Circonscription d'ALÀIS
'M. de K AM EL
Élu au 1*T tour de scrutin, — 9.230 voix.
M«b chers Concitoyens,
Je m'adresse à tous les libéraux à -quelque opinion qu'ils appartiennent : leur nombre représente une importante majorité dans la circonscription d'Àlais, pays cévenol où le culte de la liberté fut toujours en honneur I
Je leur demande s'ils veulent subir plus longtemps la tyran te de la politique sectaire du Bloc, s’ils veulent supporter encore que la liberté de conscience soit odieusement foulée aux pieds, s ils veulent tolérer qu une majorité parlementaire exploite le pouvoir à son profit pour l'avantage de quelques favorisés, et que les réformes d'ordre social et économique, depuis si longtemps promises, soient indéfini ment ajournées, s'ils veulent que les forces vives de la nation soient paralysées, les finances dilapidées, îa défense nationale compromise, s'ils veulent que les paisibles citoyens et les meilleurs Français soient traités en ennemis et que ia France meurtrie soit déchirée parles luttes sanglantes que le Bloc provoque par son arbitraire et son despotisme, alors que le premier devoir d'un gouvernement est d'assurer la paix sociale sans laquelle aucun progrès n'est réalisable 1
Vous condamnerez cette politique antilibérale et sectaire qui, au lieu ff accomplir les réformes et les progrès si nécessaires à la protection du travail national, au développement de notre industrie et de notre commerce, à ia protection de notre agriculture, à l'amélioration du sort des travailleurs, a semé la discorde et les dissensions dans le pays et suscité des divisions religieuses profondes.
Souvenez-vous qu'après avoir, au mépris de la liberté et des principes d'égalité, dissous et dispersé les associations religieuses vouées aux soins des misères humaines ou à l'éducation de l'enfance, les partisans du Bloc prétendent encore nous enlever d'une façon absolue, par l'abrogaliun de La loi Falloux, tout droit à la liberté de l'enseignement, voulant asservir les consciences et imposer l'athéisme.
Sou venez- vous, que par la séparation de f Église et de PËiat, ils ont commis un dernier et plus odieux attentat contre la liberté de conscience, contre la propriété et les principes d’égalité.
En supprimant l'indemnité du clergé, qui était une dette reconnue par la Révolution elle-même comme une compensation à l'expropriation des biens du clergé, cette loi commet une première spoliation ; en confisquant une partie des biens des fabriques, péniblement constituées par les générations chrétiennes pour assurer l'exercice du culte, elle commet* un second vol. Les inventaires en sont la première exécution et c’est par la force brutale, par le meurtre criminel des catholiques dans leurs églises qtfest accompli cet odieux forfait, qui nous i;ecule jusqu'à la barbarie.
Contrairement aux affirmations mensongères qui cherchent à représenter cette loi comme libérale, nous déclarons qu'elle est la négation de la liberté, puisqu’elle soumet au contrôle et au despotisme arbitraire de l'État les associations cultuelles et réduit leur faculté de posséder, au mépris du droit commun en matière d'association.
Contrairement encore a la vérité, on ose dire que les inventaires ont été demandés par la droite 1 Un démenti formel a été opposé devant la Chambre au rapporteur mis dans 1 impossibilité de justifier cette fausse allégation, la preuve contraire a même été apportée,
et ceux qui, dans cette circonscription, propagent ce brait sont sans excuse, en rééditant une erreur publiquement reconnue.
En réalité cette loi ne constitue pas seulement une spoliation, un attentat à la liberté et à la propriété, elle est une œuvre de despotisme et d'asservissement contre laquelle s'élève la conscience humaine et se révoltent justement les catholiques fidèles à leur foi et fiers de leur indépendance.
Le devoir des libéraux est d'envoyer à la Chambre une majorité qui réforme cette loi inique.
Contemplant l'œuvre de destruction et de désorganisation des forces sociales accomplie par la coalition disparate qui nous opprime, vous reconnaîtrez que c’est grâce à ces luttes intestines qui agitent et troublent lu pays qu'elle se maintient au pouvoir et y règne en despote, ruinant les finances publiques par l'accroissement des dépenses, écrasant d’impôts le contribuable, accumulant les emprunts déguisés et les déficits au profit de ses amis et de sa politique étroite, au détriment de l'ensemble de la nation.
Oublieux de l'intérêt public, les hommes du bloc ne gouvernent que pour une très petite fraction franc-maçonne et sectaire et non pour la grande France laborieuse, pacifique, libérale et patriote qui, le 6 mai, aura enfin le droit de faire entendre sa voix et d'imposer ses volontés, en orientant la politique de la France vers la pacification sociale et l'union féconde des bonnes volontés.
Ce n’est qu'à ce prix que les réformes qu'attend vainement l'ouvrier, Partisan, le cultivateur, et que la politique du Bloc a systématiquement ajournées, pourront enfin recevoir la solution que j'ai si souvent et si énergiquement réclamée.
Électeurs,
La politique néfaste du bloc condamne, plus qu'aucune démonstration doctrinale, les vices d'un régime qui se meurt de l'excès du parlementarisme et du défaut de contrepoids dans l'organisme gouvernemental ; d'un régime qui est voué aux caprices d'une majorité sans scrupule, uniquement guidée parle désir d'exploiter les avantages que lui donne le pouvoir et qui exerce une véritable tyrannie pour s3y maintenir.
Le chef du Gouvernement y est sans autorité comme sans stabilité et l'oligarchie parlementaire, exerçant un despotisme sans frein, a détruit elle-même les garanties de liberté qu'on était en droit d’attendre de la représentation nationale*
éussi, nul ne peut contester que la réorganisation des pouvoirs publics sur des bases plus stables et mieux équilibrées s'impose par la révision de la Constitution, révision que je n'ai jamais cessé demander et que j*ai réclamée encore devant la Chambre au cours de cette dernière législature ; révision que tous les partis qui ont conscience du désordre et de l'anarchie où nous sommes, qui ont la conception précise des bases essentielles d'un Gouvernement ouvert à tous, capable d'assurer le progrès et la prospérité du pays, doivent réclamer avec une égale sincérité et une même ténacité.
Les républicains libéraux, aussi bien que ceux qui restent attachés aux principes de la monarchie ou de l'empire, sont d'accord pour reconnaître avec moi qu'une constitution garantissant les libertés, en mettant un terme à nos querelles de parti, est nécessaire, et d'autre part, qu'une constitution n'est forte et incontestée que lorsqu'elle est librement acceptée par le pays; aussi je persisterai plus que jamais à réclamer îa consultation nationale intégrale, avec le plébiscite qui eu sera la consécration.
Électeurs,
Vous me connaisses, vous savez que fidèle aux principes d'ordre et de liberté, soucieux des intérêts dont vous m'aviez confié la garde, je m'y suis consacré tout entier; j’ai combattu de tomes mes forces, à la tribune du Parlement, les lois qui attentaient à votre liberté de conscience ; je n’ai pas cessé de revendiquer les réformes intéressant les travailleurs de l'industrie et de l'agriculture et de poursuivre la marche vers le progrès*
A vous de décider s’il vous convient de me donner un nouveau mandat pour les défendre.
il suffira de vous rappeler ce que j’ai fait et de juger d’après mes actes.
Au point de vue financier. — Je me suis prononcé pour l’allégement de l'impôt des patentes, an profit des petits commerçants comme pour l’allègement de l’impôt foncier au profit du petit propriétaire.
Partisan de l’impôt sur le revenu, comme régulateur d’une meilleure répartition de ta contribution, je ne le comprends que comme devant remplacer les autres impôts actuellement mal répartis et je repousse les procédés vexatoires et arbitraires sur lesquels voulaient l’asseoir ceux qui prétendent l’ajouter aux impôts existants.
Au point de vue agricole. — J’ai su obtenir à la sériciculture la juste protection et les encouragements qui lui étaient dûs, en faisant porter à 0 fr. 60 la prime de 0 fr. 50 qu’on lui contestait et qu’une première fois nous avions si péniblement acquise, alors que le Gouvernement voulait ou la réduire ou la supprimer.
J’ai demandé que les terres nouvellement plantées en mûriers fussent exemptées d’impôt pendant dix années et que la prime sur les cocons fut payée à ceux qui, par suite d’un événement indépendant de leur volonté, manquaient l’éducation de leur chambrée. Pour favoriser la hausse du prix des cocons, j’ai soutenu vigoureusement, dans un important débat, le relèvement des droits de douane sur les tissus de soie provenant de l’étranger.
J’ai pu, par mes efforts et mon initiative, amener un dégrèvement de 35 millions de l’impôt foncier, encore trop lourd pour l’agriculteur, qui n’arrache que péniblement au sol ingrat de maigres produits. Je suis partisao résolu de la suppression totale du principal de l’impôt foncier au profit de la petite propriété, pour ne laisser supporter à la terre que les centimes additionnels généraux, départementaux et communaux qui pèsent déjà sur elle.
Je considère que l’agriculture ne saurait se développer sans que des sacrifices soient faits pour venir au secours des communes impuissantes à constituer le réseau de leurs chemins vicinaux, j’ai demandé que le département prenne à sa charge, comme je l’ai fait décider au Conseil général du Gard, l’entretien de la grande vicinalité, en supprimant les prestations et les contributions imposées aux communes, qui disposeront ainsi de la totalité de leurs revenus pour leurs chemins vicinaux.
Je reste convaincu de la nécessité d’organiser le crédit rural, de faciliter aux communes l’achat d’instruments agricoles pour l’usage de tous, de développer les syndicats agricoles, et d’établir la caisse de retraites au profit des travailleurs des champs.
Déjà, j’ai obtenu qu’on applique des crédits à^l’étude de la maladie du châtaignier et du mûrier; je veillerai à la poursuite de ces études. Une diminution du prix de transport des châtaignes et leur emploi dans l’alimentation de l’armée seraient également désirables.
Au point de vue industriel. — J’ai pu obtenir, pour notre industrie minière, dont la prospérité est si étroitement liée au sort du mineur lubmème, la fourniture exclusive de ta marine française, et à lui faire réserver la fourniture des services de navigation subventionnés. Plus récemment, à la suite d’une intervention à la Chambre, j’ai pu obtenir une très -importante diminution des prix de transport sur Marseille des charbons destinés à la navigation.
Au point de vue ouvrier. — Je me suis attaché depuis douze ans, avec une ténacité qui ne s’est jamais découragée, à la création d’une caisse de retraites ;des travailleurs, applicable aussi bien à ceux de l’agriculture que de l’industrie, à l’artisan, au petit propriétaire et au petit commerçant, qu’à celui qui loue ses services, et c’est dans ce sens que j’ai présenté dès 1B90 une proposition de loi, prisé en considération par la Chambre, et dont les parties essentielles ont été adoptées dernièrement.
Mais c’est vainement que j’ai proposé les ressources nécessaires pour assurer le fonctionnement de cette loi tant désirée et qui, telle qu’elle a été votée, n’est qu’une manifestation électorale et non une réalité conforme aux espérances des travailleurs.
Je continuerai cette œuvre à laquelle je me suis attaché, et que j’ai le ferme espoir de
voir mener à bonne fin, pir la constitution d'une caisse de retraite dotée dds ressources nécessaires pour assurer le fonctionnement d'une institution si nécessaire à la vieillesse des travailleurs.
J’ai voté la loi sur les accidents de travail et y ai fait introduire plusieurs amendements favorables aux travailleurs; je suis partisan de son extension aux ouvriers agricoles.
Partisan de llnsaisslssabimé du petit domaine, dès 1800, je déposai avec divers collègues une proposition de loi ayant cet objet*
En ce qui concerne la retraite des mineurs, — l'ai constaté l’insuffisance des résultats donnes par la loi des retraites de 189/j, et j'ai formulé une proposition modifiant cette législation, assurant un minimum de retraite, allouant aux orphelins, qui actuellement sont sans droits, les avantages que l’humanité et la prévoyance commandent, et garantissant, pendant la période transitoire, un minimum de 365 francs de pension aux ouvriers qui, actuellement trop âgés pour bénéficier du plein effet de la loi, sont réduits â recevoir une pension dérisoire.
En ce qui concerne la loi du million des mineurs. — J'ai montré son insuffisance et Bon injustice et par, deux fois, j'ai proposé de la modifier pour que ceux qui, postérieurement à 1QÛ3, remplissent les conditions d’âge et de service piur avoir l'allocation ou la majoration de la retraite, puissent jouir des mômes avantages que ceux qui remplissaient ces conditions en 1903 î
L’injustice et l’inégaliié de cette loi, que j’ai si justement fait ressortir, a été reconnue par le Gouvernement lui-mème, mais ni lui ni la majorité n’ont consenti au sacrifice de 600*000 francs que je deman lais pour assurer le pain aux vieux mineurs, alors cependant que tant de dépenses inutiles ont porté le budget au chiffre de 3*700*000.000 1 Hélas, les réformes qui intéressent le sort de l'ouvrier sont sans cesse ajournées par une majorité qui ne songe qu’à satisfaire de basses rancunes au lieu de réaliser un progrès.
En ce qui concerne la réglementation du travail, — Convaincu que, si l’intervention législative doit être prudente et réservée dans la réglementation du travail, sous peine d'atteindre souvent cruellement, par une diminution de salaire, les intérêts de l’ouvrier qu’elle veut protéger, et de compromettre l’existence de l’industrie à laquelle l’ouvrier est attaché, j’ai cependant voté la loi sur le repos hebdomadaire et la réduction progressive de la journée du mineur à huit heures, en laissant à l'industrie minière le temps nécessaire pour essaye!', par ses transformations, de réaliser ce desideratum sans diminution des salaires et sans diminution de la production. L’expérience de la première période nous dira si l’ouvrier de notre bassin minier y trouve un réel avantage, et lui-même appréciera la conséquence de cette réglementation subordonnée à l’expérience qui en aura été faite.
Eo ce qui concerne les ouvriers et employés des chemins de fer, j’ai voté, à la Chambre, la loi Berteaux, actuellement encore devant le Sénat*
En ce qui concerne les iatêrèts locaux. — J* ai obtenu la déclaration d’utilité publique, et, par mon amendement, l'inscription au budget de 1906, du chemin de fer de Chamborigaud àEessèges, si utile à notre région. J'ai eu la satisfaction, par des interventions répétées réfcl amant les crédits nécessaires, d’obtenir l’achèvement, aujourd’hui effectué, de la route 107 bis.
En ce qui concerne le service militaire. — Désireux de tf affaiblir en rien la force de notre glorieuse armée, mais convaincu qu’on peut alléger les charges du service militaire sans nuire à la défense nationale, j’ai demandé la réduction du service des vingt-huit jours.
J’ai également voté et proposé, par voie d’amendement, la réduction du service actif à un an; subordonnée au recrutement volontaire d’un nombre de rengagés avec prime suffisant pour maintenir nos effectifs et encadrer,- par des soldats et des sous^officiers expérimentés, nos jeunes troupes.
En ce qui concerne la crise viticole* — Fai appuyé les mesures concertées par les
congrès viticoles pour venir au secours de cette brandie si importante de notre production régionale.
En ce qui concerne la représentation nationale. — Partisan résolu des garanties d une représentation nationale assurant les droits de la minorité, je me suis déclaré en faveur du scrutin de liste avec représentations proportionnelles, et en faveur du projet de loi sur le secret du vote, dont la majorité a retardé l’adoption.
Je rappelle enfin : ma proposition de loi sur les pensions militaires et la discussion que j’ai soutenue à l’appui, dénonçant Pabcminable rigueur de la législation existante et la nécessité des améliorations que je demande au nom de l’équité pour assurer une pension à tous ceux qui, éprouvés par les fatigues du service militaire, sont réduits dans leur faculté de travail.
Ma proposition de loi sur les garanties de la liberté individuelle, reconnue comme un progrès indispensable, déjà -réalisé par les puissances voisines, mais qu’une majorité qui veut conserver les moyens arbitraires mis à la disposition d’un pouvoir tyrannique se refuse à adopter eu l'ajournant sans cesse.
Ma proposition de loi, adoptée par le Parlement, ouvrant un recours pour excès de pouvoir, devant le Conseil d’État, contre le silence des autorités administratives saisies d’une demande, et mettant ainsi un frein à l’arbitraire.
Ma proposition de loi, également adoptée, qui complète cette réforme par l’exemption des droits d’enregistrement en cette matière, en cas d’annulation de l’acte administratif.
Électeurs, *
Déçus dans vos sentiments libéraux et patriotiques; résolus à défendre la liberté de conscience contre le sectarisme; la tolérance contre l’arbitraire H ie despotisme ; l’économie dans nos finances contre le gaspillage; décidés, comme moi, à refuser tout emprunt et tout impôt nouveau, et à consacrer toutes les ressources, de la France aux œuvres d’intérêt général propres à développer son activité nationale et à améliorer le sort des travailleurs, vous vous retrouverez compacts et unis, au scrutin du 6 mai 1900.
Vous voterez librement, comme vou3 l’avez toujours fait, et vous montrerez à tous ceux qui vous outragent en doutant de votre liberté et cherchent à vous intimider par leur violence et leurs manœuvres que, citoyens libres, vous revendiquez la liberté pour tous, et que vous voulez que nous la défendions ensemble.
Vive la France! Vive la liberté ! 1 !
Fernand de RAMEL,
Chevalier de la Légion d’honneur,
Député sortant,
Conseiller général du Gard,
Avocat au Conseil d’État et à la Cour de cassation.
lrc Circonscription de NIMES,
M. François FOURNIER.
Élu au 2e tour de scrutin, — 9,380 voix.
Démocratisa tion des pouvoirs publics :
1° Scrutin de liste et mesures légales pour assurer la liberté et le secret du vote
2° Application du suffrage universel à toutes les élections;
3° Liberté absolue de la presse et de la réunion, sous la seule garantie du droit commun* Abrogation de toutes les lois d'exception sur la presse. Liberté des associations civiles;
k" Autonomie administrative des départements et des communes, sous la seule réserve des lois garantissant le caractère républicain, démocratique et laïque de l’État.
Laïcisation complète de l’État :
1° Application résolue de la loi de séparation des Églises et de PÉlat. Liberté des cuites et de conscience. Interdiction de l’action politique et collective des Églises contre les lois civiles et les libertés républicaines ;
2° Suppression des congrégations subsistant à la loi de 1901, Nationalisation des biens de mainmorte leur appartenant.
Organisation démocratique de la justice :
'1* Gratuité de la justice. Transformation, en fonctions publiques, des offices ministériels. Suppression du privilège des avocats ;
2° Instruction et expertise contradictoires à tous les degrés et sur tous les points ;
3° Abolition de la peine de mort.
Éducation humaine, civique et professionnelle -,
1° Égalité des enfants devant l’instruction ;
T Défense de l’Université républicaine;
3° Monopole de renseignement par .l’État;
If Gratuité de renseignement à tous les degrés.
Impôts proportionnés aux facultés des citoyens :
1° Abolition de tous les impôts sur les objets de consommation de première nécessité, et des quatre contributions indirectes;
2n Dégrèvement de toutes les petites cotes foncières et des petites patentes ;
3° Impôt global, progressif et personnel sur les revenus supérieurs à 3.000 francs et sur les successions, augmentant avec l'éloignement du degré de parenté.
Protection et réglementation légale du travail :
lu Journée de huit heures comme durée maximum du temps de travail par %k heures ;
T Repos hebdomadaire pour tous les travailleurs;
3° interdiction du travail de nuit pour les femmes, les enfants et pour les ouvriers adultes partout où le travail de nuit n’est pas absolument nécessaire ;
4° Suppression des économats et du marchandage ;
5° Fixation de séries de prix constituant le salaire minimum ;
ô° Suppression des amendes et intervention des ouvriers dans les règlements spéciaux d'ateliers ;
7Û Surveillance efficace assurant l'hygiène et la sécurité des ouvriers ;
B° Extension de la prud’homie à tous les salariés;
Mise en régie du travail des condamnés. Le prix de tout travail effectué sera le prix normalement payé aux ouvriers syndiqués;
10° Repos légal des femmes, six semaines avant et six semaines après l'accouchement.
Assurance sociale contre tous ïes risques naturels et économiques :
1° Retraite pour la vieillesse et assurance sociale pour tous les risques des travailleurs, établies par une taxe de solidarité sociale ;
T Amélioration de la loi sur les accidents du travail, et son application sans distinction de nationalité ;
3° Participation des travailleurs au contrôle et au fonctionnera ont du service d'assurance ;
4° Extension du droit syndical à tous les employés de l’État, du département et de la commune*
Extension du domaine et des services publics, industriels et agricoles de l’État, du département et de la commune :
1° Socialisation des chemins de fer, des mines, de la Banque de France, des assurances, des raffineries de sucre et des sucreries, de la grande meunerie;
T Organisation, par l'État, d'un crédit agricole ;
3° Subventions aux communes rurales pour les aider à acheter l'outillage agricole collectif, à acquérir des domaines communaux gérés, sous le contrôle des communes, par des syndicats de travailleurs ruraux, et à créer des magasins de dépôt et des warrants ;
4° Service national et communal d’hygiène et renforcement des lois qui protègent la santé publique et assainissement des logements insalubres*
Politique de paix et adaptation de l'organisme militaire à la défense du pays ;
1° Substitution des milices à l’armée permanente et, subsidiairement, réduction des charges militaires, rendues possibles par une politique de paix internationale ;
2° Suppression des périodes d'instruction milbaire de 28 et de 13 jours.
3° Adoucissement du Gode pénal militaire. Suppression dos corps disciplinaires. Interdiction de tout prolongement du service militaire (rabiot) ;
4° Renonciation à toute guerre offensive, sous quelque prétexte que ce soit;
5° Renonciation à toute alliance qui n'aurait pas pour objet exclusif le maintien de la paix ;
6° Suppression des conseils de guerre*
Mesures en faveur de l’agriculture et de la viticulture régionale ;
1° Monopole de l'achat et de la vente de l'alcool par l’État ;
2° Maintien de la libre distillation ;
3Û Développement de l'emploi industriel des alcools ;
4° Interdiction de fabriquer du vin de sucre pour ia vente ;
5° Taxe différentielle en faveur des alcools de vins ;
6° Répression énergique de la fraude ;
7° Abaissements des droits prohibitifs pour favoriser l'exportation des vins ;
8Q Création de nouveaux débouchés à l’étranger;
9° Maintien de la prime à la sériciculture ;
10J Creusement des canaux d’irrigation dérivés du Rhône.
François FOURNIER Député sortant,
Candidat.
2G Circonscription de NIMES.
M. Gaston DQUMEÏIGGE.
Elu au icr tour de scrutin. — i l .329 voix.
Citoyen»,
Pour la quatrième fois, je viens solliciter vos libres suffrages, l’y sois encouragé par la conviction que fai de ne pas avoir démérité de votre confiance. Douze années de vie parlementaire. et l'exercice du pouvoir dans des circonstances difficiles, loin d’avoir modifié mes idées, n'ont fait que do les fortifier, en me démontrant leur juste convenance aux nécessités de notre temps et aux aspirations légitimes de notre démocratie.
Gsest vous dire que je n’ai rien à retrancher de mes précédentes dé clar allons et que c'est toujours pour défendre et faire triompher le même programme que je vous demande le renouvellement de mon mandat.
Une partie toutefois des articles de ce programme a été réalisée. La législature qui vient de finir compte à son actif trois grandes lois d’ordre politique et social i la loi sur la réduction du service militaire, la loi sur l’assistance obligatoire aux vieillards, la loi sur la séparation des Églises et de l’État.
Aussi bien comme député que comme minislxe, j’ai, dans la mesure de mes moyens, contribué à en assurer le vote.
La valeur de ces grandes réformes ne réside pas seulement dans les satisfactions considérables qu'elles ont apportées aux républicains : elle s’aceroit des espérances nouvelles que leur réalisation a fait naître. Le champ qui s'ouvre devant nous est très vaste. Le chemin parcouru, loin de rétrécir l'Horizon, Y a au contraire élargi, car, en nous menant plus près des grands problèmes économiques et sociaux à résoudre, il nous Ta fait voir dans toute son ampleur,
La solution d’une partie de ces problèmes s’imposera à la prochaine législature.
Je neveux pas dire, cependant, que tout ait été accompli dans le domaine des questions politiques, et que nous devions dorénavant, en ce qui concerne ces dernières, nous endormir dans une quiétude imprudente de réformateurs satisfaits. U reste encore fort à faire. Les adversaires de nos institutions n’ont pas désarmé. Us ne s’en cachent point. N’ayant pu empêcher le vote des réformes républicaines et laïques, ils ne désespèrent point de pouvoir mettre obstacle à leur application, en attendant qu’ils soient assez forts pour en amener le retrait. Nous aurons donc à montrer autant de vigueur, pour défendre le terrain conquis, qu’il en a fallu déployer pour le conquérir.
Cette défense contre les assauts des éternels adversaires delà République, de la démocratie et de la pensée libre sera d’autant plus heureuse que nous mettrons plus de cœur et plus de dévouement à poursuivre sans répit la réalisation de l’œuvre de justice sociale qui est la raison d’être de notre régime.
C’est par la réforme générale de l’impôt, qui, en proportionnant les charges du contribuable à son revenu, rétablira l'équilibre rompu aujourd’hui au détriment des moins fortunés; c’est par l’impôt progressif sur le revenu et par la constitution des retraites aux vieux travailleurs du commerce, de l’industrie et des champs, que la prochaine législature devra entamer cette œuvre de justice. C’est au vote de ces deux grandes réformes qu’en premier lieu je donnerai tous mes efforts, car elles seules peuvent constituer les fondements solides
de l'édifice que nous voulons élever et dans lequel le travail, aujourd’hui trop subordonné, pourra se trouver sur un pied de plus réelle égalité avec le capital.
Pour le surplus, je demeure fidèle au programme du pani radical-socialiste, don” j’entends rester le soldat dévoué et discipliné. ’ 1
Vous savez aussi qu’aucune des réformes qui répondent aux aspirations sensées et réfléchies de la démocratie travailleuse ne me laissera indifférent et que mon concours leur est acquis par avance. Je continuerai à marcher, non pas à la remorque, mais au premier rang de mon parti.
Mais cette politique hardie de réformes sociales ne .saurait aller sans une politique appropriée, je veux dire sans que les plus sérieux efforts soient tentés pour permettre à notre commerce, à notre industrie et à notre agriculture de se développer et deprospérer, afin de résister aux crises intérieures et de lutter avec avantage sur le terrain de la concurrence internationale. L’enrichissement général de notre pays est la condition nécessaire des grandes et durables réformes sociales.
Aussi continuerai-je à défendre avec ardeur nos intérêts économiques, et notamment ceux de la viticulture méridionale, si douloureusement éprouvée à l’heure qu’il est.
C’est en protégeant le vin contre la concurrence déloyale des liquides qui usurpent son nom, bien qu’ils ne proviennent pas de la fermentation exclusive du jus de raisin frais; c’est en interdisant et en réprimant toute fraude et toute .adultération, c’est en rendant rémunératrice la distillation soit des mauvais vins, soit des quantités de vin excédant les ■besoins de la consommation de bouche, que nous rendrons à la viticulture sa prospérité d’autrefois et que nous stabiliserons cette prospérité.
. C’qst aussi en rendant le crédit plus accessible aux viticulteurs et moins incertain pour les commerçants.
Telles sont, mes chers Concitoyens, les réformes générales auquellea je m’engage à donner tous mes efforts. C’est pour travailler à leur réalisation que je sollicite les suffrages des républicains, des seuls républicains.
Mon unique ambition, c’est de travailler pour la démocratie et pour ,1a République, c’est de rendre celle-ci plus respectée et plus forte, c’est de lui assurer une paix durable et digne, cest d’en faire un régime d’ordre, de progrès et de justice sociale.
Vous me connaissez, car vous m’avez vu à l’œuvre depuis douze ans. Au témoignage que me donne ma conscience, vous ajouterez, j’en suis convaincu, celui de vos suffrages. Je ,
1 attends avec la plus entière confiance. — f
Vive la République démocratique et sociale!
Gaston DOHMERGUE,
Député sortant,
Candidat républicain radical-socialiste.
Circonscription d’UZÈS.
M. Pierre POISSON.
Élu au 2e tour de scrutin. — 10.841 voix.
h est en toute confiance que je sollicite de vos suffrages le renouvellement du mandat Çue vous m’avez confié en 1902.
Vous avez pu, au cours des quatre dernières années, me juger, non plus seulement sur mes paroles, mais sur mes votes et sur mes actes. J’ai la conscience de n avoir failli a aucune de mes promesses et d’avoir accompli scrupuleusement tout mon devoir de député républicain laïque et démocrate. Je n énumérerai pas longuement les réformes que I union dis républicains de gauche a permis au Parlement de réaliser : la loi ridai» t a deux ans la durée du service militaire en supprimant toutes les dispenses et tous les privilèges; laïcisation de l’enseignement; séparation des églises et de mat, qui assure la liberté de tous les cultes; loi d’assistance aux vieillards, aux infirmes et aux incurables qm attribue mie pension à ceux que les infirmités ou l’âge mettent dans l’impossibilité de travailler ; loi des retraites ouvrières, votée par la Chambre, actuellement devant le Sénat, et que tous nos efforts tendront à Améliorer, eu en faisant bénéficier immédiatement tous les travailleurs ceux de l’agriculture comme ceux de l’industrie, ouvriers, petits patrons, petits proprietaires agricoles; suppression des prestations; extension de la compétence des juges de paix,
' ’ Je me suis associé à toutes ces mesures et j’en revendique toute la responsabilité.
D'autre part, toutes les fois que les intérêts spéciaux de l’arrondissement d Uzès ont été en jeu je les ai défendus moi-même (primes à la sériciculture) ou je me sms joint à ceux qui les soutenaient! remèdes à la crise viticole; surveillance de la circulation du sucre.
Toutes les fois que les agriculteurs de l’arrondissement, syndicats agricoles, assurances mutuelles, comice agricole et sociêié d’agriculture m’ont demandé mon concours, je me suis empressé (le le leur donner sans réserves, et c’est avec satisfaction que nous avons pu
enregistrer très souvent d’excellents résultats.
Citoyens, si le bilan de la législature 1902-1906 est partienlièrement remarquable par sa richesse, et si nous avons pu, au cours des quatre dernières année! 3, réaliser i tu i certain nombre de réformes importantes, réclamées depuis longtemps par la démocratie rèpu oaine, c’est grâce à l’union, au Parlement, de tous les républicains de gauche. Celte union, qui s’était faite sur mon nom dans l’arrondissement d’Uzès en 1902, toute ma politique a tendu a la maintenir et à la confirmer* Elle seule est féconde; elle seule nous donnera e
Citoyens, par cette union, la prochaine législature assurera l’évolution normale de notre pays dans la voie du progrès démocratique, en maintenant les réformes acquises et en enrichissant de réformes nouvelles le patrimoine de liberté et de justice qu est celui de la
'"^" nouT poursuivrons aussi 1a simplification des rouages administratifs par une décentralisation qui rendrait aux régions et aux communes plus d’indépendance et plus de vie; la réduction des frais de justice, la réforme de la magistrature, 1 abrogation de la oi Falloux l’égalité de tous les enfants devant l’instruction, parla gratuité de renseignement! tous les degrés, l’allègement des charges militaires, l’extension de l’assurance contre le* risques sociaux (chômage et maladie), les retraites pour tous les travailleurs, sans distinction, l’impôt progressif sur le revenu, pris de telle sorte que les revenus du travail soient moins frappés que ceux de la richesse acquise; le développement des institutions de mutualité et de pré(Ovance, l’encouragement des syndicats agricoles etdu crédit agricole, la suppressio des octrois et, d’une manière générale, la protection des intérêts de tous les travailleu a.
Citoyens, la lutte se présente aussi âpre que jamais. Les partis de réaction ny ont pas renoncé. Sous des étiquettes diverses, ils vont livrer à la République et à 1 œuvre lég'shi de ce- derniers temps un formidable assaut. Ils ont avec eux les forces quits ont toujou
exploitées : l’argent, l’ignorance et le fanatisme.
Nous comptons sur l’union de tous les républicains de l’arrondissement d Uzès pour leur infliger une nouvelle défaite. Aux urnes, citoyens, pour la République démocratiq sociale l
Pierre POISSON*
Circonscription du VIGAN.
M. PASTRE.
Citoyens,
A deux reprises, vous m’avez confié l’honneur de vous représenter à la Chambre des
Députés. Après huit années d’un mandat consciencieusement rempli, je viens à nouveau et
avec confiance solliciter vos libres suffrages.
Vos précieux témoignages de confiance et d’amitié me trouvent toujours plus dédaigneux des attaques d’où qu’elles viennent. Fort du devoir accompli, je suis heureux et fier d avoir pu contribuer, dans la mesure de mes faibles moyens, à la réalisation d un ensemble de réformes promises depuis plus de trente-cinq ans. Telles les lois de laïcité, de solidarité
sociale, de protection ouvrière et de réformes militaires. •
A ceux qui, perfidement, tenteraient dMe dénigrer à vos yeux, il suffira d opposer mon travail parlementaire, mon attitude, mes votes, ma fidélité aux principes et mon inlassable
dévouement pour tous. J . .. , „■*
Voire clairvoyance politique et votre simple bon sens feront prompte justice des allégations qui voudraient me représenter comme un danger national, moi qui pendant quatre ans de législature, suis resté « secrétaire de la Commission de V armée » a la Chambre des
DePUMon passé est un sûr garant pour l’avenir. Et il sera difficile à mes concurrents de tromper le corps électoral avec des mots sonores, ronflants et vides. C’est aux actes qu on m’appréciera, sans qu’il soit possible de créer d’équivoque, ni pour moi, m pour mon
Part'sur toutes les questions et les réformes immédiates qui doivent épuiser le programme électoral que vous avez approuvé en 1902 et en 1898, nous sommes d’accord.
Il faut considérer qu’il n’y a rien de fait tant quïl reste quelque chose à faire, et le progrès est infini. C’est ainsi que nous ajoutons à l’ensemble des revendications formulées déjà dans le programme général les réformes immédiates suivantes :
Limitation à huit heures de la journée de travail.
Extension du droit syndical à tous les employés de l’État, du département et de la com-
mUI) Assurance sociale contre tous les risques, du chômage à la maladie. Impôt progressif sur
le revenu et les successions* ’
Retour à la nation des monopoles, dont le capital a fait ses plus hautes forteresses.
Scrutin de liste avec représentation proportionnelle.
Sans jamais oublier que nous repoussons la politique du tout ou rien, nous affirmons, avec notre désir de réformes pratiques, le souci de réaliser un jour notre haut idéal de jus-
tice sOÇiale^ ^ nous défendrons toujours un moyen nécessaire de libération et
d’éducation, et nous formulerons la règle et le but de son action en affirmant aussi 1 entente internationale des travailleurs, par l’organisation politique et économique du prolétariat,
en vue de la conquête du pouvoir et de la socialisation des moyens de production et d’échange.
Citoyens !
A cette oeuvre, je vous promets d’employer tous mes efforts, pour faire sortir de l’ancien ordre de choses un état social nouveau et meilleur, où régnerait plus d’harmonie, plu* de justice, plus de solidarité. Républicains et socialistes, tous debout le 6 mai!
Opposons le bloc de gauche au bloc de droite, pour assurer le triomphe de la République démocratique et sociale.
PASTRE,
Député sortant.
Candidat du bloc républicain et socialiste.