M. MISTRAL
Elu au deuxième tour de scrutin, — 1.1 .344 voix.
Mon cher Concitoyen,
Depuis dix-huît ans, j'ai le grand honneur de vous représenter à la Chambre des Députée. Je vous remercie bien vivement de la confiance que vous m'avez accordée.
J’ai conscience de l’avoir méritée et d'avoir fidèlement rempli mon mandat*
Les intérêts généraux du pays ont toujours été l'objet de toutes mesuré occupations jamais je n'ai négligé les intérêts particuliers de Grenoble et de la région dont j avais b charge, ni les revendications des organisations ouvrières et corporatives, ni les réclamation personnelles chaque fois qu'elles m’ont paru légitimes.
J’ai toujours agi sans ostracisme et sans esprit de haine, n ayant été animé que parle seul souci d’être juste et de faire le bien.
Le Parti socialiste nTayant désigné pour son candidat aux élections législatives du 22 avril 1928, je viens à nouveau solliciter vos suffrages.
Si comme je l’espère, vous me renouvelez mon mandat, je persévérerais dans la même alec tout mon cœur et tonte mon énergie.
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j»ai con fiance en vous comme vous pouvez avoir confiance en moi. C'est dès le premier
r de scrutin que vous manifesterez votre volonté de voir évoluer la République, parla
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démocratie vers l'idéal socialiste qui en est 1 aboutissement et le couronnement, c esLà-dire
j S un régime social plus favorable au inonde du travail, et répondant davantage à ses
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Vive la République laïque, démocratique et sociale 1 Vive la paix universelle î
Paul MISTRAL
Citoyens,
Les élections législatives appelant la France entière à se prononcer sur la route qu'elle entend suivre, il faut choisir ! Pour ou contre t'Union nationale, édition revue et grossie du Bloc national de 1919.
11 faut choisir' entre la coalition des intérêts d'argent, de la réaction politique, du conservatisme social, aujourd’hui maîtresse du pouvoir et le Parti socialiste, toujours disposé, comme en 1924, à seconder tout efïoit de marche en avant, et prêt, s'il était porté au pouvoir, à briser les résistances aux volontés du pays.
Il faut choisir : entre une politique qui, par les armements, les alliances particulières et les vieux errements de îa diplomatie secrète, mène fatalement à la guerre et la politique qui, sous l’impulsion du Parti socialiste, organise la paix par le rapprochement des peuples et prépare le désarmement.
11 faut choisir : entre la politique financière et l’ Union nationale qui, épargnant ceux qui peuvent payer et ne veulent pas payer, écrase d’impôts injustes la classe qui travaille et produit et la politique de justice fiscale et de réveil économique qui allège les charges des producteurs et des consommateurs, et doit permettre enfin les grandes réformes sociales, impatiemment attendues par le monde du travail.
Entre le conservatisme et le progrès social, entre la paix et la guerre, le Parti socialiste
a choisi.
Sans jamais oublier que 1T émancipation complète du travail n est possible que pari avènement de la propriété sociale, il vous propose comme programme d action immédiate, les réformes et mesures suivantes :
1* Suprématie du suffrage universel. Limitation des droits du Sénat. Amnistie. Abrogation des lois scélérates. Egalité civile et politique des sexes ;
2° Sécurité par l'arbitrage et le désarmement contrôlé. Evacuation de la Rhénanie. Maintien des relations avec la Russie ;
3° Service militaire de neuf mois, préparant le service de six mois ;
4,J Stabilisation immédiate. Contribution progressive prelevée sur ia fortune acquise,, avec dégrèvement à la base. Nationalisation des monopoles de fait ;
5r’ Ecole pour tous à tous les degrés. Ecole primaire nationalisée. Défense de la laïcité ,
6° Défense des revendications ouvrières de la G. G. T. ; les huit heures ; les contrats collectifs ; le contrôle ouvrier ; garanties contre le chômage ; large participation de 1 Etat aux assurances sociales ;
7° Offices publics des blés et des engrais. Action énergique de 1 Etat en faveur des petites et moyennes exploitations. Application des lois sociales aux travailleurs agricoles ;
8° Grands travaux d’intérêt public : hygiène, habitation, outillage. Lutte contre la vie chère.
Travailleurs,
Le candidat de la réaction, sous le masque de « républicain social », fait appel à vos suffrages H revendique, modes terne nt, la paternité des allocations familiales. 11 ne dit pas qu’il n’a fait, dans l'usine dont il était le directeur, que mettre en application certaines des mesures que la grande industrie, après guerre, a dû prendre en faveur des ouvriers, afin de recruter et conserver une main-d'œuvre abondante. Il ne dit pas non plus que dans les pays de dictature fasciste, le capitalisme après avoir poussé la classe ouvrière à accepter cette dictature, n’a pas tardé à obtenir du dictateur l’abolition totale de toutes les libertés et de tous les droits politiques des travailleurs.
Le candidat communiste fait appel au « bloc ouvrier et paysan ». Il oublie de dire qu’en Russie, tous les adversaires du régime bolchevique sont privés de toute liberté et de droit politique, et que ceux qui participent à l’élection des Soviets doivent voter à main levée sous la surveillance de la police (Guépéou) et qu'il faut 50 voix de paysans et 2 voix d’employés pour valoir une voix d'ouvrier bolchevique.
Socialistes et républicains de toutes nuances, attention 1
Gomme toujours, c'est la lutte des blancs contre les rouges, c'est-à-dire de la réaction cléricale et financière contre la démocratie républicaine et socialiste. Le candidat réactionnaire déclare qu’il n’est « inféodé à aucun parti politique ». Mais tout le monde sait quec’eat pour lui que voteront tous les camelots du roy, tous les ligueurs du général de Castelnau, tous les fascistes de M. Kérilîis, toutes les chemises bleues de M. Milîerànd, tous les gros capitalistes, toute la haute finance, toute la basse mercante et tous ceux qui participèrent, Tan dernier, aux grandes manifestations cléricales de Grenoble et de Voir on, en demandant le retour des congrégations et la -suppression des lois laïques, c'est-à-dire des lois de tolérance religieuse et de neutralité scolaire.
La réaction compte sur un facteur nouveau. Pour la première fois, uri parti qui sre réclame du monde du travail a déclaré ouvertement et cyniquement, qu’au second Lourde scrutin comme au premier, il ne ferait aucune différence entre les réactionnaires, d’un côté, et les socialistes et les républicains de l’autre.
Le Parti communiste, à la suite d'on ne sait quelle aberration et de quelles combinaisons monstrueuses ou tractations honteuses, a décidé de maintenir ses candidats au second tour de scrutin* C'est la tactique qui fit élire à la présidence de la République allemande, le maréchal pangermaniste Hindenburg contre le républicain libéral et pacifiste Max. C'est cette tactique qui vient de faire réélire la municipalité autonomiste et an ti française de llaguenau (Alsace), Et c’est sur elle que compte la réaction pour neutraliser une partie des suffrages qui lui sont hostiles et pour faire élirp une majorité de ses représentants.
Votre clairvoyance et votre bon sens déjoueront cette manœuvre abominable. Vous ne serez ni dupes, ni complices.
Vous ne réserverez point votre suffrage pour le second tour de scrutin, en votant, au premier tour, pour le candidat dont les idées vous paraissent assez voisines des vôtres, mais dont l’attitude et les convictions manquent de netteté et d’ardeur*
Dès le premier tour de scrutin, vous donnerez votre voix au candidat qui a fait ses preuves, à F homme dont la valeur, la haute conscience, la sincérité et l'ardeur de scs opinions, la probité politique, l’activité et trente années de militantisme vigilant et sans défaillance offrent toutes les garanties.
Vous voterez et ferez voter pour le citoyen
Paul MISTRAL Député sortant.
Maire de la ville de Grenoble»
Conseiller général de nsère*
3e circonscription de GRENOBLE.