‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1906Chapitre 84 sur 280 · A. JOURDE · texte numérisé non relu

A. JOURDE

Ancien député de 1889 à 1902, candidat républicain socialiste.

4° Circonscription de BORDEAUX

M. de LA TRÉMOILLE, prince de TÀRENTE Élu au 1er tour de scrutin - — 8-815 voix.

Citoyens, .

Encouragé par les témoignages de confiance que les électeurs de la commune de Margaux et du canton de Castelnau m'ont déjà donnés en 190/*, je viens solliciter l’honneur de défendre, à la Chambre des Députés, les intérêts de la à0 circonscription de Bordeaux-

Fenaement attaché aux institutions républicaines, résolument dévoué à la démocratie, sincèrement désireux de progrès social, je fais appel aux républicains qui veulent réaliser les grandes réformas attendues par Popînîon,

Un changement profond vient d’être introduit dans noire pays par le vote de la séparation des Églises et de PÉtat. Son application doit atteindre ce double but : établir la laïcité de PÉtat et l’indépendance des Églises en assurant à tous, à quelque confession qu’ils appartiennent, le libre exercice de leur religion, La liberté de renseignement est le corollaire naturel de la liberté de penser; elle doit offrir, pour garantie, l’égalité des grades exigibles pour tous les maîtres sous le même contrôle de l'État,

La prochaine législature aura avant tout pour obligation de remplir envers la démocratie laborieuse les grands devoirs de solidarité humaine. Il faut enfin mettre les ouvriers des villes, comme les ouvriers des champs, à l'abri des risques auxquels les exposent les accidents, la maladie, le chômage et la vieillesse.

Votre député devra s'employer avec dévouement à rendre effective, malgré tous les obstacles, la loi sur les retraites ouvrières.

Des économies et de sagL s réformes fiscales, nous permettant de répartir nos charges avec plus d’équité et proportionnellement aux ressources de chacun, nous mettront à même d'accomplir cette importa nie œuvre sociale ^ans astreiudre à un nouveau sacrifice l'agriculture, donc la crise mérite toute la sollicitude du législateur, sans grever davantage la propriété foncière, par suite la travail agricole, sur lequel retombe finalement toute augmentation de dépenses.

Me* chers Concitoyens,

Le régime des traités de commerce et de réciprocité a eu pour effet d'assurer à la France une longue ère de prospérité.

Le retour à une politique commerciale stable et libérale ferait retrouver à notre vignoble si éprouvé et aux nombreuses industries qui s’y rattachent les avantages qu’ils en ont recueillis dan* le passé.

Nous atten ions encore le règlement d’administration publique qui permettra l’application de la loi sur les fraudes. Ce règlement devra concilier les intérêts du commerce avec les droits de la propriété, en garantissant à celle-ci une protection efficace de scs marques et 3e respect de ses noim d’origine.

Les dispositions delà loi du 6 août 1895, relatives à la vente et à la circulation do la piquetle, lèsent nos populations; leur abrogation s’impose» ainsi que le retour l\ la loi du 6 avril 1897,

Les inscrits maritimes formulent, de toutes parts, des revendications; on ne saurait en nier la légitimité. Je m’efforcerai de leur faire rendre justice,

La création de Chambres délibératives d’agriculture nous donnant la faculté de faire entend "e no* doléances, la di ninutîo i des droits de mutation et des frais de justice sont, parmi des réformes trop longtemps promises, celles dont l’étude est urgente et que je chercher aï à mener à bien les premières.

Telles sont le* principales questions qui préoccupent notre région; chargé de vous représenter, j’apporterai toute mon énergie et toute mon activité à résoudre les problèmes que comportera défense vigilante de vos intérêts. Je demanderai, avec ténacité, le vote des mesures législatives susceptibles de favoriser nos industries viticoles, agricoles et forestière*, ainsi que notre ostréiculture.

Chaque année, j’irai dans toutes vos communes pour garder un contact permanent avec vous, pour recueillir vos vœux et examiner, d'un commun accord, les solution* qu’ils réclament.

Électeurs,

Sî vous me faites l’houneur de me choisir pour votre député, conscient de mes devoirs et de vos dro ts, ja m’inspirerai toujours, dans l'accomplissement de ma tâche, des sentiments qui doivent animer tout mandataire soucieux de justifier la confiance de ses concitoyens.

Français et patriote, je veux que mon pays jouisse avec sécurité des bienfaits de la pais so is la sauvegarde d’une armée solide, gardienne lidèle de l’Honneur national.

Républicain et démocrate, je serai toujours guidé par les sublimes principe!? de liberté, d’égalité et de fraternité formulés par h Révolution française, fier de servir votre cause, la grandeur de 1 i France, la gloire de la République I

Vive la République !

' L, DE LA TrtÉViOILLE,

PlUHCE DR Tàrente,

Maire de Margaux, Conseiller d’arrondissement, G ■adidat républicain.

5R Circonscription de BOHDEAUX.

M. î\, GAZÀUVlElLH.

Élu au ior tour de scrutin. — 0.087 voix.

Mes chers Concitoyen s,

La confiance que vous m'àvez toujours témoignée m'autorise à solliciter do nouveau vos suffrages.

Depuis huit ans député de la 5° circonscription de Bordeaux, je n’ai pas besoin de faire üïi long programme; c'est sur mes actes et non sur mes promesses que vous avez à me juger.

Au point de vue politique, je m'honore d'être demeuré constamment fidèle à la discipline républicaine telle que l'avait préconisée Waldeek-itousseau* en donnant mon concours aux trois ministères qui se sont succédé au cours de cette dernière législature.

Ce n'est que grâce à l’union de tous les républicains que nous avons pu faire aboutir tant de réformes importantes dont je dois vous rappeler les principales.

Nous avons voté des lois de solidarité sociale, comme l’assistance aux vieillards, le service des enfants assisté?, l'extension de la loi Sur les accidents du travail.

Nous avons cherché à protéger l'agriculture par les lois sur le crédit agricole, sur les warrants, sur les fraudes.

Pour améliorer la situation de nos marins, nous avons modifié le fonctionnement si justement critiqué de la Caisse de prévoyance.

Nous avions promis de ré luire la durée du service militaire et d'établir Fégalité de tous les citoyens devant l'impôt du sang : aujourd'hui la loi de deux ans est entrée en application.

Enfin, après avoir soumis les congrégations religieuses à la loi sur les associations, nous avons plus tard réalisé, dans un esprit de justice et de liberté, la séparation des Églises et de l'État.

Il était nécessaire de trancher Ces questions irritantes pour permetire h la nouvelle Chambre de se consacrer à l'étude des problèmes économiques et sociaux qui préoccupent le pays.

Lsis députés que vous allez élire auront le devoir de rendre définitive, après l'avoir améliorée d'accord avec le Sénat, la loj sur les retraites ouvrières et paysannes que nous venons de voter à la suite de longues et sérieuses discussions.

Us devront s'efforcer de diminuer les frais de procédure qui écrasent les justiciables et empêchent les citoyens peu fortunés de se faire rendre la justice à laquelle tout le monde doit pouvoir prétendre.

line première satisfaction a déjà été obtenue par l'extension de la compétence des juges de’paix.

Représentant d'une circonscription rurale, je rechercherai, comme par le passé, les mesures propres à remédier à la crise agricole qui sévit spécialement sur les viticulteurs*

iï me paraît nécessaire de compléter les lois protectrices déjà votées par le Parlement, et, pour faciliter l'écoulement de nos vins, de négocier des traités de commerce avec les nations étrangères.

Les populations maritimes du bassin d'Àrcachon seront, comme par te passé, l’objet de nia constante sollicitude*

Vice-président du groupe des inscrits maritimes de la Ghambre, j’ai déjà eu l’occasion de défendre leurs intérêts ; je m’attacherai à faire triompher leurs légitimes revendications*

A ce point de vue, la réduction du service militaire des inscrits et l’amelioration de la pension de demi-solde devront être d’abord réalisées*

L’industrie ostréicole, qui constitue la principale ressource de la région, deyra être énergiquement soutenue*

Je n’oublierai pas les pêcheurs de la Garonne, dont j'appuierai en toutes circonstances les justes réclamations.

La réalisation des progrès attendus, notamment Inapplication des lois sociales, nécessitera des dépenses considérables; nous devrons chercher à y faire face d’abord par des économies*

Dans ce but, il y a lieu de procéder à la refonte de notre système administratif* en supprimant des fonctionnaires inutiles et en orientant nos efforts vers une décentralisation bien corn prise -

Des ressources nouvelles pourront être obtenues par le remaniement de nos impôts directs.

11 importe en effet de mieux répartir les charges, de faire payer à chacun su i va ut ses facultés, et d’atteindre certains revenus jusqu’ici insuffisamment frappés.

Cet impôt nouveau devra se substituer à nos vieilles contributions et notamment à l'impôt foncier.

Il devra pouvoir être perçu sans vexations d’aucune sorte et peser plutôt sur la richesse acquise que sur le produit du travail.

Afin de pouvoir accomplir à l’intérieur ce programme de réformes, nous devons nous affranchir des préoccupations extérieures*

Une armée puissante sera la meilleure garantie de la paix et nous devons consentir toutes les dépenses nécessaires pour la rendre redoutable. Mais nos sacrifices ne serviraient à rien si la discipline n’était observée par tous, par les soldats comme par les chefs qui les commandent.

Les résultats obtenus par le Gouvernement républicain sont de nature à nous inspirer confiance.

L’état de nos finances est satisfaisant; nous avons reconquis notre place au premier rang dans le monde, et les événements qui viennent de se dérouler ont montré la France entourée de puissantes et fidèles amies.

Si vous me faites l’honneur de me renouveler mon mandat, je continuerai à soutenir une politique qui répond si bien aux aspirations du pays, servant ainsi â la fois et vos intérêts et ceux de la République,

Vive la République!

Docteur René GÂZÂUVIE1LH, Député sortant

6e Circonscription de BORDEAUX

M. CÀZ EÀ UX-CÀZ ALET Élu au 2e tour de scrutin. ~ 0.593 \o\x .

Appel des Comités hépublicalks.

Chers Concitoyens,

La République traverse une crise difficile ;

D'un côté, les partis réactionnaires coalisés, dénaturant l'esprit libéral de la lui de séparation des Églises et de P Etat, créent une agitai ion factice en troublant les consciences, * et, sous le couvert d’une étiquette républicaine, tentent un nouvel assaut contre nos institutions démocratiques.

De l'autre, les collectivistes révolutionnaires, dont les utopies sont contraires à l’initiative individuelle, menacent la cause même des travailleurs et compromettent déjà la prospérité et la sécurité nationales.

Un devoir rigoureux s’impose donc à tous les républicains sincères, sans distinction de nuances : c’est de réaliser entre eux l’union la plus étroite, la plus loyale sur un programme conforme à leurs communes aspirations : la suprématie de l’État laïque, la sauvegarde de toutes les libertés, la défense des grands itilérètsde l'industrie, du commerce et de l’agriculture* l'amélioration du sor t des travailleurs, le développement de toutes les brandies de Renseignement ei l'accroissement de la fortune publique et de la puissance nationale*

Ce programme, les comités ou groupes républicains du Carbon-Blanc, de Grébn, de Saint-André-de-Gubzac et de Cadillac sont heureux de le trouver complet dans la profession de foi et les déclarations du député sortant, M* Cazeaux-Cazdet, qu’ils recommandent à vos' suffrages.

Électeurs républicains,

Élevez-vous au-dessus do mesquines préoccupations de personnes, songez à Ta venir de la République, de cette République digne de toutes les adhésions et que l’Alliance républicaine démocratique a si heureusement définie :

Une République ordonnée et vraiment libérale, basée sur la justice égale pour tous, en même temps que secourable aux faibles ; v

Respectueuse de fous les droits, mais résolument réformatrice, économe des deniers publics ;

Anticléricale, mais non antireligieuse ; antmationaliste, mais gardienne vigilante de l’honneur et de la puissance de la patrie.

Confiante dans Je loyalisme de l’armée nationale, chargée sous la suprématie du pouvoir civil de défendre ie sol, le drapeau et la Constitution*

Adversaire des utopies communistes ou collectivistes, nettement hostile aux moyens

Me* chers concitoyens,

En me présentant de nouveau à vos suffrages, je dois vous donner des explications sur raccom plissement du mandat que vous m'avez confié, il y a quatre ans, et vous faire l’exposé du programme qui semble devoir s'imposer à la prochaine Chambre,

Comme je vous Pavais promis, e s 1903, j'ai défendu par mes votes la liberté de 1 Enseigne ment et la libeïté de conscience, en même temps que la suprématie du pouvoir civil, mise en cause par l’insoumission des congrégations à la loi et par l'attitude de la papauté à l’égard du gouvernement de la République, Je vous disais, dans ma profession de foi de 1902 : « Je considère que la suprématie du pouvoir civil est l’une des conditions — la principale — de Y existence ci t s libertés. «

C’est dans cet esprit que j’ai voté les lois de laïcité et la loi de séparation des Églises et de PÉtat, ri injustement combattue par ceux qui y trouvent cependant de nouvelles libellés.

Dans ma modeste action sur la direction de la politique générale du pays, je me suis toujours préoccupé de votre dignité, de voire indépendance et du noble idéal des républicains qui veulent éviter un recul du progrès politique et assurer le règne définitif de la République par la liberté, la justice, l’ordre, la paix.

j7 ai travaillé à l’union des républicains^ qui seule a permis d’accomplir dans cette dernière législature, de grandes réformes, dont le but eri l’amélioration du surt des malheureux et des travailleurs des villes et des campagnes. Ce sont :

La loi réorganisant le service des enfants assistés ;

La loi relative à i’éducation des pupilles de l’assistance publique, difficiles ou vicieux;

La loi réduisant à deux ans le service militaire dans l’année active ;

La loi étendant les avantages de la loi du 9 avril 1898 sur les ac idents du travail ;

La loi relative h Passisiauce obligatoire aux vieillards, aux infirmes et aux incurables privés de ressources ;

La loi concernant la compétence des juges de paix ;

La loi relative aux inscrits maritimes ;

La loi relative au crédit maritime.

L’activité lèfurmatrice due à l’union des républicains a donné d’autres résultats. La Chambre a voté des réformes sociales qui sont maintenant soumises au Sénat. Je rappellerai seulement les deux plus importâmes : le Code du travail et les retraites ouvrières

A la préparation de ces dernières, j’ai collaboré tout spécialement en déposant, avec mes collègues républicains de Bordeaux, une proposition contenant des principes nouveaux, qui sont incorporés dans ie texte voté par la Chambre ; la gestion des retraites [aria mutualité; le droit pour les ouvriers de consacrer leurs versements et ceux de leurs patrons à des acquisitions immobilières : maisons, jardins, biens ruraux dont ils pourront jouir immédiatement.

Je me suis associé ainsi à l’élaboration des réformes totales qui préoccupent, à juste titre, tous les ouvriers, ceux de ['agriculture connue ceux du commerce et du l’industrie, réformes dont l’accomplissement ne peut être hâté que par le maintien absolu de l’ordre et de la sécurité publique*

Mais les ouvriers sont intéressée a !a prospérité économique du pays, au môme degré que les agriculteurs qui cultivent eux-mêmes leurs champs, et que les propriétaires qui consacrent leurs capitaux aux entreprises agricoles*

Tous les intérêts étant solidaires, fai travaillé au profit de tous, en employant la plus grande partie de mon activité à poursuivre la réalisation des nombreuses solutions qu’exige cette malheureuse crise viticole, dont les conséquences sont si pénibles pour toute ia popu~ iation de la sixième circonscription.

A cet effet, j’ai contribué, par des propositions, des amendements, mes interventions dans les discussions, a l’élaboration de plusieurs lois.

Je m’honore d’avoir été l’un des auteurs de l’article 7 de la loi du 28 janvier 1903 qui pose le principe d’une législation préventive contre îa fraude par le sucrage.

La lui du 0 août 1905, qui développe et précise celte réglementation, en mettant en vigueur certaines mesures que j’avais proposées, atteint le mouillage par une disposition que j’avais le premier demandée, avant même d’entrer au Parlement, je veux parler du visa des acquits en coursée route, qui a mis fin à l’exploitation des acquits fictifs*

J’ai contribué par la rédaction de plusieurs articles des lois de finances de 1903 et 190 h à améliorer le régime des eaux-de-vie de vin*

J’ai enfin obtenu que, dans la loi du 1er août 1905, fussent introduites des dispositions pour la protection des appellations des crus d’origine.

Sans doute, l'œuvre n’est pas terminée, la Chambre ayant écarté certaines propositions qui so:jI indispensables pour rendre ia loi sur le . sucrage réellement efficace ; sans doute, la loi sur les garanties d’origine doit être complétée par un règlement dVdminisiratiou publique. Ces perfectionn einents devront être poursuivis et il faudra également assurer dans l’avenir l’application de ces lois.

Dans un rapport, j’ai préconisé des mesures pour favoriser ^exportation des vins ; j’ai voté une nouvelle loi sur les warrants, des encouragements à la mutualité agricole et aux coopératives agricoles*

Cette énumération est déjà longue, mais elle est incomplète ; te devrais citer ûïes diverses interventions au sujet de la règlementation de l’acide sulfureux, des tarifs des viandes salées, du relèvement de la limite du degré alcoolique des vins expédiés à l’étranger, de la rédaction d’un projet de Chambres départementales d'agriculture, etc*

Si la crise viticole n’est pas terminée, j’ai cependant la certitude d’avoir contribué, dans la mesure de m s forces, à en préparer la solution prochaine, conformément aux vues des viticulteurs et de la grande majorité du co umerce de la Gironde*

H n’y aura plus qu’à reprendre eea questions dans le même sens, dès l’ouverture de la législature nouvelle, sans s’arrêter à des reproches injustes ou dénués de fondement, qui émanent de préoccupations ou d’intérêts personnels. Cependant la révision de la loi du fi août 1905, pour assurer la circulation des piquettes destinées à la consommation familiale, s’impose. J’ai la résolution de poursuivre cette amélioration de la Loi.

Je n’ai négligé aucune des questions économiques, si petites qu’elles soient, qui préoccupent ce pays* j’ai donné sans mesure mon concours a de nombreuses questions relatives à la pêche, à la marine marchande, aux voies de communication, aux intérêts des communes, etc*

La prochaine Chambre devra achever l’œuvre législative commencée, eu complétant et en perfec donnant les lois politiques, sociales, économiques; elle devra en assurer l’application* Une attention vigilante, une volonté ferme sont nécessaires pour atteindre ce but.

La réfoi me des impôts directs, la réforme administrative, la réforme électorale, le Code de l’association, qui assurera le progrès moral et matériel du pays, seront l’objet de L’étude et des délibérations du Parlement.

Si je suis votre élu, sans négliger les intérêts locaux, je m’efforcerai de contribuer à la réalisation de ce programme dans un esprit pratique, juste et véritablement républicain, en visant : la consolidation do la République démocratique et laïque; l’achèvement de la grande œuvre de solidarité sociale par la mutualité; la réforme de l’impbt pour atteindre les revenus nets, sans vexation, sans injustices, au moyen détaxés réelles différentielles; en protégeant la propriété individuelle et en favorisant son extension ; en écartant, par conséquent, les nouveaux monopoles (si favorables à l’accroissement excessif du nombre des fonctionnaires) ; en écartant les utopies collectivistes : en assurant l’ordre par la répression des rébellions cléricales, des menées antimilaristcs et des actes révolutionnaires ; en améliorant les tarifs de transport, les voies de communication et le régime de la marine marchande ; en profitant des belles relations internationales de la République pour développer les échanges au moyen de traités de commerce faits sur de nouvelles bases ; en assurant l’organisation de la défense nationale, seule garantie efficace de la paix.

L’union des républicains so raffermira, j\n suis convaincu, pour défendre ce programme. L’opposition irréconciliable ne pourra se flatter d’en empêcher la réalisation. La nouvelle législature assurera le triomphe définitif du progrès sage, sous l’égide de la République.

Vivo la République !

G. CAZËAGX-C AZ A LET , Député sortant, Candidat républicain.

Circonscription de LESPARRE

M. le comte du PÉR1ER DE LAHSAN Élu au l°r tour de scrutin. - 7.168 voix.

Mes chers concitoyens,

Pour la cinquième fois, je ma présente à vos suffrage--, et je sollicite l’honneur de représenter notre arrondissement à la Chambre des Députés.

Ën 188-9, en présence d’one candidature boulangiste et réactionnaire autour de laquelle s’étaient groupés tous les adversaires de la République, à l’unanimité les délégués du Congrès républicain firent appel à mon dévouement et me demandèrent d'être le portedrapeau de la République, à laquelle tous savaient que j’étais dévoué depuis que j’avais atteint Page du citoyen, c'est-à-dire longtemps avant qu’elle -existât.

Pareille unanimité s’est retrouvée le è mars dernier an Congrès des représentants de

tous les groupes et Comités républicains de notre arrondissement. Mais la situation n’est pas

la même qu’en 1889. , . .

A cette époque, puis aux élections de 1893, de 1898, de 1902, quelles qu’aient ete les

candidatures que nous avions à combattre, la lutte se fit à visage découvert, loyale, Ranch -,

sincère*

Aujourd’hui, vous avez tous pu en juger, je suis combattu par les mêmes adversaires qu’en 1889, mais les moyens ont changé : c’est avec la calomnie, le mensonge, la perfidie,

que mes adversaires cherchent k déduire la confiance que vous avez toujours eue dans le compatriote que vous avez quatre fois élu et réélu députa

Ils n'v parviendront pas.

Depuis seize ans et demi, vous me connaissez, vous m'avez vu a l’œuvre* Les promesses que je vous faisais en 1889t je les ai to iles tenues,- les engagements que je prenais alors, je les ai tous remplis*

Si je suis votre député, vous disais-je, je serai à la Chambre ce que j’ai toujours été : un républicain ferme, sincère, irréductible, ennemi de toute tentative de restauration monarchique; un représentant libéral voulant la justice pour tous, défenseur de toutes les libertés et de tous les droits; un partisan d’une République ouverte à tous les concours, à toutes les bonnes vo'ontés s hic ères. Ce républicain, je l’ai toujours été*

Je serai aussi, vous disais-je, la défenseur de vos intérêts régionaux et locaux. J’ai tenu parole* A la Chambre, auprès des divers gouvernements qui se sont Succédé, dap»s toutes les* Commissions et groupements parlomen aires, dans toutes les administrations diverses, j’ai lutié avec une énergie inlassable pour la défense de notre agriculture, de la viticulture en premier lieu, malgré les sottes dénégations de mes adversaires.

Membre de la Commission des douanes depuis 1889 et réélu dans chaque législature, j’ai soutenu, présenté, rapporté et fait adopter les taiifs douaniers destinés à protéger dans une mesure raisonnable les produits de nos vignobles.

A la Commission des boissons, j’ai préparé et présenté une proposition de loi concernant les vins artificiels; rapporteur de la Commission, je l’ai soutenue et fait adopter par le Parlement. Je suis l’un des auteurs de la proposition dont l’adoption, soutenue par moi, a fait disparaître les droits d’octroi frappant les vins à leur entrée dans les villes*

Est-il besoin de vous parler de mon interveniion dans la discussion d 1 deux lois concernant, l'une la fraude dans les ventes de denrées alimentaires, l’autre la fraude des vins? Elles sont trop rérentes pour que ayez oublié la part que j’y ai prise et les discours que j’ai prononcés à ce sujet.

Président du groupe viticole depuis plus de douze ans et réélu comme te! au début de chaque législature, malgré le désir que j’avais exprimé en 1904 d’étre déchargé d’une aussi lourde tâche, élu, lors de l’Exposition universelle de 1909, à Paris, président de la classe de la viticulture par l’unanimité nés représentants de toutes nos régions viticoles, qui se déclaraient heureux de rendre ainsi hommage à mon dévouement pour leurs intérêts, membre du Comité directeur de la Société des viticulteurs de France, etc., je suie autorisé, après avoir invoqué ces divers titres ?+t ces précieux témoignages, à mépriser les attaques perfides que décoche contre moi un journal auquel je ne veux pas faire l’honneur de le nommer.

Les vins ne sont pis les *=eu!s produits de notre sol dont j’aie soutenu les intérêts à la Commission des douanes et dans d’autres Commissions. C’est ainsi que j’ai veillé à ce que les droits, je ne dirai pas protecteurs, mais équitablement i ompensaîeurs qui défendent yos blés, vos résines, votre bétiil, ne soient pas supprimés sous la pression de certains groupements, industriels ou autres, intéressés à les voir disparaître.

Appelé fréquemment par vos municipalités à défendre b s intérêts de vos communes, de vos régions diverse*, j’ai toujours été assez heureux pour faire servir en leur faveur l’autorité et Je crédit dont une longue carrière d’honnêteté politique et de dévouement à la République me permettait de jouir dans les conseils du Gouvernement*

Pour ne parler que des principales affaires dont j’ai eu à m’occuper pour vous, car l’énumération de toutes serait trop longue, qu’il se soit agi des travaux de défense du Bas- Médoe, de la protection desMattes, véritables Pays-Bas mêdocains, des questions concernant la région forestière de noire arrondissement, d \ vos écoles, delà création desappo uements de Pauillac, plus récemment encore de ^autorisation, si difficile à obtenir, p tur des raisons diverses, des legs Roux à la commune de Vertheuil et k l’hospice de Respire, etc*, mon intervention utile et efficace auprès des pouvoirs publics a toujours obtenu pour vous la satisfaction la pins complète.

Enfin, j’ai été heureux de mettre mon activité au service de tous ceux d’entre vous qui

ont eu personnellement besoin de mon concours pour la défense d’un intérêt légitime, pour la protection d’un droit ou d’une cause juste.

J’ai donc tenu tous mes engagements, et mon passé vous répond de mon avenir.

Malgré cela, malgré une conduite et une attitude irréprochables, je suis combattu, avec un acharnement auquel j’aurais eu le droit de ne pas m’attendre, par un parti qui ne peut élever contre moi aucun grief, incriminer aucun de mes voles, et qui m’attaque uniquement parce que je suis républicain, parce que je l’ai toujours été et que je le resterai, tandis qu’il sait que, malgré ses déclarations intéressées, mon adversaire ne l’est pas. Son passé politique, ses appuis, la presse antirépublicaine unanime à la soutenir, ses déclarations comme candidat nationaliste (et le nationalisme n’est que l’ancien boulangisme avec un autre nom}, c’est-à-dire comme candidat du parti clsarien, du parti de la dictature militaire, tout contribue à arracher son masque et à montrer mon concurrent tel qu’il est. Bappelez-ivous sa profession de foi nationaliste de Toulouse, rappelez-vous spécialement, électeurs de notre arrondissement, que mon concurrent est partisan delà suppression des sous-préfectures.

Mes chers concitoyens,

Élu pour la cinquième fois votre député, je continuerai à défendre vos inlérêls politiques, moraux et matériels, eu demandant pour le peuple toujours la plus grande part possible de justice, de liberté, de bieu-être ; et, afin que ma candidature ne soit pas déloyalement travestie, je tiens à vous faire très nettement les déclarations suivantes, qui constituent le programme auquel je me conformerai dans la prochaine législature.

A l’extérieur, je veux la p^ix avec lû maintien d’alliances intangibles et raffermissement de l’entente internationale, sous condition du respect des droits de la France, de l’honneur et de la dignité de son drapeau, que je ne sacrifierai jamais.

A l’intérieur, j’opposerai aux agitations stériles le progrès démocratique, et la solidarité sociale au prétendu antagonisme de classes.

Je demanderai :

La réforme des méthodes de travail parlementaire, pour rendre l’œuvre législative plus rapide et plus féconde ;

La réforme financière, pour refondre les parties vieillies de notre système fiscal, pour rendre i’impèt vraiment proportionnel aux facultés de chacun, en demandant davantage à la richesse acquise, afin de soulager les contribuables peufortunés etles familles nombreuses;

La réforme judiciaire, pour rendre la justice plus expéditive et moins coûteuse, mettre nos lois en harmonie avec les transformations de la société moderne, assurer aux justiciables des juges de plus en plus éclairés et indépendants;

Les réformes sociales, appelées à prendre le premier rang dans les préoccupations parlementaires, en assurant une égale sollicitude des pouvoirs publics aux travailleurs des villes.

La Chambre qui vient de clôturer ses travaux est déjà entrée largement dans cette voie; elle a voté la loi d’assurance pour la vieillesse, définitivement mise à exécution, et la loi des retraites ouvrières, en ce moment pendante devant le Sénat. La Chambre qui s’ouvrira lo lor juin prochain aura à compléter cette dernière et à régler son application. Elle aura aussi à réaliser les lois d’assurances contre la maladie et le chômage, d'organisation de l’apprentissage agricole et industriel, de défense de la santé publique, de protection des interets de la femme et de l’enfant; elle aura à décider la création de Chambres délibératives d’agriculture ; elle développera la mutualité sous toutes ses formes, celte grande œuvre de progrès dont les résultats bienfaisants se sont déjà fait sentir sur toute la surface du territoire.

Enfin, la Chambre prochaine devra à la fois combattre résolument les utopies irréalisables en maintenant au-dessus de toute atteinte la propriété individuelle, et faire ses efforts

pour en faciliter l'accès au plus plus grand nombre déchoyons, par raccord fécond du capital et du travail . *

Respectueux de toutes les croyances, de foutes les théories philosophiques, de toutes les libertés, de la liberté de conscience, la première de toutes, j'ai toujours conformé mes votes à mes doctrines.

C’est pour cela que j’ai voté, en toute indépendance, contre la séparation de l’Église et de l’État, malgré les affirmations sciemment mensongères du journal démon concurrent.

Mes chers concitoyens,

Je n’ai pas besoin d’entrer dans plus de détails soit sur ma vie passée, que vous connaissez tout entière, car je n’ai jamais rien eu de caché, soit pour la ligne future de ma politique, dont ma conduite antérieure vous répond.

J’ai accepté, il y a seize ans et demi, la candidature à la députation pour défendre le drapeau républicain et pour servir mon pays.

L’ambition personnelle a été étrangère à mon acceptation. Je ne suis pas et n’ai jamais été un arriviste de la politique, désireux avant tout d’obtenir un mandat électif, n’importe ob, sur n’importe quel programme, reniant au besoin le lendemain ce qu’il disait la veille, et désireux ü’arriver avant tout.

Non, je n’appartiens pas à cette classe de politiciens. Je me présente à vos suffrages avec le programme et les principes de toute ma vie; je me présente dans mon pays, à mes compatriotes, au milieu desquels j’ai toujours vécu, dont j’ai toujours défendu les intérêts, identiques aux miens, et auxquels m’unissent les liens de la cordialité la plus fraternelle.

Aussi est-ce en toute confiance que j’attends de vous le renouvellement de mon mandat, et pour cela je fais appel à tous les mèdocams, mes compatriotes, qu’animent avec moi l’amour de la France et le dévouement a la République!

Comte du PER 1ER DE LARSAjN,

Député sortant, candidat républicain.

lfL Circonscription de LIBOURNE.

M. COMBROUZE.

Elu au 1er tour de scrutin. — 8,845 voix.

Mes chers concitoyens,

Notre vénéré chef, M. Surchamp, ayant du, pour raisons de santé, décliner toute candidature, le Congrès républicain m’a donné le mandat de porter et de défendre le drapeau de la République.

Républicain d’esprit, de cœur et d’origine, je me réclame des principes de 1789, principes d’émancipation, de justice, de bonté et de progrès social.

Dévoué à une politique sincère d’action démocratique, je combattrai résolument la coalition équivoque, faite des débris des partis déchus, qui ne surprendra plus, comme, il y a quatre ans, sous sa fausse cocarde de libéralisme républicain, la bonne foi des électeurs.

Défenseur résolu de la liberté et de la propriété individuelles, blâmant de toute mon

énergie ia fratricide lutte des- classes, je souhaite au contraire la fusion des classes par la vraie fraternité et par une législation de plus en plus juste, plus humaine et mieux appropriée aux nécessités sociales.

Désireux de m'attacher surtout à la réalisation d’un programme d’affaires, je me déclare partisan :

Des réformes administratives ayant pour but de remédier à Pexcès du fonctionnarisme en augmentant* par une décentralisation rationnelle, les franchises départementales, cantonales et communales;

Des réformes financières qui, tout en assurant l’équilibre et l'unité budgétaires mettront plus de justice dans noire système fiscal par la substitution, à certaines contributions surannées et im proportionnelles, de taxes mieux adaptées à l’état économique et social actuel. Ces taies demanderont moins à la terre et aux retenus du travail et dégrèveront les familles nombreuses et peu fortunées ;

Des réformes judiciaires qui simplifieront les formalités obligatoires de la justice civile et en proportionneront les frais à Pim portance réelle des affaires ;

De la réforme des conseils de guerre, qui devra assurer une justice égale pour l’officier et le soldat ;

Des réformes economiques et sociales, qui devront tenir la première place dans les préoccupaiions du Parlement, parmi lesquelles je citerai simplement :

Le développement de Poutillage économique, canaux, ports, tramways.

La création nouvelle de Chambres de commerce, de Chambres d’agriculture,

La réduction et 1 unification des tarifs de transport, vraiment exagérés, qui nous mettent en état d’infériorité vis-à-vis. de nos voisins,

La conclusion de traités de commerce, les encouragements à la marine marchande, à la petite navigation (cabotage, bornage et pêche);

La recherche de nouveaux débouchés à notre production;

L’assurance contre la maladie et le chômage des travailleurs;

La défense du petit commerce contre Pabsorpüon des grands magasins;

Au point de vue régional, je crois inutile d’affirmer que je serai le défenseur vigilant et ardent de notre viticulture, si Injustement éprouvée, et qui échappera bientôt, j’en ai* le ferme espoir, grâce à une application énergique, mais intelligente, des lois, à la crise aiguë qui PêtreinL

Mes chers concitoyens.

Je défendrai résolument toutes les lois laïques votées par les Chambres, et notamment la loi de la séparation des Églises et de l’Étal, loi libératrice conçue daus un esprit de franchise et de liberté qui assure, avec l'indépendance réciproque de l’État et de l’Église, le respect de toutes les consciences et le libre exercice des cultes.

Au pomt de vue extérieur, je demande une politique pacifique, mais j§|re et patriotique, que la France doit assurer par la netteté de sa diplomatie et aussi par la puissance de son armée disciplinée, prête à défendre le sol de la patrie et les lois de la République,

Mon programme se résume ainsi :

Défense énergique des réformes acquises;

Conquête de celles que nous demandant à demain ;

Développement de la grandeur de la patrie.

Citoyens électeurs,

La bataille est engagée.

J appelle à moi tous ceux qui aiment vraiment le peuple, tous ceux qui sont épris de

liberté et de justice, tous ceux qui sont décidés à défendre le patrimoine républicain contre toutes les forces combinées du cléricalisme et de la réaction.

1,9 6 mai assurera la victoire définitive.

Vive la première circonscription de Libourne!

Vive la République démocratique I

G. COMBROUZE.

2° Circonscription de LIBOURNE.

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