M COURBENT
Elu au deuxième toor de scrutin. — 6,982 voix.
Citoyens et chers Compatriotes,
En posant ma candidature aux élections législatives, je mets en fait que, le premier devoir du représentant du peuple est de se tenir sans cesse en contact avec ses électeurs pour mieux connaître leurs intérêts et leurs besoins. Le corps électoral ne saurait accepter d'être représenté par des députés invisibles, qui ne reviennent auprès de leurs commettants qt* % la fin d& chaque législature et qui pensent que, pour capter leurs 'suffrages, il suffit d'appartenir à coite nouvelle aristocratie politique qui considère la République comme son
fief, et de distribuer, avec vos deniers, à la veille des élections, des subventions Ci des faveurs.
Le peuple a d^autres inspirations : il veut que ses droits et ses intérêts soient défendus; que la somme des sacrifices qu'on lui demande ne soit pas inutilement gaspillée ; que ceux qui travaillent et qui produisent soient protégés contre la haute finance qui spécule et qui profite; que les charges de l'Etat, plus équitablement réparties, ne pèsent pas toujours sur la même catégorie de citoyens, line veut pas que la route soit large aux privilégiés dans le silence des sacrifiés*
Un nuage noir, la vie chère, obscurcit toujours notre ciel économique. Le coût de l'existence atteint de vertigineuses hauteurs ; le monde du travail en souffre el le producteur se plaint, avec raison, de cc que, après avoir payé des prix de revient exorbitants pour obtenir ses récoltes et ses produits, il se voit ravir le fruit de ses efforts par U spéculation en bourse, toujours insolente et toujours impunie*
Ou a-t-on fait pour remédier à cet état de choses?
Rien! Les décrets du 3 aoûL 1926 ont, au contraire, augmenté, dans de notables proportions, les taxes de consommation, génératrices de la vie chère et de la privation dans les petits ménages.
Ils ont porté de 1 fr; 30 à 2 francs la taxe sur le chiffre d'affaires, inique et inquisitoriale, qui a créé de nouveaux fonctionnaires et qui décourage le commerce.
Ils ont lourdement imposé PagricuUure en rendant le principal de l'impôt foncier huit fois plus élevé qu’en 191 4 et en faisant passer de 7 à 12 0/G le taux de Fimpèt sur les bénéfices agricoles, qui frappe indistinctement le propriétaire, le fermier, le métayer, et qui est assis sur des bases arbitraires, donc injustes*
Ils ont désorganisé les services publics dans nos petites viiles et dans nos campagnes au prof t des grandes cités. Sous le prétexte mensonger de faire des économies, ils ont eu l'air de réduire le nombre des petits fonctionnaires, alors qu’ils ont appelé ces derniers dans les Chefs-lieux ; ils ont, enfin, démesurément, élevé les gros traitements, au moment où Fou avait inauguré une politique de rappel d'impôts.
Et, pendant que ces mêmes décrets surchargeaient de taxes les petite* et les moyens contribuables, ils dégrevaient les grosses firmes et les grosses entreprises «en diminuant la progressivité dans l'impôt général sur îe revenu. Ils réduisaient aussi devins de 25 0/9 les droits sur les successions des multimillionnaires, alors qu'ils augmentaient d'autant îe» droits sur les auLres héritages (comparer les taxes du Journal officiel du 26 juin 1920 et celles du Journal officiel du 4 août 1926).
Enfin, comme si cela ne suffisait pas, les modestes bénéficiaires des retraites ouvrières et paysannes se sont vu refuser, au cours de la séance du 10 novembre 1927, le morceau de pain qu’on leur donnait déjà, parcimonieusement, avant la guerre ; les petits déposants de Caisses d'épargne viennent de voir réduire, par une mesure gouvernementale, à un taux dérisoire/ les intérêts, déjà infimes, qu'ils recevaient.
Électeurs,
L’heure est venue de mettre un terme à ces iniquités* Chacun doit contribuer, proportionnellement à ses facultés, au relèvement du pays. Il est du devoir de l’Etat de ne pas décourager la petite épargne et de veiller à ce que le coût de la vie ne soit pas au-dessus des ressourcés des travailleurs.
Plus de favoritisme. Voilà la vraie justice 3
Indispensable au point de vue social, elle doit aussi présider au statut des nations, et nos efforts doivent tendre à ce que, dans le règlement des dettes interalliées, soit mis en lumière ce principe qu'une guerre subie par plusieurs peuples pour une même cause ne doit pas avoir pour épilogue la ruine de tous et l'enrichissement d'un seul.
L œuvre de paix, enfin, doit être poursuivie : à l’extérieur, par un programme de sécu-
ritê, de désarmement et d’arbitrage, si courageusement élaboré par la Société des Natîoagà l'intérieur, par la reconnaissance' des droits et des devoirs de chacun, si éloquemment formulée, en 1789, par la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.
Paul COURRENT
Maire de Nèrae, — Conseiller général.
Mon pu oc ra mme,
P Suppression de la superHscalilé, des droits de consommation et de la taxe sur le chiffre d'affaires* Leur remplacement par une stricte application de T impôt progressif mv îe revenu global avec abattement à la base. Plus juste répartition des impôts ;
2a Poursuite du redressement financier par : îa mobilisation de notre créance sur l’Allemagne à laide d'obligations négociables; le règlement des dettes interalliées, en tenant compte de la liquidation de cette créance et de la possibilité, pour la France, de transférer ses devises à l’Amérique sans nuire à son unité monétaire; la stabilisation de notre monnaie, au moment où cette opération va présenter le moins de dommages, et cela avec une légitime compensation pour les petits porteurs de rentes françaises d’avant guerre, aujourd’hui malheureux ; 1 activité de notre production nationale ; la mise eu valeur, au profit de TEtat, des richesses considérables, mal exploitées, de nos colonies ; la révision des grosses indem- Mités des régions libérées; la diminution des gros traitements, la suppression du gaspillage, dont est un exemple, fa construction en deux séries, devant coûter 10 millions, du magasin de tabacs d Aiguillon, Je m’opposerai formellement à la construction de la deuxième série, qui entraînerait la suppression du magasin de Damazan ;
3° Protection de 1 agriculture : Egalité du régime douanier entre l'agriculture, le commerce et 1 inJuslrie, non dessaisissement par le Parlement de sa prérogative d'approbation des droits de douane; subordination, en général, du prix de vente des produits agricoles à leurs prix de revient :
Politique du blé ; Stabilité du prix du blé, d’une récolte à l’autre, en fonction du coût de production, avec primes de magasinage pour les livraisons tardives* Déclaration à la récolte. Importation du manquant et stockage des excédents par l'Etat. Réglementation sévère des admissions temporaires.
Politique du vin : Abaissement équitable du droit de circulation et des tarifs de Irana* port. Retour, pour les bouilleurs de cru à la loi de liberté de 1906.
Politique du cheptel national : Suppression de la consommation delà viande frigorifiée dans les casernes et dans les hôpitaux*
Fixation équitable, également sur le prix de revient, du prix de la récolte du tabac ; juste attribution d’une prime k la finesse.
Défense des intérêts légitimes des résiniers*
Recherche des palliatifs à la crise de la main-d'œuvre agricole; allocation de primes â l’ouvrier agricole, fidèlement attaché à la culture du sol.
Déiense des intérêts des chasseurs et des pêcheurs : Tolérance pour la chasse au* palombes, aux alouettes et aux petits oiseaux; abaissement du prix de la poudre et du prix dm permis de chasse ; permission de la pêche les dimanches et jours fériés ;
4* Lutte contre la vie chère par la suppression des droits de consommation, ainsi qu'il e»t dit plus haut ; par la diminution des frais de transport qui viennent, au contraire, d'être augmentés le 1er mars 1928 et. par la surveillance des banques ;
Programme social : Ratification des conventions de Washington. Création de l'assurance chômage. Meilleure adaptation de la loi sur es assurances sociales aux intérêts dea-
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agriculteurs et aux intérêts qui doivent rester intangibles des sociétés de secours mutuels. Défense des intérêts des victimes de la guerre, do travail et des anciens combattants ;
6° Programme politique : Maintien des lois de laïcité de la République. Protection de Fécole laïque. Admission de tous les enfants k renseignement secondaire gratuit, ce qui, d’ailleurs, ne saurait impliquer le monopole de renseignement, ainsi que Ta déclaré le Ministre de T Instruction publique ;
7° Application immédiate de îa réduction à un an du service militaire. Gratuité des voyages pour les soldats permissionnaires.
Girconscriptio n de V IL L E NEUVE- SUR- L OT .
M. Georges LEYGUES
Kiu au’ premier tour de scrutin. — 1 1 341 voix*
Chers Concitoyens,
Je sollicite de votre confiance le renouvellement de mon mandat.
Je me présente à vous tel que je Fai toujours été. — Républicain, j'ai toujours combattu toute ma vie pour la République et pour la France* Je ne changerai pas.
Démocratie. | — Progrès. — Défense sociale.
La République n'est plus contestée. Fidèle à son principe, elle doit être, plus que jamais le régime de la démocratie, large et tolérant, que peuvent accepter tons les Français. Ses lois politiques et laïques ont assuré Fïndépendance de FEtat, Fessor économique, le progrès social et la neutralité de Fécole, inséparable de la liberté de conscience.
Maintenant elle doit hâter la réalisation de son programme, interrompu par la guerre : améliorer le sort des travailleurs et des déshérités ; combattre les fléaux : tuberculose, alcoolisme, misère, taudis, qui déciment la race ; développer îa propriété en stimulant la production et les échanges, assurer à Fagriculture, au commerce et à Findustrie, les encouragements et la protection qui leur sont indispensables* Là ne doit pas se borner son action* 11 faut qu’elle barre la route à la propagande communiste qui vise à détruire Fordre, la famille, la propriété, l'intégrité nationale, à provoquer les troubles civils et à paralyser le travail, à Fheure meme où le pays a besoin de fournir son plus grand effort de redressement .
/F union.
Pour que cet effort ne soit pas stérile, il faut que toutes les forces y collaborent. L’union reste une nécessité et un devoir. Non pas une union précaire et sans noblesse qui imposerait à chacun de nous Fabandon de ses croyances ou de ses opïnions5 mais l'union loyale et forte que fait naître Fimminenee du danger et qui s'exprime par F oubli des querelles anciennes^! par la volonté inébranlable de tout subordonner au salut de la patrie.
Paix et sécurité* \
Le pays répudie les doctrines impérialistes et les aaribïtiong conquérantes. II veut h sécurité. Tant qu'il n'aura pas obtenu les garanties formelles et positives qui le mettront à 1 abri d'une nouvelle agression , il devra disposer des forces nécessaires pour la protection de sa frontière et la défense de ses intérêts et de ses droits.
Aucun peuple n'a souffert plus cruellement delà guerre que le peuple français. Aucun ne désire plus sincèrement la paix. Aucun n'y travaille avec plus d'ardeur à la Société des Nations et dans les actes de sa vie internationale. Les traités d'arbitrage qu’il a signés, les initiatives qu’il a prises, les propositions qu'il a faites pour éteindre les haines, réveiller le sentiment de la solidarité humaine et rendre tout conflit impossible, en' fournissent une preuve éclatante.
La marine..
En 1925, j’ai été rappelé au Ministère de la Marine que j’avais dirigé aux heures les plus tragiques de la guerre. Je ma suis assigné un seul but : reconstituer nos forces navales pour donner à la nation la marine de sa politique. L'œuvre était vaste et compliquée. Pourtant, les progrès accomplis en 1920 et 1927 ont répondu aux plus hautes espérances. Les constructions neuves ont été activées. Les bâtiments entrés en service égalent et souvent surpassent les meilleurs bâtiments des marines étrangères. Pour tirer de ce matériel le maximum de rendement, il nous faut un personnel d’élite. Noos l’aurons. L’amélioration du sort des officiers cL des matelots, la réforme des écoles^, 1 organisation des croisières si utiles à l'entraînement des hommes et au développement de notre prestige, ont réveillé h vocation navale. On ne sort plus de la marine ; on y revient. Le nombre des candidats aux écoles et des engagements dans la flotte a plus que doublé depuis 1926. Grâce à une politique de stricte économie et à un aménagement rationnel des services, j'ai obtenu ces résultats tout en réduisant les frais généraux de mon Ministère de 13 0/0 à 7 0/0.
Malgré l’entrée en service et la mise en chantier de 49 bâtiments nouveaux en 1927, le budget de la Marine est inférieur de 500 millions à ce qu’il était en 1914.
Le redressement moral de la marine il est pas moins frappant que son redressement matériel. Le sentiment du devoir, le respect de la discipline ont été rétablis par une action à la fois bienveillante et ferme. J ai défendu nos forces navales contre la propagande communiste qui, sur les ordres de Moscou, s’efforce de les désorganiser. J'ai prolégê les enfants que les familles nous confient contre les excitations des meneurs qui, abusant de leur inexpérience et de leur jeunesse, les poussent à la révolte et disparaissent quand arrive l’heure des responsabilités.
L œuvre du MiniMère Poincaré *
Je me suis associé activement à la politique de reconstitution nationale inaugurée et poursuivie si heureusement pour le pays par M. Raymond Poincaré. Vous savez ce qu'était notre situation en juillet 1926. Vous savez ce qu elle est aujourd'hui, La livre a été ramenée de 240 francs à 121 francs. Notre crédit a été restauré. La confiance a été rétablie. Les allai res sont devenues possibles. Le chômage, qui sévit en Angleterre, en Allemagne, aux Etats-Unis, en Belgique, en Italie et en Russie où il fait des millions de victimes, a presque disparu de chez nous. Des réformes sociales importantes ont été votées. L'électrification des campagnes est en voie de réalisation. Malgré les plus graves difficultés financières qui ont pour cause initiale la carence de l’Allemagne au chapitre des réparations, un ensemble de mesures tendant à diminuer nos charges et à donner des encouragements anx producteurs de la richesse publique ont été adoptées. Ce ne sont encore là que des remaniements indicatifs qui devront être suivis de réformes profondes tendant à 1 allégement progressif et
continu des impôts. Les fonds d’Etat et la rente ont été revalorisés. Grâce à la hausse de leurs titres, les porteurs ont réalisé, en quinzo mois* un gain qui dépasse un milliard. Enfin, le service militaire que j'avais propose de réduire de trois ans à dix-huit mois, quand j- étais Président du Conseil, sera réduit à un an en 1930, en vertu de la loi que le Gouvernement a fait adopter.
Je me borne à marquer ici les points principaux de l'œuvre qui a été accomplie par le Ministère actuel, sous l’autorité éminente de son chef. Un exposé plus complet va vous être distribué et vous en fera connaître les détails;,
/ h fa u t term îner celle œ uvre.
Il faut poursuivre cette œuvre dans les conditions mêmes ou elle a été entreprise et avec une majorité républicaine résolue à la mener à son terme* Tout changement dans les principes qui Pont inspirée et dans les méthodes qui en ont jusqu’ici assuré le succès, nous conduirait à de nouvelles crises et finalement à la catastrophe!
Un seul mot de la politique locale et régionale* Je défendrai demain avec autant d énergie que de vigilance, comme je fai fait hier, les intérêts de notre arrondissement, de nos communes, de notre chère ville de Villeneuve et de mets compatriotes. Comptez tous sur mon absolu dévouement.
Geouges LEYGUES
Député sortant. — Ministre de la Marine, Ancien Président du Conseil.
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