M. PROUST
Elu au deuxième tour de scrutin. — 8.680 voix.
Mes chers Concitoyens,
Depuis plus de vingt ans que je vis parmi vous, vous avez appris à me connaître. Vous m avez déjà donne votre confiance en m’appelant à remplir les fonctions de maire, de conseiller d arrondissement, puis de conseiller général dans l’un de vos cantons. Enfin, vous m’avez envoyé au Parlement ou je siège depuis près de dix ans.
Le moment est venu pour moi de solliciter à nouveau vos suffrages.
Républicain discipliné, j ai tenu au préalable à recevoir cette mission d’un congres composé des élus et des militants de la circonscription*
Le congrès, en acclamant ma candidature, vous a déjà montré que je n'avais pas démérite et je crois pouvoir me borner à une brève profession de foi*
La législature qui s'achève, et à laquelle je m'honore d’avoir appartenu, aura accompli une œuvre considérable eL féconde* Elle a en effet assuré : — La consolidation de la paix.*
L’équilibre du budget. — - Le retour au scrutin d'arrondissement* — La réduction du
service militaire* — La réforme des conseils de guerre* — La création du Conseil supérieur économique et des chambres d'agriculture. — La loi des assurances sociales.
Cette œuvre importante est couronnée par le redressement financier opéré par JL Poincaré, et celui-ci n’a pu mener à bonne lin sa tâche que grâce à l'appui du Parti dont je me réclame* Tout en collaborant de toute mon activité à l'œuvre générale accomplie par cette Chambre, je me suis plus spécialement attaché à l'étude de tons les problèmes concernant la production métropolitaine et coloniale.
Appelé à diverses reprises à assumer la présidence de la Commission des colonies à la Chambre, je n’ai pas hésite à aller sur place afin de me rendre un compte exact de fétat de nos richesses coloniales que je considère comme un précieux élément de relèvement économique*
Mais, s’il a été beaucoup fait, il reste peut-être encore plus â faire et j’ai le devoir de vous dire comment j'envisage F œuvre de demain.
En ma double qualité de républicain et d'ancien combattant, je tiens tout d’abord à affirmer mon profond amour de la paix et ma volonté de consacrer tous mes efforts à son établissement définitif dans le monde. Je compte y parvenir en collaborant au développement de l’action de- la Société des Nations, en poursuivant la réalisation des accords de Locarno, en travaillant à créer entre les peuples une entente durable par la conclusion d’accords internationaux et par une procédure d'arbitrage.
Avec la certitude de la paix extérieure, la nation pourra poursuivre une politique de redressement économique et financier et réaliser dans l'ordre les réformes sociales attendues par la démocratie*
Dans le domaine de la politiqus sociale, je compte travailler à : L'aménagement des assurances sociales, La création d’une politique du logement à la ville et à la campagne. La protection des familles nombreuses, celle de la femme et celle de l’enfant* La lutte énergique contre les grands fléaux qui déciment l'humanité et notammsnt contre le cancer et la tuberculose* La consolidation des droits des mutilés et la reconnaissance de ceux des victimes de la guerre et du travail. L' amelioration du sort des petits retraités. La propagation des bienfaits des associations et syndicats professionnels et des mutualités. L’accession de tous les travailleurs à la propriété* Mais pour réaliser ces réformes, il faut parachever tout d’abord notre redressement financier.
Pour cela, je suis partisan :
De maintenir 1 équilibre budgétaire. De pratiquer une politique d'économie.
De poursuivre 1 amortissement de la dette publique en tenant compte des charges qui pèsent sur la génération qui a subi la guerre.
De préparer le retour à une monnaie saine et stabilisée dans le plus bref délai possible.
J entends aussi qu'on parvienne à la justice fiscale,
il iaut démocratiser l'impôt, lutter contre la fraude fiscale, diminuer les impôts de consommation, supprimer l'impôt sur le chiffre d'affaires, pratiquer un abattement à la base en laveur des bénéfices commerciaux, industriels et agricoles, refondre notre impôt sur le revenu et l'impôt sur les successions*
Fils de cultivateur, je suis moi-même attaché aux gens et aux choses de la campagne où je suis né, où j ai grandi, où j’ai vécu. Pas plus demain qu’hier, je n'oublierai que je suis le mandataire d’une circonscription essentiellement agricole.
Je lutterai contre la désertion de nos campagnes en y amenant, grâce à f électrification rurale, au perfectionnement de notre système routier, à l'amélioration des logements ruraux,
toat le confort et le bien-être auxquels ont droit tout aussi bien les travailleurs a r que nos populations urbaines. 0 es
Je lutterai contre la diminution de la production agricole par la diffusion des machines par une meilleure politique des engrais, par l’abaissement des tarifs de transports et pari vulgarisation des avantages du crédit agricole.
Et je continuerai en plein accord avec les associations professionnelles et mutualistes d’Indre-et-Loire auxquelles j’appartiens à travailler à l’intensification de la production.3
Déüreux de mettre en œuvre toutes les richesses de noLre belle pairie, je n’oublierai pas que la plus précieuse est l’intelligence de nos enfants. Aussi suis-je d’accord avec tous les républicains pour vouloir que l’accès à Lous les degrés de l'enseignement cesse de constituer un privilège de la fortune. L intelligence de l'enfant pauvre doit pouvoir être cultivée comme celle de l’enfant riche.
C’est pourquoi je suis partisan de l’école unique qui n’est pas, comme le prétendent ses détracteurs, le monopole par l’Etat de renseignement.
Mes chers Concitoyens,
Tel est dans ses grandes lignes le programme que je vous soumets et que, soutenu par votre confiance, je m’efibreerai de réaliser.
Bien qne plus particulièrement préoccupé à l'heure présente de questions économiques je resterai fidèle au principe de la démocratie, à la défense et au développement de laquelle j’entends travailler de toutes mes forces.
Hostile à toutes les dictatures, je me dresserai contre le communisme comme contra toutes entreprises de la réaction*
Vous pouvez enfin être convaincus que, comme par le passé, vous aurez en moi d abord un ami attentif à tout ce qui peut être utile à l’amélioration de votre sort et un représentant qui saura veiller sur les intérêts légitimes de notre belle circonscription.
En servant ma petite patrie, je servirai fidèlement mon pays, la France et la République que mon esprit et mon coeur n’ont jamais séparées,
Louis PROUST
Conseiller général.
Maire de Neuillé-Pont-Pierre.
Membre du Conseil supérieur des colonies et du Comité consultatif des chemins de fer.
Président d’honneur de l'Union des mutualités d'Indre-et-Loire.
Croix de guerre.
Député sortant.
2e circonscription de TOURS»