‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1928Chapitre 112 sur 336 · HERAULT · texte numérisé non relu

HERAULT

lr* circonscription de BÉZIERS.

M. GÜILIIAOSÎON'

Élu an deuxième tour de scrutin. — 8.289 voîx.

MeÉ chers Concitoyens,

Je viens, après huit ans de 'mandai législatif, honnêtement et scrupuleusement rempli, vous demander de me continuer votre confiance.

Investi par vous, je n'avais pas le droit de remettre à d’autres mains que les vôtres le mandat que m'avez confié.

Le suffrage universel, notre maître à tous* m’a choisi. Seul il est qualifié pour dire, le 22. avril, si j’at démérité.

Je ne reconnais pas^ d’autre s juges.

Vous connaissez mon passé politique, 'je lai- tout entier, depuis vingt-cinq ans, vécu au milieu de vous. ïl est îe sùr garant de mon avenir. Comme caution de ma sincérité, je vous apporte un quart de siècle de vie publique où j’ai la fierté — c’est la seule — de pouvoir défier quiconque de trouver une défai dance, une faiblesse, une trahison, un reniement;

Mon programme, vous le connaissez aussi. C’est le programme du grand Parti radicalsocialiste, à l’idéal duquel je suis resté fidèle depuis que, tout jeune encore, je recevais de mes concitoyens, en février 1903, le mandat de conseiller général.

A f extérieur, continuation de la politique pacifique instaurée, dans les conférences de Londres, poursuivie à Locamo et à Thoiry.

Comme tous ceux qui ont fait îa guerre et parce que j’en ai été personnellement frappé dans mes plus chères affections, j’en ai gardé l'horreur, j’en veux empêcher le retour.

Arbitrage, sécurité, désarmement, sont ia formule où s’exprime la volonté pacificatrice de la France,

Mais nous n’a vons pas le droit de sacrifier; dans notre volonté d"un rapprochement économique des nations, les intérêts légitimes de la France.

Neus devons exiger tes réparations qui nous sont dues et en. lier le payement à celui des dettes politiques que la guerre nous a léguées.

Nous devons de même poursuivre sans défaillance la reconnaissance par le Gouvernement des Soviets des engagements pris par la Russie envers tes prêteurs français et faire du payement des arrérages dus aux porteurs de valeurs russes la condition préalable dé toute entente avec le Gouvernement de i'U. R S, S,

A lintérieurv la paix sociale par l'amélioration constante du 'sort du tra vailleur*

Pas de châteaux en Espagne ou en Moscovie, Les électeurs sont lassés des mirifiques

promesses impossibles à tenir. Un programme précis de réalisations immédiates, un pro gramme qui n’excède pas les possibilités d’une législature.

La nation doit tenir l’engagement sacré pris envers ceux qui sont tombés pour la défendre, de protéger leurs enfants et de les faire plus heureux qu’eux.

Elle doit se pencher sur le berceau et donner à l’enfant nouveau-né une dotation nationale qui lui permette d’apporter l’aisance avec le bonheur au foyer.

II est possible de trouver dan3 un budget de 50 milliards, où tant d’économies sont à réaliser, tas millions nécessaires,

L enfunt grandi, eile doit lui ouvrir toute large la roule de la vie.

A ménagement des programmes d enseignement, de telle façon que tout écolier puisse passer normalement de bécota primaire au collège ou au lycée et parvenir par ta seul effort de son travail et de son intelligence aux plus hauts grades de l’üoi versité. A cet effet, gratuité de 1 enseignement a tous les degrés et allocations aux fa mil tas nécessiteuses.

Adulte, ta travailleur doit être protégé contre les risques de l'existence par l'assurance contre la maladie, contre l’invalidité prématurée, contre la vieillesse, par l'assurance en cas de décès pour les siens, U faut, en outre, comme préambule à l'application de la loi des assurances sociales, que soit créée la caisse d'assurances contre le chômage, qu’il préservera son j.pgne pain,

Cede protection du travailleur doit trouver son complément dans ta réalisation d’un programme précis* d améliorations sociales poursuivies dans l'ordre et la paix intérieure: sursalaire familial ; lutte contre ta taudis par les logements ouvriers et les maisons à bon marché; lutte contre les fléaux sociaux, la tuberculose, ta cancer, l’alcoolisme, le paupérisme.

ï lus encore, nous devons préparer I émancipation définitive du travailleur, par la transformation du salariat en une forme nouvelle, l'association des trois facteurs de la production; l'intelligence, le travail et ta capital

Là encore, je propose à vos suffrages un programme de réalisations législatives,

Pour les entreprises par actions, tas sociétés anonymes, les actions de travail données aux ouvriers de 1 entreprise et auxquelles seront attachés les mêmes avantages et tas mêmes prérogatives qu aux actions de capital, droit au dividende, entrée aux assemblées d’actionnaires et, par là, participation à la gestion de Maire.

1 our les autres formes de la production, participation aux bénéfices.

Pour 1 ouvrier agricole, accession à la propriété grâce au crédit agricole, qui, doté aujourd hui trop modestement, doit, par des crédits infiniment plus larges, pouvoir consentir, chaque année, des prêts à faible intérêt, à tout travailleur de la terre désireux d'acquérir le sol qu'il féconde de son travail,

Loilà le programme précis, réalisable au cours d'une législature qui vous est offert dans l’ordre et dans îa paix*

En cas do troubles sociaux, quand l’usine se ferme; que la bataille est dans tas rues, c’est l’ouvrier qui en est la première victime.

Lu h paix sociale, le plus précieux des biens, ne peut être complète que dans l’observation des lois et dans îe respect de toutes les libertés.

Les deux choses sont inséparables.

Le respect des lois laïques est la condition même et la garantie de foutes les liberté*, liberté de pensée, liberté de réunion, liberté du culte, liberté de conscience; et à côté de ces libertés essentielles, gage de notre indépendance, liberté aussi pour l'expression de la pensée sous la grande forme qu'elle revêtira demain, la radio-diffusion, liberté pour tas coutumes locales auxquelles nous sommes attachés, comme les courses de taureaux.

Luhn, I ordre doit régner tous les jours dans la rue. J'entends assurer la sécurité de mes conci'.oÿens par la répression impitoyable de la criminalité et protéger nos enfants contre tas salissantes atteintes de l'immoralité.

1 out autant qu à ce programme social, je vous demande de vous attacher à la réalisa-

No 3814

lion .d'un programme économique qui rende à la France anémiée, ruinée par la guerre, sa

prospérité.

Il faut stimuler au maximum la production; exploiter toutes nos richesses nationales, équiper nos chutes d’eau pour substituer l'énergie hydraulique â celle de noire charbon insuffisant et nous libérer ainsi du lourd tribut payé à l’étranger, améliorer nos canaux, nos ports, multiplier nos moyens de transports. Les prestations on nature du plan Dawes nous y aideront grandement si nous savons les employer.

Il faut ne pas laisser inutilisée une parcelle de notre énergie, infécond un seul coin de la terre française.

Il faut, par une politique coloniale enfin rationnelle et harmonieuse, tirer le maximum de profit de notre magnifique domaifie colonial.

Au lieu de dresser, par une imprévoyance stupide, nos colonies en concurrentes de la métropole, au Heu de leur envoyer, comme nous l'avons fait dans le* passé, nos vignerons pour leur apprendre à tailler et greffer la vigne, dirigeons-les vers les cultures complémentaires des nôtres, les céréales, les primeurs, les agrumes, et surtout cette matière première essentielle, qui nous manque, le coton.

Cette richesse, il faut ensuite la faire circuler plus librement pour que le prix de la vie baisse. ïï faut réduire les tarifs excessifs des transports, l'ensemble écrasant des droits pesant sur les denrées produites et qui Font, par exemple, qu'un hectolitre de notre vin supporte cent francs de charges diverses entre le producteur et le consommateur.

Les chemins de for ne doivent pas être une entreprise destinée à produire des bénéfices, mais le réseau artériel où circule le sang et la vie du pays. Ils doivent être un instrument, le plus indispensable de tous, au service de la nation.

U faut, enfin, c^éer des débouchés nouveaux h nos vins pour remplacer ceux que la sottise des prohibitionnistes a fermée au sang généreux de la vigne, notre richesse et notre fierté.

Je m y suis employé, vous le savez, de toute mon intelligence, de tout mon cœur, au cours des missions que j'ai acceptées, soit en Pologne, soit en Syrie, soit au Maroc.

Il laut aussi protéger îa formation de nos richesses en remaniant un système fiscal inique et antiéconomi que*

Les impôts, votés ou même aggravés sous l’empire de la nécessité, alors qu'il fallait évi~ ter la faillite et îa ruine, doivent être allégés maintenant qu'avec la confiance la France a retrouvé la maîtrise de ses destins.

Il faut dégrever le salaire, dans toute la mesure oii il représente le moyen d'existence du salarié et de sa famille, il faut ménager le capital en formation, fruit de Lcfîort du travailleur, II faut s attaquer au plus odieux de tous les impôts par l'inquisition qui l'accompagne, Ja taxe sur le chiffre d affaires. Et, en attendant que les possibilités budgétaires en permettent la suppression, iî faut lui substituer une taxe unique, perçue soit à la production, soit à un stade intérieur des échanges.

Il faut également, pour que se reconstitue l'épargne créatrice, mettre un terme au « martyre des valeurs mobilières », aujourd'hui entre les mains de tous à la véritable persécution d une fiscalité malavisée qui, en absorbant une part excessive des coupons, éloigne les économies des Français, des entreprises industrielles françaises.

La contre-partie de cet allégement des charges fiscales ne peut se trouver que dans une poliliqjjë de rigoureuse économie. Oiminutiou du nombre excessif de fonctionnaires de tout orchèj qui mieux payes, devront donner au pays tout leur effort; amenagement industriel des monopoles d État, aujourd'hui trop souvent improductifs, '

îel est, mes chers concitoyens, le programme que je soumets à vos suffrages, il est a assi loin des chimères en dormeuses que des flatteries démagogiques, des stagnations mortel [çs que des aventures désastreuses,

il ^ouh propose des solutions immédiates, il vous demande des efforts pour les réaliser.

Le premier, ce sera de taire appel à votre raison plutôt qu'à vos passions politiques et e c^°^ri pour être les ouvriers de cette œuvre, des nommes de réalisation, issus de votre

milieu j vivant voire vie, liés à vous non seulement parle sang” mais par le lien poissant des intérêts communs, et résolus à apporter tout leur concours, sans défaillance, demain comme hier, au grand Français qui se donne tout entier à l'œuvre admirable, si heureusement com rnencée, du redressement national*

Cwaiuæs GUILHAUMQN

P ropri Êt&ire- Vi Lie n i teu r.

Député sortant.

2e circonscription de BÉZIERS.

M. CAFFORT

Elu au deuxième tour de scrutin. — 10 *002. voix.

Citoyens,

A la fin d’une législature difficile et à certains moments dramatique, à la veille d une consultation électorale dont dépendront Ta venir du pays et le sort do. la paix, le Parti radical-socialiste a décidé de me confier une fois encore son drapeau.

Je le relève fièrement.

Vous connaissez mon passé, de militant sans tache, mon dévouement désintéressé à la cause de la République et de la viticulture.

J'ai servi cette dernière avec passion et sans défaillance. Viticulteur moi-même, nos intérêts sont solidaires.

Soit à la G. G+ V., soit au groupe vi ticole n de la Chambre, soit à la Commission des boissons, soit à la tribune comme dans la question des vins tunisiens, soit encore comme président-fondateur de la cave coopérative d 1 01 oozac, président du Minervois délimité, partout, depuis vingt-cinq ans, Je suis sur la brèche.

Vous m’avez vu partout ; vous pouvez compter sur moi.

Réfléchissez bien que noire pays va peut-être traverser une nouvelle crise par suite de plantations excessives dans le monde, dans la France et surtout dans l'Afrique du Nord (Algérie, Tunisie, Maroc). Où. irions-nous en cas de plusieurs fortes récoltes?

Il est plus que jamais nécessaire d’envoyer un des vôtres vous représenter à la Chambre. U faut que vous soyez surs de lui.

Républicain radical-socialiste, vous savez comment et pourquoi, à cause de l'insuffisance de la politique de soutien par lea socialistes^ dont l'attitude a été une profonde désillusion pour la démocratie de ce pays, j’ai accepté loyalement, derrière H erriot,1 Briand, Painlevê, Warrant, Queuil]ev etc., Texpérience financière que nous proposait Roincaré.

Au bout de vingt mois à peine, des résultats heureux ont été acquis : large équilibre ,du budget, stabilité du franc, consolidation partielle de la dette, flottante, meilleur aménanagement de la dette à court terme* etc*

Vous nous tiendrez compte, en toute justice, des responsabilités que nous avons assumées pour obtenir ces résultats, tandis que d'autres se réfugiaient dans une opposition trop facile et dans, une critique stérile.

Il nous reste maintenant à compléter l’œuvre si heureusement commencée. Je le ferai dans le cadre du programme radical socialiste que j'accepte sans restrie Lions ni réserves.

Je demanderai, au point de vue , agraire et paysan : l'égalilé sociale par l'amélioration des conditions d? existence dans les ca mpagnes, villages et hameaux* électrification rurale, chernï n s, adductions d’eau.

La justice économique par l'égalité douanière et fiscale.

L'économie dans la production agricole par le crédit, la coopération, le progrès technique, l'organisation de l'école rurale.

Le crédit agricole et les assurances sociales.

Au point de vue social : la paix à l'intérieur par la solidarité.

La paix, à l'extérieur par la Société des Nations et l'organisation défensive des frontières.

Le respect des lois syndicales dans l'ordre et le contrôle de la loi. Les assurances sociales améliorées pour le chômage.

La révision pour les mutilés du travail, La reconnaissance des revendications de la Confédération nationale des anciens combattants, mutilés et victimes de la guerre. La suppression du pourcentage des allocations inscrites et à maintenir dans la nouvelle loi militaire.

L'aménagement des programmes d'enseignement de telle façon que tout écolier bien doué puisse passer normalement de Técole primaire au collège ou au lycée et parvenir par le seul effort de son travail et de son intelligence. Â cet effet, gratuité de renseignement à tous les degrés et défense de l'école laïque.

Lutte contre le taudis et les fléaux sociaux pour les logements ouvriers, les dispensaires gratuits d’hygiène et les visites médicales scolaires.

Au point de vue fiscal, la répression rigoureuse de la fraude fiscale, de tous les mercantîs, l’application scrupuleuse de l'impôt sur le revenu maintenant entré dans les mœurs, qui permettra heureusement de demander de moins en moins aux impôts indirects qui pèsent lourdement sur les familles nombreuses et sur les petits, la transformation de la taxe sur îe chiffre d'affaires destinée à disparaître ensuite le plus rapidement possible, la révision de la loi sur la propriété commerciale et les lois sur les loyers urbains et ruraux.

Il faut degrèver le salaire et le travail et trouver les ressources compensatrices dans les économies, la simplification des services et des rouages, la lutte à mort contre la paperasserie, 'a nationalisation des efforts aussi bien individuels que collectifs, ]' aménagement des monopoles d’Etat, la meilleure utilisation des forces de l'Etat, hydrauliques et autres.

Voilà ce que nous avons fait ; voila ce que nous ferons.

Les socialistes ont refusé de participer au Pouvoir ; ils se sont tenus à l'écart des responsabilités ; iis ont voté des augmentations chimériques mais n'ont pas voté le budget, C'est trop facile. C'est vraiment faire injure au Pays que le supposer capable ch se laisser prendre à un machiavélisme aussi enfantin.

Socialistes, lise/, le programme socialiste et vous n'y trouverez plus rien de socialiste.

Nous demeurons, nous, radicaux-socialistes, pour la collaboration des classes et la propriété individuelle.

Nous avons redressé le franc, nous l'avons en fait stabilisé, nous avons sauvé la France de 1 abîme, rendu la santé aux finances, relevé le crédit publie; nous avons raffermi la confiance à f extérieur, défendu les petits épargnants en donnant plus cle valeur aux titres d Etat, évité le chômage qui ruine les ouvriers, commencé de satisfaire les légitimes revendications des combattants, écarté le double danger du bolehe%risme dont nous ne voulions pas pour la France, et de la dictature fasciste dont nous ne voulions pas pour la République.

Electeurs, ce sont là des faits précis.

Votre devoir est tout tracé. En votant pour moi, vous voterez pour h redressement financier, pour la paix, pourfordre républicain.

Vive la République!

Charles CAFFORT

Député sortant. — Corne Ifier général.

Docteur en Droit.

Viticulteur à Ülonzac.

3e circonscription de BÉZIERS.

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