‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1928Chapitre 108 sur 336 · M, LORIN · texte numérisé non relu

M, LORIN

Élu au deuxième tour de scrutin, — 9,602 voix.

Mes cliers Concitoyens,

Investi par 1 Alliance démocratique (Paris, 17, rue La Rochefoucauld) et par la Ligue républicaine nationale (Paris, 47, avenue d'Iéna ; Groupe Girondin, 25, allées de Chartres, Bordeaux), j'ai 1 honneur de solliciter vos suffrages en vue de représenter â la Chambre la deuxième circonscription de Bordeaux,

INeuf années écoulées n ont pas suffi pour rétablir une situation bouleversée par la guerre qui nous fut imposée, La P rance a dû, sur ses propres ressources, relever nos régions dévastées, assumer la charge lourde — mais sacrée — des pensions et indemnités aux victimes : là est la cause essentielle de la dépréciation de notre franc et, indirectement, des impôts écrasants, de la vie chère, dont il n'est pas un Français qui ne souffre aujourd'hui. Le Cabinet d Union nationale que préside M, Raymond Poincaré a, depuis juillet 1926, amélioré dans la proportion de cinquante pour cent notre situation financière, La formule d Union nationale a tait ses preuves: c'est à elle sans vaines récriminations sur le passé, que nous entendons rester fidèles, pour achever, suivant le mot de M. André Tardieu, qui est tout un programme. Achever, cela signifie consolider et, si possible, relever encore la valeur du franc, développer la production métropolitaine et coloniale, donner un large essor au progrès social.

Nous condamnons énergiquement le communisme, qui est d'origine et d'inspiration étrangères. Nous combattons résolument le socialisme, qui tend à désagréger la propriété individuelle; celle-ci est, surtout en notre pays d'avoirs très divisés, le ressort de toute amelioration du régime du travail, de tout allègement de la fiscalité, par extension de l’as- &iette de 1 impôt, au lieu que la guerre, sournoise ou déclarée, aux épargnants de toutes catégories, tue toutes les énergies fécondes.

Nous nous réclamons, dans tous les ordres d'activité, de la liberté pour tous, inscrite caris la Déclaration des Droits de l'Homme* Nous voulons une politique réaliste de collaboration, opposée à celle de la lutte des classes. Nous sommes passionnément attachés h la

Patrie, ce qui n’exclut en rien une participation sympathique à des œuvres de haute humanité, telles que 3a Société des Nations. Nous estimons que la paix entre citoyens est la meilleure garantie de la paix extérieure, qui est dans les vœux unanimes de tout le pays. Unissons-.. o us donc pour stimuler le travail national et lui assurer la sécurité du lendemain a l’abri d’une organisation défensive qui doit, en addition nécessaire aux accords internationaux, inspirer h tous le respect de notre' indépendance et de notre intégrité territoriale recon mise.

L’étranger attend non moins anxieusement que nous-mê/nes le verdict de noire prochain scrutin. Il appartient à l’électeur françis de démontrer que la France, sans violence contre quiconque, est capable d’apporter quelque lumière intellectuelle et morale dans le chaos diaprés gruerre.

Telles sont quelques idées, simples et claires, dont notre pays a besoin aujourd’hui — avec des hommes dégagés des vieilles formules politiciennes pour les mettre en oeuvre* 11 veut savoir, avant tout, si T Union nationale, qui l’a redressé, va durer encore, car il est persuadé qu’elle seule peut parfaire sa convalescence. Ceux donc qui s’élèvent contre 1 Union nationale, ceux qui la supportent impatiemment comme une expérience dont ils souhaitent le terme, méconnaissent ce sentiment profond, qui est en somme un aspect de l'instinct de conservation. Sans haine contre les personnes, mais très nets contre les doctrines et la propagande de nos adversaires, nous vous invitons à les combattre t à visage découvert et à les éloigner des directions politiques de la République, au cri qui fui celai de no. grands ancêtres :

Vive la Nation l

ÎIhxri LORIN

Professeur à la Faculté des lettres de Bordeaux.

Correspondant de L’Institut. — Ancien député de la Gironde, Ofllder de J & Légion d’honneur*

Candidat d’Union nationale.

3? circonscription de BORDEAUX.

Ml MARQUET

Elu au deuxième tour de scrutin* — 11*419 voix*

Chers Citoyens,

Depuis dë longues années, mon action publique vous a permis de me juger.

C’est dans la troisième circonscription que commença ma vie politique. Avec les classes laborieuses de La Bastide, des Salin i ères, des Capucins', dès Terres-de- Bordes, de la Gare du Midi et de Règles, j’ai lutté sans défaillance pour le haut idéal de fraternité humaine et de justice sociale de mon Parti*

Àujourd hui, dressé contre l’ensemble des forces de réaction politique et sociale, je compte sur vous pour que nous remportions ensemble une nouvelle et éclatante victoire*

Les chemins qui conduisent les travailleurs des misères d’hier au mieux-être de demain sont longs et difficiles, mats le Travail , sachant que la victoire lui reviendra en fin de compte, porte en lui une confiance inébranlable.

Lee horizons de l’action de la classe ouvrière se sont élargis à mesure que s’est élevée

sa conscience politique et Je rythme des réformes nécessaires peut être accéléré par l’action des travailleurs fortement organisés et celle d'un Parlement clairvoyant et hardi.

Beaucoup a été fait et il semble que tout est encore à faire.

Dix ans après la guerre, dans le domaine financier doit intervenir îe règlement des dettes interalliées, la stabilisation légale, la consolidation de la dette flottante et Lout de suite le remaniement des charges fiscales qui permettra la reprise d'une vie économique intense.

Dans le domaine social, la réglementation du travail des enfants, l'organisation ration* nelle de la journée de huit heures, la révision de la loi sur les accidents du travail, la réorganisation de 1 inspection du travail, la réparation trop tardivo des injustices commises en 1920, fa ratification des conventions adoptées par la Conférence internationale de Genève, 1 application rapide de la loi sur les assurances sociales, sont des réformes qu'exigent aussi bien la défense des travailleurs que le développement de la prospérité nationale.

De même que la souveraineté populaire appelle î'éducâtidn populaire, le suffrage uni* vcrsel appelle l'instruction universelle.

Il faut arriver à la gratuité de renseignement à tous les degrés. Et en matière d'assistance et d’hygiène, travailler pour donner au plus grand nombre des conditions de vie leur assurant le confort et la sécurité.

En même temps que sur 1 ensemble de ces problèmes, je m'efforcerai de poursuivre une action conforme à mon action de toujours, je n’oublierai jamais que le premier besoin d’une grande démocratie comme la nôtre est la paix.

La démocratisation de la Société des IN a lions, 3 adoption du protocole et des accords visant le désarmement, 1 organisation internationale des rapports économiques, la suppression réelle de la diplomatie secrète sont les conditions qui permettront aux démocraties européennes de contrôler leurs rapports et d'empêcher le retour de la guerre, cependant que par l'organisation de la nation armée seront maintenues nos nécessités de défense nationale.

Dans ce domaine comme dans celui de la politique intérieure, je n'aurai qu’à demeurer fidèle à moi-même pour continuer à servir, en même temps que vos intérêts, Les grands intérêts de la cité et ceux du pays,

11 faut aussi dégager 1 Etat de la contrainte que font peser sur lui les congrégations financières et économiques.

D aucuns proposent de substituer à cette dictature, celle du fascisme ou celle du bolchevisme.

Je n'accepte ni l’une ni l'autre de ces substitutions,

G est par les moyens dé la démocratie que le monde du travail doit assurer sa souveraineté nécessaire.

Mes chers Concitoyens,

Vous ayant indiqué ces quelques élémènts’de mon action do demain, c’est avec confiance que je me présente à vos suifrages.

J’ai toujours rencontré au milieu de vous la sympathie réconfortante dont les manifestations sont la seule récompense des hommes politiques sincères et désintéressés.

Je vous demande, le 22 avril, de déjouer les calculs de nos adversaires.

Je n’ai jamais failli à ma tâche.

Vous ne faillirez pas à la vôtre.

Ensemble, nous achèverons l'œuvre commencée.

La loi du passé est morte, que celle de l’avenir soit forte en vous et nous instaurerons la République sociale.

Page 1