est pas un problème sans solution : la limitation de la journée de travail, une participation plus active de l'État aux sacrifices consentis par les associations et les communes, doit en avoir raison.

Ce qu'il faut, et ce que la Chambre prochaine fera en consacrant la meilleure partie de son temps aux œuvres de prévoyance, d'assistance et de mutualité, c’est l'organisation complète de l'assurance des travailleurs et ^application définitive des retraites ouvrières

paysannes. , ,

Le prolétariat ne vit pas de mots, ü a besoin de réalités bienfaisantes et non de

sophismes et d'illusions décevantes.

Tel est, résumé, le programme démocratique et social qu'il importe de réaliser par le

travail opiniâtre et la paix intérieure. ^

Point d'aventures césariennes, qui nous ont coûté tant de sang, d'humiliations et d argent; point d'agitations inutiles et funestes an pays, aux travailleurs eux-mêmes, et au développement normal de la République.

Ce programme est celui de la démocratie tout entière ; vous l'approuverez en m accordant vos suffrages.

C'est le programme des travailleurs et des humbles ; le détendre avec toute mon énergie et tout mon cœur, comme je l'ai fait jusqu'ici, c'est Punique promesse que je vous fais. Je la tiendrai aisément, parce que, enfant du peuple, je n'oublierai pas mon origine, je resterai toujours avec le peuple, qui est la force de la France et de la République.

Ne vous laissez pas berner par toutes les promesses faciles à faire ; éloignez-vous des

flatteurs, que leurs opinions intermittentes transforment en mauvais serviteurs de Ja démocratie, et qui ne craindraient pas de faire de la République la servante de leurs appétits et de leurs intérêts personnels.

Mes chers concitoyens,

J’ai beaucoup lutté et depuis longtemps ; c’est une raison pour être beaucoup calomnié et haï par quelques personnalités que l'ambition fait agir ; mais descendez au fond des injures et des haines, vous ne trouverez rien qui vaille la peine d’être retenu contre moi; votre bon sens, votre clairvoyance et votre droiture feront justice des diffamations et des basses calo unies dont je suis l’objet.

Je su >s resté ce que j’ai toujours été, l'ouvrier, l’ami et le défenseur des droits des travailleurs. Vous ferez justice aussi des attaques qui no manqueront pas de se produire à la dernière heure et auxquelles je ne répondrai pas, m’en remettant à votre clairvoyance.

Vive la République démocratique et sociale i

Antoine DESFÂRGE3, député, candidat républicain socialiste

Circonscription de BQUSSAC.

M. Jean JUDET.

Élu au 2e tour de scrutin. — 5.075 voix.

Mes chers Concitoyens,

En 1902, je me suis présenté a vos suffrages avec un programme que je soutiens depuis que je suis mélê à la politique, — et il y a déjà bien longtemps.

Certaines parties de ce programme ont abouti : le service de deux ans pour tous, la séparation des Églises et de l’État, l’extension de la compétence des juges de paix, l’assistance aux vieillards et aux incurables, 11 y a aussi les retraites ouvrières et paysannes, votées à la Chambre et qui, pour être définitivement accomplies, doivent passer au Sénat.

Citoyens, vous savez tous que j’ai voté toutes ces réformes.

Mais il en est d'autres, que la législature qui finit n’a pas eu le temps de réaliser. Inscrites pour la plupart dans mon précédent programme, je leur donnerai tout mon appui si vous me renouvelez votre confiance.

Ces réformes sont les suivantes :

1° Etablissement d’un impôt progressif sur la fortune tant mobilière qu’immobilière ;

2° Rachat des chemins de fer par l’État;

3" Suppression des 13 et 28 jours;

Diminution des gros traitements et du nomb re des fonctionnaires, sauf ceux appartenant à renseignement, aux postes et aux?travaux publics ;

5’ Établissement de certains monopoles d’État (mines, alcools, pétroles) susceptibles de donner des bénéfices pour accomplir les réformes humanitaires d’assistance et de retraite

aux ouvriers et aux déshérités ;

Maintien de la bonne situation agricole actuelle ;

7û Suppression du cumul dea fonctions électives ; . , *

8° Nomination du Sénat par des délégués plus nombreux, élus au suffrage universel et

V0UÎ rnstmcUon3 intégrale des enfants du peuple faisant preuve d’aptitudes spéciales et reconnues, et création de bourses pour les pousser aux plus hautes études ;

10» Entente internationale pour l’établissement d’un tribunal d arbitrage, afin de ]u„er

les différends entre nations et prévenir les conflits armés. . .

Par deux fois vous avez confié à deux hommes, sortant des travailleurs, a mi VOUS représenter à la Chambre des Députés. Ils n’ont jamais failli au

tique. Si vous me continuez votre confiance, je ferai comme par le passé ]e resterai le sincère républicain n’ayant d’autre but que de faire aboutir Ips réformes que le parti radical préconise depuis longtemps et que la dernière législature a commencée .

Citoyens, aux urnes, pas d’abstentions, et vive la République démocratique et

sociale.

Jean JODET,

Député sortant.

Maire de Lavau franche,

Candidat républicain radical-socialiste.

A une question posée à Cbàtelus pour me demander si j’étais partisan de la substitution de la voie d’un mètre à la voie normale pour le chemin de fer de Budehôre a ^ufranche et de la continuation de cette ligne par Boussac, Clugnat Cbàtelus et Bonnat j a. répondu avec la plus grande franchise, comme j’ai l’habitude de faire en toutes Circonstances, qu , j ferai tout mon possible pour que le tronçon de Budelière a Lavaufranche sou établi k voie normale et que je suis tout à Tait partisan d’une ligne allant de Boussac a Clugnat, Cbàtelus,

Bonnat, etc., etc.

Circonscription de GUÉRET.

M. DEFDMADE.

Elu au l“r tour de scrutin. — 17.057 voix.

Mes chers Concitoyens,

La Chambre qui va disparaître a réalisé une œuvre féconde : la dissolution des congrégations non autorisées, la laïcisation de l’enseignement primaire, le sernee mihtaiKi.de deux ans égal pour tous, l’assistance aux'incurables et aux infirmes, et enfin la séparation ( pt de l’Etat oui marquera une date dans notre histoire.

Ces réformes ont été votées grâce à la concentration de toutes les forces républicaines

et à l'énergie de M- Combes, qui fut Président du Conseil pendant !a plus grande partie de cette législature.

Ayant eu l'honneur de faire partie do Bloc de gauche, m'étant rigoureusement conformé à ma profession de foi de 1902* je viens de nouveau vous demander vos suffrages* afin de continuer l'oeuvre commencée, en votant les réformes inscrites au programme radicalsocialiste, et notamment les deux plus importantes ; les retraites pour tes travailleurs de l'agriculture et de l'industrie et l'impôt progressif et global sur le revenu*

Les retraites ouvrières seront l'accomplissement d'un devoir de solidarité sociale* ei l'impôt sur Je revenu apportera pins d'équité dans la répartition des charges qui pèsent surtout sur les petits contribuables. 11 sera le grand dégrèvement des campagnes, car il sera un impôt de remplacement* et H permettra de supprimer des taxes depuis longtemps condamnées; prestations* portes et fenêtres, contribution perso une Ile-mobilière. En outre, il aidera k alimenter la caisse des retraites ouvrières.

La République a introduit de grandes réformes dans Renseignement primaire et dans Renseignement supérieur. La prochaine assemblée devra étudier les moyens de démocratiser renseignement secondaire et d'ouvrir les portes de nos lycées aux élèves de l'école primaire qui sont doués d'une intelligence d'élite et dont l'instruction reste souvent inachevée, faute de ressources pour les frais d’études.

Parmi les nombreuses questions qui devront appeler l'attention de la future Chambre, je citerai notamment :

L'étude des questions sociales dans le sens de la justice et de. l'amélioration du sort des ouvriers de l'agriculture et de l'industrie ; salariat, participation aux bénéfices* conditions du travail ;

La suppression des conseils de guerre en temps de paix ;

La réduction de la durée des périodes de 28 jours et la suppression de celle de 1 S jours;

La suppression des sous-préfectures et des petits tribunaux et la réduction des frais de justice ;

La réduction des gros traitements et l'amélioraiion de la condition des petits fonctionnaires;

La diminution du montant des patentes des petits commerçants et l'augmentation de celles des grands magasins, qui leur font une concurrence désastreuse ;

Le vote par correspondance des émigrants, conformément à une proposition de loi que j'ai déposée à la Chambre et qui deviendra d'une application facile, lorsque le vote sous enveloppe aura été adopté pour toutes les élections ;

L'élection du Président de la Chambre et du Président de la République au scrutin public et par appel nominal, afin que les électeurs connaissent les votes de leurs représentants ;

Le vote personnel des députés et la suppression du vote par procuration;

En ce qui concerne le droit de chasse, la création d'un timbre-permis* dont l'apposition sur un carnet spécial autorisera l'exercice de la chasse pendant une journée. Le prix du timbre serait fixé à cinquante centimes.

La Chambre prochaine sera appelée à discuter le rachat des chemins de fer, en commençant par l'Ouest et le Midi* et à étudier certains monopoles d'État, notamment celui de la rectification de l'alcool, auquel il sera possible de demander une partie des ressources nécessaires aux retraites des travailleurs.

L'énumération qui précède pourrait être plus longue. D'une façon générale, je suis partisan de toutes les réformes démocratiques de nature à améliorer le sort des travailleurs et à accroître leur bien-être matériel et moral.

Gardien vigilant de tous les intérêts qui me sont confiés* je rechercherai les meilleurs moyens de favoriser la prospérité du commerce et de l'agriculture, qui est la grande industrie de notre arrondissement.

Je désire avant tout que le régne de la paix soit assuré et consolidé et que les différends internationaux soient réglés par des conférences comme celle d’Àlgésiras*

Membre du bloc républicain radical-socialiste, sans aucune compromission avec les partis réactionnaires, je fais appel à tous les sincères républicains, pour déjouer les manœuvres de Fiction libérale, dont le but est de faire échouer tous les députés qui ont fait partie du Bloc et ont voté la séparation.

Electeurs,

Vous connaissez le piège qui yous est tendu. Vous saurez l'éviter en faisant triompher, au premier tour de scrutin, ma candidature, qui est surtout une candidature de principe* La loyauté avec laquelle j'ai rempli mon mandat est pour vous la garantie que je continuerai, d accord avec mes amis du Bloc radical-socialiste, à marcher dans la voie des réformes démocratiques.

Vive la République démocratique et sociale 1

A. DEFÜMADE,

Député sortant.

Vice-président du Conseil général de la Creuse,

Membre du Comité exécutif du parti radical-socialiste.

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