‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1924Chapitre 79 sur 124 · VI. — Au point de vue social · texte numérisé non relu

VI. — Au point de vue social

Nous préconisons plus de bien-être pour les travailleurs par les assurances sociales, par la réforme des lois sur les accidents du travail, par le développement des habitations à bon marché, par une aide efficace aux familles nombreuses et nous entendons que ^application de nos lois sociales ne constitue plus une faveur laissée à l'appréciation plus ou moins arbitraire de commissions cantonales, mais devienne un droit accordé à tous ceux remplissant des conditions précises déterminées par la loi.

Un grand pas a été fait. dans cette double voie durant le cours de cette législature; il faudra compléter l'œuvre commencée.

11 importe également d’améliorer davantage les retraites des cheminots, qui font déjà été dans une certaine mesure,

VIL — Au point de v ue co mm e rc in î.

En ce qui concerne le chiffre d’affaires, les petits commerçants viennent d'obtenir une amélioration appréciable par la loi récente relative au forfait.

Le Parlement a organisé en 1923 le crédit hôtelier et le crédit à l’artisanat, auxquels il y aura Heu de donner toute ^extension nécessaire.

Nous nous efforcerons de développer davantage encore les banques ,popülaires.

■Enfin, nous tenons à déclarer que nous tiendrons toujours le plus grand compte des suggestions qui nous seront soumises par la Chambre de Commerce de Chambéry,

VII If — Les victimes de la guerre.

Elles n’ont pas été oubliées par le Bloc national ; citons eatrautres les lois sur les emplois réservés, sur rétablissement des commissions triparti tes, sur l’accroisse ment des pensions des grands mutilés et des orphelins, sur T, assimilation des mutilés d’avant guerre à ceux de 3a guerre et diverses mesures en faveur des ascendants.

Soyez assurés que toute sollicitude sera acquise à nos héroïques mutilés, ainsi qu'aux enfants ou aux parents de ceux qui ont si généreusement donné leur vie pour la défense du pays.

^IX, — Les droits acquis de In Savoie.

Ils trouveront toujours en nous d’énergiques défenseurs et nous ne négligerons rien pour assurer la prospérité de notre petite patrie.

f Si le Bloc des gauches revenait au pouvoir, il pratiquerait de nouvea la politique néfaste, inaugurée jadis par son fondateur Emile Combes, cl qui peut se résumer ainsi : division dans

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les communes rurales, système des fiches et des délégués, de ^arbitraire eL du favoritisme, guerre religieuse, sinécures et faveurs accordées aux amis politiques, alors que les autres citoyens, n1 obtenaient même pas le respect de leurs droits, afFaiblisseriient de la défense nationale qui nous a valu plus plus de 4 ans de guerre ;

Cette politique néfaste a été condamnée par le pays en 1919, elle le sera encore en 1924, ' 4 , '

Electeurs,

Vous nous avez déjà vos à l’œuvre.

Dans l'avenir comme dans le passé tout notre dévotifement vous est acquis.

Vive la République l Vive la Savoie !

DELAC Fl EN AL. — LÉGER. — LUGUET.

Liste de Concentration Républicaine ^

Notre programme.

Politique Générale .

Nous entendons pratiquer une politique largement républicaine et démocratique, augmenter l'arsenal des lois sociales dont l’étude et le vote ont été malheureusement inter ■ rompus par la guerre. Nous pensons qu’en France chacun doit pouvoir vivre honorablement de son travail, dans le calme et complet épanouissement de sa personnalité et une liberté absolue de conscience. Nous ne laisserons qu’avec la plus gratifie circonspection toucher à la constitution qui régit le pays, car cette charte a fait la République puissante et respectée et a permis à la Frante de reprendre sa place au premier rang des nations.

Nous sommes les adversaires résolus des décrets-Tbis, persuadés que Ton peut parfaitement équilibrer le budget, accomplir les réformes administratives indispensables, assainir les finances du pays sans recourir à des expédients dangereux et anticonstitutionnels.

Nous demanderons le retour pur et simple au scrutin d arrondissement qui a fait ses preuves et a donné à la France^ pendant trente ans, une majorité républicaine dont les bienfaits ont puissamment contribué à l'essor et à la grandeur du pays.

Partisans du désarmement général et du règlement paeiiiquê des conflits entre les peuples, nous sommes prêts à discuter tonL ce qui pourra consolider la paix du mon dedans cesser de veiller avec un soin jaloux à laÉ sécurité des frontières et de la Patrie.

Politique Étrangère,

Relations avtfc les Puissances ;

Nous l’avons dit, nous entendons demeurer à l’abri des invasions et nous demeurons convaincus que l’occupation de la Ruhr eâl à ce propos une sérieuse garantie. Nous ne sommes nullement partisans de son évacuation surtout au moment où elle commença à rapporter et. où les experts viennent de proclamer « que si nous n étions pas dans la Ruhr,

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le problème des irépara,t,ious nyjtÿÇftÿ .aucune chance d’être résolu I » Ce serait d’ailleurs une iinmoraliLé sans nom que.de ^erm^t tre^ux Allemands après avoir été vaincus, de ne payer minles frais de la guerre, ai les rdév, stations systématiques perpétrées chez nom,.,.

Si .MM, Fidcoz, Bourel at:,Carron ont .oublié que dix de nos plus riches départements ont été ruinés par lAuvasiou j que 732., 000 maisons et 23 .000 usines ont été rasées, nous nous en souvenons encore. (Test d’ailleurs pour la France une question de vie ou de mort : ou les Boches payeront, ou nous ferons banqueroute. Nous avons en effet une dette globale de 400 milliards que le contribuable français est incapable de solder; si l’Allemand ne contribue pas à payer les ruines qu'il a accumulées, nous ferons, tout vainqueurs que nous soyç^.s » ‘ figure de faillis dans le monde,,,,.

Animés cependant du plus grand esprit de pardon et quoique déterminés à exiger l'exécution intégrale du traité de Versailles, nous ne voyons bue un inconvénient à ce que nos enfants préparent la réconciliation et que, dans l’avenir, la démocratie française et la démocratie allemande marchent. la main dans la main a la conquête de 1 émancipation défi * nitivç. Nous, nous n y pouvons songer. Il y a eu trop de morts, il y û encore trop de mères, de sœurs, d'épouses en deuil pour que nous songions, nous,, les combattants, à oublier.

Avec T Angleterre, nous devons éviter les malentendus, mais il nous faut encore plus soigneusement nous abstenir de sembler à sa remorque ; plus nous paraîtrons décidés à nous faire respecter, plus on nous respectera, v

Avec la Petite Entente, nous veillerons à la paix de l’Europe 'centrale, nous empêcherons l'incendie qui couve toujours dans les Balkans de désoler à nouveau le monde ; mais jamais nous n’admettrons qu’un centime de notre budget serve ü augmenter les armements et à entretenir. des bandes de comitadjis.

Envers la Russie : politique d’expectative. Nous reconnaîtrons les Soviets quand une consultation loyale et sans contrainte du peuple russe leur aura confié le pouvoir et lorsqu’ils reconnaîtront les dettes de la Russie. #>

Avec l’Espagne et 1 Italie, nations sœurs, nous resserrerons Jes liens politiques dans la mesure où nous le pourrons tout en veillant a ce que les intérêts des producteurs français

ne soient point sacrifiés.

Enfin, nous exigerons qu'un vaste programme de vulgarisation française soit réalisé dans le monde pou'rtaire pièce à la propagande allemande dont les dangers réels se sont déjà en maintes circonstances manifestés.

Politique Jîilêrieure,

Ni Réaction, ni Révolution :

H fut un temps où nous aurions dit volontiers ! pas d’ennemU à gauqhe ! Mais depuis quelques apnées un parti d’extrémistes et de démagogues, plus soucieux de surenchère que de progrès social, s est assigné pour Lâche de démolir la société, actuelle, de renverser ses institutions d’abroger ses lois, sans les remplacer par quoi que ce soit de sensé. Nous ne pouvons pas tendre -la main à des factieux qui, de propos délibéré, se sont exclus delà ifamille républicaine. Nous souhaitons la création d'un vaste parti républicain allant des plus modérés aux plus avancés, où une collaboration unanime à l'œuvre d1 émancipation humanitaire et nationale ne sera entravée ni par des question de. détails, ut par des querelles de personnes! Un tel parti aurait tout notre concours,, ,

La Question Religieuse :

Nom entendons rester étrangers à toute discussion religieuse. Nous voulons l'Eglisô libre dans l’Etat souverain. L’ apaisement est venu et nous considérons désormais le problème religieux comme définitivement résolu par la loi de séparation.

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Affirmons -le : nous estimons que les défenseurs tumultueux de l’Eglise dans le genre de M. Oelachenal sont aussi dangereux pour elle que les mangeurs de curés comme M. Ëorrel qui, après avoir envoyé un ambassadeur au Vatican, en demande le rappel. Nous avons assez de celte agitation inventée par les politiciens pêcheurs en eau trouble, pour masquer le néant de leur programme et le manque de sincérité de leurs affirmations...

L'Enseignement :

[/enseignement officiel sera laïque et tolérant, A 1 école, il ne faudra pas que 1 enfant entende quui que ce soit qui puisse heurter ses croyances. D’ailleurs, nous sommes sûrs du tact et du dévouement de notre admirable corps d’instituteurs ; ceux-ci sauront s’arranger de telle manière que la considération et l’estime personnelles que la plupart d’entre eux ont su s’attirer, rejaillissent sur leur enseignement. Pas de proportionnelle scolaire. L’instituteur, l’ institutrice protégés contre tout retour offensif des sectaires.

L’enseignement secondaire, quels que soient les sacrifices qui en résulteront, devra être mis à la portée des bourses les pins modestes, quitte à éliminer les non-valeurs par des examens d entrée ou de sortie très sévères et Lrès fréquents. C’est une honte pour le Régime que de voir les études secondaires réservées aux enfants des seuls favorisés de la fortune.

Même manière de voir pour renseignement supérieur qui doit cesser d’être le privilège des riches; les équivalences de diplômes devront être rétablies ; des bourses nombreuses seront votées ; l’étude est le seul moyen réellement efficace d’émancipation sociale, la République doit tenir à honneur de la favoriser en France dans toute la mesure de ses forces.

Politiq ue Fin anc îère ,

Le Vote du Budgelj

Le Budget doit être voté avec la plus grande ponctualité ; le système des douzièmes provisoires est déplorable et cause à l’extérieur la plus fâcheuse impression, On doit l’équilibrer sainement, c'est-à-dire établir les dépenses en rapport avec les recettes et non improviser ces dernières pour couvrir des gaspillages ou des entreprises inconsidérées. Il faut renoncerà l’expédient des emprunts à court terme et des inflations déguisées sous la forme de Bons du Trésor ou de Bons de la Défense Nationale. Plus de distinguo entre le budget ordinaire et celui des dépenses recouvrables : la crise': de janvier-mars "19iH n’a pas eu d’autre cause. Un budget sain, c’est notre monnaie revalorisée et notre situation affermie.

Les Economies. ; »

■ Tout le monde en est partisan, mais personne n’en propose de sérieuses. Celles qu’onja réalisées jusqu aujourd’hui ont amené une diminution dérisoire des dépenses et nous font faire à l’étranger figure de pauvres. Ainsi, pendant qu’on supprimait les Sous-Secrétariats d’Elai. les maréchaux de France, prétextant la baisse du franc, demandaient et obtenaient une augmentation de traitement de 30.000 francs I On veut licencier les sous-préfets, mais il/y a des centaines de généraux désœuvrés et quarante-deux amiraux pour neuf cuirassés réellement utilisables*

Nous sommes partisans d’économies, mais d'économies "sérieuses et plausibles, respectant les droits acquis et n’atteignant point le prestige do la France.

Les Réparations :

Nous ne voulons plus consentir aux Allemands aucune réduction de leur dette que celles que nos créanciers nou^ consentiront eux-mêmes sur leurs prêts.

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La reconstitution dés Régions libérées doit être continuée avec là même ardeur, mais en évitant soigneusement le gaspillage et surtout en assurant la répartition des prestations en nature qu’on devra en totalité utiliser*

Tous les dossiers devront être soumis à un nouvel examen d’organismes absolument étrangers à ceux qui les auront une première fois estimés* Les gabegies devront cesseret aucune doléance de profiteur soi-disant lésé dans ses intérêts ne pourra servir de prétexte au refus des prestations en nature»

Les scandales qui pourraient être découverts dans l’avenir comme ceux qui ont déjà éclaté seront réprimés avec la dernière rigueur.

Le Change :

Il ne faut plus que nous soyons pris au dépourvu par des offensives de spéculation comme celle qui a conduit la livre à 123 francs. Des ententes devront être conclues avec les grands établissements financiers français et alliés*, pour que, à la 'moindre alerte, une vigoureuse et cinglante riposte mette en déroute les contempteurs de notre devise* Aussi bien, des efforts soutenus doivent-ils être accomplis pour ramener progressivement notre monnaie le plus près possible du pair. Nulle considération ne doit prévaloir en faveur d’un dumping qui, pour favoriser quelques gros mereantis, n^ repose en cflet que sur la misère générale.

Rien entendu, la revalorisation devra être poursuivie par paliers, de façon à ce que chacun prenne ses dispositions pour éviter les pertes qu’une trop rapide hausse de notre monnaie entraînerait fatalement*

Nous préconiserons des mesures énergiques contre les spéculateurs sur le change qui sont en train de désorganiser F équilibre économique de la Nation, se faisant ainsi les abominables complices de l’étranger* Nous pourrions citer de nombreuses banques qui ont acheté, le jour même du houm du change, une quantité énorme de livres sterling, II serait facile de vérifier les écriLures de ces banques, de savoir si leurs clients en avaient réellement besoin pour leurs affaires ou s’ils ont simplement spéculé* Il est urgent, sur ce point, de prendre des dispositions rigoureuses appelées à frapper sans pitié ces redoutables mercanlis.

C’est par ce moyen-là beaucoup plus que par celui des impôts nouveaux que nous arriverons à faire remonter le franc.

Les Impôts :

Dès maintenant, on recherchera le moyen de supprimer l’impôt sur les salaires dont F immoralité esL flagrante, tout en maintenant l’impôt sur le revenu. Nous demeurons, en tous cas., les adversaires résolus de tonte inquisition fiscale et nous voudrions que la loi soit rendue plus souple afin de mettre un terme aux brimades dont sont victimes dé la part d’une administration forcément tracassière les petits commerçants et en général tous les assujettis* ^

Le Prélèvement sur le Capital ;

Nous sommes pour le prélèvement sur le capital, mais nous entendons que des mesures rigoureuses soient prises pour que toutes les formes de capitalisme puissent être atteintes par cet impôt, car, en l’état acLuel de notre législation, il n’y a qu’un seul capital que l’on ne puisse cacher : la terre l Et nous ne voudrions pas que les paysans, qui se sont fait casser la figure pendant la guerre, arrivent en fin de cause à en payer seuls les frais I

Pour que l’impôt sur le capital puisse ne pas être illusoire, il sera voté des lois très rigoureuses contre l’exporta tion des capitaux et contre la circulation des titres au porteur,

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car ce serait une grave erreur de croire que tous les titres au' porteur puissent’ être atteints au moment du paiement du coupon,

La Vie chère ;

Nous sommes pour la lutte à outrance contre la vie chère. Nous n’diésitons pas à déclarer que les faiseurs de vie chère sont les intermédiaires et les merüantis qui réalisent, a-vec une ra'pid'ité qui tient d'u prodige et qui. fait scandale, des fortunes considérables. Nous estimons, nous, que les paysans, les onvriers et les fonctionnaires de-vraient s’unir pour mettre un terme à la hausse constante du prix de la vie. Nous sommes disposés a les y aider de toutes dos forces.

Politique économique,

L'Agriculture ;

Nous traitons celle rubrique la première parce que nous sommes pour la défense acharnée des cultivateurs qui ont si vaillamment fait leur devoir pendant la guerre 'et dont "Tardent labeur est en train de compléter notre triomphe par une victoire économique

définitive. , .

Il faut soutenir de toutes nos forces l’agriculture, B car c est en produisant tout le blé dont nous avons besoin que nous pourrons éviter bien des achats à fetranger et qne nous améliorerons noire situation budgétaire.

U convient, pour les mêmes raisons, d’encourager F élevage.

L’agriculteur s’étonne à juste titre que lps mesures prises à son égard, alors qu elles constituent; en fait} une taxa Lion de ses produits, ne soient pas complétées par une régiemenlatiofl correspondante des produits nécessaires à 1 agriculture. Il est d autant plus urgent d'agir en faveur de la mise en valeur du sol de France que ce n’est pas sans raison qu'on se plaint de voir dériver la main-d’œuvre agricole vers les centres industriels, attirée qu’elle est par des salaires qui sont une prime à la désertion des campagnes. C’est dans le même esprit que nous sommes" partisan s du projet de loi tendant a assurer la transmission intégrale de la propriété agricole en ligne directe avec le minimum de droits.

Nous favoriserons la création de coopératives agricoles et de coopératives de consommation, conformément à la proposition de loi de M. Eugène Chanal, tendant à compléter la création de T un ion des coopératives agricoles et de coopératives de consommation, en vue de rabaissement du coût de la vie.

Nous tiendrons la main à ce que la plus grande vigilance règne dans tous les organismes chargés d'aider- les agriculteurs et nous ne permettrons jamais que les subventions qui leur sont destinées soient gaspillées au profit de fonctionnaires qui ne sont en définitive que des agents électoraux.

La fabrication de F ammoniaque synthétique, si nécessaire à 1 amendement c es terres, aura notre sympaLhie et nôtre appui le plus complet ; les projets de loi qui la concernent et qui sont encore en discussion devront être promptement adoptés et surtout nous nous efforcerons de rechercher les raisons pour lesquelles la France, qui est un des plus grands pays producteurs d’engrais azotés, est celui où on les paie le plus cher.

Nous défendrons en toutes circonstances l'agriculteur contre les politiciens qui mènent a son détriment une campagne sournoise de dénigrement systématique en prétendant que sa situation s’est considérablement améliorée dépuis la guerre.

île là à le rendre responsable de la cherté de la vie, il n’y a qu un pas que certains ont trop facilement franchi. Ce ne sont pas les paysans qui font la vie chère : c est une poignée dé grossistes, de spéculateurs et de joueurs à la Bourse,

Eu un mot, l’agriculture trouvera en netis les plus zélés des défenseurs.

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Le Commerce :

La stabilisation des changes, la sécurité du lendemain, la paix extérieure assurée par r accès» au pouvoir de républicains sincèrement1 attachés à la paix, ramèneront le commerce international et le commerce' ■inférieur à une situation sans cesse améliorée* Nous suivrons attentivement les événements en profitant de toutes les ci remis tances qui pourront se présenter fjour fa voriser le jeu normal de ToRVe et de la demande, pour que la seule sanction des prix et des fluctuations soit celle dérivant de la libre concurrence.

Quelque attachés que nous soyons au principe du libre échange, il faudra exercer, au moins durant quelques années encore, un protectionnisme vigilant sur certains dé nos produits, particulièrement sur nos produits du sol*

Nous nous efforcerons de mettre les commerçants, éux aussi, à l’abri de rinquisiti«m fiscale et nous veillerons au respect strict du secret des affaires.

Tous les organismes auxiliaires du commerce seront améliorés, réformes, agrandis de manière à nous permettre de lutter avantageusement contre la concurrence étrangère. Quelques-uns de nos consuls sont devenus d'utiles agents commerciaux de la France au dehors, le corps diplomatique sera 1 encouragé h persévérer dans cette voie où les autres nations nous ont, dès longtemps, précédés.

Les foires d'échantillons seront encouragées, subventionnées dans la mesure des possibilités budgétaires* *

Les transports devront être moins chers ; il n’est pas admissible que les chemins dé Fer fassent payer !e même tarif quand la livre est à 60 francs que lorsqu’elle oseille aux environs de 120 puisque le charbon et les essences ont diminué de moitié ? Les chemins de 1er devront harmoniser leurs barèmes de base avec les nécessités économiques du pays et récupérer par de^ëconomies judicieuses les moin^-values de recettes qui pourront résulter de ces mesures,

L’Industrie :

Nous devrons, dès notre élection, prévoir des mesures pour remédier à la crise que va subir l'industrie française du fait de la chute des devises étrangères* Le dumping du change e?L appelé à disparaître , il est indispensable d'envisager une diminution des prix si nous ne voulons pas perdre les fnarohés si péniblement conquis.

Nos usines de charbon, même en admettant que les travaux entrepris pour leur remise en état soient promptement achevés, ne pourront jamais nous fournir tout le combustible indispensable à nos besoins : nous sommes appelés à demeurer, à ce point de vue, perpétuellement tributaires de l’étranger.

Pour éviter de payer aux charbonniers anglais et allemands une trop lourde dîme, nous devrons nous efforcer de procéder, aussi rapidement que possible, à l'aménagement de nos chutes d'eau qui; lorsqu’elles seront mises en valeur, ramèneront nos besoins en houille étrangère ti des limites très restreintes*

La même protection douanière que celle destinée a aider . le commerce pourra etre prévue en faveur de l’industrie, mais nos usiniers, nos manufacturiers ne devront jamais perdre de vue que le perfectionnement de l’oülillage, rabaissement des prix dé revient seront les éléments les plus susceptibles d’assurer h '.'industrie française le large développement auquel elle peut prétendre*

Toutefois l’industrie — et d’ailleurs en second lieu le commerce dont la prospérité est intimement liée à la sienne — saura trouver une aide puissante dans une marine marchande refondue et réorganisée à l’image de celles des grandes nations maritimes. Les systèmes les plus convenables devront être combinés pour l’attribution de primes judicieuses et 1 établissement d’institutions véritablement pratiques destinées à rendre a notre mariné marchande son ancien développement et sa splendeur première*

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L* Administration :

On promet au pays depuis plus d’un quart de siècle une réforme administrative ; il est pénible de constater quelle n’est pas encore ébauchée. On parle d’étendre à des périmètres plus vastes l'unité administrative ; on ne veut plus d’un cloisonnement qui pouvait être de mise il y a cent ans mais que la facilité et la rapidité des communications ont rendu désuet ; on parle volontiers d’une décentralisation complète des seiwices. Mais on ne propose rien de concret, rien de réellement sérieux et pratique.

Il est cependant grand temps de rajeunir ia machine administrative, et nous ne saurions faire mieux, pour accomplir cette réforme si nécessaire et si ardemment désirée à la fois par le public et par les fonctionnaires, que de nous adresser k leur corporation, à leurs syndicats professionnels, La réforme faite, nous aurons à exiger de V Administration une vigilance, une impartialité, une compétence indiscutables. Nous ne tolérerons plus que l’arbitraire règne dans les rapports avec les particuliers. Chacun soumis à la loi ét au règlement ; personne au-dessus des lois. Nous ne voulons pdl qu’un Préfet comme M. Mounier puisse poursuivre devant le tribunal correctionnel un grand mutilé de la guerre parce que Phonoêtete de ce mutile lui fait peur et que sa politique le menace, tandis qu’un contribuable comme M, Henri Mermoz échappera au fisc sous prétexte qu’il vote bien, en dépit des diligences et du zèle des agents chargés de recouvrer les impôts. , >

Nous sommes certains de rencontrer, pour celte réforme, le plus loyal concours auprès des fonctionnaires ; dans une interview parue ici, nous avons été heureux de leur montrer, en termes non équivoques, notre sympathie et notre estime, et, puisque nous arrivons, en parlant de la rélorme administrative, tout naturellement à parler d’eux, ajoutons aux déclarations faites par nous ici-meme que nous sommes d accord pour réclamer impérieusement des pouvoirs publics : 1° le droit sans réserve de se syndiquer conlormément au droit commun , 2° la collaboration organisée des syndicats de fonctionnaires avec les administrations; 3Ü l’assurance que la liberté d’opinion et la libre manifestation de cette opinion sera reconnue explicitement et respectée ; 4° que tous les fonctionnaires frappés pour délit d opinion, exercice du droit syndical, soient amnistiés avec réparations ; 5° que les traitements soient révisés sans délai et mis en harmonie avec le coût de la vie, d’accord avec les représentants des syndicats ; 6* la mise à l’étude puis la .prompte exécution de la réforme administrative avec la collaboration des usagers et des représentants.

Voilà qui est net ; nos intentions k ce sujet ne sont pas moins catégoriques.

La Justice :

La réforme administra li ve entraînera forcément la réorganisation des services judiciaires , on sait notre manière de la concevoir. Cependant, en attendant qu’elle soit un fait accompli, nous veillerons à ce que, sur toute 1 étendue du territoire, les magistrats soient des juges impartiaux et non des exécuteurs d’ordres politiques, à pial ventre devant le pouvoir, prêts à accomplir, sur lavis d un homme susceptible de contribuer à leur avancement, les pires forfaits. Nous ne voulons plus que la justice se déshonore par une nouvelle affaire Navarro; nous ne voulons plus que les tribunaux soient à la dévotion des Préfets. Seuls un statut sérieux, une amélioration de leur condition mettront au-dessus de toute collusion les quelques rares magistrats qui ont de la Justice la conception détestable de M. Debolo. *

17 Armée et la Marine ;

Ce n est que derrière un faisceau épais de baïonnettes, à l’ombre de drapeaux respectés, que la France pourra continuer d’accomplir k travers le monde sa mission de haut humanitarisme, nous l’avons déjà dit; nous ne saurions trop le répéter. Or, une armée puissante est celle où règne, à côté de la discipline la plus sévère, l’économie la plus stricte.

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Nous veillerons à co que l'on no conserve que les cari res nécessaires à l’entraînement des soldats; nous licencierons les généraux et les officiers en surnombre- avec de justes indemnités; nous continuerons à supprimer des unités jusqu’à ce que le nombre de celles-ci ait été ramené au chiffre prévu par la loi*

Quant à la marine de guerre, il faudra se décider à y instaurer un régime nouveau ; plus d’amiraux sans flotte, plus d’arsenaux sans navires, plus de vieilles carcasses sans utilité militaire grevant de frais très lourds un budget déjà obéré.

Hans l’armée et dans la marine, on devra se contenter d’un service militaire de très courte durée. Pendant la guerre, les grands chefs affirmaient, sans hésitation, qu'il fallait quatre mois nom- « faire a un soldat apte à tenir sa place dans la tranchée ; pourquoi en lèverions- nous durant plus d’un an à l'activité nationale, en temps de paix, notre vigoureuse et intelligente jeunesse ? **

Poli tiq u e so cia le r

Continuation de l’œuvre d’avant-guerre :

La guerre a malheureusement interrompu le vote des lois sociales; il faut recommencer à examiner les moyens d’améliorer le sort des classes laborieuses ; il faut protéger les rniheux du travail, en un mot favoriser l’évolution vers le bien-être des humbles et des déshérités de la fortune. Cinq ans de bloc national ne nous ont donné que la loi de 3 heures que nos bons réacteurs ont votée à contre-cœur et dont ils ont promis à leurs maîtres, les gros industriels fauteurs de vie chère, de saboter l’application par d’innombrables dérogatkms. Nous ferons des lois sociales, nous aussi, mais conçues dans un esprit réellement libéral et susceptibles d’être efficacement appliquées.

Les Retraites :

Nous voulons que les retraites, toutes les retraites, cessent d’êlre des aumônes ridicules ; nous entendons qu’elles soient augmentées afin de suffire à assurer à ceux qui ont travaillé toute leur vie une existence décente, dans une aisance respectable* Nous ^admettrons pas qu'on nous oppose de misérables arguties budgétaires : il y a dans la liste eftroyabfe des dépenses suffisamment d économies à réaliser pour suffire aux crédits nouveaux que nécessitera l'adaptation des retraites au coût actuel de la vie.

Les Familles nombreuses*:

Ce u est ni au moyen de décorations ni de discours que nous entendons encourager les familles nombreuses. La crise de la^natalité peut être;' mortelle pour la France* Ou ne la conjurera pas avec des primes ridicules, des indemnités dérisoires, des mentions dans les journaux, des félicitations à YOfficieP II convient d’éviter que la venue d'un enfant dans un ménage soit considérée comme une calamité. Or, îa dernière législature, tandis qu'elle consentait aux familles nombreuses des avantages ou des primes insignifiants, multipliait les impôts directs, les taxes de consommation, semblant s’acharner à leur retirer avidement d une main ce qu’elle leur abandonnait parcimonieusement de l’autre I

^QUS y mettrons bon ordre. Ceux qui n ont pas d’enfants paieront pour ceux qui en ont et il faudra que les progénitures nombreuses ne coûtent pas plus — pécuniairement parlant — à élever que les descendances volontairement limitées.

L’Alcoolisme :

L'alcoolisme est en sérieuse régression ; nous n’en devons mener que plus intensément la lutte ^l'interdiction de l'absinthe et de ses similaires, la création de droits presque prohi-

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biüfs de .consommation, sur les liqueurs de marque ont amené cet heureux ■ 'résultat, Nous nous efforcerons, tout en sauvegardant de légitimes intérêts, de rechercher s'il n existe pas d’autres produits nooifs — étrangers surtout — dont la vente pourrait être interdite ; en outre, la propagande ami-alcoolique trouvera en nous d’énergiques et clairvoyants défenseurs.

Les Cheminots :

Taudis que JwL Poincaré déclara it sol enneUc.ment que jamais on ne serait assez reconnaissant en France des services que les cheminots avaient rendus pendant Ja guerre Ma mère patrie, les députés sortants arcmdcn.t contre ourles grandes .compagnies qui, désormais, n’en tendent user du statut consenti à leur corps défendant qu’à leur seul ayante et dans le but de brimer leur personnel. Ü faut que les cheminots, comme d’ailleurs tous les autres travailleurs, puissent vivre honorablement de leurs salaires. On devra surtout se pénétrer de cette idée que ce ne sont pas eux qui sont cause du déficit des compagnies ferroviaires, mais bien le gaspillage qui s’y pratique et quo» ne fait rien pour .réprimer.

Nous réclamerons la réintégration eu bloc des cheminots révoqués pour faits de grève, particulièrement de ceux frappés en 1920* il est triste de penser que nombre de ces malheureux subissent encore les conséquences de l'exercice d’un droit que nul n'aurait dû oser leur contester. Des réparations leur sont dues. On les leur accordera. . .

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