GARONNE (HAUTE
Circonscription de MURET*
M- Honoré LE Y GUE*
Élu au 2e tour de scrutin, — 12. ÛM voix.
Mes chers Concitoyens,
La législature qui vient de finir a accompli une oeuvre considérable.
Pour ne citer que les lois les plus importantes, elle a définitivement mis dans la pratique :
Le bien de famille insaisissable;
La réduction à deux années du service militaire, aujourd’hui égal pour tous ;
L'extension de la compétence des juges de pais, premier pas vers la diminution des frais de justice ;
L’assistance obligatoire aux vieillards indigents et la faculté accordée aux communes de recevoir des fondations pour cet objet;
Le prix du timbre-poste réduit à deux sous.
Toutes ces lois, inspirées par le sentiment d’égalité et de justice sociale qui emporte le pays versîe progrès, ont une portée générale, mais^c'est surtout la démocratie rurale, les classes laborieuses de nos campagnes qui en retireront le plus de bénéfices*
Cependant la République ne s’est pas bornée à cela dans sa sollicitude pour les agriculteurs*
Elle a assuré le prix de vente des produits agricoles par une protection efficace ; elle a organisé tous les services adminisiratifs d’ordre général : Enseignement, épizootie, etc* Eofin, par des subventions accordées sans compter, elle a favorisé toutes les initiatives ayant pour but de parer aux diverses et si nombreuses calamités qui menacent les cultivateurs.
C'est ainsi que toutes les sociétés ayant pour objet l'assurance contre la mortalité du bétail, la grêle, les inondations, etc*, ont été largement subventionnées par l'État..
Cet ensemble de mesures laissait cependant la viticulture en proie à une crise dont on a pu apprécier fa gravité. Une diminution des droits sur les alcools de vins procurera la solution définitive* Pour parvenir à imposer cette mesure, je n'ai pas hésité à voter le rétablissement du privilège des bouilleurs de cru, c'est-à-dire le droit pour tout propriétaire de faire distiller, sans l'intervention de la régie, les produits de sa récolte, mesure qui améliorera sensiblement la situation dès maintenant.
Malgré des manifestations si diverses d'activité, malgré la création de services entiers, le Parlement a su maintenir l'ordre et Péconomie dans les finances*
Tandis que, par l’effet de la prospérité générale, l’augmentation de la matière imposable accroissait les revenus sans création d’impôts nouveaux, les pouvoirs publics, comme pour le timbre, ne cessaient de réduire, dans la mesure du possible, les taxes de divers impôts. Par l’effet de ces réductions, le contribuable paye 800 millions de moins au budget de l’État. C’est en effet à la forme défectueuse des impôts communaux et départementaux, créés en dehors du Parlement, que sont dues les augmentations qui peuvent figurer sur certaines feuilles d’avertissement. Il y sera remédié par l’impôt sur le revenu. Mais il ne faut pas oublier que la République a construit HO. 000 kilomètres de chemins de grande communication et d’intérêt commun; 120.000 kilomètres de chemins vicinaux et plus de 7 000 kilomètres de chemins de fer départementaux. Ce dernier mode de communication est l’œuvre exclusive de la République. Cet ensemble de travaux d’ordre communal et départemental n’a pas nui au développement des voies d’intérêt général. Plus de 20.000 kilomètres de chemins de fer à voie large ont été, notamment, le résultat de l’action du Gouvernement de la République. ■ ■
Un milliard a été employé à la construction de maisons d’ecole et 2 milliards aux
dépenses nécessitées par la sécurité de la patrie. j
D’autres lois ont été discutées par la Chambre qui a, en les votant, fait tout ce qu on pouvait exiger d’elle et épuisé le pouvoir législatif à elle départi par la Constitution. J’ai la ferme espoir d’ailleurs, que le Sénat remplira son devoir démocratique.
La loi sur les retraites ouvrières a tenu de longues séances. La multiplicité et la complexité des problèmes qu’elle soulevait, le grand nombre d’orateurs qui ont pris part à la discussion, ont donné aux débats une ampleur telle, qu’on a pu voter un projet qui marquera dans l’histoire des progrès sociaux accomplis par la République. Le principe de la solidarité sociale est affirmé par ce texte et je suis sûr qu’il triomphera devant Pautre assemblée.
Les critiques les plus nombreuses, les plu? violentes et les plus injustes, ont été dirigées contre la loi qui sépare les églises de l’État. Cette loi a mis fin à une situation qui
n’avait que trop duré, . ,
L; histoire de la politique religieuse de la France depuis près de huit siècles, e est histoire des différends et même des luttes entre la papauté et tous les gouvernements : Monarchie, Empire, et République, qui ont présidé aux destinées de notre pays. Le Concordat, signé il y a plus d'un siècle, par Bonaparte, dans un bm de domination personnelle et pour renverser la République, ne fut, dès te lendemain, qu’un instrument de discorde. Dans ces derniers temps, le conflit devint te! qu'il fallut Sabord rappeler l'ambassadeur de France près le Vatican j lorsque le cardinal Merry de! Val adressa aux puissances catholiques une note contre les manifestations officielles de Uamîtïé renouvelée entre notre pays et 1 Italie. Le Jour où, au mépris de ce Concordat qui lui interdisait de nommer les évêques en France, le pape voulut en révoquer deux, sous forme de démission forcée, il parut au Gouvernement que le traité aussi impudemment violé était caduc et qtie le moment était venu, pour la France, de régler, en vertu de sa seule souveraineté les questions au sujet desquelles on n’avait jamais pu réaliser une entente loyale. Nous ayons été contraints de voter la loi de séparation sous peine de voir le pape intervenir dans notre politique intérieure et extérieure,
Cette loij nous l'avons faite large et libérale, donnant a F église catholique une liberté que lui avaient refusée tous les gouvernements antérieurs et, en même temps, toutes les facilités possibles pour organiser et assurer T exercice du culte.
Jamais le pape n’avait pu nommer les évêques en France j il vient d en nommer un grand nombre et sans avoir eu à rendre aucun compte ni à demander aucune autorisation,, !1 en est autant de la nomination des curés par leurs évêques,
La jouissance perpétuelle et gratuite des églises appartenant aux communes, aux départements ou à l'État, a été laissée aux associations cultuelles, ainsi que la propriété des biens des fabriques et des menses. Pour assurer la conservation et la transmission de cm biens, un inventaire était indispensable, conformément aux dispositions antérieures, notamment celles du Concordat, et au droit commun. L’opinion, un moment égarée, est aujourd'hui éclairée sur le' but et la portée de cette mesure et il ne reste, de la tentative
avortée de guerre civile dont elle fut l’occasion, qu’une nouvelle preuve du manque de scrupules habituel aux ennemis de la démocratie. Ces biens une fois en la possc«n : des associations cultuelles, celles-ci auront toute capacité pour en acquérir de nouveaux et pour se fédérer enire elles, afin que les très riches paroisses des grandes villes puissent venir en aide, conformément à la fraternité’ chrétienne, aux paroisses pauvres. J’ai cependant proclamé que, si les paroisses riches manquaient à ce devoir ou ne parvenaient pas à assurer le culte dans les petites communes, je u’hésiterais pas à voter des secours à celles des paroisses qui n’auraient pas des ressources suffisantes. Ces secours seront toujours temporaires et à titre particulier, de manière à ne pas porter atteinte au principe définitivement acquis de la séparation du spirituel et du temporel.
Ces diverses réformes accomplies, c’est vers l’aveDir que nous devons tourner nos
regards. ,
L’impôt sur le revenu n'a pu être voté ; mais plus de trente séances ont été consacrées à sa discussion. Les difficultés soulevées par les adversaires de ce système et celles prévues par ses partisans, ont été l’objet d’un débat approfondi qui facilitera l’établissement d’un texte définitif et son vote par la Chambre qui va se réunir le premier juin.
Celle-ci réalisera aussi, d’accord avec le Gouvernement, la taxe différentielle sur Palcool de vin, qui arrachera la viticulture aux crises qui l’étreignent et donnera, sans impôt nouveau, les ressources nécessaires aux retraites ouvrières. Il y aura, en outre, à assurer comme service d’État, tout eu sauvegardant les intérêts du personnel, les assurances contre tous les fléaux qui menacent le travail, et notamment contre l’incendie, la grêle, la gelée, la mortalité du bétail, et qui atteignent si cruellement l’agriculteur. 11 y aura aussi à développer le crédit agricole et à l’établir enfin de manière à donner à l’agriculteur un instruis eut de défense et d’activité aussi précieux que l’est le crédit commercial.
Toutes les coopératives agricoles, de production, de vente et de consommation doivent
être protégées. , .
Enfin la suppression des treize jours et la réduction des vingt-huit jours, que j ai déjà votées, seront accomplies. Ces réformes, qui assureront à ce pays et aux laborieuses populations des campagnes une situation toujours meilleure, seront pour la plupart facilitées, imposées, même par l’emploi des immenses capitaux, gage des retraites ouvrières.
Électeurs,
Un effort immense est fait en ce moment pour arrêter la France dans la marche en avant vers les progrès, réfléchis, continus et indéfinis.
Cet effort tend, quoi qu’en disent ceux qui le tentent, qu’ils le veuillent ou non, au renversement de la République.
Quels que soient le masque ou l’étiquette dont s’affublent ceux qui dingent 1 assaut furieux donné à nos institutions, vous saurez, le 6 mai, déjouer leurs desseins.
Fermement attachés à la fois aux progrès acquis, à la propriété individuelle, au droit à l’héritage, bases de votre indépendance et gages de toutes les réformes nouvelles, vous barrerez, par votre vote souverain, la route aux réacteurs comme aux utopistes ; et voua assurerez ainsi, en dépit des clameurs, avec la paix publique, l’ordre, la liberté et les destinées de la patrie, désormais inséparables de celles de la République.
Vive la République !
Honoré LEYGUE,
Ancien élève de l’École polytechnique, Propriétaire -agr ïcu 1 1 eu r, Conseiller général.
Député sortant.
lrfl Circonscription de S AINT^G AUDENS .
M, BEP MALE,
Élu au 1er tour de scrutin, — 6 ,451 voix
Citoyens,
Les pouvoirs de la Chambre que vous avez ^nommée, voilà bientôt quatre ans, sont expirés et vos élus ont à rendre compte de leur mandat* La chose est aisée pour ceux qui, comme moi, ont, pendant ces quatre années, fait partie de ce Bloc contre lequel s'acharnent les ennemis de la République*
Jamais peut-être, en effet, depuis la grande Convention, une assemblée délibérante n’a, dans un laps de temps aussi court, mené à bien une aussi considérable besogne*
Bien que la plupart d’entre vous aient présent à l'esprit le bilan de l’œuvre accomplie, il n’est pas sans intérêt d’en rappeler les grandes lignes*
Dans l’ordre social, la loi sur l’assistance aux vieillards définitivement acquise; la loi sur les retraiies ouvrières terminée et soumise en ce moment aux délibérations du Sénat; la loi sur l'extension de la compétence des juges de paix, premier pas vers la diminution des frais de justice ; la loi bienfaisante sur les accidents du travail étendue à toutes les entreprises commerciales.
Dans l’ordre fiscal, la décharge des petites patentes, le dégrèvement de l’impôt sur le sucre, dégrèvement grâce auquel la consommation de ce produit de première nécessité a doublé dans trois années; la réduction du prix des timbres-poste; la diminution de moitié de la taxe sur les bicyclettes*
Dans l’ordre politique, la suppression des congrégations enseignantes et la séparation des Églises et de l’Érat réglée par un te^te qui permet à toutes les confessions la pratique de leurs cultes sous le régime de la liberté.
Enfin, dans Tordre tout à lois politique et social, la réduction du service militaire et l’organisation d’une armée coloniale spéciale. e
Tels sont les points culminants de ia dernière législature*
On peut, à cette heure, affirmer que le vieux programme républicain, qui était depuis 1869 la plate-forme de toutes les consultations populaires, est, dans ses grandes lignes, complètement réalisé, — Que sera l’œuvre de demain?
Citoyens,
Depuis trente-cinq ans, la démocratie laborieuse des villes et des campagnes fait crédit à la République* Elle a vu, dès la première heure, dans la forme républicaine, l’instrument nécessaire à la réalisation des réformes qu’elle attend, à la suppression des maux dont elle souffre*
Mais elle a aussi compris que les charges qu’elle supportait étaient hors de proportion avec les avantages qu’eile retire de l'organisation administrative et économique actuelle, et voilà longtemps qu’elle réclame, en même temps qu’une répartition plus équitable des impôts, la constituiion d’organismes qui lui assurent la sécurité du lendemain*
Avec le bon sens pratique qui est la caractéristique de l’esprit français, la démocratie rurale répugne aux énumérations vides et creuses, aux formules retentissantes* Elle attend
lîabfe ma°dataireS d6S en6agements n6ts et Précis un progmmme'immédiatejm réa-
Ce programme il est à cette heure sur les lèvres de tous ceux qui se réclament de la République. Il peut se condenser ainsi : 1 ae la
Reroute complète de notre système fiscal et remplacement des quatre contributions surannées par un impôt global et progressif sur le revenu ; o
compSrment de 13 Id SUr 165 retrai‘eS] récemme"t ™lée, qui devra être élargie et
concSt ““ Par ** «"** m°”P°"* ~ — « I— de fer -
Organisation d'assurances nationales et, au premier rang, des assurances agricoles oui seules, peim nt procùrer au cultivateur le crédit à bon marché • B ’ qui>
Monopole national de l’alcool, du sucre et des pétroles •
Réglementation légale des rapports du capital'et du travail, mettant fin à ces conflits violents qui ne profitent qu’aux adversaires des institutions républicaines-
pressbS’ ï» nC.,00'""" dS B“''re C” 'm?S d‘ Miwbm d™ “ !»“'»• >mm.
Citoyens,
Groupés autour du drapeau clérical, les vieux partis d’opposition vont tenter contre la SS "81 ,a pe“ée ,ibrc' “*« 11 «•£■— é - assaut. - Leur dtoitL
k'“,B^me5 qi'e l’°n ™’S en dise’ libéréedu J oug millénaire de l’Église la ce aique ne rétrogradera pas. Elle voit clair dans le jeu de ceux qui poursuivent’ la reconstituuon d un état de choses qu’elle a repoussé et qu’elle exècre; nos adversaires oit beau faire sonner haut les mois de Liberté, d’Égalitê, de Fraternité, ils ne parviendront pas Lon11^ 6 Change’ a 56 fa,re consitJérer comme ies dépositaires de l’esprit de la Révo-
C’est en vain qu’on agitera devant vous le spectre de la guerre religieuse. Respectueuse de toutes les croyances, la République ne saurait tolérer qu’un pouvoir étranger se substitue
io6 d’ r te“e ,°U tClle Catég°rie de dt0yenS demander^ au « ieürs la permit
Bion d obéir aux lois votées par les représentants de ce pays. Elle assurera l’exécutL des
Mems°™r“‘°US f P°U,0irS d,iIiSéS> 00“me ,Wa,“* *«* *“ d™™-
Le scrutin du 6 mai dissipera tous les orages.
M,®* fo.1S deplus’ les esPérance^ rétrogrades s’évanouiront, une fois de plus, la Répuclique sortira triomphante des urnes» ^
été inSKw rM’ ? S.”3’ ',°tre plrt de la ,icloire de demain. Fidèles à celui qui vous a
V S S e, „ î" ,MSl8' T„! “ne ,0i5 de F'”5' s“ uom, votre foi en
avènement de la Justice par la République démocratique et sociale.
Jean BEPMALE,
Maire de Saint-Gaudens, Conseiller général,
Député sortant»
2e Circonscription de SAINTGAUDENS.
M. RUAÜ.
Élu au l'r tour de scrutin. — 945(j voix.
Mes cliers Concitoyens,
... . ,in i1:tn ue f0i républicaine, vous m’avez fait l’honneur Il y a neuf ans aujourd Parlement. Depuis lors, à deux reprises, dans des
de me désigner pour vous représente TOtre Député un mandat do ntles termes,
manifestations inoubliables, ^ règionaux et sur la
librement discutés, reposai i - - conscience d’être demeuré scrupuleusement fidèle
réalisation de votre idéal poli .que J a publique, tous les votes que j’ai à mes engagements envers vous, to - t ont ét£ sans cesse inspirés par
été appelé a ™8‘,re’ 3' ^ soumis à vitre approbation. - *« mmM
le programme que, «• '* P"J? jamais les liens d’alleclion qui noos umssent
OÙ je me représente devant vous, sen 1 J - ma profonde reconnaissance,
à vous, mes compagnons lu bons Ï0US m.„e, donné tant de preuves,
rafes^trriém^r Ss ; Gouvernement de U Bépnbiiqne, les pinsbau.sdes devoirs.
Electeurs
La crise du nationalisme, qui menaçai. naguère latence libres, a démontré >» ^““e “™“J“°de la Révolntion française. Le sentiment
provoqué la constitution d une “J" ‘ doctrinales. Grime à cette entente,
de gauche, oublieux pour un temps de leurs pr nce Qnt fité rendues au paj8. Puis,
l’ordre a été rétabli dans la rue, la s . . . d’un sens politique profond, a résolu-
r?rr;riirrÆ!=ï'
social de l’É.at .des ; dépnrtémenlé et des i“”™“es- d’équité, respectueuse tout
personnes, et des droits supé, leurs
“-Sstt. des Députés a organisé la retraite des ouvriers, que nous avons
regardée de tout temps comme notre grande dette envers ïa démocratie, et de laquelle les travailleurs des champs et de l’usine attendent la sécurité pour leurs vieux jours*
J’ai collaboré à cette oeuvre féconde, tout d’abord comme député membre de la majorité, puis dans les Gonseiis du Gouvernement où m’a fait entrer la confiance de mon parti*
Si grande que soit la tâche de la dernière législature, une autre plus vaste encore s’offre à l’activité des élus de demain* La prochaine assemblée devra faire aboutir notre programme de réformes sociales et financières* NVst-il pas nécessaire que l’ensemble des risques sociaux, sous le faix desquels succombant les travailleurs, soient réparés parla loi au moyen des ressources de la nation et que les retraites ouvrières, dernier terme de la solidarité, passent définitivement dans le domaine des réalités ?
Pour ce faire, une réforme profonde de. notre système fiscal s’impose plus que jamais. Elle doit avoir pour point de départ un impôt général et progressif sur le revenu*
Mes chers Amis, *
Épris des questions agricoles, j’ai participé, dans la législature qui s’achève, à toutes les discussions relatives à l’industrie delà terre. Rapporteur du budget spécial, puis Ministre de l’Agriculture dans deux cabinets successifs, j’ai mis toute l’activité et tout le dévouement dont je suis capable au setvice iivs grands intérêts qui m’étaient confiés*
Partisan convaincu de la petite propriété paysanne, j’ai cherché à protéger celle-ci par la création du bien de famille et à en faciliter le développement par les œuvres de mutualité*
Je me suis efforcé d’étendre le crédit agricole aux sociétés coopératives et à rendre plus pratique la législation des warrants.
J’ai entrepris de réorganiser l'institution des courses, dans le but de consolider les produits fin pari mutuel destinés à la bienfaisance, à l’hygiène publique et à l'élevage*
En obtenant du Parlement le vote de ia loi sur les fraudes des denrées alimentaires et des produits agricoles, je croîs avoir défendu la cause des propriétaires et des commerçants honnêtes.
Par l’établissement d'an concours central hippique, j’ai prouvé que l’élevage du cheval, source de richesse dans la région du Sud-Ouest, ne me laissait pas indifférent*
Enfin, préoccupé avant tout de la situation précaire des habiianls de la montagne, j’ai commencé la réforme du code forestier, en abaissant, dans la plus large mesure, les pénalités encourues, et organisé un régime très libéral de pacage, compatible avec la nécessité de conservation des forêts. Par tous les moyens mis à ma disposition, j’ai favorisé l’extension des pâturages, d’après un système d'améliorations pastorales appliqué à notre région des Pyrénées*
Telle est, esquissée à grands traits, ia tâche que je me suis imposée depuis un an et dont fai fait consacrer ia plus grande partie par le votées Chambres*
Mes chers Concitoyens,
ïSous nous connaissons de longue date. Les origines de ma famille, aussi bien que mes intérêts les plus chers, me lient étroitement à vous* Vous m’avez vu à l’œuvre, accomplissant avec la plus rigoureuse exactitude le mandat que vous m’aviez remis* Gela me dispense de vous en dire davantage sur mon passé et sur mes intentions dans l’avenir*
Aussi éloigné du collectivisme révolutionnaire que de li réaction, défenseur résolu du principe de la propriété individuelle et de l’idée de patrie, que je considère comme les garanties indispensables de la personnalité humaine dans la société, je demeure tel que je me suis montré en toute circonstance, un serviteur passionné de la démocratie* Avec vous, je proclame que l’avènement de la justice sociale, dont nous appelons la réalisation de tous nos vœux, n’est possible que dans l’ordre, par la pratique de la liberté*
G est à vous que je dois l’honneur d’être admis au Gouvernement de notre pays, levons
demande, par le renouvellement 4e votre confiance, les moyens de continuer l'œuvre que nous avons commencée ensemble, dès 1107, dans une entière communauté de vues et d’opinions.
Vive la République démocratique et sociale I
Joseph ÏVUÂU,
Avocat, .maire d1 As pet, ■Vice-président du Conseil général, Ministre de F Agriculture, Député sortant.
1™ Circonscription de TOULOUSE
M. BEDOUCE
Elu au 2e tour de scrutin. — 9.175 voix.
M. Bcdouco n*a pas publié de profession de foi.
2P Circonscription d© TOULOUSE
M. h COUDERC
Élu au 2e tour de scrutin. — 9.S35 voix.
Le congrès radical-socialiste delà T circonscription m'a désigné comme candidat à l'unanimité : je me présente donc de nouveau à vos libres suffrages.
JJ y a à peine quatre mots que vous m'avez hoaoré de votre confiance et élu votre député.
Mon programme politique, économique et soc:al est le même : vous le connaissez.
Je suis attaché, avec conviction, au principe de la propriété individuelle dont je n'entends ni préparer, ni commencer îa suppression. Ce principe, proclamé par la Déclaration desDroils de l’homme de 1793, ne repose-t-il pas, en effet,, sur le droit inviolable de chacun k la libre disposition du produit de son travail?
Je suis l'ennemi de la guerre, ce fléau de l'humanité ; mais je répudie sans faiblesse les théories anüpatrioliques d'Hervé ; je m'en dégage sans hésitation, car j’aime passionnément ma patrie, cette terre de France si glorieuse et si belle, où ont germé, où sont nées toutes les idées généreuses qui honorent l'humanité.
Enfin, je pense qu’il y a mieux à faire, dans l’intérêt des travailleurs, dans l’intérêt du prolétariat, que d’insiitüer la lutte de classes, expression de haine, qui n’aurait jamais du trouver d’écho dans un pays de suffrage universel co .jante le nôtre. L’évolution incessante des esprits n'est-elle pas la meilleure garantie en faveur de la suppression progressive des inégalités et des injustices sociales?
Pourquoi les socialistes unifiés ont-ils brusquement abandonné le Bloc?
La politique d’union entra tous les groupes républicains n’est-elîe donc pas féconde et riche en heureux résultats? Regardez plutôt l’œuvre considérable accomplie par la dernière Chambre :
Dans l’ordre social : la loi sur l’assistance aux vieillards définitivement acquise; la loi sur les retraites ouvrières terminée et soumise au Sénat; la loi sur l’extendoti de la compétence des juges de paix, premier pas vers la diminution des frais de justice ; l’extension, à toutes les entreprises commerciales, de la loi sur les accidents du travail.
Dans l'orJre fiscal : la décharge des. petites patentes, le dégrèvement. de l’impôt sur le sucre, la réluutiou du prix des timbres-poste, la diminution de ia taxe sur. les bicyclettes.
Dans l’ordre politique : la suppression des congrégations enseignantes et la séparation des Églises et de l’État, réglée par une loi qui permet à toutes les confessions la pratique de leur culte sous le régime de la liberté.
Enfin, dans l’ordre tout à la fois politique et social, la réduction du service militaire.
Je suis partisan résolu d’une politique financière nouvelle, qui dégrève !e contribuable: agriculteur, commerçant ou industriel Je pense que, désormais, le Parlement ne doit demander l’es ressources supplémentaires dont il a besoin qu’à l'exploitation par l’État des grands monopoles.
Ce qui n’empêchera pas la refonte de notre système fiscal, grâce à l’établissement de l’impôt sur le revenu.
Je connais les souffrances du petit commerce et j’ai essayé, en déposant un amendement à la loi de finances, de lui venir en aide. La révision de la loi des patentes s’impose : je m’engage à la demander afin d’arrêter l'envahissement désastre jx des grands magasins.
Je suis partisan du droit différentiel sur Les alcools, qui favoriserait nos régions viticoles.
Enfin, les travailleurs trouveront en moi un ami dévoué, toujours prêt à défendre leur cause et à s’inspirer en leur faveur des principes de justice et d’égalité. Travailleur i n en suis-je pas un moi-môme? Ne m’a-t-on pas reproché d ; n’avoir été qu’un salarié?
Citoyens,
Vous pouvez compter que je poursuivrai la réalisation de mon programme sans faiblesse et sans compromission. Je tiendrai haut et feiuic le drapeau des revendications démocratiques et sociales.
Aux urnes donc et pas d’aJastentions.
Vive la République I
J. COUDERC,
Député sortant.
3* Circonscription de TOULOUSE.
M* CRUPPI.
É'u au 2° tour de scrutin. — 8,756 voix.
Citoyens,
Après quatre années d’une législature laborieuse et féconde, je viens de nouveau solliciter vos suffrage?. J'ai conscience d’avoir, depuis que vous avez fait de moi votre représentant, c’est-à-dire depuis huit années, rempli de mon mieux, tant au point de vue de vos intérêts locaux et régionaux qu’au point de vue de ia politique générale, les devoirs que m’imposait mon mandat.
Au point dy vue de nos intérêts locaux et régionaux :
J’ai pu, avec l'appui de mes collègues républicains du Conseil généra], entreprendre ia création nécessaire d’un réseau de tramways à vapeur dans la 3^ circonscription et, par des études sur place, par mes efforts de conciliation entre des intérêts voisins et parfois rivaux, fai concouru au vote, aujourd’hui définitif, des ligues :
De Toulouse à ViUemur par Fronton;
De Corne barrïeu à Lévîgnac;
De Toulouse à Verfeil.
J’ai été particulièrement attentif aux souffrances de nos viticulteurs et j’ai assuré le succès de V une de leurs revendications, en concourant au rétablissement du privilège des bouilleurs de cru. Cela ne suffit point. Je tâcherai d'obtenir dans la prochaine législature ;
i° Qu’une taxe différentielle soit établie en faveur des alcools devin ;
2° Que ïe sucre, qui doit être accompagné d'une pièce de régie pour aller chez le viticulteur, le soit également à l'égard de tous les producteurs ou manipulateurs de vin et que toute fraude constatée soit sévèrement réprimée.
Je compte enfin, de p us en plus conscient de vos intérêts privés et généraux, continuer à être, comme je l’ai été jusqu’ici, le protecteur et l’ami des faibles et des humbles.
Vos témoignages d’affection, mes chers compatriotes, m’ont soutenu dans l’accomplissement de ma tache; ils m’ont soutenu contre l'ingratitude de quelques-uns, contre les fureurs de la réaction tout ent ère. J'ai trouvé dans de nombreuses amitiés fidèles et vivaces la récompense de mes labeurs et de mes luttes.
Au point de vue de la politique générale :
Citoyens,
Quelques-uns ont accepté, suivi, en maugréant, la marche en avant de la démocratie.
Pour moi, j’ai fait un effort, je le dis fièrement, pour entraîner les travailleurs ruraux, tout ce peuple honnête et laborieux de cultivateurs, de petits propriétaires, à l’assaut des abus, à la conquête dos réformes généreuses qui transforment déjà le vieil outillage légué à nos générations par l'empire et la monarchie.
Dans cette tâche, parfois dure, je suis fier d’avoir réussi, et aujourd'hui, dans nos réunions publiques, je sens, plus que jamais, Pâme du peuple vibrer à l’unisson de la mienne. Désormais insensible aux colères ou aux perfidies de la réaction, sûre d’elle-mêine, de sa foi démocratique, la population rurale de la 3e1 circonscription regarde passer avec dédain
la troupe incohérente des c émigrés de l’intérieur », de ces éternels ennemis de la iîépubhque qui, sans des masques divers, cachent le même égoïsme et la même ignorance des temps magnifiques de liberté, de prospérité et de paix que traverse notre génération.
Électeurs*
Je le demanda à vos consciences : est-re que les intérêts, est-ce que des besoins matériels .q moraux de vos communes ont périclité depuis que je suis votre r, andataîre?
Pourtant c’est le drapeau du « Bloc républicain », de la iténublique radicale, qui, confié a mes mains, flotte sur noire paya, abrite vos espoirs, vos volontés, vos revendications
Lst-ce que la patrie est en danger? Est-ce que la France n’est pas respectée dans le monda? Est-ce que 1 épargné publique est compromise? Est-ce que la condition des petits ne 6 vient pas tous les jours meilleure? Est-ce que vos yeux ne voient pas le symbole et la consécration de notre régime démocratique dans cette élection que le « Bloc » a conquise maigre 1 effort désespéré rie la réaction et de ses capitaux, dans cet avènement à la première magistrature républicaine du petit-fils d’un forgeron ?
Il a fallu pour ces victoires l’union de tous les républicains.
Cette union, que quelques-uns me reprochent, voyez quels ont éié ses fruits, examinons les résulta is généraux de celte législature, à laquelle j’ai conscience du m’ôtre laborieuse me ut associé.
Électeurs,
En 1902, je vous ai promis le maintien énergique delà politique de protection douanière, j ai tenu cette promesse, et, toutes les fois qu’on a proposé de réduire le droit d’entrée sur les b’és, j ai voiè contre ces proposions, notamment le 26 mai 1903.
En 1902, j’ai promis la répression énergique des fraudes et des falsification» J’ai tenu cette promesse en votant la loi contre les fraudes, eu collaborant activement à sa rédaction.
Eu 1902, je rue suis élevé contre les accapareurs et les spéculateurs. J’ai tenu ces promesses dans tous mes votes, notamment en donnant à l’État, le 28 février 1903 le monopole du raffinage des pétroles.
En 1902’ J' ^ Pro‘nis service de deux ans égal pour tous. J’ai tenu celle promesse, et j apporte aux travailleurs des campagnes un service militaire réduit et qui devra être réduit encore, lorsqu’une meilleure organisation militaire permettra d’instruire les recrues en
moins de lemps, sans compromettre fa solidité nécessaire de notre armée de défense nationale,
En 1902, j’ai promis la diminution des périodes de 28 jours. J’ai scrupuleusement tenu cette promesse; en voici la preuve :
Le 7 juillet 190/|, j’ai voté l’amendement Breton aux termes duquel les hommes de I armée territoriale sont dispensés de toute période d’exercices, et les hommes de la réserve m Peuvent être appelés que pour deux périodes d’une durée de quinze jours.
B ouvert 25 ;'anvier 19°3, ^’ai VOtè Ia suPPr,S:3il-in ««ale des 28 jours sur la proposition
Dans le même ordre d’idées, j’ai voté, le 28 janvier 1903, une proposition en faveur des soldats voyageant en congé ou en convalescence ;
J’ai voté, le 2 février 1903, la proposition d’Albert Sarraut pour le vin aux soldats ;
J ai voté, le j mars 1903, en faveur des allocations de secours aux familles nécessiteuses des réservistes et des territ sriaux ;
J’ai voté, le 12 novembre 1903, une proposition portant que les ajournements demandés une première fois doivent être accordés; que les sursis doivent toujours être accordés à tout horam \ dont le déport compromet le travail.
Eu 1902, j’ai promis le développement des lois d’assistance et de prévoyance; des retraites pour la vieillesse au profit des ouvriers et des employés de l’agriculture. J’ai tenu
mes engagements, en votant ta loi sur l'assistance obligatoire du 15 juillet Itlüo, la loi sur
les retrüii es ouvrières. , . . , .
E„ 1002, j’ai promis l’organisation d’une justice cantonale démocratique. J ai tenu cet
engagement, en obtenant du Parlement, par mes efforts obstinés, le vote de la loi sur les justices de paix : lui démocratique attendue depuis cinquante ans, et à laquelle on veut bien
att<1C^s(Æmais°gcàce à celte loi, les petits litiges du peuple seront résolus au canton, sans lenteur- et sans Irais, sur les explications que peuvent fournir les parues elles mêmes.
En 1002, j’ai promis aux électeurs républicains de perister avec énergie dans la lutte poursuivie contre les congrégations; et je n’ai pis mmqué une seule fois de mériter a ce sujet les injures de La réaction en votant toutes les lois destinées a défendre le régime démocratique contre l’esprit clérical. C’est ainsi que j’ai voté la suppression de enseignement congréganiste. A l’appui de ces votes, j’ai bien des fois défendu a la tribune le programme, 'les revendications du parti radical, et, comme membre de la détection des gauches, j’ai eu l'honneur de prendre la parole au nom des républicains.
Tels sont les actes que je revendique. Je revendique aussi mes votes favorables a
loi de réparation des Églises et de l’État.
]to aurais indigne de porter le drapeau de la démocratise, s je m étais séparé des 5^1 républicains qui ont constaté par leur vote les violations répétées du Concordai conunises par le Gouvernement pontifical, et reconnu la nécessité de substituer un régime de liberté réciproque au régime napoléonien du Concordat, d’une convention toujours condamnée et foulee aux pieds par [a faction cléricale.
Électeurs*
Écoutez les paroles que prononçait, il yaquelques jours, à Nogent-Ie-ft 'trou, un républicain qui ne fait pas partie du Bloc : « La séparation des Eglises et de 1 État apparaissait en général aux républicains comme le régime de l’avenir; mais, pour la majorité dentre eux, elle n’était pas mûre. Après le voyage de M. Loubet à Rome et la protestation du Saint-
Sfè^e, ce grand changement était inévitable. »
° Ce n’est pas Émile Combes qui parle ainsi, c’est un « modéré », c'est Paul Deschanel 1 Écoutez encore ces paroles : « Une loi qui a donné au Samt-Siege le droit de nommer sans contrôle les évêques, une loi qui vous permet, à vous et à vos évêques, de vous réunir, de délivrer et de gouverner les intérêts de l’Église. catholique; une loi qui vous remet la jouissance des églises sans aucune condition de payement de loyer, sans rien a humiliant et sans fixer de délai, permettez-moi de vous le dire, c’est uue loi qui peut ne pas vous convenir, mais ce n’est pas une foi de violente persécution.
K Vous ne pouvez pas dire cela au pays!
« Et cet article /i, qui définit les associations cultuelles, nous l’avons discuté et nous
savons pourquoi nous l’avons voté ensemble.
«. Pourquoi Lavez-vous voté avec moi? Parce que... ces associations ne pourront se foru er que conformément aux règles générales du culte dont ellea veulent poursuivre l’exercice . . . elles n’auront aucune existence légale si elles, se forment en dehors de la hiérarchie catholique, en dehors des évêques.
u Vous avez là votre garantie, vous avez là tout ce qui constitue 1. essence, même du gouvernement autonome de l’Église. , .
« Il ne faudra pas s’arrêter à ce qui est secondaire. . . 11 faudra voir le fond; il faudra voir que l’Église catholique peut vivre avec cette loi, qu’elle peut même prendre une place puis grande, parce qu’elle devra s’accoutumer aux mœurs fécondes et fortifiantes de la
lib^rtc
« La loi sera exécutée, je l’espère; après lous ces remous violents, elle deviendra une
œuvre de paix, » ,
Qui donc a parlé ainsi? CTest le chef de 1 opposition. G est M. Ri bot.
Eh bien! cette loi inévitable, nous saurons malgré les violences cléricales, rappliquer
avec sagesse, l’exécuter avec touies ses libéralités et ses largesses, prodiguées à ceux qui l’accueillent par le mensonge et par l’injure.
Les fidèles du culte catholique conserveront toujours leurs églises, les immenses biens cultuels que la loi leur remet, et le clergé, profitant légitimement des pensions qui lui sont acquises, comprendra peut-être enfin, dans les chaires dont ii demeure possesseur, qu’il doit abandonner tout espoir de domination politique, et faire un bon usage des libertés, des biens, même des privilèges qu’une loi libérale consacre en sa faveur.
Électeurs,
Nos adversaires avaient espéré émouvoir le pays et choisir un «bon tremplin électoral » en créant l'agitation factice des inventaires; mais l’esprit clair et vif des populations du Midi a déjoué facilement cette manœuvre grossière.
La mesure quia pour objet d’assurer la conservation de tous lesbiens qui meublent et ornent l’église entre les mains des fidèles, de leurs curés, de leurs libres associations, est une mesure de protection en faveur des catholiques et non une mesure spoliatrice. « Chacun chez soi b, telle est noire devise à l’égard de l’Église et du Gouvernement étranger qui la dirige.
Rien n’est venu changer, d puis la séparation, les habitudes cultuelles, les traditions des croyants; rien ne troublera dans l’avenir ces habitudes, ces traditions, la liberté des consciences et des cultes.
Puissent les querelles religieuses s’apaiser désormais, grâce à la séparation, afin que nos représentants s’appliquent sans trêve à l’œuvre des réformes sociales.
Le parti radical a le devoir de donner des solutmns, dans la prochaine législature, à plusieurs grands problèmes.
Dans peu de mois, la loi des retraites paysannes entrera en exécution et réalisera l’œuvre la plus belle et la plus féconde des républicains.
On se plaint à juste titre du nombre exagéré des fonctionnaires, et j’ai voté, le 21 janvier 1903, la suppression des sous- préfets-, mais savez-vous pourquoi tant de Français désirent des fonctions? Parce que ces fonctions offrent à leurs vieux jours la garantie d’une retraite modeste.
Désormais, on restera aux champs et l’agriculture retrouvera ses forces parce que le travailleur, sûr d une retraite à la fin de sa vie, ne cherchera pas au dehors l’apaisement de ses cruelles inquiétudes.'
La retraite paysanne, ce n’est pas une réforme, c’est une révolution bienfaisante et pacifique!
Pour l’accomplir, il faut demander des ressources à cet impôt progressif et glo' al sur le revenu, qui soulève tant de colères parmi les capitalistes.
L’impôt sur le revenu, tel que le conçoivent les républicains, n’estpas, bien entendu, un impôt ajouté aux autres. Ce que nous voulons, au contraire, c’est remplacer les contributions actuelles onéreuses, injustement réparties, par un impôt qui e\onérera on ménagera les petits et frappera les grosses bourses.
Lcs députés des populations rurales ont un devoir particulier, celui de supprimer la contribution foncière des propriétés non bâties.
La terre nourricière, source de toutes les richesses de la patrie, a droit à cette exemption : elle doit être délivrée des charges si lourdes et si inégales que fait peser sur elle un impôt injuste, et d’ailleurs mal fondé sur les constatations absurdes du cadastre.
Ainsi, retraites ouvrières, impôt sur le revenu, voilà le but auquel doit tendre tout d’abord le Bloc républicain dans la prochaine Assemblée.
U faut aussi se mettre à l’œuvre afin de refaire nos vieux Codes, notre vieille justice, sur les données de l’esprit moderne.
Je m’efforcerai de développer cette justice rurale dont j’ai pu agrandir la compétence ancienne. Il faut confier au juge de paix la connaissance et la répression paternelle d’une
foule de petits délits qui sont sans gravité, et qui infligent aujourd’hui, à ceux qui sont en faute, le châtiment supplémentaire des frais, des pertes de temps.
Au point de vue de ces réformes de justice, je dois déclarer que, si la Chambre prochaine me confie encore 1a présidence de la Commission de justice militaire, je demanderai au parti républicain de supprimer sans tarder les conseils de guerre en temps de paix. La justice des conseils de guerre est inégale, comme on l’a vu récemment, lors des acquittements scandaleux des officiers qui avaient opposé un refus d’obéissance aux réquisitions de l’autorité civile; elle est trop rigoureuse, malgré l’amélioration que j’ai pu obtenir en faisant voter l’application de la loi de sursis, de la loi Bérenger, aux infractions déférées aujourd’hui à la justice militaire.
Électeurs,
Les républicains ne doivent jamais reculer devant les réformes, même les plus hardies, pourvu qu’elles soient justes, bien étudiées et favorables au peuple.
Nous saurons racheter les chemins de fer, nationaliser les mines, établir le monopole des assurances qui, par l’abaissement des primes, fera bénéficier le peuple des profits énormes que recueillent aujourd’hui les grandes Compagnies et les intermédiaires.
Nous irons ainsi, fermes adversaires de la réaction et de la révolution sociale, sans secousses et sans désordres vers l'idéal d’une vie individuelle meilleure et plus large pour chaque travailleur.
Nous sommes le parti des solutions hardies et pratiques, de la paix au dehors et au dedans, de cette paix qui naît déjà d’une vie sociale plus justement réglée.
A vous, cultivateurs, amoureux du lopin de terre conquis par l’héritage, nous garantissons la propriété sacrée du sol conquis par vos travaux.
Nous garantissons à vos fils, à vos filles, par l’école laïque, qui est notre préoccupation constante et comme le pivot de nos institutions, la capacité professionnelle qui permet d’aborder les luttes de la vie, la capacité intellectuelle qui élève l’âme et ennoblit l’existence.
Le problème politique et social devient chaque jour plus complexe, mais aussi plus facile à résoudre, à cause du développement démocratique des idées de fraternité.
Arrière donc, les vieux partis, les vieux fantômes, les espérances ridicules d’une faction tant de fois condamnée!
Cultivateurs ruraux,
Songez à ce qu’étaient vos pères, et regardez ce que vous êtes.
La République vous a faits libres et puissants et, du château orgueilleux, la souveraineté est descendue dans vos chaumières.
La République des réformes, celle que veulent tous les républicains unis de la 3S circonscription, c’est votre chose, c’est votre patrimoine, la paix pour vos enfants, le pain pour vos vieillards.
Si vous voulez cette République, dont le parti radical m’a confié le drapeau,
Si vous jugez que j’ai fait mou devoir pendant la dernière législature.
Si tous jugez, mes chers Compatriotes, que je peux rendre de nouveaux services à mon
pays, vous le direz le 6 mai.
Vive la République !
Jean CRUPPI,
Conseil'er général, député sortant, Vice-Président de la gauche radicale.
Circonscription de VILLEFRANCHE
M. Henri ATJRIOL
Élu au 1er tour de scrutin. — 7.137 voix.
Chers Concitoyen?,
Je me présente à vous loyalement, résolu à tenir sans défaillance le drapeau que m’ont confié tous ceux qui, las d’une politique sectaire et antilibérale, aspirent à plus de liberté et de justice.
Républicain, je suis attaché aux institutions qui régissent la France depuis trente-cinq ans, mais je veux une République tolérante, respectueuse de toutes les croyances, qui soit le gouvernement du pays par tous et. pour tous, et non pas seulement celui d'une coterie.
Je veux que toutes nos libertés soient assurées : liberté de conscience et liberté d’enseignement, l’une et l’autre étant de l’essence même du régime républicain.
Je suis un adversaire décidé de la loi de séparation, que ses auteurs représentent comme une loi de liberté, alors qu’elle n’est qu’une œuvre spoliatrice, néfaste, par laquelle la secte maçonnique espère détruire la religion qui tient tant au cœur de la grande majorité des Français, et j’aspire, au contraire, à de nouvelles et plus justes dispositions législatives qui assureront l’entière gratuité des cérémonies du culte.
Électeurs,
Vous êtes appelés à exprimer vos volontés souveraines au moment où la France est à !a veille d’une crise redoutable.
Du nord au midi, le pays est troublé, depuis plusieurs mois, par les discordes religieuses, par des grèves qui portent atteinte à la liberté du travail et ont déjà fait couler le sang de nos soldats.
Cette situation ne peut se prolonger et il vous appartient, par le choix de vos mandataires, d’y mettre fin.
Contribuables,
Notre budget est écrasé sous un déficit toujours croissant.
Les impôts sont devenus une charge que supportent péniblement la fortune publique et surtout la propriété foncière.
il n’est que temps de remédier à la mauvaise gestion de nos finances par la diminution du fonctionnarisme, par la réduction des gros traitements, hors de proportion avec les services rendus, par le contrôle vigilant des dépenses de l’État et par une politique sévère d’économie.
Si je suis votre élu, je poursuivrai la répartition plus équitable de l’impôt, qui doit être proportionnel aux facultés réelles de chacun : je demanderai le dégrèvement des charges foncières, des patentes qui accablent les petits commerçants, la diminution des droits de mutation et de succession.
Soucieux des intérêts généraux de la France, je n’en serai pas moins dévoué aux rnté-
rè“ Nè'et^grandfparm^Vüu^' je connais vos besoins et, si j’ai l’honneur d’étre votre mandataire mon incessante préoccupation sera de vous être utile.
le voîera? toute» le. lois avant pour résolut de protéger l'.gr, culture contre la coucur. rence étrangère et de rendre ainsi à notre région son ancienne prospérité.
“userai de l’influence que me donnera votre choix pour assurer a notre arrondissemen le développement des voies do com«S«nicàtion q* lui “»*
de nouveaux tramways s’impose
< elui de Verfeil à Cintegabelle, qui desservira un grand
nombre de nos communes, doit être construit à bref delai. . , „
le suis également partisan de la création du canal des Deux-Mers, qui ne peut qu augmenter la fortune et le commerce de notre région.
Citoyens,
Si je veux la paix dans nos consciences troublées, je la veux aussi au delà et en deçà
dC nje rôpTouvedonc la propagande monstrueuse faite contre le devoir militaire et contre la patrie, et serai pour toutes les mesures qui assureront a notre armée le respect et la
confianc^d^e & été réduit à deux anSj j’estime qu’il pourrait être encore l’objet
d’une nouvelle réduction, en donnant aux jeunes gens, avant leur entrée au régiment, une instruction préparatoire qui faciliterait leur éducation de soldat, et, si notre puiss mce nationale n’en doit pas souffrir, je demanderai aussi la diminution, smon la suppression totale, des périodes d’exercices des 28 et 13 jours.
Travailleurs,
Je réprouve de toutes mes forces les utopies sociales, collectivistes, communistes, qui
tendent à détruire la propriété individuelle. .
Mais je suis partisan de toutes les mesures de solidarité sociale qui sont de nature à améliorer progressivement voire sjjjt. Ce souci de vos intérêts constitue une large part ce
m0n S ^vous^me0 choisissez pour votre représentant, je m’efforcerai de faire donner une solution législative à une réforme depuis plmieuis années proposée en France et acceptée déjà à l’étranger, l’institution du « bien familial insaisissable ». L î nsaisissabilite de 1 habitation et du petit domaine, attenant ou voisin, assurera 1 avenir de la famille dont l’asile sera désormais inviolable, multipliera les petits proprietaires, leur assurera une situation indépendante et permettra d’enrayer la dépopulation de nos campagnes.
Je voterai l’extension, à tous les ouvriers des champs et de la ville, du bénéfice de la loi sur les accidenis du travail, dont les dispositions ne s’appliquent jusqu ici qu aux ouvriers
de l’usine ou de l’industrie.
Je m’associerai à toutes les propositions ayant pour but de faciliter et de déve.opper
les organisations mutualistes, . }
Enfin, j’appelle de tous mes voeux la création d’une caisse de retraite pour les vieillards
et convaincu de la nécessité des retraites ouvrières pour tous les travailleurs agricoles ou autres, je lutterai pour que cette réforme sorte enün de la période des spéculations theomues’ct des promesses non tenues, pour entrer dans celle de sa réalisation.
Telle est, dans ses grandes lignes, la profession de foi que je soumets, avec confiance,
à vos libres suffrages. . ,,,
Je mets, au service de la cause républicaine et démocratique que je défends, la loyauté
de mes convictions et l’ardeur d’une jeunesse confiante en des temps meilleurs.
Ce programme sera le votre.
Vous savez que je n’hésiterai pas à le soutenir de ma parole, h la tribune de la Chambre, si j’ai l'honneur d’être votre élu, comme je saurai y défendre courageusement fous vos droits méconnus, vos intérêts sacrifiés*
Vous voterez donc pour le candidat démocrate et indépendant que je suis, pour la République de toutes les libertés.
Henri AURIGL,
Docteur en droit, Avocat à la cour d’appel do Toulouse.