M. BOYER
Elu au deuxieme tour de scrutin. — 9.020 voix.
Chers Concitoyens,
Elu en 1924 sur une liste de proportionnelle politique et d1 Union nationale, je repré-* sentais plus particulièrement sur cette liste la première circonscription .d'Angers, et c’est aux électeurs de cette circonscription, composée des cantons Nord-Est et Sud-Est d’Àngers, que je viens demander aujourd'hui le renouvellement de mon mandat.
Depuis plus de huit ans que je suis Conseiller général du canton Nord-Est, depuis quatre ans que je représente Loute la circonscription au Parlement, j’ai conscience d'avoir, tout en défendant les intérêts particuliers de la région, bien servi l’intérêt général avant tout autre.
Membre de l'Alliance démocratique depuis quinze ans, toujours élu comme républicain de gauche, je reste républicain de gauche.
Je n'ai jamais pratiqué et ne pratiquerai pas une politique de parti pris ; adversaire de tonte opposition systématique, je recherche ce qui peut unir les bons citoyens et déplore ce qui les divise.
En 1924, mes colistiers et moi, nous disions dans notre profession de foi :
« Unis sur une liste, où chacun de nous conserve ses opinions, nous voulons tous la grandeur et la prospérité de la patrie dans l’ordre, le travail et la liberté. »
Celte liberté d’opinions que chacun de nous réservait, nous en avons usé les uns et les autres suivant nos tendances, mais tous avec le même souci de bien servir le pays.
La Législature, qui vient de se terminer, avait une mission très lourde à accomplir : poursuivre la liquidation financière de la guerre et organiser la paix. Cette mission a été rendue irréalisable pendant les deux premières années par l’absence de majorité homogène et stable ; la formule électorale qui avait réuni socialistes et radicaux, le 11 mai, n'avait pu donner qu’une majorité impuissante parce que, composée d’éléments à doctrines totalement différentes et inconciliables, et il aura fallu perdre deux ans et subir la crise de 1926 où toute l'économie de notre pays a failli sombrer pour que le Parti radical-socialiste renonce à la chimère de la collaboration socialiste et qu’une fraction de ce parti consente à participer ù la politique d'Union nationale qu'avec mes amis, nous avons toujours proposée.
Je m’honore d’avoir été l’un des fondateurs de T intergroupe républicain, composé de députés venant de tous les groupes républicains et radicaux et dont la fondation a assuré une majorité stable au Ministère d’ Union nationale qui a ainsi pu gouverner.
Depuis lors, citoyens, un grand travail a été accompli^ la situation financière du pays s est considérablement améliorée, mais ne croyez pas que tout risque soit passé.
Les partis, tout en restant dans leur cadre, doivent encore faire à la nation le sacrifice de leurs préférences. Une dette flottante importante reste encore à consolider. Le rajustement de la situation économique avec la situation financière est à achever ; d'importantes lois sociales ne pourront être votées on appliquées que grâce à un esprit de collaboration étendu, et notre pays, qui poursuit à la Société des Nations une si noble politique d’ organisation de la paix, n’aura vraiment l’autorité suffisante que si son Ministère bénéficie d'une large union de tous les partis de gouvernement.
C’est dans ces sentiments que je vous demande le renouvellement du mandat que vous m’avez confié, il y a quatre ans.
Voici le programme que je défendrai ;
Politique intérieure :
Ne rien toucher à la laïcité de l’Etat et être en faveur de la plus large liberté de pensée, philosophique et religieuse.
Je ne suis partisan d’aucune loi d’exception ; je veux Le droit commun pour tous, ce droit commun ne permettant d’ailleurs pas d’attenter au droit de son voisin.
Politique extérieure :
Pratiquer une politique de collaboration avec toutes les autres nations, les frontières constitueront de moins en moins, clans l’avenir, des murailles de Chine ; le développement des moyens de communications et les progrès de la science permettent et rendent indispensable à la vie économique des nations cette collaboration sans laquelle, avec les besoins de la vie moderne, aucune ne peut se suffire.
Sans être un mystique de la Société des Nations, je crois en son avenir pour améliorer nos relations avec tous nos voisins.
Politique militaire t
Appliquer la loi d‘nn an et les nouvelles lois sur Inorganisation de l’armée dans les délais prévus. Assurer la sécurité de nos frontières.
Fol i t i q ue écono m i que ;
Voter toutes les lois de nature a favoriser l’essor économique de notre pays, développer sa production industrielle et. agricole, organiser ses débouchés à Intérieur eL son outillage national, notamment dans nos colonies où presque tout est encore à faire.
Faciliter ef améliorer les transports pour étendre le rayon d’action du commerce et réduire les prix ce consommation.
Politique sociale :
Reconnaître des droits spéciaux aux familles nombreuses, veiller à l’application des lois d’assistance, améliorer ces lois, veiller à l'application libérale de la loi des pensions de guerre aux blessés, mutilés, orphelins, etc., obtenir la reconnaissance plus effective des droits des ascendants.
Soutenir la mutualité, obtenir pour elle une large part dans l’application de U loi sur les assurances sociales, loi récemment votée, mais dont les modalités d'application sont encore imprécise**
Développer la construction de logements ouvriers sains et agréables, faciliter leur acquisition par leurs locataires en application des lois existantes qui doivent être améliorées ; supprimer le tandis et appliquer les lois d’hygiène.
Développer le* œuvres sportives et, en général, fout ce qui a trait à I éducation physique et morale do la nation.
Politique financière :
'Maintenant que V équilibre indispensable du budget est atteint, rechercher un meilleur aménagement des impôts et une répartition plus équitable et vraiment proportionnée au moyen de payement de chacun.
Réduire, en particulier les impôts et taxes de consommation portant sur les matières alimentaires les plus indispensables à la vie*
Rechercher toutes les économies possibles dans les dépenses de l'Etat, particulièrement parmi les dépenses non génératrices de richesse ou de progrès.
Je suis favorable à une stabilisation du franc ù son cours actuel comme point de départ vers une revalorisation lente et progressive, revalorisation qui devrait correspondre à une diminution du budget et, par conséquent, à une réduction des impôts* Geci suivant les principes que j'ai soutenus récemment à la tribune de la Chambre.
Voici résumée, mes chers Concitoyens, la politique d'Union nationale et de progrès social b laquelle je vous demande d'adhérer* Elle ne comporte aucune abdication républicaine et elle conditionne le succès définitif de l'œuvre de redressement national entreprise par le Ministère Poincaré.
Vive la France !
Vive la République !
Edmond BOYER
Vice président du Conseil générai.
Candidat de concentrai ion républicaine et nationale*
2\ circonscription d 'ANGERS-
M, Feudixand B O U G EBE Élu au deuxième tour de scrutin. — 11.196 voix.
Messieurs les Électeurs,
Je n'aî jamais varié.
Élu en L9 19 et 1924 sur la liste d1 Union nationale; ce n’est pas pour les besoins du jour que, j'inscris l’Union nationale en tête de mon programme. Je l'ai observée; j’ai soutenu le Président actuel du Conseilles Ministres contre le Cartel des gauches adversaire dë T Union. Elle s'impose : sans la trêve des parLis, il ne saurait y avoir ni confiance ni amélioration du franc ; la France désorganisée ne se réorganiserait pas.
L'Union n'exclut ni l'affirmation des principes ni l’examen des sujets matériels à la défense desquels j’ai concouru et suis encore résolu a concourir.
Je suis et continuerai d être :
Pour renseignement du patriotisme et le respect par tous du traité de Versailles et du drapeau tricolore. C'est là la vraie sauvegarde de la paix et la sécurité de nos frontières.
Pour l'ordre condition première de la tranquillité publique. Le désordre, c est 1 ennemi chez nous déjà pendant la paix.
Pour la justice pour tous qui règne* dit- on à la Société des Nations mais qui ne règne pas en France où une loi tient encore hors de la Patrie des religieux, vos camarades de guerre* anciens combattants l Pour les droits intangibles de la famille, le respect des consciences, du culte, de l’enseignement, de nos convictions catholiques, pour la répartition proportionnelle scolaire.
Pour les libertés municipales, la liberté du travail, les libertés individuelles.
Pour la propriété, sa libre transmission par L'héritage, la diminution des tarifs qui en absorbent bientôt plus qu'il en reste. Le droit des bouilleurs de cru dérive directement du droit de propriété. Je suis pour son rétablissement intégral, tel qu'il était avant la réduction due à l'appétit des profits qu'elle procure aux intéressés directes qui réclament encore le maintien de cette réduction.
Contre Pétalisme,
Pour le rétablissement des finances par clés réformes dont celle des monopoles et par toutes les économies réalisables et non par des impôts aussi accablants que tracassierg. Pour la suppression des impôts personnels. Pour les plus profondes modifications à ceux sur le chiffre d'affaires, les bénéfices commerciaux, les bénéfices agricoles, les salaires, contre le prélèvement sur le capital. — Les associations syndicales de contribuables, par leurs justes réclamations, y aideront d'autant plus puissamment que leur pondération égalera leur fermeté*
Pour la consultation, préalable à la rédaction et au vote des lois, des organisations professionnelles*
La mutualité doit avoir la plus large part à rétablissement et au fonctionnement de toutes les lois sociales.
Mon vote a toujours été favorable à la réduction du nombre des députés. Paris et le Midi submergent le reste de la France. J'ai toujours voté l’obligation pour les députés de voter eux-mêmes*
Ainsi vous le voyez, riverains sinistrés par la Loire navigable, habitants des villes et des campagnes qui vivez et faites vivre les autres du commerce de la terre, de la vigne, de rélevage ou qui les aidez tous dans les professions libérales, artisans et ouvriers de la prospérité générale, vous encore à l'activité du travail ou retirés qui demandez à jouir en paix du produit de votre labeur passé, tous vous avez eu votre large part de ma sollicitude*
Victimes de la guerre, dont j ai, tant de fois, fait hâter la solution et le succès des demandes individuelles conformes aux lois, je ne vous ai pas ménagé mon appui.
Il a été acquis à tous sans distinction d'opinion.
De nombreux syndicats, des associations, des fédérations, des orienteurs d'opinion m'ont écrit pour m’imposer des engagements* L'un d'eux m'a posé jusqu'à cinquante questions* Et chacun se croit seul ! Je m'excuse de ne pouvoir répondre à cette multitude, — Je prie que Pon veuille bien se reporter à ce qui précède. S'il y manque quelque réponse aux désirs exprimés dans les questionnaires, je dis seulement :
Indépendant par caractère et de fait, j'agirai, en toute circonstance sous l'inspiration d'une conscience qui m a valu pendant trente années d'une vie publique commencée à 20 ans et passée sans trêve ni relâche à son service, la cou (lance de tout mon pays. Maintenant jugez et prononcez- vous.
Venez aux urnes sans abstention*
Que votre choix soit favorable à la France*
Je suis son serviteur. Je suis le vôtre.
Ferdinand BOL1 GERE
Député de la 2e circonscription de Maîûo-et-ioire*
Circonscription de B AUGÉ,
M. IIÉRARD
Elo au deuxième tour de scrutin. — 9. 146 vôix.
Mes chers Concitoyens,
J’ai l'honneur de solliciter vos suffrages à la prochaine élection legislative du *22 avril, au nom et comme candidat de la Fédération des comités républicains des sept cantons de la circonscription de Baugé qui a bien voulu, dans sou congrès du 6 novembre dernier, me désigner au scrutin secret, à la presque unanimité, pour porter le drapeau républicain.
Je vous dois, à la veille du scrutin, un exposé bref, mais précis, de mon attitude présente et de mes intentions d'avenir.
Au point de vue de la politique générale :
Dans la pensée du Bureau de la fédération, dans celle de tous nos amis républicains baugeois, dans ma propre pensée enfin, ma candidature a le caractère très simple et très net dune candidature d'union des républicains sincères et intègres de notre circonscription.
Grâce à l’heureux retour du scrutin d'arrondissement, dû à l'effort persévérant et unanime des républicains de la Chambre, mais à leur eflort à eux seuls, nous n'en sommes plus aujourd'hui, comme en 1924, à l'époque où, pour se défendre contre leurs adversaires étroitement coalisés, les partis de gauche s’étalent trouvés dans l’impérieuse nécessité d'unir leurs hommes, sans d'ailleurs confondre pour cela leurs doctrines* Aujourd'hui, chacun a pu reprendre sa liberté, mener sa propre bataille devant Le corps électoral ; et de Lavis unanime, cela vaut beaucoup mieux ainsi*
Dans une circonscription comme la nôtre, où la discrimination est facile — bleus d'un coté, blancs de l'autre — T union des républicains que nous voulons réaliser, nous entendons nettement l'opposer, je le dis sans détour, à cette prétendue Union nationale, qui n'a d’union nationale que le nom, mais qui n'est pas autre chose que la figure toujours identique dans son fond, bien que perpétuellement changeante dans sa forme, de notre adversaire de toujours, la Réaction.
L’union nationale f les élus de gauche au Parlement l'ont scrupuleusement respectée. L'union nationale dans le pays, elle, n’a comme but unique que de salir et de diffamer tout ce qui est sincèrement républicain.
Eh bien, je le dis franchement, de cette union-là, union contre les républicains, je n'en suis pas, je n’en serai jamais.
On m'a également demandé, croyant sans doute m'embarrasser, si j’étais pour ou contre Président Poincaré. Ma réponse sera nette ; elle est d'ailleurs facile. Je respecte infiniment la remarquable personnalité du Président du Conseil, homme de vaste intelligence et de haut patriotisme, qui est aussi — dût cela déplaire à nos adversaires — et c'est justement ce que j’aime en lui, un très ferme républicain, un laïque convaincu et ardent, profonde - Jnent attaché à notre enseignement public national. Je rends un sincère hommage à l’œuvre
financière accomplie par lui et aussi, car il serait injuste de les oublier, par les meilleurs de nos amis républicains qui collaborent avec lui : MM* Paüilevé, Briand, Barrant, Hemot Queuille et Perrïër.
Mais je me refuse à identifier d’une façon permanente et définitive la vie politique d*un grand pays comme la France avec un seul homme, si digne d'éloges qu'il puisse être* Ce serait vraiment trop simpliste.
Désireux de garder en tou Les circonstances cette liberté de jugement et d'appréciation qui doit être le bien le plus précieux pour un parlementaire conscienL de ses devoirs, je serai d’abord et avant tout attentif au programme ; et je dis :
Avec le Président Poincaré, ouï, de tout mou cœur et de tout mon effort s'il fait avec et pour les républicains une politique de progrès démocratique et social.
Maïs si, par impossible — ce qui ne sera d'ailleurs pas — il advenait qu'il entrât dans les vues rétrogrades de ses trop zélés partisans de droiLe, k qui d'ailleurs il a dit nettement leurs vérités lors de son récent discours de Bordeaux; si, par une aventure bien improbable il reniait son passé, pour se laisser entraîner à une politique de réaction que d'aucuns espcrenl lui .voir faire, alors j'aurais, Pâmer regret de' me. séparer de lui, certain d'avance d’interpréter fidèlement La pensée des républicains qui m’auraient fait . confiance ;en: m’envoyant siéger au Par lement.
Ceci dil, je nul pas la ridicule prétentioQ> dans une profession de foi nécessairement brève, bien que toujours trop longue cependant, d’exposer, d’une, façon complète, mes vues, sur tous les points du très vaste programme qui doit solliciter notre attention. Il n’est possible que de préciser les grandes lignes, mais d’une façon suffisamment nette pour ne pas prêter à équivoque.
Au point de vue financier :
C'est là le problème capital, celui qui préoccupe à juste titré le pays. Lé lourd héritage des dépenses de la guerre, démesurément grossi par les fautes impardonnables du Bloc national, qui, pendant quatre années, a géré le patrimoine national/ sans plan, sans méthode, a coup d emprunts répétés, avait créé un malaise financier grave, accru encore par cette odieuse campagne de panique dohf personne n’a aujourd’hui perdu le souvenir. 1
Il a fallu 1 effort concerté1 et persévérant de six anciens présidents du Conseil, tous républicains éprouves, qui ont mis en commuir leiir savoir, leur expérience et leur amours Pâys> pour conjurer un mal do ht ceux qui en Furent les auteurs voudraient faire porter la responsabilité à ceux qui, venus après, en furent les victimes.
Mais le pays ne sera pas dupe, eL les affichés rmiltièolores de^ puissances d’argent, tentant désespérément de défendre à tout prix' leurs immoraux privilèges ,11e -défigureront1 pas! a vérité:
Aujourd hui, il reste encore beaucoup à faire : amortissement de la dette publique, problème si délicat de la stabilisation ou de la revalorisation, règlement deè dettes interafi liées, autant de questions sur lesquelles il n est pas possible de prendra actuellement une position tranchée, comme certains, avec quelle naïveté, s’essayent à le faire p questions qui ne se résoudront qu avec du tetnps, de la paLiënce, de la bonne volonté, mais questions qui seront plus ou moins aisées à régler selon qu'elles seront traitées dans mv esprit1 plus ‘OU1 moins républicain.
Il faut de tonte nécessité, alléger, ou tout âu moins mieux répartir la charge écrasante des impôts que supportent avec tant de pleine les classes moyennes, celles +qui travaillent et pioduïseat, c est-à-dire celles qui font la richesse du pays* Contre la féodalité nouvelle de 1 argent, les pouvoirs publics doivent défendre les agriculteurs, les petits commerçants- des ; ai tïsans et les petits industriels, les rentiers, les retraités, les petits épargnants. C’estpour eux que les impôts doivent être mieux aménagés et mieux équilibrés. Républicain, c'est à eux, c est. aux humbles, c'est aux petits que je penserai d'abord, si j’ai l’honneur d'être par 71 vous envoyé au Parlement.
Pour répondre à la préoccupation intime de certains d'critre vous, je dirai encore nettement qu 'après avoir pensé, avec beaucoup de bons esprits, que le prélèvement exceptionnel sunla fortune acquise, si on l'avait fait à l’époque voulue, pouvait: être un précieux, moyen d’amortir nos charges financières, j’y ai formellement renoncé, et voici pourquoi : aujourd'hui qu’il est acquis que,. :aa cours des années 1924 et 1923, des. milliards: et des milliards de capitaux mobiliers, appartenant à ceux qui se qualifient, avec quelque arrogance, de seuls bons Français », se sont évadés :de France, je ne veux, plus d’un impôt auquel échapperaient presque, totalement les; grosses fortunes et qui retomberait, une fois encore, sur la petite et la moyenne propriété et sur 1 ensemble des travailleurs.
La compensation rne paraît devoir être rechercha dans un meilleur aménagement de l’impôt sur le revenu, largement dégressif à la BSse, mais sérieusement progressif au sommet.
Au point de vue de la politique extérieure et de la délense nationale :
La politique extérieure du grand citoyen Aristide Briand est incontestablement celle qui répond au vœu de la majorité du pays : politique de paix vigilante et attentive, mais aussi politique de paix sans détour ni arrière-pensée ; politique qui, à Genève, a Locamo, a la Société des Nations que nous voulons chaque jour plus forte et plus respectée, prépare par l’arbitrage, par l’assurance mutuelle et les Lraités économiques, un avenir meilleur au monde sous la haute autorité morale de notre France pacifique. /
De cetté politique, je serai, en patriote sincère, le fidèle et dévoué serviteur.
Lés républicains avaient promis au pays le service d un an. 11 est acquis, Je travaillerai à lui donner son plein effet, notamment parle développement des œuvres de préparation militaire et des sociétés sportives pour lesquelles j ai conservé toutes les sympnlnies de ma jeunesse.
Au point de vue -agricole et écono inique :
Soucieux des légitimes Te vend [cations des .agriculteurs dont les nouvelles chambres représentatives, les .associations professionnelles et les syndicats, trouveront toujours auprès de duoi baccuei’L le plus cordial et le plus attentif, j apporterai tout mon effort a la défense de leurs intérêts que, bien que notant pas agriculteur moi-même, vingt années de ma pro^ fession d’avocat m'ont déj à ap pris â bien, co nual tr e,
'Je rechercherai avec eux le moyen de protéger ce. qui est et restera toujours la richesse principale du. pays : stabilité et égalité des tarifs douaniers* réajustement des impôts agricoles ^avec le maintien. du régime du. forfait) et des tarifs de transports* aide active apportée aux coopératives agricoles,, facilités données au commerce des produits agricoles et à leur exportation j extension de 'renseignement post-scolaire agricole* extension également du crédit agricole et des assurances contre tous les fléaux naturels.
Je voudrais, pour intensifier la culture du blé, que toutes les parceLes cultivées en blé bé né Ec i e n h d’un dég rè v e me u t de Y i m p ô:L fo no i e r ,
Jei m'attacherai particulièrement au problème des engrais. Désireux de protéger les cultivateurs contre les méthodes actuelles d'accaparement* je verrais avec faveur la création d'un, Office national des; engrais* organisme central et indépendant qui*, par la collaboration desr producteurs et des consommât: airs qui y seraient également représentés’, permettrait de régiilariser d lieareuse manière les cours des engrais.
Je donnerai tout mon appui à une réforme dont je voudrais qu elle soit promptement faîte. Dans la pensée de développer au maximum la petite propriété — seule barrière efficace que nous dresserons contre les progrès du communisme, que tous les bons citoyens détestent également — je veux donner à Lous les travailleurs sérieux le moyen d acquérir le petit bien sur lequel ils peinent* par rinstitutidn du crédit à long terme en faveur de là petite propriété* Ld$ résultats remarquables obtenus sur : ce point dans ^certains pays étrangers;
nous sont un sûr garant de la réussite qui attend cette réforme dont je souhaite ardemment la réalisation.
Au point de vue plus spécialement économique, je sais la situation précaire dans laquelle se trouvent tant de petits commerçants.
Protéger le petit commerce contre les grandes firmes à succursales multiples et les spéculateurs, refondre la loi sur la propriété commerciale, réformer le chiffre d’affaires dont le caractère est vexatoire et abusif, tels me paraissent être les principaux problèmes sur lesquels devra s'exercer dans ce domaine l’activité de la prochaine Chambre des Députés.
Au point de vue social:
1 our maintenir la paix intérieure, dont notre pays a si heureusement joui depuis la fin des hostilités, alors que tant de nations voisines ont connu des crises redoutables, il ne faut pas hésiter à se pencher vers les déshérités pour leur rendre la vie moins cruelle.
A ce point de vue, la loi des « assurances sociales », récemment votée (qu’il faudra aménager d ailleurs, ainsi qu'il est unanimement demandé, pour l'agriculture) sera d'trn excellent effet. Elle doit être complétée par toutes les mesures compatibles avec les possibilités budgétaires destinées à favoriser les familles nombreuses, l'artisanat familial, les
œuvres mutualistes, à protéger l'enfance, h lutter contre la tuberculose et les habitations insalubres.
Ai-je besoin d’ajouter que les veuves et les orphelins de la guerre, les pupilles de la nation, les mutilés, les réformes, les anciens prisonniers de guerre, peuvent compter sur mon concours le plus actif pour la défense de leurs droits qu’ils ont récemment exprimés si légitimement aux Congrès des états généraux de la France meurtrie de Versailles, aux décisions duquel je souscris entièrement.
Au point de vue local :
Conseiller général d’un des sept cantons du Baugeois, ayant mis, je me permets de le ( ne, toute mon intelligence et toute mon activité au service des intérêts dont j’avais la charge, j étendrai les méthodes que j’y ai appliquées à l’ensemble de la circonscription, si j ai 1 honneur de la représenter. Par des réunions régulières arec les maires de chaque canton, par des comptes-rendus de mandat également réguliers et successifs, je ferai en sorte de rester en contact avec tous pendant la durée dudit mandat.
Notre arrondissement a besoin d’être protégé. Il a déjà perdu sa sous*préfecture et son tribunal. C est plus que suffisant; c'est même trop. Car c’est une singulière erreur de croire que la simplification administrative naît de la concentration ; bien au contraire, c'est l'arrondissement qui est la véritable unité territoriale, et c'est sur lui que la décentralisation devrait porter*
Nos routes, nos chemins de fer, nos relations postales et téléphoniques demandent une attention constante. J’apporterai tout mon effort à l’amélioration de ces services collectifs de notre arrondissement.
Préoccupé comme beaucoup de vous de la question de l’Authion.je m’emploierai à rechercher la solution du problème, non dans de coûteux et interminables travaux quasi irréalisables, mais beaucoup plus simplement dans un curage sérieusement fait qui, en liaison avec es eiina0ements piis par le Ministre des travaux publics, en ce qui concerne la destrucion ccs travaux de la Loire navigable, me paraît susceptible de garantir, dans toute la
mesure prévisible, la fertile vallée de l’Authion contre le retour des calamités qu’elle a connues.
Mes chers Concitoyens,
I elles sont, eu résumé et très succinctement, les grandes lignes de mon programme. JV a gre les attaques venimeuses dont je suis abreuvé, visant non ma doctrine républicaine,
mais me visant personnellement, soit dans mes origines, soit dans ma profession, soit dans mon passe, j’ai la fierté de croire, moi qui suis, comme vous, un filsdu peuple, vivant, comme vous, de mon seul travail, ne devant rien, comme vous, qu a mon effort quotidien,] ai la fierté de croire, dis-je, avec ies républicains qui m’ont fait confiance le 6 novembre, qnej ai quelques titres à vous demander la meme confiance pour le scrutin du 22 avril.
Ce scrutin, mes chers Concitoyens, il est d’une netteté absolue et d’une clarté parfaite:
Le pays a le choix entre trois politiques :
a) Celle de la dictature rouge, venue de l’étranger, de ce communisme destructeur qui marquerait, par la violence et l’émeute, la fin de nos libertés, dans la plus odieuse des guerres
civiles ; j
h) Celle de la domination tout à la fois des forces de réaction politique et des forces de
réaction sociale, aujourd'hui étroitement groupées conLre les véritables intérêts populaires : la domination des privilèges de caste et des puissances d'argent, la domination des intérêts associés des grands industriels et des grands financiers, les uns et les autres plus internationaux que nationaux, et quî, si par malheur ils prenaient le pouvoir, feraient leurs affaires sans se soucier des vôtres ;
c) Entre ces deux extrêmes, que nous repoussons avec une égale énergie et que le pays repoussera avec nous, est notre place exacte. Nous sommes les héritiers directs de ce grand Parti républicain, laïque, démocrate et national issu des généreux efforts de Gambetta, de Jules Ferry et de Waldeclt-Rousseau, qui depuis trente ans, au milieu des vicissitudes inhérentes à toute œuvre humaine, a conduit vers un progrès constant les destinées de la France et celles de la République aujourd'hui indissolublement unies.
Entre ces trois politiques, le choix des électeurs du Rangeais est fait, je le sais bien d’avance.
Vous êtes avec hous, vous êtes avec moi, pour la paix intérieure et extérieure, pour la justice fiscale, pour la solidarité et le progrès» El le 22 avril, vous n hésiterez pas.
Avec union et discipline, avec la conscience tranquille mais ferme de républicains qui savent ou est leur devoir et qui le font sans détour ni dé faïl lance, vous affirmerez, sur mon nom, votre volonté d’une République meilleure, orientée de façon résolue et permanente vers l’avenir.
Vive la France républicaine !
Vive le Baugeois redevenu républicain !
Jean HÉRàRD
Docteur en droit. — Avocat à U Cour d’appel d’Angers.
Conseiller général du canton de Voyant,
Candidat de la Fédération des comités républicains de la circonscription de Baugé,
lra Qlrconscripiioïi de lGHOLET.
M. DE POLIGNAG
HJ u au premier tour de scrutin. — 7 8,865 voix.
Messieurs et chers Concitoyens,
La nouvelle loi électorale ayant rétabli la première circonscription de Cholet qui, pendant de nombreuses années a été représentée au Parlement par M. le comte de Maillé, comme député et sénateur de Maine-et-Loire, et par son Ois, mou beau-père, M. Louis de Maillé, duc de Plaisance, candidat de Faction libérale populaire, et décidé à m’inspirer de leur exemple pour vous rendre service, j’ai cru de mon devoir, ayant été sollicité par un grand nombre d’électeurs des cantons de Cholet, Chcmille, dont je suis le conseiller général, et Montfaueon, de poser ma candidature dans cette circonscription.
Ma candidature a été annoncée officiellement en juillet dernier, par une lettre adressée aux maires et aux conseillers municipaux, après le vote par la Chambre des dispositions mûdiilant la loi électorale, C’est moi qui, le premier, ai fait acte de candidat.
Mon programme politique, basé sur FUnion nationale réclamée par tous les bons Français, s’inspire du sentiment du bien public et do dévouement au pays; il peut se résumer ainsi :
Dans un esprit très libéral, car respectueux du passé, je suis néanmoins un homme de mon temps, je veux faire Funion entre tous les Français, sur le terrain de la liberté pour tous, collaborer loyalement avec le Gouvernement de la République d’Union nationale, qui doit s’appuyer sur les principes d’ordre, de respect des consciences et d’union entre tous les citoyens, pour poursuivre et achever le rétablissement de la situation financière delà France, développer les institutions de solidarité et d'aide aux familles nombreuses, et organiser les forces vives du pays en vue de lui assurer Fa prospérité et sa sécurité.
Je suis républicain, partisan d’une République assurant à tous les libertés nécessaires, répudiant l’intolérance et les lois d’exception, car il n’y a pas deux catégories de Français, Je veux la suppression de ces lois.
Je demande que dans les lois fondamentales de l’État soient inscrits dans l’ordre, à côté des droits de l’État, la liberté, les droits des citoyens, les droits de la famille, les droits des associations, les droits de la patrie.
Catholique convaincu, je fais miennes toutes les revendications de la Fédération natio^ nale catholique, dont le Président est le général de Castelnau. Je veux, pour le père de famille le droit de faire élever ses enfants par des maîtres de son choix et de leur assurer Féd u cation religieuse*
Libéral, je suis partisan de la répartition proportionnelle scolaire, dans un sentiment de justice vis-à-vis de tous les enfanls, quelles que soient les écoles qu’ils fréquentent.
Ma sollicitude entière est acquise aux anciens combattants. J’ai fait comme eux mon devoir. J’ai fait toute la guerre au front, sauf sept mois.
Je m intéresserai toujours aux victimes de la guerre, mutilés, orphelins, prisonniers, veuves et ascendants, que je n’ai cessé de défendre*
Je suis partisan du vote familial qui donnerait aux citoyens une puissance politique en
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rapport avec leurs charges, leurs responsabilités eL le service quais rendent au pays au point de vue économique*
Je veux assurer à l’agriculture l’écoulement normal de ses produits et aider ceux qui par leur labeur quotidien, font produire à notre sol de France la richesse indispensable à la v.e nationale ; ]e demanderai la révision des évaluations cadastrales. Je veux donner aux travailleurs du commerce, de l’industrie et de la terre, des moyens suffisants pour supporter leurs charges de famille et assurer la sécurité de leurs vieui jours; je veux favoriser le développement de 1 industrie et du commerce par l’amélioration des transports, des routes des télégraphes et téléphones, et la réduction des tarifs de transports, aujourd’hui exagérés' Les charges fiscales qui pèsent sur les ouvriers, sur les familles nombreuses, sur les commenants et sur les agriculteurs sont aussi excessives.
fous mes efforts tendront à en demander une répartition équitable et proportionnelle aux moyens de chaque contribuable, eL, mieux encore, à les diminuer, c’est à-dire à revenir aux anciens impôts réels, sans Inquisition ni vexation, en évitant de gaspiller les deniers publics et en favorisant le mouvement des affaires, en développant la propriété agricole.
Je demanderai que le vote des députés soit nominal et que leur présence à la Chambre soit exigee dans certaines conditions.
Je demanderai qu’il soit interdit aux membres du Parlement, pendant la durée de leur man n f c c dire partie de conseils d administration de sociétés financières^ afin qu'ils puissent se consacrer à leur mandat, sans préoccupation de questions d’intérêts particuliers/ qui vont si souvent à 1 encontre de l’intérêt général.
Sur toutes autres questions, on me trouvera toujours résolu à toutes les solutions dans le sens de la liberté et de la justice.
Profondément attaché à l’Anjou où j’ai trouvé tant de sympathies de la part de ceux qui ont bien voulu m accorder leur confiance en me nommant conseiller général, en souvenir de ceux des miens qui les ont jadis représentés si longtemps.
Je puis assurer les électeurs de la première circonscription de Cholet que. s’ils me font honneur de m envoyer siéger au Parlement, je n’aurai qu’un but : défendre leurs libertés, leurs intérêts, et me rendre digne, par mon activité et mon inlassable dévouement, de la confiance qu ils m auront témoignée.
J ajoute que, poui rester en contact permanent avec eux, je ferai ce que j’ai fait comme conseil er general et j aurai une permanence qui sera ouverte un jour par semaine à Cholet, pour y recevoir tous les électeurs*
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Vive la France !
Vive la Va circonscription de Cholet î
François de POLIGNAC
Maire de la Juraellière* — Conseiller général. Membre de la Chambre départementale d'agriculture. Candidat républicain d’Union nationale.
2e circonscription de CHOLET.