‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1928Chapitre 159 sur 336 · M. UE CHAMBRUN · texte numérisé non relu

M. UE CHAMBRUN

Élu au premier tour de scrutin, — 6 , 804 voix.

Mes chers Compatriotes,

Trente ans de confiance et d’estime, trente ans durant lesquels vous m avez charge de

soutenir au Parlement les revendications qui vous sont propres étd y servir les grands intérêts dé la patrie, m'autorisent aujourd'hui à solliciter le renouvellement d un mandat que j'ai tenu sans interruption de vos libres suffrages*

Sept fois, des majorités imposantes ont approuvé, sur mon norh,un programme d ordre et de liberté.

C’est le même que je propose encore, conscient d avoir fidèlement rempli mon mandat, certain que votre sentiment politique n'a pas changé.

Apres de dures années de guerre et une laborieuse reconstruction, les institutions républicaines de la France victorieuse ont vu s'accroître leur prestige et ont reçu, en quelque sorte, une consécration dans le retour à l1 unité nationale de nos provinces perdues.

Elles ont suffi, en effet, à la lourde tâche de conduire la lutte, aussi bien qu â celle d’organiser la victoire, sans qu'il ait fallu recourir à aucun empiètement sur J es libertés du peuple.

Mais ce prestige glorieux que la République a acquis dans le monde lui impose ane fidélité rigoureuse au principe de liberté qui fait sa force, et qui est sa raison detre.

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Généreuse, pacifique, tolérante* Elle se doit à elle-même d etre ouverte a fous, respecter les croyances et les coutumes, aussi bien que les aspirations légitimes de chacun.

Elle a l’obligation d'entretenir chez tous les citoyens, et dans la jeunesse en particulier, cet amour de la patrie dont notre peuple a su donner, au moment du péril, un si magnifique Exemple*

Elle se doit aussi d'achever le relèvement financier què l'Union nationale a rendu pos~ sible^ et qui nous ramène aux conditions normales de prospérité.

Elle se doit enfin de proscrire ie gaspillage des deniers publics, de réaliser des écono mies, sans (ou te fois ralentir l’œuvre sociale que réclament nos sociétés modernes ni na lyser l’activité industrielle et commerciale, ni, surtout, entraver l’essor de l’agriculture" source de vie pour l'ensemble du pays. b 1

Partant de ces prémisses, je réclame îa liberté de conscience* la liberté de culte et d'as soctali on, la liberté d Enseignement qui garantit aux parents l'exercice d un droit incontestable* celui d’élever leurs enfants à lecole de leur choix.

t L'émulation ne peut que profiter à fécole publique elle-même* qui sera d'autant plus estimée que les croyances y seront loyalement respectées.

Les circonstances exigent de faire trêve aux luttes intérieures.

Comme par 3e passé* je suis partisan du maintien des relations diplomatiques avec le $ftint Siège.

Sans modifier le sens générai de k loi sur les associations, le souci de la justice et du bien public nous engage à poursuivre le redressement des clauses d'exception qui frappèrent les congrégations religieuses, dont certaines contribuent pour une si large part à l'expansion française en Orient et à l’étranger.

Pour les fonctionnaires* je demande les libertés raisonnables et des traitements Adéquats.

Il était devenu impérieux de pratiquer une politique financière saine* et de relever la valeur dépréciée de notre monnaie. Une majorité s’est groupée dans la dernière législature en vue de remplir cette tâche.

Il a fallu s’imposer une méthode ; celle-ci a déjà produit d'heureux résultats.

Mais 1 amélioration de notre situation* obtenue par des mesures d'ensemble, n’a pas été réalisée sans de lourds sacrifices dans tous les domaines* et dont la terre* malheureusement, a eu à supporter une part disproportionnée.

On a eu raison de préférer à l’enquête vexatoire et coûteuse le système forfaitaire pour établir I impôt sur les bénéfices agricoles, mais pour que ce système soit juste, il est essentïel que le taux soit très bas.

Nous avons réduit de 50 0/0 le taux des bénéfices agricoles pour l’année 1928. Il convient de le diminuer encore en même temps que l’impôt foncier, surtout au profit des

départements à sol pauvre où le taux ne saurait être le même que dans les pays riches et fertiles, r j

Dans celte révision nécessaire, nos efforts pourront être utilement secondés parles vœux <ïu‘ émettront les chambres d'agriculture.

L’artisanat, pourvu, en 1925, de chambres de métiers, mérite d’être soutenu et encouragé.

Dans l’intérêt du petit commerce, la simplification du système actuel d’impôt sur le céiîffre d affaires doit, être entreprise sans retard.

Je protesterai toujours contre toute mesure dont la tendance serait de vider les campagnes au profit de la grande ville déjà surpeuplée* ainsi que contre celles qui diminueraient l'importance des petits centres.

Nous ne saurions oublier non plus l'amélioration du sort des travailleurs* les réformes sociales, 1 organisation professionnelle* la lutte contre les fléaux sociaux et contre les logements insalubres,

La paix extérieure demandait une garantie* qu'en l'attente prolongée des mesures de désarmement les accords internationaux ont tenté d’établir sous régi de de la Société des Nations. ;

La France* résolument pacifique* a favorisé ces efforts. Elle a eu à cet egard l'honneur d'heureuses initiatives,

Ln durée du service militaire a été diminuée par une loi récente.

Mais tant que nous ne serons pas à 3'abri d une invasion nouvelle de notre territoire, »os forces militaires sont le plus sûr garant de notre sécurité.

Saluons ici les nobles devanciers de nos jeunes classes — nos anciens combattants — gloire de la terre française qu'ils ont libérée par leur bravoure 1

Notre sollicitude ne se relâchera pas à l’égard des mutilés, des veuves et des orphelins de la guerre, dont les pensions insuffisantes, loin d’être en rapport avec leur sacrifice, constituent pour le pays une dette à jamais sacrée*

L’heure des dissenssions stériles est. passée* Unissons-nous pour rendre à la France ïa place prépondérante qui lui appartient parmi les nations.

Mettons en œuvre tonte son activité, utilisons les richesses de son sol, cherchons à développer sa production l

Que les merveilleuses qualités de notre race, ses ressources intellectuelles et morales, son endurance et son génie, ne se dissipent point dans F utopie inféconde et vaine, mais qu’elles se rassemblent pour de glorieuses réalisations 1

C’est l’union qui a fait notre victoire* C’est F union qui assurera notre grandeur dans la liberté, l’ordre et la paix î

Vive la France !

Vive la République l

Yive la Lozère !

Marquis de GHÂMBRUN

Député sortant, — Candidat républicain.

Circonscription de MENDE,

M, BRINGER

Elu au premier tour de scrutin. — 5.524 voix.

Mes chers Compatriotes,

En 1898, vous avez approuvé le programme républicain de liberté et de réformes démocratiques, que vous présentait mon excellent ami M. Paulin Daudé, notre sympathique sénateur. Ce programme, vous Pavez ratifié sept fois depuis cette date. C’est le même que je vous présente aujourd’hui; une partie a été réalisée, mais F oeuvre de demain reste considérable*

Ce programme est simple : il se résume dans les trois mots inscrits au frontispice de nos monuments publics :

Liberté, - — Égalité. — Fraternité*

Au premier rang de mes préoccupations : la liberté, non pas une liberté pour quelques-uns, mais la liberté pour tous, liberté de conscience, liberté du culte, dont 1 exercice est compromis par la loi de Séparation; liberté d’enseignement, qu’a violée îa fermeture des écoles libres, en retirant aux parents le droit de faire élever leurs enfants

par les professeurs de leur choix : à beaucoup, comme à moi-même, il répugnerait d’en confier l'instruction a des instituteurs communistes.

Liberté d'association et d’enseignement pour les religieux et les religieuses; au jour du danger, ils sont accourus pour la défense de la patrie; il serait odieux de les chasser h nouveau de leur pays.

Egalité, c'est-à-dire étude et solution des problèmes qui intéressent le monde du travail, les déshérites et les humbles : ceux-là , plus que les autres, ont droit à F aide et à la protection du législateur, aide et protection qui ne peuvent leur être efficacement accordées que dans une France unie, réconciliée, pacifiée.

Si cette union, que j’appelle de tous mes vœux, se réalise au soir du 2'2 avril, ii sera possible à la Chambre de demain, sous l’égide du grand Français qui, depuis vingt et un mois, préside aux destinées du pays, de s’attaquer aux grands problèmes de l'heure : Développement de la production, accords commerciaux de longue durée; modernisation de l'outillage national ; intervention de I Etat pour favoriser l’activité et l’aménagement rationnel des forces productives; électrification des campagnes; diffusion du téléphone; amélioration du réseau routier; défense de l’agriculture; réduction des impôts, dès que notre monnaie sera assainie; intensification de la production par l'abaissement du prix des engrais et des tarifs de transports; crédit agricole libéré des entraves qui empêchenL son action; extension des prêts à long et à court terme, permettant à ceux qui fondent un foyer, l’acquisition de la propriété familiale; assurance des agriculteurs contre les risques essentiels de leur profession; modification a la loi de 1905 sur la tuberculose bovine, ind/épendamment de celle qui ramène le délai de garantie d’un mois à neuf jours et qui crée une caisse d’assurances pour payer aux agriculteurs une grosse partie de la perte éprouvée.

Fraternité, c est-à-dire union, entr’aide fraternelle entre Français et action combinée de toutes les démocraties.

Les mutilés, les veuves, les orphelins, les ascendants ont droit à toute notre sollicitude. Je soutiendrai les revendications formulées, à Versailles, par les États généraux de la France meurtrie.

Notre reconnaissance doit être également acquise à tous ceux qui ont combattu pour le salut de tous,

La Société des Nations devrait devenir l’organe suprême de justice internationale et 1 instrument des réconciliations sincères et durables entre les peuples, en réglant tous leurs différends par une procédure pacifique. J’exprime le vœu que des efforts soient faits pour arriver à la réduction du service militaire et au désarmement général sans compromettre la défense nationale.

Mes chers Compatriotes,

Depuis huit ans et demi, j’ai le 1res grand honneur de vous représenter au Parlement. J’ai toujours su prendre mes responsabilités. Lorsque j’ai émis un vote important, mes regards se sont toujours tournés vers mon pays de Lozère, et j’ai la satisfaction de constater que mes adversaires, eux-mêmes, ne me reprochent pas un seul de mes votes.

Si, demain, je suis a nouveau votre élu, vous pouvez être surs que tout ce que j’ai de force d’énergie et de dêvoueiuent, je le mettrai au service de l’arrondissement de Mende et de tous ses habitants, sans distinction.

Vive la République démocratique!

Louis BRINGER

Dépoté sortant.

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