‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1924Chapitre 84 sur 124 · C. — Le problème du logement · texte numérisé non relu

C. — Le problème du logement

L'œuvre la plus urgente est celle de l'habitation. Les quatre cinquièmes des locaux de la France sont incompatibles avec les besoins de la vie moderne. Une politique du logement s’impose. Le meublé et le taudis — et tous les trafics et profits abusifs auxquels ils donnent lieu — sont les ennemis du berceau; s'ils continuent, malgré les lois dérisoires volées -par la Chambre défunte, la natalité ira toujours en fléchissant.

L'initiative privée, sous le contrôle de F Etat, doit pourvoir la France de logements.

Statut des étrangers :

Interdiction aux étrangers d’acquérir des immeubles, tant que sévira la crise du logement. Surveillance des immigrations, d'accord entre les syndicats et les pouvoirs publics. Certificat de civisme obligatoire, comme sous la Convention, pour tout étranger qui sollicite l’honneur d'être naturalisé Français.

N° ilïl

SEIKE

Organisation du crédit :

Encouragements aux banques populaires et do crédit mutuel par l'extension du crédit * au commerce. Défense du petit commerce et de la propriété commerciale. Industrialisation des monopoles d'EtaL par la création de régies intéressées.

Colonies :

Mise en valeur du domaine colonial français par le développement des transports maritimes, terrestres ut aériens, par la formation d'un personnel compétent, par des encouragements donnés aux entreprises privée s, par une politique du coton, du papier, du bois, de la laine, du pétrole et des diverses matières premières.

Ce programme est seul capable de nous affranchir du lourd tribut payé à l'étranger ,

Enseignement :

Défense de la laïcité. Organisation de renseignement primaire pour que ses maîtres aient la même origine que les professeurs de renseignement secondaire. Education sportive par les meilleures méthodes. Cinéma à l’école. Diminution des taxes sur ie cinéma pour favoriser une industrie nationale et un moyen d’éducation pratique. Organisation de la T. S, F.

Scrutin :

Les arrondissements de Paris n’ont plus de députés pour défendre leurs intérêts ; nous demandons le retour au système de ^arrondissement.

Défense nationale :

Organisation de l’armée et de la marine d’après les enseignements de la guerre : le recrutement et les cadres doivent être fonction de l'armement, des laboratoires scientifiques cl de l’aviation.

Des sous-marins et des hydravions.

Egalité devant rimpôt :

Ni inquisition ni vexation de la pari du fisc. Refonte de V impôt sur le revenu, de manière à faire participer les professions agricoles aux charges de TELat dans une proportion équitable.

Lois sociales

Développement du droit syndical et du système des assurances sociales. Organisation de l'apprentissage eL. de renseignement professionnel. Crédits a V artisanat.

Anciens combattants, pensions :

Application des lois en faveur des anciens combattants. Amélioration du sort des blessés de guerre. Réparations aux anciens prisonniers de guerre d'après les principes posés par te Comité d’entente des groupements nationaux des anciens combattants.

SEINE

Electeurs,.

Les vieux partis ont fait leur temps.

Les républicains, c’est nous, car nous voulons des réformes qui s attaquent à la racine des maux dont soulTre notre pays,

Charles BOS, — Raymond COLRÀT, — Pierre ALBIN, — Maurice PRIVAT. — Amédée COURJON, — Jean RESTHIEUX, — * Julien MAIGRET. — Abel FAURE, — Georges DEL AM ARE, — Dr Georges SAM NE, “ Paul HOLSTAIJVE. — THIERCÏ , Eugène MÀSSOULARD.

Liste du Parti Travailliste Républicain,

Citoyens 3

La campagne électorale est ouverte.

Pendant quelques jours, tous les maîtres de la politique et leurs satellites vont essayer par des grands mots de vous abuser à nouveau.

Souvenez-vous que les phrases ronflantes n'ont jamais engendré de réalisations, et qu'en cherchant à exalter par des discours pompeux vos sentiments respectables de patriotisme ou d'humanité, on passe volontairement sous silence les solutions rapides et efficaces.

Malgré des statistiques trompeuses, te chômage vous guette, la misère s'accentue, faisant naître dans vos cœurs des germes' de révolte, exaspérant et précisant la lutte des classes, dressant la masse des travailleurs conLre le bloc capitaliste et bourgeois l

Citoyens,

Nous voulons voir cesser le règne des partis nés de la politique impure et néfaste.

Le Parti Travailliste Républicain ne fait pas de politique. C’est des lois meilleures, votées au cours de la nouvelle législature, qu'il attend l’amélioration immédiate du sort précaire et tragique de tous les travailleurs, il souhaite ardemment que sonne enfin l'heure des réalisations pratiques, au point de vue économique comme au point de vue social.

C’est son but et sa raison d’être I 11 vous apporte le salut 1

Citoyens,

Etudiez notre programme! Venez à nous! Vote?, tous pour les candidats du Parti Travailliste Républicain !

Le Comité.

Article premier. — Révision de ta Constitution, en particulier par la suppression du Sénat, une représentation professionnelle normale et un referendum national préliminaire à toute promulgation de loi d'intérêt général.

SEINE

Réforme des Codes civil et militaire. Suppression des conseils de guerre et des bagnes militaires.

Art. 2. — Reconnaissance sans restriction de la propriété commerciale pour le petit commerce. Taxation des loyers commerciaux.

Art. 3, — Vole de lois sociales facilitant l’accession de tous les travailleurs à la pro- ï prié Lé terrienne et bâtie.

Art, 4. — Prorogation et amélioration de^la loi maintenant les droits des locataires Risqu'à ce que la crise des logements soit définitivement conjurée et empêchant la spéculation des gros propriétaires d immeubles.

Art, 5. — Perfectionnement de l'hygiène publique :

\ . Logements insalubres,

2, Prostitution scandaleuse,

3, Trafiquants de stupéfiants,

4, Alcoolisme, syphilis, tuberculose.

Art, 6, — Unification de l'instruction et gratuité de renseignement à tous les degrés.

Art. 7. — Protection plus efficace de l'enfance abandonnée et des familles nombreuses*

Art. $. — Suppression des impôts multiples eL leur remplacement par un impôt global et annuel sur les gros revenus et les gros traitements.

Prélèvement unique sur les grosses fortunes pour combler le déficit financier de la nation.

Création d'une loterie nationale dont les revenus serviront à l'amélioration de Fassistance publique, à la création de maisOns de retraite, de sanatoria et de pensions pour les travailleurs vieux ou infirmes.

Art. 9, — Maintien et application stricte de la loi de huit heures et du repos hebdomadaire.

Participation obligatoire des travailleurs aux bénéfices.

Protection plus active du travail de la femme et de l'enfant'.

Art. 10, — Lutte contre tous les trusts financiers et économiques.

Art, 11, ■ — Maintien et réorganisation des monopoles d'Etat.

Art, 12. — Réduction du nombre des gros fonctionnaires.

Art, 13. — Mise en valeur plus rationnelle de nos colonies.

Art, 14. — Renforcement de l’organisme de la Société des Nations et du Bureau International du travail.

Art. 15, — Amnistie générale pour tous les délits politiques. Respect plus grand de la liberté individuelle. #

Art, 16, “ Acceptation la plus large du cahier des revendications des anciens combattants, mutilés ou non.

Notre Profession de Foi,

Le Parti Travailliste Républicain appartient à tous les citoyens d'essence républicaine -et plébéienne qui sont mécontents h divers titres de la situation actuelle.

Tous ceux qui ont souffert de Éa guerre, directement ou indirectement, pensaient bien qu'a près cette affreuse tourmente, une ère de joie, de bien-être et de prospérité allait s’ouvrir.

SEINE

Du travail h fournir, des ruines formidables à réparer* soit. Man tout cela paraissait aise* parce que îa mort terrifiante n’allait plus rôder autour de nous pour faire cl horribles hécatombes; et puis* enfin, l'Allemand devait payer les ruines de la guerre !

Trois fois, hélas, tout cela n’était qiTilluaion ! L'Allemand n’a pas payé. Nous devons travailler comme des forçats eL voir le fruit de notre travail engiouti par les impôts dont on nous a ecable 1

Le prix de la vie qui devait baisser a au -mente dans des proportions ahirmantes. Les salaires n’ayant pas suivi la même progression suffisent à peine pour faire vivre les travailleurs et leurs familles.

La situation est devenue tragique.

Au grand espoir d’après-guerre succède une désillusion terrible qui pourrait être la cause des pires réactions et des pires révolutions.

Le peuple de France, dans son ensemble, a souffert.

Il s’est sacrifié dans sa chair et dans sa bourse pendant près de cinq ans ; il espérait qu’à ce prix il obtiendrait sa récompense : la tranquillité et la justice, dont i! avait tant rêvé. Elles lui ont été refusées.

Les classes sociale^ quelle guerre, dans la communauté de la boue des tranchées, semblait avoir abolies, sont de plus en plus marquées.

L'égoïsme des gros possédants, la rigueur des gouvernants et des gros fonctionnaires qui détiennent 3/ autorité, l’exploitation honteuse de la propriété bâtie, l'inquisition fiscale dans toute son horreur, la mauvaise répartition des impôts favorisant une partie de la population au .détriment de l’autre, rinsuffismice des salaires, la précarité de l'existence pour les familles ne possédant aucune propriété et que des lois mal faites peuvent jeter à la rue. Insuffisante protection de l’enfance, avenir de la Nation, de là femme créatrice de vie,* l'inertie coupable dans la latte contre les grands fléaux : syphilis, tuberculose, alcoolisme, qui tuent la race française, tout cela fait que le peuple vit dans un demi-esclavage et dan* là misère, Sans aucune lueur lui faisant espérer sa libération prochaine ■et un sort meilleur pour ses enfants.

Ceux qui commandent et ceux qui possèdent veulent conserver leurs privilèges. s

agissent de toute leur force financière pour maintenir le peuple dans son ignorance et sa

misère.

Tous les politiciens, mus comme des pantins, au moyen de ficelles que les grands financiers tirent dans la coulisse, ont fait les alliances les plus honteuses pour conserver leur part de Tassiette au beurre, dans cette bonne république des bourgeois capitalistes.

Tous les blocs se soudent et s’agglomèrent pour tenter de l’emporter dans la lutte actuelle» Devant cette débauche forcenée de propagande électorale, les électeurs vont-ils se laisser à nouveau circonvenir, ou vont-ils enfin prendre conscience de leurs véritables intérêts ?

Si oui, nous leur conseillons d’adhérer en masse au Parti Travailliste Républicain, de voter pour ses candidats qui s’engagent^ réaliser un programme sain et à faire tous leurs efforts pour mettre un terme aux souffrances et à' l’iniquité dont le peuple est abreuvé.

Le Programme Travailliste est complet. Il aborde toutes les phases de la vie du citoyen depuis la naissance : l’éducation et l’instruction, la protection de la famille par 1 accession à la propriété, la lutte contre les maladies et l’assainissement des logements insalubres, la protection des vieillards et des malades par des assurances sociales et des retraites accordées sans qu’aucun versement ne soit fait par les futurs bénéficiaires.

Nous admettons l'idée que la patrie est une grande famille et que ses' membres se doivent à elle, corps et âme. Mais nous voulons être sûrs qu’en retour elle ne se montrera pas une marâtre, n’accordant seulement qu’à quelques-uns de ses enfants toutes ses faveurs et ses richesses, et réduisant les autres a l'esclavage et à la misère.

Le Programme du Parti Travailliste Républicain va jusqu’au bout de la logique, et ses conceptions ont une grande analogie avec celles des partis les plus avancés»

Mais nous voulons que le progrès se réalise dans le calme et la légalité, sans effusion de sang et sans luttes fratricides.

Nous sommes des constructeurs et non des destructeurs. Nous voulons l'aménagement perfectionné dé la terre pour le bonheur de tous les hommes, h l’exclusion des oisifs.

Nous continuons la révolution de 1789, suivant les enseignements du grand Jaurès, qui sut prêcher l’amour fraternel entre les hommes. Nous voulons supprimer la haine et la néfaste politique de parti. Nous ne voulons pratiquer qu’une politique sociale et économique susceptible d’assurer d'une façon durable le bonheur du peuple.

Que tous cens: qui souffrent de la misère et des abus administratifs ; que tous ceux qui sentent en eux sourdre un besoin d’idéal, de bonté et de justice, sans violence, viennent à nous.

Nous ne sommes pas des politiciens roublards, nous sommes vos frères de malheur et de souffrance. Mais, las de gémir inutilement, nous avons pris le parti de crier bien haut toutes nos rancœurs, et d'agir !

Ouvriers, employés, boutiquiers, petiis’Ten tiers et petits fonctionnaires, vous qui êtes l'armée des travailleurs, venez à nous, et notre cohorte sera si compacte et si puissante que le 1 i mai prochain nous vaincrons !

Votez tous pour la liste du Parti Travailliste Républicain î

La liberté, la justice, la fraternité coalisées auront remporté une victoire éclatante sur les forces de la réaction cl de la finance !

Justice pour le peuple des travailleurs \

Lucien LEG ARÇON, commerçant. Henri VIDA LIE, imprimeur-

— André FLEUTOT, employé, mutilé de guerre. — Maurice FORESTIER, pharmacien. — Louis CH Ali VJ ÈRE, architecte.

René GÉDÉON, i présentant de commerce. — Emile J AL AG LIER, artiste-peintre. — Justin PAGÈS, ouvrier du Gaz syndiqué. — Charles D LJ BR EU IL, représentant, ■ — Paul VÀLAT, préparateur en pharmacie. — Victor GENDRE, chroniqueur social, rédacteur en chef de Lu Vruie Vie} réformé de guerre. — Prosper FINCK, ouvrier mécanicien (cheminot deux lois révoqué), — Jules LÛDIEÜ, droguiste.

SEINE

! !EriXIÏ5M'E CIRCONSCRIPTION (11 députés).

inscrits , . * , . . . 101 . i 44

Votant^ . . . » 171.927

Blancs et nuis. . . . 3.332

Quotient électoral . r , 15.336

Liste de Réooociliation et dJ Action nationales.

MM. Mario de Roux . , * * . 7.312

Allazin 6.041

Arnaud . . *. . . . 5.806

Azaï? , , . , . . . . . . 6 . 033

Bacconnîer . . 5.859

Boy or . . . . , . 6.191

Brochet. . . . . . 5 , 827

Gaîté . . . . **,,*.,. 5,954

Deloye . * . » . . 5.776

Moreau . 5.762

Tmrbéê - ... - 5.670

Total,. . . . 06 291

Mayenne . 6.020

Liste dTJnion républicaine sociale et nationale.

MM, Pâté.... . 58.382

Puech, . . . 57.101

Ignace . . . 56.647

Le Gorbeiller, . . . . . . 56, 459

Taitimgor . . 56,687

Petitjean . 56,290

Rougier., . , . „ . 5G.061

Ërlich . 55.689

™ Bonnot . ,,**...,.*,**, . 56,609

Barré* . . . . . 55.363

Reneui . . . * .... 54,654

Total . 619.042'

Moyenne.. . . 56.358

Liste du Cartel des gauches.

MM , Blum. . 50.807

Valonsi . . . 49.304

" Jaurès... . 59,270

Le Foyer.. ., — . 49,148

Dormoy . * . 49,736

Mau ranges. . . . . . 50-001

Lenûîr.. . . 49.741

Bon . 49,531

Loyau., 48.9tl

Dejeantc... . 50,359

Gaillard . . 49,266

Total... . 547,125

Moyenne . 49,738

Liste du Bloc ou vrier- paysan,

UM, Garcliery - * . . . 41.601

Honriot. . . • . . . 40.805

Clore . . . 40,769

Danjean . . . . 40. 769

Grandin . 40,727

Guérard . . . . . ,.7... . 40.710

Hadjali . . . 49.568

Jantzem . . 49,661

Lïnck . 40.637

Manuel . . , . . . * 40.692

Roblot . . **,*.*...*.. 40.680

Total, . 448.601

Moyenne . 40.781

La liste du Parti travailliste républicain, une moyenne de 1.266 voix,

La liste de Protestation des victimes de la guerre, une moyenne de 367 voix,

La liste d 'Action républicaine et sociale (Reboul) a obtenu une moyenne de 7,024 voix*

La liste do la Maison du contribuable (Darnault) une moyenne do 234 voix.

La liste Socialiste indépendante (Dianville), une moyenne de 1,280 voix.

La liste du Bloc du travail (Jamart), une moyenne de 4.221 voix,

La liste de Protestation des victimes de la guerre une moyenne de 427 voix.

i au quotient . . MM. Pâté, Puech, Taittinger, Blum, Bejeante, Jaurès,

®la>" . î Garchery, Henriet,

( à la plus forte moyenne . MM, Ignace, Bonnet, Le Corbeille?*

SEINE

Liste d’Union Républicaine Sociale et Nationale.

Citoyens,

La liste qui se présente à vos suffrages est celle dont le citoyen Alexandre Miîlerand était le chef, en novembre 1919* Elle a été complétée par des hommes dignes de figurer aux côtés de ceux qui, pendant quatre ans et demi, ont rempli,, avec désintéressement et conscience, le mandat que vous leur avez confié*

Aujourd'hui, elle a pour chef le citoyen Henry Pâté,

Les hommes qui la composent ont la volonté ferme de travailler à maintenir la paix intérieure et à asseoir définitivement la paix extérieure, poursuivie par les deux grands citoyens Alexandre Miîlerand et Raymond Poincaré*

Ne reculant devant aucune réforme sociale, ils veulent en assurer la réalisation dans Tordre eL la légalité, garanties essentielles de la liberté et de la sécurité des citoyens.

Sans s’attarder aux formules creuses et périmées, ils vous apportent un programme net et précis, dégagé de toute équivoque et de toute compromission.

Citoyens,

Nous ne voulons pas nôus attarder dans la contemplation de doctrines chimériques, déjà offertes à nos ancêtres, et que nos arrière ne vaux auront encore tout le loisir de discuter.

Hommes de réalisation et d'action immédiates, à l'instant même où. après une guerre mondiale de cinq années, 3e devoir s’impose à nous de faire une France neuve, nous sommes résolus, laissant de côté Lout ce qui divise, à établir la concorde nationale sur le respect des croyances avec le droit .pour chacun de penser, d’écrire, de croire en toute liberté*

La République, sauvant avec nos alliés la civilisation menacée, a refait l'intégrité de la Patrie*

Le régime et nos institutions sont désormais au-dessus de toute atteinte.

Le fait do la laïcité de T Etat doit se concilier avec les droits et les libertés de tous les citoyens à quelque croyance qu'ils appartiennent : ainsi sera assurée en France la paix religieuse*

Nous nous opposons donc au réveil des anciennes querelles qui, dans Tordre nouveau créé par la guerre, ne doivent plus avoir de raison d’être*

Nous avons trop suffisamment conscience d’une nécessité supérieure d'union entre Français pour ne pas considérer qu'une grande démocratie ne peut vivre et poursuivre T accomplissement de scs destins sans un commun élan de tous ses enfants vers T idéal de liberté, de justice et de solidarité sociales qui, en constituant au travers des siècles notre patrimoine commun, assure à la France Lout T éclat de son rayonnement dans le Monde.

Egalité fiscale.

Partisans résolus de la justice égale pour tous, nous ir avons cessé de proclamer la nécessité d’établir dans ce pays l égalité fiscale : à ce résultat nous vouions travailler sans relâche*

SEINE

Nous entendons pratiquer une large politique d’économies, ne pas créer de dépenses nouvelles sans que soient trouvées les ressources correspondantes, lesquelles ne devront pas résulter d’une nouvelle charge pour le contribuable, maïs d’une refonte complète de notre système financier.

C’est aussi au nom de la justice que nous nous devons h nous- même d’assurer les droits de ceux qui ont permis à la France de vivre : anciens combattants, mutilés, invalides, veuves el orphelins de guerre, ascendants.

Nous proclamons que la présomptiop d’origine vl le droit à réparation sont imprescriptibles, et nous affirmons notre volonté de Faire aboutir toutes les revendications justifiées, que nous ayons contresignées, qui ont été présentées par le « Comité d’Entente des Groupements nationaux d’ Anciens Combattants et Victimes de la Guerre » et la u Fédération des Anciens Combattants du 2e* Secteur » .

Paix sociale el hgalLmtion sociale.

Convaincus que ri eu de stable ne peut être accompli sans la paix sociale, condition indispensable au travail et à la production nationale, nous voulons, pour l’assurer, travailler avec une sincérité et une énergie inlassables à apporter dans les relations entre les citoyens toujours plus de justice et de mieux- être»

Pour y parvenir, il faut réaliser \ union de plus en plus étroite de l’employeur et de l’employé, du patron et de l'ouvrier, en associant plus intimement le travail et le capital.

On ne peut nier que, pendant ces dernières quatre années,, la France a donné, dans une Europe encore bouleversée, le plus bel exemple de calme, de sagesse et de sang-froid ; aucune grève politique n est venue assombrir notre relèvement économique»

À la différence des nations étrangères, nous n’avons pas connu le chômage»

Travail et production, telle est notre devise. Son application permettra è Pi ndu strie et au commerce de prospérer et de réaliser enfin la diminution si justement désirée de 1 a cherté de la vie.

. Problème complexe, assurément, mais dont la solution exige une surveillance constante, en même temps qu’une politique douanière sagement appropriée, qui assure enfin, suivant la nature des produits et la fluctuation des cours, une réglementation méthodique de nos exportations et importations. C’est le strict devoir des pouvoirs publics de maintenir constamment l’équilibre entre les prix des denrées et marchandises de première nécessité et la capacité de payement des petits et moyens consommateurs»

Il faut aussi assurer le libre développement de la production, débarrasser le commerce et l'industrie de toutes les entraves qui paralysent leur essor et nuisent a leur activité.

11 faut surtout ne pas craindre d’apporter au système fiscal actuel les modifications et les réformes profondes indispensables pour mettre fin à un régime de tracasseries, de vexations, d’inquisition, d’injustice et d’inégalité qui est devenu intolérable-

« La France est un honnête homme », a justement proclamé le chef de l’Etat dans son discours d’Evreux,

11 Faut que 1 Administration des; Finances se pénètre de celte vérité et renonce enfin à des mesures de suspicion généralisée qui, d'ailleurs, n'améliorent en rien le recouvrement des impôts.

Meilleure Répartition de Vîmpôl.

Nous voulons une répartition plus équitable des charges de l’impôt en faisant disparaître 1 inégalité choquante qui oppose les habitants des campagnes a ceux des villes, en

SEINE

faisant supporter à ces derniers, au profit des « ruraux », la partie la plus écrasante des charges publiques.

L'impôt inique, et illégal au surplus, sur ce qu'on a applé la plus-value des fonds de commerce, présente assurément un exemple saisissant de l'injustice fiscale que nous dénonçons r puisque s il était maintenu — il constituerait un impôt spécial ne frappant la plusvalue qu’au préjudice des seuls commerçants, h l’exclusion de tous les autres contribuables.

Nous demandons enfin — pour éviter aux citoyens de se perdre dans le labyrinthe des multiples contributions de toutes espèces qui les atteint — * qu’une feuille unique d’impôts leur soit adressée au début de l'année, afin que chacun sache immédiatement ce qu'il doit payer et puisse organiser ainsi en pleine sécurité son budget annuel.

Pour améliorer sans cesse nos moyens de production, il est nécessaire de travailler au développement sde 1 outillage national, è l'amélioration de nos moyens de transport, à la diminution des tarifs ; subventionnons enfin largement nos écoles professionnelles et d’apprentissage, condition essentielle au recrutement de nos industries; assurons la mise en valeur de nos colonies.

Toutes ces questions doivent être résolues d’urgence,

L importante réforme de la propriété commerciale doit être réalisée dès la constitution de la nouvelle Chambre,

De même doivent être votées les lois nécessaires pour conjurer la crise du logement.

Avec cela, politique sociale large, hardie et généreuse : luttons sans trêve contre la tuberculose ; supprimons les taudis en créant l'expropriation pour cause d insalubrité et assurons- en I application d’une manière implacable. De plus en plus, protégeons l’enfance, développons les qualités physiques de la race; habitations à bon marché; asistance à la maternité, à la maladie et à 1 invalidité ; aide vraiment efficace aux familles nombreuses; développement de la mutualité ; amélioration pour le mutualiste du taux de Ta Caisse des Dépôts et Consignations ; application de la loi sur les assurances sociales avec le concours des sociétés de secours mutuels ; diminution du nombre des fonctions publiques, mais rémunération plus équitable des fonctionnaires, en un mot, citoyens, tout ce qui peut rendre les hommes meilleurs et, en supprimant les causés de division, les rapprocher dans une union toujours plus étroite dans l'amour de la Patrie pour le plus grand bien du Pays,

' Citoyens,

Cette politique sociale, de fraternité et de solidarité, ne peut être poursuivie que dans 1 ordre, le calme et la sécurité d'une paix durable et féconde, d’une paix de justice permanente, qui empêche à tout jamais le fléau qu’a déchaîné sur le monde une nation en délire.

Or, cette paix que nous voulons de toute la force de nos énergies* il n’y a pas d’autre manière de l’atteindre et de rassurer qu’en maintenant intact le traité de Versailles, en exigeant de l’Allemagne son exécution intégrale.

La politique de prise de gages au moyen dejr occupation de la Ruhr, suivie par le Président du Conseil, le citoyen Raymond Poincaré, est actuellement le seul moyen efficace d'assurer le payement des réparations.

Sans réparations, pas de sécurité.

Le problème est un.

De sa solution dépend la paix du Monde,

C’est cette politique que nous entendons poursuivre sans défaillance avec une énergie et une vigueur indéfectibles. •

Dans le^ négociations qui vont s’ouvrir sur le rapport des experts, il faut, d’absolue nécessité, que le Gouvernement de la France, qui a charge de ses destinées, dispose de la iôrce morale nécessaire au succès de nos revendications et à la sauvegarde nos droits.

SFAm

Celle force morale indispensable, il ne peut la puiser que dans un Parlement composé d'hommes résolus à maintenir les droits de la France et qui, conscients de la gravité de l'heure, sauront prendre leurs responsabilités.

Citoyens,

À vous le devoir de choisir ces hommes !

A vous le devoir d’envoyer à la Chambre une majorité compacte et homogène 1 C'est F existence de la France qui est en jeu I Vive la République!

Vive la France I

Vous voterez donc en masse le 1 1 mai prochain pour les citoyens :

Henry PÂTÉ, — Édouard IGNACE. — ROUG1EFL — Philippe BARRÉS. — PÜECII. — TAITTINGER. — ERLICH. — LE CORBEILLER. — PETITJEAN. — J.-L, BONNET. — B EN EUX.

Liste du Cartel des Gauches.

Citoyens,

Le Cartel des Gauches est constitué dans îe deuxième secteur.

Des partis politiques qui, en 19î9( s’étaient présentés isolément devant vous, et dont aucun d ailleurs n’entend aliéner la moindre parcelle de son indépendance, se sont coalisés pour livrer aujourd’hui une bataille commune.

Parti Socialiste S, F, I. O., Parti Socialiste Français, Parti Radical et Radical-Socialiste engagent, dès à présent, la bataille électorale, unis dans un esprit d'étroite solidarité.

Pourquoi? Aucun de vous ne l'ignore :

Pour abattre le Bloc National I

Pour abattre ce Bloc funeste, représenté, en 1919, dans le deuxième secteur par la liste Millerand, représenté aujourd’hui par la liste Pâté.

Parce que, sous le régime électoral actuel, la dispersion des partis d’opposition garantirait à îa liste Pâte la prime de la plus forte moyenne et, même avec la minorité des voix, lui assurerait la majorité des sièges.

Voilà pourquoi nous avons formé, dans ce secteur, le Cartel des Gauches, coalition pour abattre le Bloc National,

Les radicaux restent radicaux, les socialistes restent socialistes. Mais une même volonté nous anime ; délivrer le pays de la réaction qui Fétoufîe*

Et nous sommes bien sûrs qu’en agissant ainsi nous avons répondu à votre vœu, à l'instinct infaillible des masses populaires.

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