M. MORIN
Kïu ciu deuxième tour de scrutin, — 12.198 voix.
Citoyens,
Au moment où vous allez être appelés à juger les hommes et les partis politiques, clans leur attitude passée et à vous prononcer sur leur programme de demain, le Parti socialiste, une fois de plus, à tenu à définir clairement sa position.
Ce qui nous distingue des autres partis. — Proclamons-Ie tout d'abord bien haut, le Parti socialiste s'oppose de façon irréductible aux survivances résiduelles des régimes politiques décbuSj toujours associés dans le passé aux forces d'oppression et d’exploitation des travailleurs.
Il s'oppose aussi a ces formations politiques qui, à certaines époques troublées, ont agité îa IIP République de leurs soubresauts morbides où les fins réactionnaires n’étaient même pas voilées — formations successivement appelées ; Boulangisme., Nationalisme, Bloc national et aujourd'hui Union nationale.
Chaque fois, d’ailleurs ces groupements de combat politique ont su captiver la confiance de républicains apeurés qui ne trouvaient pas dans leurs doctrines assez de force pour envisager l’avenir sous des aspects nouveaux et rénovateurs.
C'est ce qui a conduit le Parti radical à participer ofliciellement k P Union nationale. Trébuchant sur le moindre obstacle qui surgit soudainement devant lui, ce parti a laissé choir lamentablement et principes et programmes.
Détenant la majorité au Parlement de 1910 à 1919, i) avait par là-même l'occasion indiscutable de prouver sa sincérité réformatrice.
Il fa laissé passer !
Avec non moins de vigueur, le Parti socialiste s'oppose aussi au Parti communiste dont l'action quotidienne n’est que surenchère et démagogie, alors que le régime des Soviets évolue sûrement et forcément vers un régime bourgeois et capitaliste.
Le Parti socialiste est un parti de transformation sociale. Il constate que la force de travail du prolétaire n est, dans la société moderne, qu'une marchandise soumise, elle aussi, à la loi de 1 offre et de la demande. Or, c’est cette force de travail seule qui est rémunérée et non pas îa valeur du travail incorporé à Pot jet fabriqué» Sur cette valeur, les possédants, des instruments de production retiennent une notable partie. Aussi le socialisme déclare-t-il que la suppression du salariat, qui livre le travail exploité au capital tout puissant, ne pourra s opérer que par le retour des instruments de production à la collectivité fies travailleurs.
Parti de transformation sociale, le Parti socialiste est aussi un parti de réformes immédiates. Maître de ses destinées, il déclare que, pour faire passer dans notre législation les articles de son programme, il ne subira jamais d’autre autorité que celle de ses congrès où s’affirme la loi souveraine de ses adhérents.
Pour les députés socialistes, la question de confiance ministérielle ne sera jamais le signai du reniement et de la trahison !
Notre programme.
Notre programme politique et constitutionnel* — L'expérience de ia dernière législature démontre 1* urgence de la limitation des pouvoirs du Sénat, prélude de sa suppression complète et de son remplacement par un conseil économique réorganisé, où toutes les forces vives de la Nation seront représentées.
Le socialisme qui s'attaque à tontes les formes de l'inégalité sociale, réclame aussi pour la femme Légalité des droits.
Mais il importe aussi au plus haut point de réaliser d'urgence :
L'abrogation des lois scélérates ;
L'amnistie générale en matière politique ;
La suppression des conseils de guerre et des cours martiales.
Le Parti socialiste et le programme financier, — Aucune sérieuse reprise économique ne pouvant se produire dans l'état d'incertitude présente, c'est pourquoi nous sommes pour la stabilisation.
Malgré nos efforts, les injustices fiscales subsistent, écrasant consommateurs, petits et moyens commerçants, industriels et agriculteurs, et protégeant les grosses firmes et le haut négoce*
Ainsi nous continuons à penser que la suppression du chiffre d’affaires s'impose et que )a simplification de notre fiscalité excessive doit être réalisés par la création d'un impôt unique, permettant à chacun de connaître ses charges et supprimant cette brutale inquisition fiscale qui frappe si durement les petits.
Il est également indispensable que sans plus de retard ü soit procédé à une juste révision de la loi sur la propriété commerciale, et qu enfin soit accordé aux commerçants et aux industriels un équitable abattement à la base pour le calcul de leurs bénéfices.
En vue d'alléger le poids des dettes nées de 3a guerre qui paralysent notre économie nationale, le Parti socialiste estime indispensable :
Le prélèvement d'une contribution sur la fortune acquise, avec un large dégrèvement à la base,
La nationalisation des monopoles de fait, détenus par une minorité de privilégiés (assurances, pétroles* sucres, mines, engrais, etc.) et qui, industrialisés suivant les méthodes de ia G. G# T,, permettront de réaliser au profit du Trésor des revenus considérables.
L'enseignement que nous voulons . — Soucieux de sauvegarder l’avenir de la République, le Parti socialiste, qui déclare les lois laïques intangibles, veut que tous les enfants, sans considération des fortunes, puissent accéder à tous les degrés de l'enseignement, en ne tenant compte que de leur valeur et de leur mérite.
Art>fre programme d’ assistance sociale . — La famille aussi a toute notre sollicitude. Particulièrement préoccupé en effet des difficultés sans nombre, au milieu desquelles se débattent les classes laborieuses de ce pays et en particulier les familles nombreuses, le Parti socialiste veut :
Livrer une lutte sans merci à ces fléaux qui déciment nos populations : le cancer et la tuberculose.
Poursuivre une politique active du logement et de l’habitation.
Réaliser définitivement, sous une forme plus large et plus humaine, Je pressant problème des assurances sociales.
Le Parti socialiste et l’agriculture. — Si le Parti socialiste entend remettre aux mains de la collectivité les prérogatives féodales des 150,000 seigneurs de la terre que noua
No 3814
comptons en France — dont le droit absolu de possession s’étend sur près de la moitié de 1* surface du territoire — il entend respecter ce sol que fécondent de leur propre travail trois millions et demi de paysans pauvres, et aussi quatre millions et demi de petits et moyens propriétaires*
Ceux-là n'ont qu'à gagner à F avènement du socialisme, dont les représentants au Parlement n'ont cessé de les protéger contre certains intermédiaires du commerce, de Find us trie et de la banque qui les exploitent et les rançonnent.
Ce sont nos amis Compère- Morel et Vallière, rapporteurs du budget de l’agriculture, qui ont fait augmenter les crédits inscrits à ce chapitre, tout en signalant leur insuffisance*
CTest le groupe parlementaire socialiste qui a demandé un milliard pour rénover l'agriculture et qui le premier a réclamé l'institution d'un office national des blés, afin que les petits et moyens producteurs d'un côté, et Fen semble des consommateurs de l'autre, ne ne soient plus à la merci de la spéculation,
(Test le Parti socialiste qui préconise l'organisation delà fabrication et de l'importation des engrais.
Il sait que l'avenir de ^agriculture est dans l'engrais à bon marché et il désire que les agriculteurs ne soient plus sous la coupe des monopoles de fait, constitués par les Saint- Gobain, les Kulmann et les phosphatiers.
Le Parti socialiste veut :
L'organisation des caisses de crédit agricole ;
Le développement des syndicats agricoles et des coopératives de production
L'électrification des campagnes ;
L'utilisation des sources hydrauliques ;
L1 intervention de F Etat pour drainer les 12 millions d’hectares de terre humide et irriguer les 6 autres millions trop arides.
Le Par ltf socialiste el les irmaulenrs, — Fidèle à son programme de toujours, fait de confiance et de solidarité avec le monde ouvrier, et soucieux d'assurer une organisation plus rationnelle du travail, en plein accord avec îa G, G. T,, le Parti socialiste entend :
Défendre contre ses adversaires la loi de huit heures si difficilement arrachée au grand patronat ; organiser le contrôle ouvrier et obtenir aussi Légalité civique en faveur des travailleurs de 1 État, des départements et des communes, par îa reconnaissance du droit syndical, ‘
Tel est, dans ses grandes lignes, le programme que le Parti socialiste présente à vos suffrages. Pour sa réalisation, il saura joindre à sa foi enthousiaste et inébranlable, une ferme et tenace volonté d'aboutir.
Parti de clarté et de réalisation, il entend rompre désormais avec ce trop long passé parlementaire qu illustrent les plus troublantes confusions, parfois même les plus abjects reniements, et qui nous a valu un lamentable piétinement sur place de notre démocratie, plus que jamais impatiente cependant de voler à la conquête des victoires promises.
Et c est pourquoi dans la France entière le Parti socialiste, solidement discipliné, fraternellement uni, se lance dans la bataille politique son drapeau largement déployé.
Dans votre circonscription, il a porté son choix pour le représenter sur Je citoyen
Ferdinand MORIN
Député sortant.
Maire de Tours,
Conseiller généra de Tours-Sud.
circonscription de TOURS.