M. FAURE
Elu au deuxieme tour de scrutin, — 7.278 voix.
Citoyens,
En 1910, j'ai été, pour la première fois, élu députe d’ Indre-et-Loire, dans la 2e circonscription de Tours, avec plus de 5.000 voix de majorité. En 1914, j'ai vu le suffrage universel me maintenir sa con Banco avec une majorité de 4,000 voix dans la 3e circonscription composée cependant d’éléments tout à fait nouveaux. Je puis donc affirmer que, pendant deux législatures, j’ai représenté, à la Chambre des Députés, une grande partie du département.
Gomme je vous le disais dans ma déclaration eu vue des élections du 16 novembre 1919, au moment de l’application de la loi rétablissant le scrutin de liste, j’ai toujours été arrondissement! er. Je me félicite que les événements m’aient donné raison et que le scrutin d’ arrondissement ait été rétabli. En effet, il ne faut pas éloigner l’élu de l’électeur. Ils étaient déjà assez loin l’un de l’autre, quand l’électeur n’avait aucun moyen, en dehors de îa problématique lecture du Journal officiel, de contrôler Faction parlementaire de son élu aussi bien dans ses votes quotidiens que dans ses interventions à la tribune,
: : Je suis partisan du vote personnel, de la présence obligatoire aux séances, et je
demande que tous les mois, par les soins de l'Administration t on affiche à la porte de chaque mairie,, les votes des députés du département. Depuis très longtemps, en effet, une aorte de camaraderie permettait aux uns de se reposer sur la bonne volonté des autres. Combien de députés arrivant trop tard à la Chambre, ou la quittant trop tôt, pouvaient compter sur la présence fidèle de certains pour exprimer leur vote sur des questions dont la discussion les avait moins intéressé que des débats judiciaires ou des affaires d’ordre particulier
C’est là, citoyens, le résultat d’une expérience de dix années de vie parlementaire, et j'en fais le premier point de mon programme de demain.
Pour les graves questions qui se posent dans l’ordre économique, voici quelles sont mes solutions :
Je suis partisan du principe des assurances sociales ; il est inadmissible y en effet, que les travailleurs de ta France républicaine soient moins protégés que les travailleurs de F Angleterre et de T Allemagne.
Mais cette grande réforme doit être adaptée aux conditions des milieux divers ou elle doit s’appliquer; telle quelle, le monde agricole ne saurait s’en accommoder. U est des amendements et des corrections indispensables qui seront te travail de la prochaine législature. La loi votée, vous le savez, n’e^t applicable que dans deux ans.
Au point de vue financier, la situation est délicate ; je n’ai pas la prétention de m’ériger en prophète et je me défie des conseils des prétendus techniciens, stabilisation, revalorisation, sont des grands mots qui recouvrent des réalités bien fuyantes. U importe de se méfier des théories trop absolues. La période que nous traversons et qui durera peut être encore assez longtemps est une période d’attente ; observons, pour prendre, le moment venu, la meilleure décision^ celle qui sera indiscutablement conforme à l’intérêt général. En tout cas, dès à présent, je demande rabaissement du prix des transports qui viennent de subir une augmentation permise par les conventions scélérates de 1921. Et les produits delà terre se vendent déjà si difficilement, il y a là un redressement nécessaire à accomplir*
fie à la fois au producteur et au consommateur sans compter que,, si on n’y met pas ordre, [ s tarifs voyageurs seront eux aussi prochainement augmentés.
^ Je suis pour une répartition plus équitable des impôts à l’heure actuelle trop lourds et ] ré artis La terre est trop chargée et les commerçants plient sous le chiffre d’affaires. Il faut une stricte compression des dépenses, si nous ne voulons pas voir prochainement le contribuable succomber sous le poids des impôts.
Je suis partisan de la suppression de la taxe sur le chiffre d’affaires, remplacée par une
taxe unique à la production: .
Je demande l1 électrification des campagnes, avec une grosse participation de 1 Etat.
Je suis partisan d’une profonde réforme administrative, supprimant un grand nombre de gros fonctionnaires civils et militaires.
° Je suis partisan du syndicalisme pour les fonctionnaires, mais dans la légalité, c’està dire sans droit de grève. — Je voudrais voir sè développer de plus en plus les syndicats agricoles et consentir aux communes des prêts à long terme et à faible intérêt pour la plus grande prospérité de nos campagnes.
Je donne mon adhésion entière, sans réserve, au programme agricole établi et publié par la Fédération régionale des associations agricoles du centre et m’engage à en assurer la réalisation.
Au point de vue politique, j’applaudis au vote du service d’un an en attendant qu’on puisse réduire encore la durée du service militaire, mais j’estime qu’aucune convocation de réservistes ne doit avoir lieu. — J’applaudis également aux efforts fait& pour assurer la paix, par la Société des Nations, par les accords de Locarno et le rapprochement avec TAIIemagne. La paix nous est indispensable pour rétablir notre situation économique et financière.
Est-il besoin d’aj outer que je suis laïque dans le respect des croyances et que je désire voir réaliser, pour les enfants les plus pauvres, la possibilité de recevoir la plus haute instruction. — Je demande la gratuité pour tous les degrés de renseignement.
Vous le xoyez* mon programme signifie : Évolution et progrès social.
Les conflits sociaux ne seront résolus ni par l'esprit de violence, ni par F esprit de réaction, ni par les vieilles routines de l’Administration. Que les prolétaires1 du muscle et du cerveau, loyalement aidés par les forces capitalistes, unissent leurs efforts dans une sage coopération, et dans cette France vivifiée par le sang des martyrs, il fera bon vivre pour les hommes de bonne volonté.
Citoyen st
Si vous me donnez votre confiance, je m’efforcerai de la justifier par une action parlementaire conforme aux grandes lignes que je viens d’exposer.
Quant à ma conduite personnelle, elle sera, dans le département, ce qu’elle a été pendant près de dix ans dans le cadre tout familial de l’arrondissement.
Je serai le dépoté de tous, sans distinct ion de partis et d’opinions.
Je reviendrai vous voir aussi souvent que je le pourrai. Il faut, je le répète, que Félu puisse défendre ses électeurs contre les abus, les négligences ou les rigueurs de F Administration, qui, avec ses réglementations exagérées, fait, des citoyens, un troupeau sans défense.
^ Emile FAURE Ancien député de ia. 3e circonscription.
Bêpublicaiu socialiste.
Ex-membre des Commissions parlementaires suivantes : a) d'administration générale 5 b) des économ ies ; c) du commerce et de Fi n d u strie dj du travail.
Membre du groupe dé la défense des intérêts viticoles et paysans à la Chambre des Députés.
ISERE
Ve circonscription de GRENOBLE.
M. PAGÀNON
Elu au premier tour de scrutin* — 8,090 voix,
Mes chers Concitoyens,
J’ai le grand honneur de soumettre à nouveau ma candidature aux libres suffrages des électeurs républicains dans la première circonscription de Grenoble,
Maire de Lavai, conseiller général de Goncelin, député de ï’Isère pendant la dernière législature, c’est par une unanimité qui m’a profondément touché que le 12 Février dernier, le Congrès de mon Parti me désignait à Grenoble pour porter dans celte campagne le drapeau de la République laïque et sociale.
Avec l'appui de tant de braves amis, tant d’excellents collègues de nos conseils municipaux, tant de militants intrépides qui ont lutté à mes côtés, j’aÉBrme que je donnerai tous mes efforts, tout mon dévouement, pour justifier la confiance mise en moi. Je suis déjà récompensé par les marques d’amitié que j'ai reçues.
Je crois inutile, mes chers Concitoyens, de parler longuement de moi et de mon travail k la Chambre des Députés. Membre de la Commission des finances, rapporteur du budget des Affaires étrangères, j'ai été remercié du haut de la tribune française, à deux reprises différentes, par M, Briand, de la collaboration efficace que j’apportais au Gouvernement. Qu’il me soit permis de rappeler cette circonstance au moment où certains de mes adversaires me reprochent mon attitude antiministérielle. La vérité est que j’ai servi avec sympathie l’effort de reconstitution financière commencé il y a quatre ans; que les chefs du Parti républicain, en donnant leur concours au Ministère Poincaré, justifiaient cette sympathie pour une œuvre indispensable mais que comme nombre de collègues j'ai réservé mon indépendance sur les questions politiques, conformement, d’ailleurs, aux directives de mon Parti Je n’insisterais pas non plus sur mon œuvre départementale, aménagement de l’Isère, routes et chemins, adduction d’eau potable, électrification des campagnes, aide aux planteurs de tabac, défense des intérêts industriels et agricoles lors de la discussion des droits de douanes, papier, ganterie, etc. Vous avez pu suivre dans la presse, au jour le jour, monJ action qui, dès 1924, avait principalement pour objet la défense des intérêts de la vallée, de la région d'Allevard, de Vieille et de POisans.
Elevant le débat, je veux situer et exposer sommairement le programme de mon Parti contre le programme d’un candidat de droite qui est aussi varié que les couleurs de l’àrcen-ciel et qui ne peut, au surplus, tromper personne, et les programmes qui s’imaginent pouvoir améliorer la société par des formules de violence et de lutte de classes.
Le Parti républicain radical et radical-socialiste est un Parti d’observation, d'étude de
phénomènes sociaux, de réalisation par révolution. Il défend la liberté intellectuelle par la laïcité et se consacre avec ferveur au progrès social dans l’ordre et la légalité.
pendant des années encore, les préoccupations primordiales de notre Parti seront:
jo £/ organisation de là paix internationale. La mise hors la loi de la guerre;
2* La reconstitution financière de la France;
3° La révision des impôts et des taxes qui frappent tous les travailleurs, petits coin merçants, artisans, agriculteurs.
L'heure est moins de discuter les responsabilités — que les républicains n’ont pas assumées — que de travailler. Il faut, notamment, réorganiser toute notre fiscalité dans un sens plus équitable, diminuer les charges de l’impôt. Mais nous devons en même temps veiller1 avec fermeté au maintien de 1 ordre républicain par le respect des lois sur la laïcité et les congrégations.
Au point de vue économique et ouvrier, le Parti républicain radical et radical-socialiste ne craint aucune amélioration juste, II est, lui aussi, on Parti cTavant-garde. Il met au centre de sa doctrine la valeur morale de l'individu, les Droits de l’Homme, proclame que l’ouvrier n’est pas une marchandise et que le salariat ne peut pas être considéré comme un mode définitif de la rétribution du travail humain si le salaire n'est pas librement débattu et sérieusement garanti. Depuis quarante-cinq ans* notre Parti a accompli une œuvre immense d’assistance et de protection du travail, 11 continuera.
On a quelquefois reproché au Parti radical d’être le grand parti des paysans. C’est qu’en effet, comme le dit la déclaration du Parti en 1927, la prospérité de l’agriculture est, à nos yeux, un élément essentiel de notre équilibre économique et le maintien d’une race vigoureuse et prospère de propriétaires ruraux, indépendants et éclairés, est une des conditions premières de notre équilibre politique. Nous continuerons inlassablement l’effort commencé pour améliorer le sort de l’habitant des campagnes, par la route, l'électricité, les nouvelles applications de la science, renseignement technique et agricole, le crédit agricole, les engrais à bon marché, etc. Cet effort n'a pas seulement pour objet le bien-être des ruraux, mais la constitution d’une race française belle et forte, qui maintiendra la vigueur et l'intelligence de la nation.
Notre Parti fait sien le projet du Président Herriot qu’on a appelé a Tecole unique » et qui devrait s’appeler a l’école égale pour tous n ; projet qui ne comporte aucunement le monopole de r enseignement mais qui permet aux enfants du peuple, pauvres, intelligents et travailleurs, d’accéder gratuitement à renseignement secondaire et k renseignement supérieur.
Dès cl einain, il faudra assurer la mise en application rapide de la loi sur le service d’un an, que nous avons votée avec notre ami Pain levé,. l'organisation d’une armée coloniale qui dispense les enfants de France d’affronter les climats coloniaux, sauf s’ils désirent y faire eur carrière ; satisfaire aux revendications légitimes des anciens combattants, par la retraite de l’ancien combattant et aussi aux prisonniers et victimes de la guerre; régler, enfin, le fonctionnement de cette complexe et délicate organisation des assurances sociales, destinées à assurer la sécurité du travailleur; améliorer la situation des cheminots et anciens cheminots et de tous ceux qui travaillent aux moyens de transports.
Un immense travail législatif nous attend pour aménager le relèvement de nos finances, adapter notre budget aux nouvelles conditions de la vie, augmenfer toutes les forces de production et développer le glorieux patrimoine de civilisation pacifique et de puissance economique que représente la France,
en ai dit assez pour que les électeurs de la lra circonscription, si profondément attachés à la République, aient compris le sens de mes efforts et de mes initiatives.
Je leur ai montré, depuis quatre ans, combien ils pouvaient compter sur mon dévouement et mon amitié. En pleine union avec vous tous, je veux travailler à développer noire • belle région.
Qu'ils me permettent de compter sur eux, sur leur prévoyance et leur énergie, au moment où nous défendons ensemble les institutions républicaines.
Je sais combien les travaux agricoles vous préoccupent, combien vous êtes attachés à cette terre dauphinoise que votre labeur quotidien féconde.
N'hésitez pas à sacrifier dimanche 22 avril quelques instants pour accomplir votre devoir civique. Le quart d'heure que vous consacrerez pour déposer dans l'urne un bulletin de confiance accroîtra mon autorité et me permettra de travailler avec plus de force encore aux réalisations attendues.
Vous me connaissez tous ! L'oeuvre accomplie hier vous garantit les efforts de demain.
Tous aux urnes, mes chers Concitoyens..
Que i'umon des républicains assure, une fois de plus, le triomphe de notre idéal commun.
Vive la première circonscription!
Vive la République démocratique et sociale !
Joseph PAG AN ON ■Député sortant.
Membre de la Commission des finances de la Chambre*
Kap porteur du budget du Ministère des Âffairea étrangère b* Vice-Président de la Commission de contrôle des prestations en nature (Plan Daives)*
Président de la Commission interministérielle de l’a ménagement de ilsêre,
Vice-Président du Groupe parlementaire des planteurs de tabac.
Maire de Laval. — Conseiller général de fis ère.
2e circonscription de GRENOBLE.