‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1906Chapitre 64 sur 280 · DORDOGNE · texte numérisé non relu

DORDOGNE

lre Circonscription de BERGERAC.

M. de LA BATUT.

Élu au 1er tour de scrutin. — 9.246 voix.

Mes chers Concitoyens,

Désigné par l’unanimité du congrès républicain, je viens, pour la sixième fois, Bolli-

CUerje°ie fais avec confiance, car je sais combien vos idées, vos aspirations répondent aux .

^Tpuis que vous avez bien voulu me confier le drapeau de la République, c’est par des majorités toujours plus considérables que vous m’avez envoyé à la Chambre des

DéPUEQSme donnant cette marque d’estime vous avez voulu montrer combien une pohtiqne nettement républicaine el résolument réformatrice, en même temps que sage et] avait assis dans notre arrondissement la République sur des bases indestructibles. ,

La législature de 1902-1906 comptera parmi les plus laborieuses et les réformes qu elle a pu accomplir sont considérables :

La réduction du service militaire à deux ans ;

La loi sur les juges de paix;

La loi d’assistance aux vieillards infirmes et incurables;

La loi i-ur les retraites ouvrières et paysan es actuellement au Sénat;

L’abaissement du prix du sucre de près de moitié ;

La réduction du prix des timbres-postes de 0 fr. 15 a 0 fr. 10;

Enfin la loi sur la séparai ion des Églises et de l’État, imposée par 1 attitude de la

papauté à l’égard du Gouvernement de la République.

A cette occasion,, les adversaires de la démocratie s’efforcent, par des sophismes et des calomnies, de troubler vos consciences, comme si la séparation était une nouveauté e qu’elle n’existât pas depuis longtemps déjà dans d’autres pays tels que la Suisse, la

Hollande, les États-Unis, le Mexique, le Brésil, etc.

Ces adversaires dénaturent avec une mauvaise foi évidente, au profit d un intérêt parti, la formalité des inventaires, formalité conservatoire et nécessaire, prise dans inter

des fidèles et réclamée par l’opposilion elle-même.

Vous ne serez pas dupes de ces manœuvres car vous savez que je suis, autant que qui que ce soit, respectueux de la liberté de conscience et que je n’ai jamais voulu faire fermer aucune église, ayant même fait obtenir des subventions pour la plupart d entre elles.

Pour nia part, je ne puis croire antilibérale une loi qui laisse aux fidèles 60.000 églises à perpétuité ; 3 a jouissance de 500 millions d’immeubles dont 50.000 hectares de terre et assure à 38.000 prêtres des pensions à vie ou des allocations temporaires d’une durée de huit ans, dans les communes de moins de 1 .000 habitants; cette loi fait aus^i l'abandon du budget des cultes aux communes, J’espère, au contraire, que, loyalement appliquée, elle mettra fin à des luttes regrettables et nous permettra d’aborder Pœùvre sociale et économique dont l’examen et la solution s'imposent à la prochaine législature,

À côté de cette œuvre sociale, il faudra d’abord alléger le budget, réaliser des économies, proscrire des dépenses nouvelles. Il faudra aussi assurer une répartition plus équitable des charges fiscales pour dégrever les contribuables peu fortunés et les familles nombreuses.

Enfin, ne négligeant aucun intérêt, je continuerai à être pour la création du permis de chasse journalier, pour le développement et ^affranchissement de toutes les initiatives privées.

il ne suffit pas de rendre la vie plus douce à la classe la plus nombreuse, il faut, en même temps, développer nos richesses nationales, mettre en pleine valeur l'admirable situation de notre sol et faciliter les progrès de notre agriculture, de notre industrie et de notre commerce.

Nous ne devons pas oublier que le respect de la propriété individuelle, îe maintien de l’ordre dans la rue, l'observation stricte de la discipline dans l’armée sont les bases essentielles de tout progrès et de toute prospérité.

Le premier devoir de toutJ3ou\ernemenf est donc de faire respecter la loi par tous les citoyens.

Ni réaction, ni révolution, telle doit être notre devise.

Voilà, mes chers concitoyens, la tâche réformatrice et démocratique qui s’offre à vous pour la prochaine législature.

Les républicains, j’en suis sur, grâce à leur union et à leur sagesse, sauront accomplir dans la paix intérieure et extérieure cette œuvre de patriotisme, de justice et de fraternité.

Le passé du parti républicain vous est un sur garant que seul il peut mener à bien cette œuvre considérable.

Vous ne sauriez oublier en effet, malgré les attaques violentes de la réaction, tout ce que le pays doit au Gouvernement républicain : trente-cinq années de paix continentale, fait sans précédent dont on chercherait vainement un autre exemple dans notre histoire ; «

Une situation morale dans le inonde entier, telle qu’on en avait pas connue depuis longtemps et dont les évènements récents constituent la preuve indéniable;

Des amitiés précieuses désormais acquises et feulement affirmées à AI gémiras, par la presque unanimité des puissances européennes;

Un ensemble de lois mettant en pratique les principes de fraternité et de solidarité méconnus par les autres régîmes, premier pas vers les questions sociales qui sont l’objet incessant die nos préoccupations et de nos efforts;

Un essor nouveau imprimé à la mutualité jusqu’au fond des campagnes;

L’attribution de larges subventions pour les églises, les écoles, les chemins vicinaux, etc.

Enfin, une prospérité financière qui a fait de notre pays le banquier du monde.

Ajoutez à cela ia création d’un domaine colonial immense, le premier après celui de

l’Angleterre.

C’est à la continuation de cette politique, si féconde pour la grandeur et la prospérité de la Patrie, que tendront tous nos efforts.

Mes chers Concitoyens, vous pouvez peser tous mes actes et tous mea votes, ils ont toujours eu pour but une politique d’union 7 de concorde, de concentration entre tous les républicains.

Je suis aujourd'hui ce que j’étais hier ; je serais demain ce que je suis aujourd’hui*

En parcourant nos campagnes, j’ai retrouvé groupés autour de moi, ces vaillants ci-* toyens avee lesquels nous avons fait triompher le drapeau républicain en 188?* 1889, 1893, 1898 et 1902, Nous n’avons jamais vu dans nos rangs ceux qui nous attaquent aujourd’hui» Ils étaient alors les auxiliaires* les agents et tes complices du boulangisme, du nationalisme, comme Us le sont aujourd’hui de l’Action libérale populaire, qui réunit sous cette étiquette trompeuse toutes les factions hostiles depuis trente-six ans à la République,

Par le scrutin du 6 mai, vous repousserez le candidat de cette coalition d’intérêts contradictoires, dont la victoire serait le signal de l’anarchie ou de l’impuissance.

Avec la France entière, vous ne voudrez pas sacrifier les progrès accomplis au prix de tant d’efforts, les espérances de demain, la paix et la prospérité du pays.

Vive la République I

F, de LA BATUT*

Docteur eq. Droit,

Juge honoraire au tribunal de la Seine, Président du Conseil général.

Officier de cavalerie territoriale, Député sortant.

2° Circonscription de BERGERAC,

M, Clément CLAMENT,

Élu au 1“ tour de scrutin* — 7*452 voix*

Mes chers Concitoyens et amis,

En me présentant pour la cinquième fois à vos libres suffrages, je Yeux d’abord vous remercier du fond du cœur de la fidélité inaltérable que vous avez bien voulu m’accorder depuis lô ans que j’ai l’honneur d’étre le porte-drapeau de la République dans la 2e circonscription de Bergerac,

Nos relations constantes ont créé entre nous une communion d’idées, une solidarité et une confiance réciproques, qui nous mettent à l’abri des surprises et des inquiétudes de la lutte électorale. Grâce aux concours précieux que j’ai eu le bonheur de rencontrer dès les débuts de ma carrière politique, grêce à Pappui de nombreux amis, dont l'affection ne s’est jamais démentie, le 6 mai, la victoire républicaine sera plus complète que jamais et elle portera un dernier coup à nos adversaires, auxquels vous avez déjà infligé les dures leçons des défaites réitérées*

Votre bon sens éclairé fera justice des sourdes menées et des niaiseries prétentieuses de cette Acti n libérale qui n’est qu'un pâle reflet du boulangisme, du nationalisme et de là Patrie française*

Vous ne vous laisserez pas tromper par cette misérable campagne de mensonges et de calomnies, encore plus grotesques que méprisables.

Défiez-vous de ces meneurs sans mandat et sans autorité qui, souscouleur de libéralisme, voudraient vous ramener sous le joug des tyrannies monarchiques et cléricales!

Voyez-les manœuvrer dans vos communes, dons vos villages, ce sont toujours les mêmes médiocrités, les mêmes ambitions déçues, ces chefs sans soldats qui chantent toujours victoire et qui sont toujours battus! Ils flattent le peuple, mais ils le détestent, parce qu’il ne s’est pas laissé prendre à leurs pièges grossiers, parce qu’il a relevé fièrement la tête et qu’il a voulu rester maître de ses déstinées !

Le travail de cette législature a été considérable; je veux seulement énumérer les questions les plus importantes qui ont été traitées :

En votant la loi de deux ans, obligatoire pour tous, nous avons voulu faire disparaître les derniers vestiges du privilège. Aujourd’hui, chaque citoyen accomplira son service militaire, quelle que soit sa situation, quels que soient son savoir et sa fortune. Toutes les classes de la société se trouveront heureusement mêlées et confondues sous le même drapeau, dans une même fraternité de pensées et de sentiments démocratiques. La France, qui est noire mère commune, a le droit de faire appel à tous ses enfants, riches ou pauvres, pour défendre son territoire si jamais il était menacé par l’étranger. Car il est une œuvre toujours en marche et qui doit être notre constante préoccupation : c’est la défense nationale,

Personne plus que moi ne désire que les conflits internationaux ne se terminent par l’arbitrage. Mais alors que l’empereur d’Allemagne, si étrange par ses soudainetés inquiétantes, développe ses armements, perfectionne ses fusils et ses canons, augmente son armée et sa flotte, nous serions des inconscients si nous ne tirions pas de ce spectacle une leçon salutaire et un enseignement nécessaire de notre devoir de français. Oui, ils sont criminels, ceux qui conseillent la révolte contre leurs chefs à nos jeunes soldats, et ils sont encore plus coupables, ces maîtres de la jeunesse qui essayent défaire germer dans les esprits ces doctrines néfastes d’un pacifisme allant jusqu’à la renonciation, jusqu’à l’abandon de l’idée de

la patrie..

Armons-nous, soyons forts, pour avoir cette paix bienfaisante que la République a eu

maintenir depuis 35 ans pour le bien de tous et la prospérité du pays.

Eloignons de notre esprit ces songes creux, ces rêves dangereux et débilitants de paix universelle, chimère irréalisable ! Disons bien haut notre culte pour la patrie, gardons précieusement l’amour de ce drapeau tricolore qui éveille dans nos cœurs toutes les gloires du passé, tomes les espérances de l’avenir 1

La République a donné une vigoureuse impulsion aux idées de solidarité et de philanthropie-

Pour ma part, je suis lier d’avoir organisitè au conseil général, depuis 1892, les secours à domicile aux vieillards indigents et infirmes. Plus de 300 de ces infortunés sont secourus de ce fait. Bientôt, en 1907, grâce à la nouvelle loi d’assistance aux vieillards, cette œuvre humanitaire sera généralisée à tontes les misères.

Enfin la Commission d’assurance et de prévoyance sociales, présidée par M. Millerand, et dont j’ai l’honneur d’être l’un des secrétaires, a présenté un projet de loi tendant à créer une Caisse de retraite pour les vieux ouvriers des villes et de la campagne. La loi a été votée par la Chambre, elle va être étudiée au Sénat et malgré les difficulté» qui peuvent surgir, nous avons le ferme espoir que cette importante question aura une solution favorable pendant la législature prochaine.

A la suite de3 tracasseries et des amendes infligées, soit à des propriétaires, soit aux bouilleurs ambulants, j’ai voté le rétablissement du privilège des bouilleurs de cru.

Les propriétaires peuvent distiller toute liberté leurs récoltes. Mais je reste attaché à l’idée du monopole de l’alcool, qui permettrait aux propriétaires qui le voudraient, de vendre à l’État leurs vins et leurs fruits comme ils lui vendent déjà leurs tabacs. Ce serait la certitude de nous débarrasser dans de bonnes conditions et à époques fixes de nos vins, dont l’écoulement devient de plus en plus difficile à cause de la surproduction de certaines régions. Ce serait aussi une recette importante pour l’État, qui trouverait dans ce monopole les millions nécessaires à la création de la Caisse de retraite pour la vieillesse*

Tout récemment a été promulguée la loi sur les justices de paix ; ai cette loi apporte une petite amélioration au sort des juges de paix, elle est aussi et surtout un grand bienfait pour les justiciables* Pour des contestations de minime importance, jusqu’à ces derniers jours, les justiciables étaient obligés, maintes fois, de se transporter devant le tribunal civil avec l’aide d’un avocat et d'un avoué, ce qui ne laissait pas de leur occasionner des frais énormes.

Aujourd’hui, ils peuvent avoir souvent tme solution définitive sans appel, devant un homme généralement estimé et conciliant, le juge de paix du canton.

La Chambre a voté le timbre-poste à 0 fr, 10 centimes, ce qui est une économie pour les commerçants et pour iout le monde en général, et elle a également abaissé de moitié le prix du sucre, qui est une denrée de première nécessité.

Je suis très partisan de la réforme du Code de la justice militaire.

Je défendrai de mon mieux les intérêts agricoles et viticoles de noire région*

j'ai voté le permis de chasse journalier et j’en demeure le partisan résolu.

L’impôt sur le revenu est une des questions qui se posera dans la prochaine législature * Il s’agit de trouver la formule répondant à l’esprit de justice pour tous, en même temps qu’aux aspirations de la démocratie.

Certes, l'impôt sur les portes et fenêtres est uu impôt suranné et injuste. Pourquoi faire payer à l’habitant d’une maison l'ouverture par laquelle il respire Pair et surtout pourquoi exiger le même impôt des ouvertures delà chaumière que de celles des chàteauxsomptueux? La cote personnelle et mobilière elle aussi frappe souvent plus durement le pauvre que le riche, le père de famille que le célibataire. Ces deux contributions doivent disparaître de même que l'impôt foncier sur la propriété non bâtie qui frappe lourdement nos campagnes et impose aux propriétaires une charge, même lorsque leurs récoltes sont ravagées par les intempéries de tontes sortes. L'impôt sur le revenu doit donc être examiné et étudié, et s’il apporte des allègements et des améliorations à la situation présente, je le voterai à condition qu’il n'opprime personne et qu’il ne soit pas, comme certains projets tendraient à le faire accroire, une véritable confise itlon des biens de quelques-uns au profit d’une classe de la société qui a justement besiin, pour vivre, que chacun fasse ses affaires et puisse donner du travail. Ce serait accabler les uns sans bénéfice pour les autres, et l’impôt sur le revenu doit avant tout avoir pour objet d'assurer une participation plus équitable des charges qui pèsent sur tous les citoyens.

Au sujet de la séparation des Églises et de l’État, qui est aujourd’hui un fait acquis, j’ai dû me séparer de mes collègues de la Dordogne. J'avais, en effet, dans ma profession de foi de 19Ô2, pris l’engagement formai de voter le budget des Cuites et de voter contre la séparation des Églises et de l'État. Je m'y suis rigoureusement et loyalement conformé.

J’ai le ferme espoir que les républicains partisans de cette réforme, qui m’avaient élu sur un programme très net, considéreront que je devais avant tout tenir ma promesse et rester fidèle à la parole donnée.

Mais je demeure attaché à moi passé, à mes convictions profondes, et sl je déclare que l'on doit respecter la liberté de conscience et la libre pratique de la religion, je reste Tadversaire résolu des cléricaux qui, sous prétexte de religion, ne font que de la politique et cherchent par tous les moyens à troubler ce pays, qui désire avant tout le calme et la tranquillité.

Électeurs,

Dédaigneux des misérables attaques et de calomnies* fier de l'appui des républicains, c’est la tête haute que je me présente devant les électeurs, mes seuls jug^s I Le 6 mai, vous direz si je suis toujours digne de représenter ces populations libres et indépen iantes auxquelles, depuis seize ans, j’ai donné ce que j’avais de meilleur en moi i mon énergie, mon activité et mon dévouement.

Électeurs, je compte sur vous, vous pouvez compter sur moil Croyez bien, meedhers .concitoyens et amis, à toute ma reconnaissance, à tout mon dévouement.

Vive la République démocratique I

Docteur CLAMENT,

Maire de Laforce, Conseiller général , Député sortant»

Circonscription de NONTRON,

M* SIREYJOL.

Élu au 1er tour de scrutin» — 12.260 voix.

Chers Concitoyen?,

Une coterie de personnages guidés seulement — en dehors de toute considération politique ou d’intérêt général-— par leur intérêt personnel, leur rancune, leur haine tenace, opposent à ma candidature républicaine, la candidature de M* Theulier qui, il y a quatre ans, renonça d’une façon formelle, et qui semblait définitive, à solliciter Je renouvellement de son mandat,

Oes personnages, sénateur, hauts fonctionnaires parisiens, châtelains, gros bourgeois, se font delà République une conception particulière : ils sont républicains à condition que chacun leur obéisse; ils ne considèrent comme républicains que ceux qui se soumettent à leurs ordres»

Ils osent dire qu’ils veulent faire Rumen des républicains alors que, brutalement, ils brisent cette union; alors qu’ils portent le désordre et le trouble dans nos rangs; alors — chose douloureuse et plus grave ~ qu’ils font aux ennemis de k République un appel indirect peut-être, mais bien coupable*

Electeurs l Vous ne vous laisserez pas tromper!

Vous savez que Vmim des républicains fut faite au scrutin de ballottage du 11 mai 1902;

Vous savez que jusqu’à ce jour rien n’était venu troubler cette union !

Quant à moi, je me représente devant le corps électoral sans protecteurs puissants, mais fort de l’estime et de l’amitié des petits et des humbles, avec la conscience d’avoir, loyalement, sans aucune faiblesse, sans aucune défaillance, fait mon devoir, tout mon devoir, de représentant du peuple.

Je ne vous tracerai pas on long programme. Vous connaissez mes actes : les actes valent mieux que de vaines promesses.

J’ai fait partie de la majorité qui a soutenu le Ministère Combes, qui soutient aujourd’hui le Ministère Sarrien-Clemencean, continuateur de l’œuvre de défense républicaine et laïque du Ministère Combes*

J’ai voté les importantes lois sociales, de la dernière législature : loi d’assistance aux vieillards, loi sur les retraites ouvrières, loi sur le service de deux ans, loi sur l’extension

de la compétence des juges de paix ; et, soit au sein des com missions, soit à la tribune de la Chambre, j'ai pris la parole toutes les fois que je Fai jugé utile dans l'intérêt de nos poputalions de travailleurs agricoles.

Je me suis associé aux mesures prises contre les congrégations : sous prétexte de religion, mais en réalité dans un but politique, dans un espoir de restauration monarchique, les congrégations accaparaient de plus en plus renseignement, élevaient les enfants de la bourgeoisie dans la défiance et la haine à l'égard des enfants du peuple* exerçaient de plus en plus une mainmise dangereuse sur tous les services publics, sur le commerce même, et livraient à la Société laïque et à la République un assaut de tous les instants.

Ainsi que l'eùt fait mon concurrent et prédécesseur, j’ai voté la séparation des Églises et de FÉtat, mesure de libération sociale, rendue inévitable par l'attitude, arrogante et injurieuse à l'égard de la France, du nouveau pape, l'élu des cardinaux allemands : cette séparation faite dans un esprit équitable et libéral, garantit à chacun la liberté de ses croyances et de son culte, ainsi que la possession des objets et des édifices de ce culte.

Il appartiendra à la Chambre future de veiller, d'accord avec le Gouvernement, à la stricte et loyale exécution de cette loi, de pacifier les régions troublées par les mensonges criminels de nos adversaires qui déchaînent le désordre et la révolution; de montrer au peuple que ceux-là le trompent, dans un but de politique réactionnaire, qui lui représentent la séparation comme une atteinte portée à ses croyances, et les inventaires — cette mesure conservatoire prise dans l'intérêt même des fidèles, et sur la proposition des hommes les plus modérés de la Chambre — comme un préliminaire de spoliation*

La Chambre devra revoir et peut-être amender la loi sur les retraites ouvrières qu’un grand nombre de mes collègues et moi avons votée à la condition expresse que les domestiques, les métayers, les travailleurs de la terre y participeraient tout comme les ouvriers de l'usine ou de la ville.

Elle devra poursuivre la réalisation de notre programme de travaux publics et activer la construction des chemins de fer, des tramways, des chemins vicinaux, car les voies de communications sont l'instrument indispensable de la prospérité nationale.

Elle devra enfin établir Fimpôt sur le revenu, qui fonctionne chez plusieurs nations voisines, et dont la Chambre actuelle a commencé Fétude et voté le principe : l’impôt sur le revenu remplacera la taxe personneile-mobilière, l'impôt des pories et fenêtres, le principal de l'impôt foncier, et autant que possible les taxes indirectes qui grèvent les objets de consommation ; Une sera ni vexatoire, ni inquisitorial; il sera dégressif à la base, de façon à frapper surtout le superflu, la grande richesse et non les revenus du travail.

Une mesure radicale et énergique s'impose avant tout : l'économie.

L'économie s'impose non-seulement pour soulager le contribuable surchargé, mais aussi pour permettre de réaliser notre programme de réformes sociales, telles que la loi de deux ans et les retraites ouvrières.

Mais, fidèle à mes engagements, je ne me suis pas contenté — comme d'autres pendant vingt ans — de préconiser les économies seulement devant les électeurs et à la veille des élections : chaque fois que j’ai pris la parole à la Chambre, j'ai démontré le danger du nombre exagéré des fonctionnaires, des gros traitements, j'ai fait le tableau des charges toujours croissantes qui pèsent sur l’agriculture et, tout récemment j'ai déposé un projet de loi visant la réforme du système des retraites.

Le groupe des députés ruraux partisans des économies devient chaque jour plus important : h législature prochaine pourra et devra réaliser ces économies.

Convaincu qu’une année forte et respectée est la sauvegarde indispensable de notre intégrité nationale et de nos libertés publiques ; convaincu que le principe de la propriété doit rester intangible et sacré ; que la propriété Individuelle est le stimulant nécessaire de toutes les énergies ; persuadé enfui que la société ne peut vivre et prospérer que par le respect des lois, j’uuis, dans le même sentiment de réprobation, ^internationaliste qui prêche au soldat la désertion, le collectiviste qui nourrit le rôve insensé de la nationalisation des biens, déchaîne les grèves, t attente à la liberté du travail, et l’ultramontain romain —

internationaliste lui aussi — qui prend le mot d’ordre à Rome, s’insurge contre les décrets de la nation, et pousse l’officier clérical à la révolte envers la loi civile.

C’est à nous, républicains, c’est à nous seuls qu’il appartient d’arborer fièrement celte

devise :

La France aux Français,

Électeurs 1

Toujours et partout j’ai eu le souci de tenir mes promesses, d’être le représentant dévoué des intérêts agricoles :

Vous n'oublierez pas la part que j’ai prise au rétablissement du privilège des bouilleurs de cru.

Vous n’oublierez pas qu’à la Chambre j’ai demandé et obtenu la suppression des treize jours, et vous noterez que M. Dusolier, le protecteur actuel de M. Theulier, a voté au Sénat contre cette suppression sans danger pour l’armée, mais si favorable aux travailleurs.

Si je suis votre élu, je resterai ce que j’ai toujours été :

L’homme des campagnards j

L’homme du petit peuple i

Le serviteur fidèle de la démocratie î

Vive la République 1

Léon S1REYJOL,

Député sortant,

Vice-Président du Conseil général de la Dordogne, Maire de Saint-Pardoux-la-Rivière.

1“ Circonscription de PÉRIGUEUX.

M. S ACM A.N DE.

Élu au 1er tour de scrutin. — 7.821 voix.

Je viens vous demander le renouvellement du mandat que vous m’avez confié

depuis 1893, i

Au cours des nombreuses années pendant lesquelles j’ai eu Thonneur drètre votre député, vous avez appris à me connaître. Mon passé, mieux que des promesses faites au cours d’une période électorale, est pour vous le meilleur garant de ce que je serai dans l’avenir*

Ma candidature est ce qu’elle a été aux élections précédentes ;

Une candidature de franchise républicainej d'union et de progrès républicaine*

Mais, à l’heure actuelle, alors que tous les réactionnaires s’apprêtent, sous le masque

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