IP
COTES-DU-NORD
Liste cPUmoti Républicaine et Nationale,
Les candidats soussignés déclarent adhérer, sans réserve, à la politique extérieure et intérieure définie par la récente déclaration ministérielle et telle qu'elle s'exprime dans les discours de M, Raymond Poincaré, Président du Conseil, en réponse aux interpellations des 15 juin (923 eÇ 3 avril 1924,
Politique Extérieure.
Une question domine toutes les autres : donner à la France la sécurité et les réparations auxquelles elle a droit.
La politique de la Ruhr assure celles-ci et garantît celle-là*
Grâce à elle j les grande industriels allemands qui, en 1920, à la Conférence de Spa, semblaient vouloir parler en maîtres, ont dû signer, en novembre dernier, un accord qiriïs viennent de renouveler le 15 avril, et qui nous assure les prestations du Traité de Versailles.
Grâce à elle, l1 Allemagne a compris qu’elle ne pouvait, plus longtemps, se dérober a ses obligations. Æ
M* le Général américain Dawes, Président du Comité des Experts, ne vient-il pas, en elfet, de déclarer qu'en occupant la Ruhr, la France avait rendu possible l'œuvre des Experts et garanti, de la manière h plus efficace, l'exécution des charges qu'ils ont. été unanimes a imposer a P Allemagne? ^
Ayant à notre tête le Ministre breton dont ce sera la plus grande fierté d’avoir été le collaborateur direct de M* Raymond Poincaré dans l'action de la Ruhr, nous entendons rester indissolublement groupés autour de l'illustre homme d’Etat qui, après avoir, comme Président de la République, bien mérité de la Patrie pendant la guerre, s’est acquis un impérissable Litre à la reconnaissance du Pays en assurant, dans la paix, la réalisation de îa victoire que nous devons au génie de nos chefs militaires et à l'héroïsme de nos admirables poilus.
Est- il besoin d’ajouter que nous demandons exclusivement le respect des traités ? La France n’est animée d'aucun désir d’impérialisme ni de conquête; elle veut la paix qui lui a été promise, la paix qui a été signée* Que celle-ci lui soit donnée demain, et là France, en plein accord avec la Société des Nations, marchera résolument vers une aube nouvelle.
* Politique Intérieure.
Républicains, rappelant les déclarations de M. Raymond Poincaré, nous sommes respectueux des institutions et des lois fondamentales de la République, des lois laïques! qui doivent s'accorder et qui s’accordent effectivement, avec Tcxercice du culte, avec la liberté de renseignement privé et avec l' éducation religieuse*
Politiq ue E co n om iq ne*
Commerce et Industrie :
Développement et amélioration des moyens de transports et d’échange sous toutes les formes : routes et chemins, voies ferrées, canaux, ports, marine marchande; intensification
COTES DLUSORD
et exploitation de nos richesses coloniales; mise en valeur de nos richesses naturelles par l'aménagement de nos cours d’eau et de la force de nos marées, qui nous libérera du charbon de r étranger.
Par ccs moyens, joints k la facilité d’exportation, s’accroîtra la richesse de la France eL sc résoudra le grave problème de la vie chère qui pèse si lourdement sur les travailleurs et les classes moyennes.
Agriculture :
Il faut donner à T Agriculture la possibilité de se développer et de parler aux Pouvoirs Publics, 11 faut perfectionner notre outillage et poursuivre une politique résolue d’électrification des campagnes, améliorer la vie des cultivateurs et leur procurer un bien-être qui les attachera de plus en plus au sol natal.
Politique- Sociale ,
Celle politique doit etre hardie et généreuse et ne s'effrayer d’aucun progrès social.
Natalité ;
La natalité doit être au premier plan de nos préoccupations : il faut favoriser largement les familles nombreuses, défendre la sauté publique et lutter contre la tuberculose, le taudis et l’alcoolisme.
Retraites et Pensions :
Les victimes de la Guerre ont des droits sacrés. Nous continuerons, d’accord avec leurs Associations qualifiées, à défendre leurs cahiers de revendications. Les retraites et les pendons viennent d’être améliorées ; nous ne cesserons de faire valoir les droits des pensionnés et retraités des services civils, des armées de terre et de mer et de L’ihscriptioa maritime.
Travail :
Collaboration étroite du travail et du capital pour le bon rendement de la production ; accession du capital facilitée aux travailleurs ; mise en application de la loi sur les assurances sociales; large développement des institutions d’hygiène et de prévoyance sociales,
Politique Financière *
Des finances saines et solides sont, pour un État, une indispensable garantie d indépendance, Contrôle effectif des dépenses publiques: répartition équitable des charges publiques entre tous les citoyens, on tenant compte de leurs charges de famille. Pas d impôt inquisitorial ni vexaloire.
Politique Générale.
Pour mener à bien les réformes qui, dans tous ces ordres d’idées, sont désirables et urgentes, il faut de l’ordre et de la discîpliee* Sans la paix intérieure, tout programme serait vain, 11 faut réaliser, à l’exclusion de tous les cléments de discorde, le groupement de tous les citoyens qui veulent défendre les intérêts supérieurs de la Nation, Nous ne
Nû 1471
COTES DU-NORD
voulons ni de ceux qui se flattent de préparer la révolution ou la suppression de la propriété individuelle, ni de ceux qui voudraient rompre avec les traditions de la République et répudié* les institutions parlementaires.
Suivant les termes de la récente déclaration ministérielle : « Ce n'est pas parce que se multiplient actuellement les appels à 3a dictature, que le Pays s’éloignera des chemins de la liberté, » Dictature du prolétariat, dictature d’un homme, nous n’acceptons ni l'une ni l’autre.
C’est la Nation qui est souveraine, c'est à elle de dire ce qu'elle -veut.
C’est vers elle que nous allons en toute confiance, en n’ayant d'autre ambition que de servir, de notre mieux, la France et la République,
Yves LE TROCQUER, — Louis ue GHAPPEDÉLAINE. — Pierre RA EN, — Henri AVRIL. — Yves GÀLLQU. — François LE PRIEE. — Pierre SERA ND OU IL — Armand WARON.
Liste Républicaine Nationale de Protestation.
Chers Concitoyens.
Il eut été pour nous beaucoup plus commode de ne pas entrer dans la lutte, de rester tranquillement a nos affaires et do regarder combattre les autres. Mais un devoir impérieux nous a imposé une altiLude différente ;
D'abord, répondre aux exigences d’une opinion . unanime qui n’a pas voulu laisser passer, sans la protestation nécessaire, une vilenie dépassant les limites.
Deux de nos représentants justement populaires ont été congédiés pai le Ministre qu ils avaient toujours soutenu, à bon droit, et qui leur a préféré ceux dont il n avait jamais recueilli que des coups. Le bon sens public n a pu admettre cet outrage.
Puis, défendre le pays contre les très dangereuses entreprises dont il est menacé, et qui, sous les noms divers de « Défense laïque, bloc paysan, socialisme, communisme >> et autres... ne tendent à rien moins qu'à faire renaître les pratiques odieuses dont il s est libéré aux dernières élections.
En sollicitant vos suffrages, nous voulons asseoir enfin chez nous, dans le cadre de la Constitution républicaine, ce régime de calme, de paix laborieuse, de progrès et de liberté* récemment défini par le Président Mille rand et mis en œuvre par M Poincaré,
Anciens combattants, ou pères de soldats généreusement donnés a la Patrie, signataires des (t cahiers de la France combattante » rédigés par lè Cartel des grandes Associations d'anciens combattants et victimes de la guerre, nous comprenons mieux que personne la nécessité, pour la France, d'une sécurité durable et garantie.
Nous voulons la paix intérieure basée sur les forces morales et matérielles de la Nation* sur ie respect absolu de lu conscience, des lois et de la propriété, sur un système fiscal claii et exempt de toute inquisition,
îl faut que. la nouvelle Chambre pratique unç politique de stricte économie financière.
On parle toujours d'économie, il faut en faire !
Pour y parvenir, nous voulons les réformes administratives compatibles avec les besoins
COTES-DU-NORD
nouveaux. L’amélioration des lois de mutualité et de prévoyance sociale, par des mesures réalisables, une lutte sérieuse et constante contre la vie chère, le perfectionnement de l'outillage industriel.
Nous vouions que 1* ennemi, qui peut et doit payer, y soit contraint.
Une Marine marchande, prospère, assurant à notre papillon une supériorité indiscutable, est la condition nécessaire de l'exploitation fructueuse de notre domaine colonial. Notre pays, qui fôurnil la majorité des équipages, est intéressé plus que tout autre à tontes les lois et règlements qui tendront à ce résultat. Nous nous y attacherons particulièrement.
L'intérêt de l'Agriculture, que deux d’entre nous connaissent bien, sera l’objet de nos constantes préoccupations.
Pour faire face aux charges et assurer l’avenir, la nouvelle Chambre devra pratiquer une énergique politique de natalité, accorder aux familles nombreuses, non pas des aumônes, mais des dégrèvements complets, et faire sanctionner enfin le vote familial.
La France meurtrie, mais confiante, a besoin d'enfants pour rester un grand pays et assurer son destin.
Vive la France !
Vive la République !
Victor LE G U EN. Architecte, Conseiller Général, Député, Chevalier de la Légion d 'Honneur, Croix de Guerre. — Jean EPIVJÏNT, Cultivateur, Président du Comice Agricole des deux cantons de Saint-Brieuc, Vice- Président de la Société d'Agriculhire des Côtes-du-Nord, Adjoint au Maire de Pordic, Croix- de Guerre, — Elic LE GOFF, Sculpteur statuaire, Officier de t’ Instruction Publique. — Jean RIOCHE, Avocat, Conseiller Général, Président du Comice Agricole du canton d'Evran, Président de la Société de Secours Mutuels des Ouvriers de Saint-Brieuc. — Jean TR AVER, Ancien Officier de Marine, Pilote Aviateur, Armateur, Conseiller municipal de Dinan. — Jean LE FOURNIS, Industriel, Conseiller municipal de Guingamp, Chevalier de la Légion d'honneur, Croix de Guerre. — : Fernand THOMAS, Agriculteur, Conseiller général de La Chèze, Chevalier de la Légion d’honneur, Croix de Guerre. — Victor MÉGRET, Négociant, Conseiller municipal de Quintin.
Liste Socialiste (S. F. I, O.).
Citoyens,
Le Parti Socialiste déclare que la solution complète et défini Live des difficultés qui viennent de l'essence meme du capitalisme ne sera trouvée que le jour *où tous les travailleurs, maîtres du pouvoir, mettront fin à la toute-puissance du capital, aux luttes entre classes et aux rivalités entre nations, en instituant un régime qui assurera à tous leur droit
— ai»-- N- 1471
COTES-DU-KORD
aux richesses sociales cl qui, par là-mcme, rendra eafin possible la fraternité entre les hommes et l’amitié entre les nations.
Dans le domaine de la politique extérieure et des rapports de la France avec les autres nations, le Parti Socialiste se prononcera, en toutes circonstances, pour les solutions de droit contre les soîü lions de force.
Pour les accords internationaux, seuls capables d’assurer les réparations légitimes due» par P Allemagne ;
Contre l'occupation de îa Ruhr, qui a diminué, ainsi que le Comité des experts vient de l'établir, les capacités de paiement de l'Allemagne;
Pour une politique d'amitié avec les autres nations ;
Pour une politique de collaboration entre les peuples, au sein d'une véritable Société des Nations, ouverte à tous, dotée de pouvoirs étendus et devenue un organisme puissant de paix. et de justice ;
Contre une politique de combinaisons diplomatiques et d'alliances dressées les unes contre les autres et qui conduit fatalement aux conflits et à la guerre ;
Pour des mesures militaires et navales qui — en attendant le désarmement général et simultané de '.tous les paye — réduiront à huit mois la durée du temps de service sous les drapeaux, permettant ainsi P allègement sensible du budget de la guerre et rendant 200*000 travailleurs à la production agricole et industrielle.
Dans le domaine de la politique intérieure et des réformes sociales, le programme du Parti Socialiste s’inspire à la fuis du souci de hâter îa réalisation du socialisme et de la volonté de consolider et d’élargir les conquêtes de la démocratie.
H faut équilibrer* le budget Le Bloc National, qui avait dit : « L’ Allemagne paiera »? a été incapable, même à coups de milliards dtmpôls nouveaux, de sortir du déficit. Le Parti Socialiste veut prendre les ressources nécessaires :
Dans la révision sévère des marchés et des profits de guerre, fût-ce au moyen de juridictions spéciales, et le retour à l’État des profits abusifs;
Dans la conscription des fortunes, aussi légitime, assurément, que la conscription des hommes, par un prélèvement progressif sur le capital, avec un large dégrèvement h la base ;
Dans une (axe sur l'enrichissement ;
Dans la perception stricte de l’impôt sur le revenu et des taxes d’enregistrement, avec progression fortement accentuée ;
Dans une entente internationale permettant d’éviter ou de réprimer la fraude, l'évasion ou la désertion des capitaux ;
Dans rétablissement de monopoles fiscaux, portant de préférence sur les objets de luxe ou de consommation inutile, et même dangereuse, comme Palcool ;
Dans la participation financière de l’État à tous les commerces et industries concentrés, '
Ainsi donc, tandis que, sons l’action de l'organisation capitaliste, l'Union des Intérêts Economiques, le Gouvememénl a fait voter par la majorité de la Chambre la suppression du monopole des allumettes, qui rapporte chaque année plus de 70 millions à l'Etat, le Parti Socialiste réclame îa reprise, dans TinLérêt de tous les citoyens, de tous les services publics, de toutes les richesses nationales, livrés par le Bloc National à la cupidité de Compagnies et de Sociétés capitalistes.
Nous voulons ainsi diminuer les charges de les impôts qui pèsent sur les petits,
les travailleurs de la terre, des usines, de la marine, des bureaux, etc., et les remplacer par des impôts frappant les capitalistes, proportionnellement à leurs richesses.
COTËS-DU-NOÜD
Nous voulons aussi que ceux qui participent activement à la création des richesses soient protégés, eux et leurs familles, contre les risques qui les menacent. Dans ce but nous réclamons :
L'institution immédiate de l’assurance sociale comprenant la maladie, l invalidité, la
vieillesse, le décès, la maternité, le chômage ;
La généralisation de la journée de huit heures ou de la semaine de quarante-huit heures
au maximum ;
La garantie d’un minimum de salaires fondé sur le coût réel de la vie ;
Le règlement de l’immigration de la main-d’œuvre étrangère, avec égalité de salaire pour égalité de travail ;
La reconnaissance, sans aucune réserve, du droit syndical ;
L’ajustement automatique des traitements et salaires des employés de l’Etat à l'indice de cherté de la vie ;
La révision générale de la loi sur les accidents du travail pour la rendre plus protec-
trïce des travailleurs ;
La réintégration des cheminots révoqués ;
L’application intégrale des conventions adoptées par les conférences internationales du travail; *
Le vote par correspondance pour les marins ;
La réforme du Code et de la Justice militaires.
En ce qui concerne les agriculteurs :
La tarification des fermages et l’allocation d'indemnités de plus-value à l’expiration des baux des terres ;
L’organisation coopérative des petits et moyens propriétaires, fermiers et métayers, pour la production, la vente des produits, l'achat des semences, machines et engrais ; l’assurance contre la grêle et la mortalité du bétail ;
L’aide pécUniaire de l’État pour ces coopératives agricoles et. pour que ic cultivateur
soit possesseur de son outil de travail : la Terre.
En ce qui concerne tous les invalides du travail quels qu ils soient, mutilés de la guerre, pensionnés militaires ou civils, titulaires de retraites ouvrières et paysannes, vie* limes d'accidents du travail, tous exposés, pour des causes diverses, aux mêmes misères, le relèvement des pensions insuffisantes ou dérisoires que leur alloue aujourd hui une société ingrate.
Pour la mère et pour l’enfant :
Nous réclamons leur protection rigoureuse, le contrôle medical de tous les enfants, la création de sanatoria scolaires, d'écoles et de colonies de plein air, l'organisation de la lutte contre la tuberculose.
L'organisation de renseignement doit être complètement modifiée, L intérêt de la nation exige la mise en valeur de la richesse la plus precieuse, I intelligence des enfants, sans tenir aucun compte de la classe sociale à laquelle ils appartiennent.
Aussi le Parti socialiste demande-t-il :
La fusion de tous les enseignements, intellectuel et physique, classique, technique et agricole, en un service unique d'éducation nationale, gratuit, laïque et obligatoire a tous les degrés, permettant, par une suite de sélections et de spécialisations, d utiliser au mieux des intérêts sociaux la variété des aptitudes individuelles.
COTES-DU NORD
Tel est, citoyens, le programme du Parti Socialiste que les candidats désignés par la Fédération socialiste des Côtes-du-Nord défendront à la Chambre s’ils sont élus, pour mettre un peu pins de justice entre les hommes et pour travailler enfin à ïa paix du mqnde.
II. PAbQUIQU, Instituteur public, Saint- Bric ne Secrétaire fédéral, Membre du Comité départemental des Mutilés et Réformés, Cioix de guerre. *— Marcel RUEDEL, Etables, Directeur des Annales coloniales, Paris. — Augustin HAMON, Penyénan, Industriel, Vice- Président de la Coopérative agricole « La Solidarité Trécorroise ». — Guy LE NORMAND, Professeur au Collège, Di «an; Délégué à la propagande de la Fédération des Fonctionnaires èt du Comité de défense laïque, Croix de guerre. — Robert ROBERT, Cultivateur exploitant, Saint- Carné; Président du Syndicat agricole de Dinan, Vice-Président de la Coopérative agricole do F Union régionale des Syndicats de^ Côtes-du-Nord, Secrétaire du Comice agricole de Dinan, Croix de guerre. — Gustave CERF, Dinan ; Ouvrier sculpteur. Secrétaire du Syndicat de l’Ébomsterie. — Camille DAGUISER, Saint-Brieuc ; Voyageur de commerce. — Victor DAVAL, Lannion ; Ouvrier horloger, Mutilé de guerre, Médaille militaire. Croix de guerre.
Liste de Défense Républicaine, Laïque et Sociale.