A. MARQUET
Maire de Bordeaux. — Conseiller général .
4° circonscription de BORDEAUX,
M. l’Abbé BERGE Y
Elu au premier tour de scrutin. — 7.388 voix.
Mes chers Concitoyens,
Ma profession de foi pourrait être brève.
Elle se résume, en effet, dans T adhésion b la politique d’ Union nationale pratiquée à l'appel et sous la direction de M* Poincaré.
Celle politique a évite le pire au pays.
Elle seule, à mon avis^ adoptée avec loyauté et persévérance, peut éloigner de nous les terribles catastrophes entrevues il y a vingt mois.
r Toutefois, pour mieux vous faire. connaître le sens total de ma candidature, je me permets de vous soumettre les lignes essentielles de mon programme d’action.
Il va de soi que je compte me consacrer spécialement aux intérêts spéciaux et si importants de notre cité.
La place de Bordeaux est. un centre industriel et commercial de première importance le trafic de nos vins célèbres lui a assuré un renom mondial.
Elle est, en outre, et doit devenir plus que jamais, la large porte européenne ouverte plus spécialement sur b Amérique et nos possessions africaines.
C'est dire que je me mets, comme par le passé, à la disposition totale de toutes les modestes et importantes activités bordelaises, plus particulièrement des institutions, comme notre Chambre de commerce, notre port autonome, nos syndicats locaux, soucieuses d’ accroître chaque jour les profits et le prestige de notre petite Patrie,
Mais il est aisé de comprendre que la prospérité dJune région dépend étroitement de la vie saine, vigoureuse de la Nation tout entière.
C’est donc vers la politique générale de la France que doivent être tournés noire attention et nos efforts.
En politique intérieure, il nous faut la paix, l’union, la confiance, une ferme autorité qui gouverne, des compétences ministérielles prises, s’il le faut, en dehors du Parlement,
Et pour que le Pouvoir législatif cesse enfin d’insérer dans le Code des textes inapplicables, nous demandons instamment la consultation des organisations professionnelles et régionales.
L’union patriotique ne peut être maintenue que par le respect total de la liberté de conscience et l’égalité absolue de tous les citoyens devant la loi.
Il est donc de toute urgence de modifier dans un esprit de loyauté et de justice les lois d’exception, votées en une période de lutte ardente, et d’étendre à tous les citoyens français, jouissant de leurs droits civiques, les libertés communes d’association et d’enseignement, mutilées par les lois de 1901 et de 1904.
Ni faveurs, ni brimades.
La justice pour tous.
Un statut légal s’impose pour les fonctionnaires, employés, etc*, assurant à la fois l’existence digne des serviteurs de l’Etat et le fonctionnement normal de tous les rouages de la vie publique.
Les problèmes financiers, monétaires, budgétaires et fiscaux se présentent à nous avec nue gravité exceptionnelle.
— mi —
Nous voulons les examiner et les résoudre avec les principes et les méthodes déjà éprouvés par FUriion nationale, en y apportant les améliorations nécessaires :
Ajustement plus équitable des charges fiscales.
Suppression ou aménagement de celles qui revêtent un caractère prohibitif ou inquis torial (taxes successorales, taxe sur le chütre d'affaires, etc.).
Diminution progressive des taxes indirectes dont les incidences pèsent si lourdement sur les budgets modestes et les familles nombreuses.
Surveillance plus attentive des influences diverses qui s'exercent sur le prix de la vie.
Solution du problème des dettes interalliées, sans laquelle aucune sécurité monétaire Xbe peut être envisagée*
Arrêt définitif- dans F accroissement des impôts.
Economies sévères dans la vie publique.
Réduction du nombre des parlementaires.
Cession des monopoles ruineux (exception faite pour ceux qui intéressent la sécurité nationale), avec garantie des droits de tout le persou neL
Meilleure mise en valeur des domaines nationaux cl surtout de notre magnifique patrimoine colonial, qui doit cesser d’être le champ d’exploitation de quelques agents électoraux, ou de quelques professionnels de la politique.
Equilibre implacablement maintenu et vote régulier des budgets publics.
Dans le dumasne économique et social nous sommes pour ;
Lvr respect absolu du droit de propriété.
L'accession du travailleur à la propriété foncière et mobilière.
L encouragement à 1 épargne, à la mutualité, au capital laborieux.
Ennemis du conservatisme égoïste, fourrier de la révolution et de fa démagogie provocatrice et décevante, nous voulons fa collaboration des classes, la solution pacifique des conflits du travail par 1 organisation professionnelle, syndicaliste, les commissions paritaires, etc.
Foutes les lois sociales de protection et de prévoyance pour F enfance, l'adolescence âge mûr, la vieillesse, seront adoptées avec enthousiasme par nous, selon nos disponibilités financières, pour que la France, si retardataire, prenne enfin sa place dans 3’aménagement plus juste, plus fraternel de la vie, en faveur de tous ceux qui produisent (Œuvres d hygiène, d’assurances, logement, etc.).
Luüe contre le taudis et développement du crédit immobilier.
Nus premières préoccupations de reconnaissance pratique doivent aller vers les victimes ,e , feuerrei en ^veur desquelles notre effort national a été à peine esquissé, et en faveur des familles nombreuses qui, dans le domaine civique et fiscal, doh-ent trouver les compensations que leur méritent leurs charges.
Politique extérieure ;
Ennemi a la fois du pacifisme purement verbal, générateur de guerre, et du nationalisme matérialiste qui place une nation « au-dessus de tout », même de la justice, nous
nou ons encourager de toutes nos forces les tentatives sincères de pacification internationale.
Elles sont, hélas 1 plus que jamais opportunes !
Mais tant que les réalisations révéleront de dangereuses lacunes et n'assureront pas notre sécurité, tout en travaillant ardemment à leur perfectionnement, nous voulons nous conserver dans une patriotique et prudente vigilance.
Nous voulons donc assurer notre défense matérielle par une armée pacifique, mais suffisante, et notre défense morale par une répression sévère des destructeurs de notre civi fission, de notre patriotisme, de nos traditions de race, de nos énergies spirituelles, de tout ce qui constitue le patrimoine et la substance même de la Patrie,
Mes chers Concitoyens,
Je n’ai pu vous soumettre en ce bref exposé que quelques principes directeurs de mon programme.
Ils sont suffisants pour vous indiquer que mon activité parlementaire, dans l'avenir comme dans le passé, n'aura d'autre but que de hâter Je relèvement de notre pays convalescent, dans le travail, la paix intérieure, la justice, la col labo ration clu capital patriote, de l'artisan, du travailleur, la fraternité loyalement établie dans la famille française.
Chers citoyens,
En août. 1914, en juillet 1926, au-dessus des partis, des comités et des clubs, tous les vrais patriotes se sont étroitement unis pour sauver la France et la République.
Prêtre catholique et citoyen français, ayant vécu ces deux moments tragiques, ayant répondu sans condition à l'appel de Joffre comme à celui de Poincaré, convaincu que l'heure présente est encore exceptionnellement grave, je me dresse devant les coalitions révolutionnaires pour défendre vos intérêts et ceux de notre Pays.
Je ne demande, une fois de plus, qu'à accomplir tout mon devoir de citoyen,
 vous de m’en indiquer la route !
Quelle que soit votre réponse, ma devise sera toujours, dans Je dévouement à notre beau pays de Gironde, à cette ardente circonscription du cœur de Bordeaux, dans le total loyalisme civique à l'égard de nos institutions nationales ;
D'abord,*, Vive la France !
Vive la République I
D.-M, BERGEY
Chevalier de la Légion d'honneur.
Croh de guerre (6 cita lion a).
Député Borta.nl,
Membre des Commissions des boissons et de la marine marchande.
Président de Pünion populaire républicaine de la Gironde.
Candidat d'Union nationale.
M. ODJN
Elu au deuxième lourde scrutin. — 9.645 voix.
Mes chers Concitoyens,
Sous l’égide de M* Raymond Poincaré, avec mes amis Capus, Picot et Dignac (pour ne parler que des élus), nous présentions, il y a quatre ans, la liste de concentration républicaine à vos libres suffrages.
Républicain-radical, je dénonçais alors Terreur du cartel des gauches. Je laisserai à son ancien chef, M, Charles Gante, la charge de le défendre devant vous.
La concorde nationale :
Aujourd'hui comme alors, je crois que les partis politiques doivent faire la trêve du franc, commandée par le souci de notre redressement financier. Aujourd’hui comme alors, je suis le partisan de la concentration républicaine. Aujourd’hui comme alors, je crois que nous devons persévérer, par ï1 expérience Poincaré, dans 3a concorde nationale.
La vieille devise républicaine lient en trois mots dont nous perdons trop le sens : liberté, égalité et fraternité. La conscience est sacrée. Ennemi de tout sectarisme, partisan de la paix religieuse, je veux concilier les droits éminents de T Etat laïque avec le respect profond de la conscience humaine*
La question financière :
Une question dominera la législature prochaine, comme elle détermina celle qui expire : c’est la question financière. Agriculteurs, commerçants, industriels, salariés, retraités et pensionnés, ne vous laissez pas égarer par des promesses fallacieuses. N’accordez pas le nom de « programme » à la facile énumération de vos besoins par des candidats prodigues de décevantes promesses. Si la monnaie s’effondre, les réformes de détail sombreront avec Fédifice central. Vos profits s’aboliront d’eux-mêmes ; et l'impôt, démesurément accru, dévorera au delà de vos revenus, votre patrimoine lui-même.
Il faut continuer, dans T Union nationale, l'assainissement monétaire. Il faut, pour cela, maintenir l’équilibre budgétaire, poursuivre l'amortissement de la dette publique sans accabler, pourtant, la génération présente, et en demandant à celles qui vont nous suivre de prendre leur pari de l'héroïque fardeau ; il fsut consolider la dette flottante et à court terme, préparer la conversion de îa dette. Nous devons, en recherchant le point de rencontre et de conciliation des intérêts contradictoires, envisager la stabilisation de notre monnaie*
Les dégrèvements d’impôts ;
Nous avons atteint le maximum de Teffort fiscal : il est impossible de demander k la Nation des sacrifices nouveaux. Bien au contraire, nous devons commencer 1ère des dégrèvements fiscaux et préparer le rajustement des impôts par la suppression ou la réduction de ceux qui, votés, hâtivement, sont les plus impopulaires et les plus injustes.
Nous le pourrons, en prenant sur les 3. 300 millions inscrits au budget pour Tamortissement, une annuité de 2 milliards qui, s'ajoutant à la tranche de 1 milliard 800 millions
du plan Dawes disponible dès juillet 1929, représenteront des ressources permettent de diminuer le fardeau du contribuable*
Les impôts à supprimer :
Ainsi* nous pourrons alléger ces taxes sur les mutations qui confisquent au profit de TBtat 26 0/0 de la fortune immobilière française, réduire les impôts indirects, diminuer leg taxes qui grèvent les transports, réduire les droits de circulation et ' de consommation Sur les produits de première nécessité. Il faut que le vin cesse d'être la bête de somme delà fiscalité et la rançon des accords douaniers. Supprimons par paliers l'impôt sur le chiffre d1 alla ires, source de vie chère, obstacle à la libre circula Lion des marchandises, et qui fait du commerçant un collecteur d'impôts.
Obtenons que les rôles des contributions soient rédigés de façon beaucoup plus simple et plus claire*
Il faut imposer à l'Etat le souci impérieux d'économies féroces. Pas de nouveaux monopoles. Obligeons l'Etat, mauvais industriel et déplorable commerçant, à industrialise* ceux qu'il exploite* lï éprenons le projet d'amodiation du monopole des allumettes suivant une formule libérale qu'acceptaient même des ministres radicaux-socialistes du cabinet Poincaré. Examinons dans quelle mesure les richesses de J Etat, les fortunes domaniales peuvent concourir à l'allègement des charges qui nous oppriment
Les fonctionnaires doivent être payés sur des bases qui assurent îa dignité de leur existence et qui les éloignent des sollicitations révolutionnaires* Ils doivent être les loyaux serviteurs do la Nation souveraine. Mais leur nombre doit être réduit par la modernisation des services publics, par îa simplification du mécanisme administratif et par la suppression des emplois inutiles.
Réformes politiques :
Il faut s'opposer à l'accroissement de la durée du mandat législatif. Nous devons préparer la réduction du nombre des députés par la péréquation des circonscriptions, II nous faut permettre I exercice du droit, de vote aux absents, et notamment aux marins et aux malades. 11 faut que cesse le scandale de députés no payant pas l'impôt sur le revenu pour ia plus grosse partie de leur indemnité parlementaire.
Politique étrangère :
Mettons en oeuvre* au plus tôt, la loi d’un an, et consacrons le temps de service à la seule préparation militaire, avec des facilités et même des réductions de durée pour les jeunes gens ayant préparé, avant la caserne, leur instruction militaire*
Gro u p o ns to u tes les d é m oc ra ti e s con tre to u s î es mi 1 i ta ri stn es , et g râce h 1 a Sodé t é des Nations, préparons, au lieu des manifestations de la force, le règne du droit* Obligeons 1 Allemagne à T exécution du plan Dawes et au désarmement prévu par le traité de Versai! les.
Obtenons la révision de nos dettes prétendues à l’égard de nos anciens alliés. Disons, à tout le moins, que leur payement sera subordonné à nos recouvrements sur l’Allemagne.
L’enseignement :
Veillons a la neutralité de l’école publique dans laquelle le maîLre, respectueux de b jeune conscience de 1 enfant et des droits des parents, doit oublier ses tendances philosophiques et ses aspirations politiques. Je suis obstinément hostile au monopole et partisan
résolu de îa liberté absolue de renseignement. Développons la formation agricole, technique et professionnelle. Encomagéons l'artisanat.
^ lorsque, des couches profondes do peuple, émerge la jeune intell gence d’un enfant pauvre» permeltons-Iuî f accès de l'instruction intégrale* C'est l'inté-Ect de ]a France d'élargir ainsi le champ de recrutement de son élite.
Outillage national :
Un programme ne doit pas être une table des matières, énumérant toutes les réformes. Est il besoin de dire ce que tout le monde approuve sur l’équipement hydro -électrique, l'électrification rurale, sur la nécessité du reboisement, sur l'importance de nos relations avec notre domaine colonial, sur 1* outillage des ports, l'amélioration des canaux et des voies ferrées ? Mais, en soulignant Futilité d'améliorer routes et chemins, suggérons la nécessité d'alléger les communes de tout entretien des routes départementales
Politique sociale :
J.e proclame mon attachement au principe de la propriété individuelle. Mais que, génér reusement, la doctrine républicaine se pénètre de justice sociale. Appliquons sans tarder la loi sur les assurances sociales, avec la collaboration des sociétés de secours mutuels. Révisons le décret de novembre 1927, qui compromet gravement les droits de nos inscrits maritimes. Donnons au* pensionnés de la marine les majorations toujours promises et sans cesse ajournées. Assouplissons la loi sur les habitations à bon marché. Mettons tin aux scandales des lotissements en donnant aux r mal-lotis» les satisfactions si légitimes qu'ils réclament. Aidons les familles nombreuses, espoir de la France de demain.
Inclinons-nous respectueusement devant les victimes de la guerre, meurtries dans leur chair ou dans leurs affections profondes. Et ne bornons pas notre reconnaissance ix des manifestations verbales. Accordons leur les droits sacrés que leur confère la grandeur sublime de leur sacrifice. Soutenons et faisons aboutir sans délai les revendications qu'ils formulent avec tant de modération et de dignité.
Agriculture» sylviculture et viticulture :
C'est la source féconde de richesse et d'énergie nationale. Nos ruraux forment le réservoir qui sans compter, hélas ! alimenta la défense nationale. Ils sont aujourd'hui les bons artisans de notre redressement national et de notre paix sociale. Ce sont nos viticulteurs, nos exploitants forestiers, nos éleveurs et nos maraîchers qui forment la robuste structure de notre circonscription. Ài-je besoin de dire que le député doit être l'avocat des grands intérêts agricoles ?
II faut protéger l'agriculture par un tarif douanier étudié et révisé ; obtenir l'égalité de traitement entre l’industrie et l'agriculture; lutter contre les droits prohibitifs perçus sur les vins de France; obtenir la réduction des droits de circulation sur les vins; la diminution des tarifs de transport sur les produits agricoles et sur les engrais. Il faut que soit réduite la taxe sur le chilFre d'affaires, qui frappe les produits du sol, et réduire les droits de successions et de mutation des biens agricoles. Il faut maintenir, avec faculté d’option, le bénéfice du forfait en matière d'impôts.
Donnons à nos maraîchers la force motrice nécessaire aux irrigations, accordons-leur des tramways maraîchers et les gares de nuit qui leur sont nécessaires ; facilitons A es par un régime meilleur de l’ organisation du grand marché de première main.
La chasse :
H faut que soit remaniée dans un esprit plus démocratique la législation de la chasse et que les réglementations préfectorales se tempèrent d une souplesse indispensable.
Nos vins ; Nos Mcdocs, nos Graves blancs et rouges.
Il faut remanier la loi Capus, qui protège îos appellations d'origine. Propriétaires ce sont des avocats, des juristes qui ont ressuscité vos droits aux appellations historiques C'est l1 ignorance juridique de vos représentants qui a laissé dans une grands loi des incertitudes dont le danger vous apparaîtra demain. Pendant les années qui vont suivre Y0S revendications et vos doléances auront besoin d\m appui juridique constant.
La protection des appellations d'origine* sanctionnée chez le propriétaire n est pas assurée chez le commerçant. 11 faut édicter la suite des appellations d’origine qui protège d’ailleurs le commerce honnête contre une concurrence déloyale.
Il faut organiser la publicité nationale et internationale des vins de nos régions. Il leur rendre, par des conférences retentissantes, par une campagne incessante de presse, par P organisation de centres de dégustations, de coopératives de ventes, par des voyagesvers nos vignobles ; il faut, dis-je, leur rendre leur prestige mondial.
Le bois; la terre, le bétail :
Il faut étendre et simplifier le warrant agricole ; généraliser les prêts à long terme le crédit agricole; faciliter les coopératives et les syndicats pour Tachai des engrais, du matériel et des semences. Il faut augmenter les crédits pour T électrification des campagnes. Nous devons faciliter l'accession a la propriété rurale»
Les chambres d'agriculture, plus largement recrutées, doivent être consultées, comme le sont les chambres de commerce, préalablement à la conclusion des traités de commerce.
11 faut que le député, au lieu de jouer au professeur pour apprendre aux agriculteurs les maux dont ils soutirent, et les revendications qu’ils doivent formuler, soit le serviteur de leur volonté collective et l'avocat de leurs doléances,
A nos producteurs de bois et de gemme, à nos viticulteurs, à nos éleveurs et producteurs de lait, à nos maraîchers, je me contente de dire : a Vos besoins, pour la plupart, sont les miens. Je les connais, mais je n’ai pas îa prétention ridicule de vous les apprendre. Elu. je suivrai les séances de vos syndicats ou groupements divers, je vivrai pleinement votre vie corporative. Avec vous, au milieu de vous, au jour le jour, je préparerai le dossier de vos revendications si légitimes.
Agriculteurs, par moi, j en prends 1 engagement solennel, votre voix fera vibrer de ses échos sonores la tribune du Parlement, retentira dans la presse et forcera Tattention nationale.
Vive la France ï
Vive la République 3
Vive la cinquième circonscription 3
Jean ODIN
Propriétaire à Gradignan et à Canêjan.
Candidat d’Àction rurale et de défense agricole.
Avocat à la Cour d’appel.
6* circonscription de BORDEAUX,
M. DÏGNAC
Elu au premier tour de scrutin, — 7,015 voix.
Mes chers Concitoyens f
Les élections générales de 1928 vont avoir une importance capitale dans l'orientation delà politique française. Pour qui allez-vous voter?
Le scrutin d'arrondissement rend votre choix plus facile. Il permet à l'électeur de connaître son députe, de s'adresser directement à lui, et pour cette raison, j'en suis convaincu, beaucoup feront passer leurs opinions politiques après leurs préférences personnelles.
J’occupe depuis si longtemps des fonctions publiques ; maire depuis vingt-six ans, conseiller général depuis vingt-quatre ans, député depuis 1919, que je ne puis vous donner de meilleures garanties.
Dans les réunions publiques que je ferai dans chacune des communes de la circonscription, je développerai plus longuement les principaux arguments que je vous présente dans celte brève circulaire.
Je connais bien ce pays où je suis né, ces populations au milieu desquelles j*ai toujours vécu et qui se ressemblent par leur caractère, leurs intérêts, leurs traditions,
11 me serait facile de m'adresser à toutes les catégories d'électeurs, de parler de leurs doléances et de leurs revendications, de citer toutes mes interventions aussi bien au Parlement qu'à rassemblée départementale et de montrer les résultats, quTen tant de circonstances, j'ai eu la satisfaction d'obtenir.
Il me suffit de dire que j'ai donné à cette région maritime et forestière, tout mon dévouement et toute mon activité.
De promesses électorales, je n'en ferai pas : Vous savez par expérience ce qu'ont valu les engagements de certains partis politiques.
11 vaut mieux ne rien promettre et réaliser, que ne pas tenir ce qu'on a souvent trop légèrement promis.
Je n'ai jamais refusé mon concours à personne.
Je reçois tout le monde, je réponds à tout le monde et je m'efforce de rendre service — à quelque parti, à quelque classe qu'ils appartiennent — à tous ceux qui me font l'honneur de s’adresser à moi.
Après ces préliminaires d’ordre personnel, voici dans les grandes lignes, les importantes questions, les faits, les événements qui ont amené la situation politique dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui,
La politique financière et V œuvre de M . Poincaré.
Le grand argument des adversaires est de laisser supposer au pays que c'est la faute des législatures de 1914 et de 1919 si les élus de 1924 n'ont pu rien faire.
Ni la Chambre de 1919 ni celle de 1914 ne sont responsables de l'état dans lequel s'est trouvée la France pendant et après la guerre.
Dès que nous sommes arrivés au pouvoir, le 16 novembre I9l9, nous avons eu devant nous une tâche formidable.
Au 31 décembre, la dette totale était de 376 milliards* Le déficit pour la seule année 191 9 était de 42 milliards, la caisse était complètement vide et il fallait voter le budget! Comment s'en sortir? Des emprunts? Î1 fallait les réserver pour les dépenses recouvrables, c'està-dire pour avancer — l1 Allemagne ne payant pas — le montant de leurs pensions aux mutilés, veuves de guerre, orphelins et blessés, et leurs indemnités aux régions dévastées De l'inflation ? C'eût été la ruine* 11 n'y eut donc que les impôts* Par les lois de juin et de juillet 1920, la Chambre vota 8 milliards d’impôts nouveaux : tous les partis — sauf les socialistes — s'y associèrent*
De 1919 à 1923, les divers gouvernements remboursèrent à la Banque de France plus de 4 milliards, les budgets militaires furent réduits de 7 milliards, et quand le premier ministère Poincaré prit le pouvoir, alors que par suite du budget recouvrable et aussi de la spéculation, la livre atteignait 120 francs, il fallut encore, et à la veille des élections législatives, voter 6 milliards d’impôts, le double décime, les décrets-lois, approuver de fortes économies et suivre courageusement le ministère dans son œuvre de réalisation. La livre descendit à 70 francs, F inflation était évitée, l'épargne française n'était pas touchée, G' est dans ces conditions, si dures pour la majorité de l'époque, que s’ouvrit la campagne éleqt orale d'avrjJ 1924,
Le Cartel un pouvoir.
Cette campagne fut facile pour îe Cartel constitué : critique commode de tout ce qui avait été fait, promesse de tout changer, de tout, améliorer, de faire baisser le coût de la vie, de diminuer les charges publiques, de supprimer les fiscalités gênantes* On crut à ces promesses, le Cartel triompha.
Dès son arrivée, il s'empara de tpus les postes* casa toute sa clientèle dans les places les plus lucratives et exerça une dictature sans précédent. Il pouvait tout : maître absolu, il disposait de 320 voix contre 20G.
Dès son premier budget, il y eût 3 milliards de dépenses nouvelles : de la démagogie partout, des surenchères^ du gaspillage, à tel point que pour faire face à l'équilibre du budget, la Chambre nouvelle contrairement à ses promesses, maintint tout ce que ses élus avaient critiqué : le chiffe d’affaires, le double décime {qui devînt triple et quadruple) des emprunts et des impôts supplémentaires; ajoutez à cela l’exigence incessante des quémandeurs jamais satisfaits, et vous comprendrez pourquoi le désordre était partout. Aussi, en moins de deux ans, le Trésor, aux abois, ne savait comment payer; la livre était à 248 francs, le pain à 3 francs, la vie augmentait chaque jour, l'inflation battait son plein, l'épargne française perdait 17 milliards, la faillite était inévitable. Voilà le bilan de juillet 1926, au moment ou la foule menaçante envahissait déjà le Palais-Bourbon : voilà l’effroyable situation dans laquelle nous étions, quand pour sauver le pays, le President de la République fît appel au patriotique dévouement de M. Raymond Poincaré.
L'histoire, impartiale, lui rendra celte justice, que peu d'hommes ont pu faire mieux en si peu de temps* Et c'est celui-là même que le Cartel, dans sa campagne électorale, traitait de c malfaiteur public », qu’on fut obligé d'appeler à son secours* Son œuvre est tellement indiscutable que l'étranger a comparé ce redressement financier à la bataille de la Marne*
Quelles preuves plus évidentes que cette comparaison qui défie toute contestation : Le 23 juillet 1926, à la chute du dernier cabinet cartellistc, il ne restait plus un million pour payer les fonctionnaires* Un an après, il y avait onze milliards. En juillet 1926, il y avait ; 8 milliards déchéances pour 1927, 8 milliards pour 1928, 10 milliards pour 1929* U11 an après, il ne restait qu'un seul milliard pour 1927, trois pour 1928 et trois pour 1929.
En juillet 1926, pas un sou de devises étrangères ; ttn an après : 25 milliards, pour lutter contre la spéculation.
En juillet 1926, pas un centime remboursé comme dettes ; un an après : 6 milliards rendus !
Aux fo ndtiô fmaitfés , une situation se chiffrant par des augmentations que h Cartel n'avait pu leur dohner.
Exempté : en 191 4f un instituteur avaiL de 1.200 à 2.500 francs, en 1028, il a de 9.000 à 16,000 francs ; un garde forestier, de 800 à 900 frai rds, en 1028, il a de 8.000 à 10.000 francs ; un facteur, de 1.400 à 2.100 francs, en 1928, il a de 6.900 ù 9.600 francs (et c’est provisoire). Les retraites : un instituteur avait 1.666 francs, il a aujourd'hui 10.035 fr ; un fadeur, 1.000 francs, il a aujourd’hui 6.352 francs. D'une manière générale, les petits traitements ont subi une augmentation de 8 à 10 fois supérieure, les moyens de 4 à 5 et les traitements supérieurs de 3 a 4 fois pins.
Voila des faits, des réalisations, des résultats. Mais un pareil redressement ne se fait pas sans gêner les contribuables, et si la vie est toujours chère, lés impôts très lourds et mal répartis, c’est que l'œuvre ne peut s'accomplir qu’a la longue, avec le calme et surtout avec la slabihsalion politique. Que sera demain ? Si les électeurs ne comprennent pas qu’il faut laisser finir cette tâche si bien commencée en envoyant au Parlement une majorité républicaine de gouvernement, c'en est fait de Tordre social et de la tranquillité publiques : les ouvriers, les travailleurs, les petits épargnants, les paysans, seraient impardonnables s’ils se laissaient encore entraîner par les phraseurs et les démagogues qui leur font miroiter d’irréalisables espérances.
La politique extérieure.
A peine appelé au pouvoir, 3e President du Conseil de 1924 se rendit en Angleterre pour essayer avec le premier ministre anglais de régler les conditions d'entente entre lés deux nations. Soüs le prétexte de « changer la figure de la h rance de «. déclarer la paix ùu monde » et moyennant la prumêsse d'une « collaboration cénlinue », le Président du Conseil Irançais commit I impardonnable erreur de séparer le problème des dettes interalliées de celui des réparations, si bien que fut abandonnée la formule — pouvant Idgique U pari alternent naturelle — que M Poincaré avait présentée a nos créanciers : a Nous vous payerons quand nous serons payés. »
Si nous n avons rien gagné à cette politique d’abandon, ni obtenu la moindre compensation sérieuse, avons-nous au moins notre sécurité assurée?
Oui, diront tous les pacifistes, puisqu’il y a la a Société des Nations ». S’il est possible de soutenir, avec les hommes de foi, que c'est là un idéal magnifique à poursuivre, il LM bien se garder de sacrifier notre avenir à ce qui n'est encore, à mon avis, qu’une dangereuse chifoiërè qui pourrait nous mettre un jour en face dé tragiques réalités.
Per>onne ne vent la guerre, céuxdà surtout qui T ont faite, qui en ont subi les heures douloureuses et qui en connaissent les aLrocités ; et c est justement pour épargner à nos enfants le retour d’une nouvelle catastrophé que nous voulons ne pas nous le b sur bercer par le rê e et par les illusions.
Les leçons de ['histoire nous prouvent que les nations sont comme les hommes ; on a pii changer la carte de 1 Europe, on n a pas modifié la nature humaine ; ni les convoitises, ni les ambitions, ni les rivalités des peuples, causes ordinaires des conflits nationaux, n ont été supprimes. Les discours pacifistes les plus éclatants ne tiennent pas quand T intérêt dune nation est en jeu. Jamais rien ne pourra être fait d'utile, aucun rapprochement ne sera possible tant que la mentalité du peuple allemand n’aura pas totalement changé. Les événements et iss faits sont là, malheureusement trop évidents, et les leçons de l’expérience ne sont pas encore si éloignées qu’elles ne nous fassent sérieusement réfléchir *. Que de preuves, indiscutables, de l'esprit de revanche de l'Allemagne { Je les citerai dans les réunions publiques, n’ayant pas la possibilité de m’étendre ici longuement sur tontes ces
questions.
La Société des Nations pourra-t-elle plus tard être une efficace barrière morale ?
Je le souhaite : mais pour le moment, elle n'en a pas la possibilité ; si elle peut à peine
arriver à concilier provisoirement les petites nations, elle est sans action contre les grandes. Qu’a-t-elle fait contre Mussolini qui bombardait Corfou ? Contre l’Angleterre qui a écrasé l’Egypte ? À-l-elle seulement pu intervenir clans Je règlement do conflit naval entre le Japon, 1 Angleterre et les Etats-Unis l
Si un jour la Russie attaquait la Pologne, quelle puissance tutélaire pourrait exercer une coercition ? Il faut avoir ïe courage de voir les choses telles qu’elles sont et non pas telles qu’elles devraient être. L’Allemagne arme clandestinement, c’est un fait matériel et certain : nous ne pouvons donc pas abandonner les utiles précautions qui nous ont manqué en 1914 et qui nous conduiraient fatalement à la défaite. Notre devoir est de ne pas nous contenter de ces formules sentimentales qui provoquent les enthousiasmes des réunions électorales, mais de publiquement dénoncer, au contraire, le danger de « la guerre qui rôde n pour assurer à rfotre pays sa défense et sa sécurité.
La politique intérieure .
Dans toutes les branches de l’Administration, îe Cartel, ayant exercé une véritable dictature, n’a accompli aucune réforme utile, aucune réalisation.
Il n'a eu, à son actif que des actes.,, symboliques î Suppression de l'ambassade au Vatican, transfert des cendres de Jaurès au Panthéon, amnistie générale (qui a ouvert les prisons à tous les condamnés de droit commun et à tous les déserteurs), et guerre au Sénat qui ne s’élait pas incliné devant ses extravagances ; mais de toutes les promesses solennellement données, il n’a tenu aucune. S’il n’a supprimé ni ïe chiffre d’affaires, ni le double* décime, s’il n’a pas fait diminuer le coût de la vie, il n’a rien fait non plus contre les mercantis, contre les profiteurs de la guerre, contre les fraudeurs. Aucune loi sociale n’a été votée, mais en revanche il a montré une soumission absolue devant les menaces des collectivités irresponsables, et notamment devant les syndicats des fonctionnaires.
Les fonctionnaires :
Je suis de ceux qui pensent que la situation des fonctionnaires indispensables doit être conforme à leur rang social et aux nécessités de la vie.
Mais il y a tellement d’aigris et de mécontents qu’ils constituent, par leur besogne de désorganisation, un danger inquiétant pour le public et pour l’Etat.
C’est la menace permanente, le chantage constant : il est inadmissible devoir un gouvernement non seulement reconnaître, mais encourager des associations illégales, qui, sans redouter la moindre sanction, menacent à chaque instant le pays de grèves partielles ou générales, exerçant ainsi une véritable dictature au détriment de toute la nation.
Il faut donner aux fonctionnaires, des traitements raisonnables — et M. Poincaré la fait dans des limites que personne avant lui n’avait pu atteindre — mais il leur faut aussi et au plus tôt on statut définissant leurs droits et leurs devoirs.
C’est un fait, aujourd’hui indéniable, que dans la plupart des communes, certains fonctionnaires qui devraient avoir plus que d’autres le devoir de rester en dehors des luttes de parti, sont les auteurs responsables des plus regrettables divisions.
Les socialistes :
Devant ce désordre évident, le devoir des républicains est de s’unir contre le danger de plus en plus menaçant du socialisme révolutionnaire.
Contrairement à ce qu’ils veulent faire croire, les socialistes (communistes et unifiés} sont responsables de la situation dans laquelle nous nous trouvons.
Ce ne sont ni les puissances d’argent, ni les banques qui ont fait tomber îe Cartel, mais la crainte des doctrines socialistes.
C'est le Sénat qui a refusé sa confiance devant l'inflation clandestine et ce sont les ^as r]e laine » et non les coffre- forts, qui sc sont révoltés*
Le Cartel, en effet, a emprunté aux banques pendant la seule année 1924-1925 plus de % milliards : îa Banque de France a émis plus de 3 milliards de billets illégaux et a meme publié de faux bilans.
Si les radicaux ont une responsabilité, que beaucoup d'entre eux reconnaissent loyalement et honnêtement } parce qu'ils ont été les dupes de leurs habiles associés, celle des socialistes est nettement indiscutable.
Ils ont refusé de prendre la responsabilité de la participation au gouvernement, ils ont laissé accumuler fautes sur fautes, pour en faire supporter tout le poids aux radicaux et quand le bateau a coulé, ils se sont empressés de partir et d’accuser les autres de leurs communes erreurs.
Aujourd’hui, les unifiés vont seuls à la bataille, cherchant encore à prendre les suffrages radicaux partout où ils peuvent, mais leur association avec les communistes est indéniable : ce sont les mêmes principes, les mêmes doctrines, Âh ! certes, quand on voit la tenue, 3’attitude de certains socialistes, leur situation de fortune, souvent plus brillante que celles des bourgeois qu’ils combattent, on a peine sans doute à croire ces hommes dangereux,
Gfcst là justement qu’est leur habileté. Combien de socialistes se gardent bien de présenter le vrai programme de leur parti !
La classe ouvrière, les paysans, les petits propriétaires et les épargnants les plus modestes ne se laisseront pas prendre à leurs appels.
Le Parti socialiste est un parti de lutte de classes et de révolution : il est communiste, collectiviste, internationaliste.
« Le Parti socialiste, a écrit Léon Blum, est révolutionnaire : il veut la destruction de la société actuelle ; il accomplira le bouleversement au moyen de la dictature du prolétariat dans une vacance de légalité. »
C’est la pure doctrine communiste, Compère-Morel, d’ailleurs, un de leurs principaux apôtres, ne le oie pas : « Je me refuse à dénoncer le Parti communiste comme un parti ennemi ; Punité avec les communistes est fatale et nous la voulons passionnément. » Quant au respect de la petite propriété, tous les chefs socialistes onL déclaré au congrès de Saint- Etienne, où a été discutée la question, qu’ils en étaient les adversaires. C'est un de leurs grands chefs, Vaillant, qui écrit « La propriété individuelle doit disparaître, k petite comme la grande ». C’est Renaudel lui-même: «Nous ne pouvons pas prendre la défense de la petite propriété pas plus que nous ne prenons au point de vue industriel la défense de la boutique du petit artisan... » et je ne puis citer ici tous ceux qui ont parlé dans le même sens. S’ils arrivaient jamais au pouvoir, ce serait f oeuvre glorieuse de la Révolution française totalement anéantie dans sa doctrine de droit, de justice et de liberté.
Le devoir des républicains,
La France n’est pas encore sortie de l’ornière. Il s’agit de savoir si on veut reconstituer le Cartel avec ses conséquence© désastreuses, voter pour les socialistes et aller ainsi à la débâcle, ou achever l’œuvre si utilement commencée.
Tous les hommes de bon sens, à quelque classe qu’ils appartiennent, peuvent et doivent se rallier à un programme simple, précis et limité.
Avec nous, ils voteraient : Pour la liberté individuelle, pour la liberté de conscience contre toutes les dictatures, d’où qu’elles viennent.
Pour le respect de la propriété privée et de l’épargne, contre le collectivisme et Ja spoliation étatïste.
Pour ïe respect des lois républicaines, appliquées avec tolérance.
Pour la liberté d’enseignement contre le monopole.
Pùiîr la politique du ministère Ptiinfcàré qui pcrftiéttrâ seule, avec des finances assainies, de réaliser les œ livres sociales lés plüs nécessaires.
Avec ce simple programme, un Gouvernement, appuyé par une majorité solide et ïid'èle, peut -assü'rèr le progrès «fetiè iordré, la 'htérardïiè dans la liberté, i à paix dans fe sécurité
üéux partis, ’iîiès cfhérs concitoyens, sont en présence ; deux forces, qui vont s’affronter dàns cette rencontre électorale dont dépend Ta venir du pays ; lès forces de progrès dans 1 ordre contre les forces de régression dans le désordre ; tes forcés de liberté contre les fercés de dictature, les forcés nationales èontre les forcés internationalistes.
Si vbus voulèfe revoir lès heures tragiques de 1926, la faillite, les grèves, le pillage, ranardiiè, Volez pdti-r lés com-ma'ni&tès ou leurs alliés les unifiés, ci*r, de quelque Voile mascjuenL leurs visages, ce sent ies mêmes principes, les mêmes idées, les mêmes buts Jamais situation n'aura % là plus nette.
Entre ;eux ët no us 'H faut choisir ï
Vire la République î
Pierre DïGNAG
Officier dé la d' bon né n i\ — Croix tie ‘grïferr'e.
Maire de La Teità. — Ccra&eÜîër général de la Gironde.
Député sortant.
7û circonscription de BORDEAUX- M. LABROUË
Élu au deuxième tour de scrutin. — '7.433 voi*.
Mes chers Concitoyens,
Ancien Députe de votre circonscription, ayant cessé de l’être quand elle a àisparü, j’ai 1 honneur de sôllicitèr vos suffrages quand elle reparaît, groupant les mêmes cantons et les mêmes comunes que précédemment.
Député sortant de la circonscription, je me présente directement à vous avec une investiture que ne saurait égaler aucune autre dans un régime démocratique, je veux dire celle du suffrage universel, puisque, quand ïe suffrage universel se prononçait dans le cadre de cette circonscription', c’est ma faveur qu'il se prononçait.
Directives générales. — Les vicissitudes de la vie publique n’ont entame en rien ni mes directives., ni mm étiquette politiques. Répubîicam radical j'étais. Républicain radical jè demeure. Mon programme peut se résumer en trois ïftots : national sans nationalisme, laïque sans sèctàriSïne, démocratique salis démagogie.
^ National, j estime que, quand notre pays est assiégé pàt de périlleuses difficultés, les Erànçars doivent faire ia chaîne autour de ta maison mènacée. Mais leur union ne doit recouvrir aucune équivoque : elle doit être pratiquée loyalement autour de nos mstitutions ioudamen taies et n interdire à personne lé droit de proclamer son idéal ni de travailler à sa réalisation.
503 No 3814
Laïque, j'entends par là le respect dû à toutes les croyances, L’Etat n'a à connaître de, opinions religieuses, m pour les imposer, ni pour les combattre : la liberté de est sacrée entre toutes. De là. les lois de laïcité, garanties' indispensables de la ,« 7
pieuse. Ces lois, nous entendons les maintenir intégralement 1 ^
Démocrate, je veux au point de vue politique'; sauvegarder de toute atteinte les droits du suffrage, universel et, au point de vue social, réaliser dans l’ordre et par la loi les refermes qui iaediteront aux travailleurs l'accès vers la propriété et le mieux être
Voilà le trépied de notre kl pal politique et social.
Voici maintenant les applications essentielles et prochaines de cet idéal :
Réformes politiques. - Pas daccroissemen t. de la durée du mandat législatif, de façon à maintenir le plus possible les élus sous le contrôle de la souveraineté nationale Vote annue du budget, qui constitue la garantie suprême du Parlement. Que Jes Chambres ne gaspillent plus leur temps, en discussions sur la ré orme électorale ■ an wr}- i bâtard dont j’avais combattu l’établissement et ,„e nous avons subi pendant b„T“„s“ tenons-nous en an scruta d arrondtssentent, clair, direct, popolnire. D,„, cSdra F
serai... an ne , dtmmnons le nombre de, dâpnttt, par |, p„,uati„„ de, ciroonserip.ion.
Exercice du droit de vote garant, aux absents, notamment aux marin, „ „« JLg Reprise de ma proposition de loi sur les incompatibilités parlementaires.
Réformes financières — Terminons sans secousse l’assainissement monétaire en nous acheminant a a suppression du cours forcé. Poursuivons la conversion de la dette à cour terme. Tenons les engagements de l’Etat. Amorçons la conversion facultative de tranche d emprunt, mais sans accabler la génération présente du poids de remboursements massifs Le budget étant eu super-équilibre, nous pouvons réduire l’héroïque effort fiscal du pays en nous contentant de l’équilibre budgétaire, c'est-à-dire en allégeant certains impôts notamment les droits de mutation qui paralysent les transactions immobilières les dro fo sur le revenu de certaines valeurs d’épargne, et surtout les impôt* indirects, tJls que les taxes de circulation et de consommation sur les produits de première nécessité Suppression sans delà, de inique impôt sur le chiffre des affaires, qui contrarie la circulation des pro” au lieu de h faciliter et qm est le principal générateur de vie chère. Remplaçons-le par un impo U la production, a la sortie de 1 usine ou de la fabrique. Remaniement dans un sens démocratique de la taxe sur les automobiles.
Nous trouverons des recettes nouvelles' par les moyens suivants : établirent d’un ro; de circulation sur la gemme, qui n’est pas, comme le vin, un produit de pi emJère néce^te fonctionnement à plein de l’impôt progressif sur le revenu, - suppression des LT" T T ~ modernisation des méthode* d’exploitation des entreprises d’Etat économie des douzièmes provisoires, - réduction de l’inflation fiduciaire et. par suite des
rexploitabo7dPes ’ b1"13 ” ^ ParticiPalion ^ Trésor aux bénéfices de
d p b k‘ é T*' "T <U9lneB’ chuie> - impôt sur toutes les formes
desfonc i^;~ CS VeeS S]i:;;!es.etr;lr'-ers ®Wfc «m France, - réduction du nombre simplification du mécanisme administratif, économies, recours à
Par les Dar] Pm ■ T ** ^ aqUel)e J avais dép°sé une proposition de loi, obligation
par les parlementaires de payer l’impôt sur le revenu du chef de leur indemnité.
Publication mensuelle et loyale de l’actif et du passif du Trésor, à la manière anglaise.
•nbit0™ «fXnf S™dé» Grr? i0ntT ]CS dëm0Crat"S COntre t0US les “^.mee et formule de M Briand The es 1 a lons, e régné du droit à celui de la force. Selon la ■'organisation de la st de no, mettre la guerre hors la loi par
la stricte application du ni In n° *arb,îra?*- du d Armement Envers l'Allemagne, veiller à
prévu par le traité J y P ’ii ^r*’ amS* qU 3U désa moment de l’ Allemagne* dans le cadre par traite de Versailles. Travailler à k révision de nos prétendues dettes envers
l’Angleterre et les Etats-Unis et, en tout cas, en subordonner le payement aux versements de l'Allemagne.
Réformes militaires. — Mettre en œuvre au plus tôt la loi d’un an. Que le temps de de service soit uniquement consacré à l’apprentissage du métier. Facilités et même diminution de service aux jeunes gens qui, avant l’heure de la caserne, auront assuré leur préparation militaire.
Réformes scolaires. — Neutralité de l’école publique qui, étrangère aux questions confessionnelles, est un foyer d’éducation civique, de relèvement social, de solidarité nationale. Ainsi que je l’écrivais dans ma profession de foi de 1914 a je suis hosLile au monopole de renseignement d’État; la liberté de l’enseignement, comme toute autre liberté sociale, doit être réglée et contrôlée par les pouvoirs publics ». Défendons l’école contre la pauvreté par l’extension des caisses des écoles et contre l’imprévoyance par la fréquentation obligatoire, que sanctionneront non les maires, mais les autorités académiques. Développement de l’enseignement technique et professionnel. Encouragements sérieux à l’artisanat et à l’apprentissage, tant agr noie qu'industriel. Accès de l’instruction à tous les degrés d’après le mérite, non d'après la Fortune*
Réformes administratives. — Simplification des rouages bureaucratiques. Suppression des emplois parasiLaires. Que les usagers et fonctionnaires collaborent à l’amélioration des services d’État. Diminution des lenteurs et des frais de justice. Feuilles d’impôts pies claires.
Questions économiques * — Développement de 1’outillage national et local (voies de 1er et d’eau, canaux, ponts, ports, marine marchande, électrification des campagnes, voie ferrée de Libourne à Langon desservant le Haut-Cadilîacais, circuit ferré de Beychae-Arveyres- Saint- Germai n-du-Puch-Gnmarsac, concours de l’État à l'entre tien de nos digues)* Amélieration des chemins par la création, au profit des communes, d\m fonds prélevé sur les taxes automobiles, et par la ristourne aux communes viticoles d'une proportion élevée du droit de circulation du vin; alléger les communes de tout entretien des routes départementales*
Intervention de L’Etat pour briser les monopoles de fait, cause de vie chère et garantir la liberté de la concurrence contre celle de la spéculation* Ententes douanières pou* faciliter fini portât ion des produits manquants, paralyser celle des produtLs concurrents et accroître nos débouchés. Essor de nos colonies par une politique de collaboration indigène et par le développement des produits complémentaires des nôtres (coton, blé, bois de tonnellelerie, etc.)*
Agriculture et viticulture. — Retouches à la législation sur la chasse* Dotation plu= abonda nie des caisses de crédit agricole et assouplissement de leur mécanisme, en vue de faciliter Y accès des travailleurs à la propriété individuelle, stimulant de la production et
rempart de la liberté* ,
Protection des agriculteurs contre ies accapareurs, qui règlent trop souvent à leur gre le prix des entrais, du blé, de la viande, du vin, au détriment de celui qui produit et de celui qui consomme* Utilisation de la poudrerie de Bassens à la fabrication du sulfate e cuivre Intensifier la culture* Conjurer la crise due à ce que le prix des produits agricoles U moins haussé que le prix des objets nécessaires à T agriculture* Abaissement des frais e transport, avec tarifs dégressifs* Étendre et simplifier lewairant agricole* Donner p tu dfagrérnenl à la vie rurale par la généralisation des applications scientifiques*
'Faciliter aux producteurs viticoles les moyens daller au devant du consommateur.
Oü
multiplication des centres de dégustation, organisation de voyages vers nos. vignobles etc Rétablissement do ma loi démocratique sur la circulation contrôlée des piquettes ’ '
Remaniement de la loi Gapus sur les appellations d'origine, parce que : 1" Son article 8 est inconstitutionnel ; 2- Selon les termes de notre plus grand recueil français de iurisnn, dence. le Dalloz, son article d esL gros de « difficultés nouvelles » ; 3* Il faut mettre à né-mt les travaux préparatoires qui excluent sans réserve les palus du droit à appellation • 4- Cette lom organ.se pas la suite des appellations chez le négociant, en sorte qu'elle permet de vendre un vin quelconque sous le nom de Bordeaux, Langoiran, Loupiac, Sainte-Croix-du- Mont etc. ; ainsi cette loi es non seulement inopérante, mais funeste aux viticulteurs, dont 1 appellation est prosütuce et dont le vin se vend mal. « Non sens juridique » ont dit de cette loi d autres que moi-même. Le commerce loyal ne peut admettre, lui noi plus deux
f I^ïïfT- 11 faUt fomer k à U fra“de- «gntrons! Le
Politique sociale. - Irréd uctible attachement au principe de la propriété individuelle Loyale collaboratmn de tou es les catégories de la société. Inlangibilité des lois sociales’ sauf des retouches a la loi des assurances sociales; supprimer l’impôt sur les salaires po^ les assures obligatoires et populariser cette loi en y intéressant le plus possible les sociétés de secours mutuels, . les syndicats professionnels et les mutuelles. Révision du décret de novembre 1927, qui compromet gravement les droits des inscrits maritimes et le recrute meut des équipages Intervention des pouvoirs publics dans les crises qui touchent aux nécessites de existence (assouplissement de la loi sur les habitations à bon marché et de a législation des lotissements, lutte contre la spéculation). Croisade méthodique contre les maladies sociales (alcoolisme, tuberculose, syphilis, cancer). Avantages spéciaux aux familles nombreuses Liberté civique des fonctionnaires en dehors de l’exercice de
,, (r;: * d;"Va sollicU“de F-®-»» s- t-»»-* ~» «mmi
Je m honore d avoir «te le promoteur de la loi de 1916, qui réserve des emplois civils aux re ormes Je la guerre. Je fais miennes la plupart des revendications de la Confédération girondine des victimes de la guerre. Les accidentés du travail ont, de leur côté droitïuiie législation qm mette leur situation en harmonie avec le coûL de la vie. Encouragements à actionnariat ouvrier, par lequel l’ouvrier d’industrie, propriétaire d’actions de travail
lti ^^r rh0n, : S eSf Ie régima des usines à *“ du de Londres. Orgal
nmtaon du crédit au travail. Développement des contrats collectifs. Affermissement de la
paix sociale par 1 extension de la justice sociale Üe ld
Citoyens j
Electeurs de la septième circonscription, amis connus et inconnus, hommes d, bon .ona e d, bonne fo., vous ne resterez pas insensible, a mon appel. Vous m W v„ 7 P™
ouvrier, artisan, ’tonnelî J “nl,an“ a la masse laborieuse des rnrau»,
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ë 6 me prÇsenter a vous directement, en toute indépendance, dra -
peau déployé, ne voulant connaître d’autre consigne que mes engagements, d'autres intérêts que les vôtres.
Eu avant pour la République démocratique, celle du travail, de la paix et de îa prospérité I
Vive la septième circonscription î
Henr i h ARROSÉ)
Propriétaire.
Ancien député de la circonscriptions Agrégé d’histoire. — Docteur ès lettres.
Avocat à la Cour d’appel de Paria.
Circonscription de LESPARRE.