M. VALLAT
Elu au premier tour de scrutin. — 9.358 voix.
Chers Compatriotes,
Apres avoir été à deux doigts de sa perte par la faute des faux- monna jours du Cartel, la France renaît peu a peu grâce à 1 union nationale qui s’est faite sur le terrain économique autour du meme chef de gouvernement que le Cartel avait chassé du pouvoir en mai 1924.
Nous sommes encore loin cependant de la guérison complète. Une rechute mortelle serait inévitable si le pays aux élections prochaines ne manifestait pas son désir très net d’être débarassé des politiciens révolutionnaires qui ont failli le perdre.
Mais I assainissement financier d un pays, si désirable et si nécessaire qu’il soit, n^est cependant qu'un but secondaire.
Le relèvement du Franc, c’est bien.
Le relèvement de la France, c'est mieux.
Il n y a pas de restauration economique sérieuse et durable sans restauration morale.
À cote du danger financier qui n'est qu'une conséquence, U faut combattre le triple danger révolutionnaire,
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de l’individualisme étatiste, qui dissout l’idée familiale, de l’antipatriotisme, qui dissout l’idée nationale, du matérialisme athée, qui disso it 1 idée religieuse.
Pour éloigner cette menace de mtre pays, il faut remettre en honneur les franches et
salutaires notions de famille, de patrie et de religion, ^
Que tous les Français qui pensent que la famille doit être encouragée et aidée,
Que la patrie doit être au-dessus de toute discussion,
Que la religion doit être honorée et respectée, se rassemblent pour former le grand parti de l’ordre.
A tous ces Français, quelles que soient leurs nuances politiques ou confessionnelles, je
demande de se réunir sur ce solide terrain d entente.
Il ne s’agit pas de faire œuvre de factieux on d’agitateurs, il ne s’agit pas davantage de
renverser la République. ,. .
En 1919 ei 1924, en acceptant de figurer sur la liste des candidats d union nationale républicaine et sociale, je me suis engagé à servir mon pays dans le cadre des lois eonslilutionnelles*
J7ai conscience d'avoir tenu cet engagement.
Il ne m’en coûte pas de répéter aujourd’hui aux électeurs de la circonscription d Annonay, que si je leur demande de me renvoyer au Parlement, ce n’est pas pour faire œuvre
d’opposiLion au régime établi.
Je travaillerai même volontiers à l’améliorer dans le sens d une autorité centrale, responsable et fortifiée qui rendrait possible l’établissement de larges libertés régionales.
D’ailleurs la question qui se pose aujourd’hui avec plus de gravité encore qu au lendemain de la guerre dépasse singulièrement une question d étiquette.
J1 s’agit de savoir si la France va choisir entre son salut ou sa perte.
Ou bien la formule renouvelée du Cartel radical e-sociale-communisle, et la ruine materielle et morale de notre patrie, . .
Ou bien la formule d’union nationale dans tous les domaines de 1 activité politique.
Voici, pour ma part, les grandes lignes de mon programme :
A l’extérieur politique de paix ferme et digne dans le respect des traites.
Révision de la dette américaine.
Accords généraux sur les dettes de guerre.
A l'intérieur ; au point de vue économique, suppression des emplois inutiles, mais surtout suppression des monopoles coûteux et improductifs ,
Au point de vue social ; encouragements à l’organisation professionnelle des producteurs, qui seule peut rendre possible l’application des lois sociales, aménagement des assurances social 6S ’
Au point de vue militaire : armée de cadres solides tendant h l'armée de métier, et dont
le moral soit protégé contre les menées révolutionnaires , „
Au point de vue familial: suffrage familial, sursalaire familial, primes à la natalité, application aux taxes fiscales du quotient familial, lutte contre l'immoralité publique ; ,
Au point de vue des libertés individuelles : paix des esprits par la justice accordée
à tous.
Plus de lois d’exception comme celles qui retirent à de bons Français, sous pretexte qu’ils sont religieux congréganistes, des droits reconnus à 1 ensemble des autres citoyens
La liberté intégrale de l’enseignement, par la répartition proportionnelle scolaire et la mise sur un pied d’égalité des écoles privées et des écoics officielles ;
Ce programme est le même que celui que tous les candidats de l’ordre ont soumis à vos suffrages depuis un demi-siècle, et que vous avez toujours fait triompher en la personne de A. de Montgolfier, de E.-M. de Vogue, de Jules Roche et de Gailhard-Banccl.