M. R AU DE
Eiu au deuxième tour de scrutin, — 5.790 voix.
Mes chers compatriotes,
En répondant à l’appel qui m’est adressé de tous les coins du canton .le Guémenc du Faouet et de Gourin en acceptant la mission dont m'a inyesü, par un vote unanime le Contres d Union républicaine, ma pensée se reporte tout naturellement à quatre années en arriéré, epoque à laquelle Sélection législative avait lieu au scrutin de liste.
... .E“ 1®24’ ,V0US m’aviez donné, dans l'ensemble des trois cantons qui forment aujourdhui la deuxieme circonscription de Pontivy, le chiffre imposant de 5.160 suffrages, Si le scrutin uninominal avait été appliqué à ce moment-là, je serais déjà votre député. Depuis
quatre ans vous auriez eu comme représentant celui qui, en fait, avait recueilli le plus grand nombre de voix. ^
Pourquoi je me présente à vos suffrages ?
La majorité que vous aviez alors assurée à la liste d’Union républicaine, la belle manî-
dT loT V* V°US 3VleZ f,a‘te SUr m°n n°m’ Ï6S enc0U[>aSements qui, depuis, me sont venus u es es communes, les rapports constants et amicaux qui, dès lors, se sont établis entre
a p upar c ntre vous et moi-même, me faisaient un devoir de me présenter à vos suffrages, en 1 J28. Je n ai aucune hésitation et c’est en toute confiance que je pose ma candi- Nature devant vous.
Retour au scrutin d’arrondissement.
Le 22 avril, il ne sera plus question du fameux quotient électoral et de la plus forte moyenne. Ce n’est plus pour une liste que vous voterez, mais pour un homme. Vous aurez celte fois a votre déposition un scrutin, dont tout le monde, sans distinction de partis* apprécie la simplicité et qui permet aux électeurs de connaître celui auquel] ils confient le man a te les représenter et de rester en relations permanentes avec lui,
Je m’offre à Être votre représentant à la Chambre des Députés, et si [comme je l’espère,
us méjugez digne de cet honneur, je saurai remplir tous les devoirs que votre confiance ia imposera.
Vous me connaissez tous. Breton comme vous, depuis vingt-deux années vivant au de vous, je ni associe a vos travaux, à vos joies et à vos peines. Depuis de nommes années aussi, avec vos trois conseillers généraux, mes amis Brard, Kergaravat et
1 ‘T"’ arC^leSmiÜtantS d<3 06 PayS’ iC luüe P°ur la défense de vos intérêts et pour r, TT définitivement chez nous, les idées de justice, de tolérance et de liberté qui sont a la base du régime républicain,
toUJarr?i0n dn l0Ï JSera daire Ct nette' Je suU rfpoMieein, républicain ennemi de le tronhl ,IC 3 l!res’ do Ia dictature de droite, qui voudrait nous ramener en arriére et jeter
misère C' a"3 , 6, P»S’ d° k dlutature communiste, qui voudrait imposer à la France la liséré qui désole 3a Russie.
suivw SU1S partlSan de Ia iiberté de conscience la plus absolue, chacun étant libre d’agir nt S6S c°nvi étions, mais dans le respect des lois et des institutions républicaines.
Enseignement :
Partisan de la liberté de l’enseignement, je défendrai toujours l’école laïque contre les attaques injustifiées dont elle est l’objet, et j’associerai volontiers mes ellbrts à ceux qui tendent à rendre l'enseignement secondaire et supérieur accessible à tous les enfants de France, quelle que soit leur situation de fortune, du moment que par leur travail et leur intelligence ils sont dignes d en profiter.
La propriété :
Le progrès moral et matériel do pays doit être poursuivi dans le respect de la propriété individuelle et par la collaboration du capital et du travail, collaboration qu’il faut opposer à la lutte des classes.
La politique extérieure :
Je ne sépare pas la France de h République, et je suis patriote avant tout. Certes, je suis entièrement acquis à une politique de rapprochement entre les peuples; nous devons chercher par tous les moyens à éviter à nos enfants les horreurs que nous ayons connues, de B14 à 19 1 8 faire la guerre à la guerre, et poursuivre avec la Société des Nations, 1 organisation de la paix dans le monde. Mais, en attendant k réalisation de cet idéal, il faut assurer k sécurité de nos frontières, assurer notre indépendance par une année suffisante dont ^organisation nouvelle va enfin permettre de réduire à un an la durée du service imh-
UU\ suis partisan de k suppression des périodes de réserves, mais si les besoins de k défense nationale en faisaient mie nécessité absolue, it importerait que ces périodes soient aussi courtes que possible, pour ne pas priver la terre et l'atelier des bras dont ils ont tou¬
jours besoin. , , „
Il est d'autres questions qui vont s’imposer à l'attention et à 1 examen de la nouvelle
Chambre, Je vous dois à cet égard de préciser mes idées.
A a point de vue financier :
Il Faut maintenir l’équilibre budgétaire — achever le plus rapidement possible, le relcment financier si heureusement entrepris par le Gouvernement — stabiliser legalemen e franc — veiller à la sauvegarde des petits rentiers et des petits pensionnes — s opposer 'énergiquement au vote de nouveaux impôts — chercher par tous les moyens à diminuer ceux qui, pour sauver le pays, ont dû être établis hâtivement —alléger les impôts indirects, ramener à l’ancien taux les droits de mutation, supprimer, ou tout au moins remanier profondément la taxe sur le chiffre d’affaires qui gêne si considérablement les commerçants e pèse si lourdement sur tous les citoyens.
Surtout, et avant tout, assurer Légalité fiscale pour tous.
Au point de vue agricole :
Est-ce qu’il ne serait pas juste que le fermier dont le. bail arrive à expiration, obtienne
une indemnité pour l'amélioration que, par son travail, il a apportée, au domaine, ceci
visant plus particiilièrement.Ies- baux à court terme ? L’heure est venue de faire aboutir n nitivement le projet déjà voté par la Chambre des Députés. Eskce„qu’il ne serait pas j aussi d’assurer au fermier le droit d’obtenir par priorité le renouvellement de son bail .
Indépendamment de ces réformes, si souhaitables, des mesures doivent être prises :
Pour assurer la liberté d’exportation des produits agricoles, -ainsi que la protection
douanière des produits de la terre ; . ke*
Pour augmenter les voies de communication par la création intensive de nouvea
mi ns ruraux;
No 3814
Pour accorder aux agriculteurs des tarifs spéciaux et réduits pour le transport des entrais et en faciliter ainsi l’acquisition à meilleur compte ;
Pour lutter contre l’accaparement des dits engrais par les grandes sociétés qui en fixent
le prix à leur guise, restant les maîtres du marché ;
Pour développer le Crédit agricole, afin de faciliter aux ouvriers agricoles l’accès à la propriété, permettre aux propriétaires d’apporter les améliorations nécessaires à leur domaine et à leur outillage agricole, mettre au service des agriculteurs, l’électricité qui leur assurera force et lumière, facilitant ainsi le travail dans une maison rendue plus confortable
*l ^P o u r' réglementer la main-d'œuvre étrangère, afin que nos ouvriers puissent obtenir la juste rémunération de leur travail, qui leur permettra de vivre en toute dignité et en toute
sécurité.
Au point de vue économique ;
Il faut mettre en valeur toutes les ressources de la richesse nationale, poursuivre une politique de production à outrance, pour combattre la cherté de la vie, assurer la pleine liberté du commerce et de l'industrie en même temps que leur développement intensif.
A cet effet, il y aurait lieu d’améliorer les transports ferroviaires, en créant de nouvelles lignes de chemins de fer, en transformant en lignes à voie normale, les lignes de nos chemins de fer économiques et en adaptant les horaires des trains aux nécessités locales.
J’unis dans la même sympathie les travailleurs de la terre et ceux dePusine, et je m’engage à ne rien négliger pour améliorer le sort des uns et des autres.
Au point de vue social :
Le Parlement doit s’attacher à combattre les fléaux sociaux, la misère, îa tuberculose, le taudis, à favoriser les familles nombreuses en augmentant les avantages qui leur sont légitimement dus et les primes à la natalité;
A accorder aux vieillards, infirmes et incurables, des allocations en rapport avec es nécessités de la vie, à augmenter les retraites ouvrières ;
A veiller à l’application, dans les délais fixés par la loi sur les assurances sociales,
mieux adaptée aux besoins de 1 agriculture ;
A faire prévaloir les droits des mutilés et autres victimes de la guerre, des anciens combattants et des mutilés du travail.
Telles sont, mes chers compatriotes, les grandes lignes d’un programme dont la réalisation sera activement poursuivie si, comme les événements le font prévoir, se forme au sein de la nouvele Chambre une majorité républicaine forte et résolue.
En terminant, qu’il me soit permis de dire que j’entends rester eu contact aussi étroit que possible avec vous tous. A l’heure actuelle, la complexité des problèmes nouveaux qui se posent devant les conseils municipaux exige l’appui permanent des élus du pouvoir legislatif; entre nos municipalités et les pouvoirs publics, doit intervenir l’élu parlementaire. Je me mets à la disposition de tous et j’apporterai à la défense de vos interets tout ce que je puis posséder de conviction sincère, de volonté, d’aclion et de dévouement.
Vive la République !
Eugène RâUDE
Maire de Guéinené-aur-ScoÆ Président de la Caisse locale de crédit agricole, d* ïa Commission cantonale des Pupilles de la Natïnii et de la Société de iccours mU
lr* circonscription de VANPÎES.
M / l'abbé D ES'GR ANGES Elu au premier tour de scrutin. — 7/238 voix.
Cl 1 ers Concitoyens,
Le jour où l'honorable M. Violée prit la décision inattendue de se retirer de la lutte, les groupes politiques qui soutenaient sa candidature me demandèrent à runanimité de le remplacer.
■ ■ Je ne suis pas né en Bretagne, mais, depuis dix-huit ans, j’ai été appelé presque chaque année à prendre la parole dans le jVIorhihan ou ni attachent les plus iideles amitiés.
Sur tous les points de la circonscription, les électeurs accourus en foule à mes réunions m’ont réservé le plus fraternel accueil La plupart me connaissaient déjà.
Us se sont gardés de traiter en étranger un Français dont le cœur palpite à F unisson de leur cœur dans le culte passionné d'un même idéal et dont le sang s'est mêlé à leur sang au cours d'une guerre où le spectacle de notre unité nationale a émerveillé le monde.
Ils savent que depuis près de trente ans, dans toutes les villes de France et en beaucoup de pays étrangers, j ai travaillé à la défense de la France et de la République, suscité de nombreuses institutions ouvrières et agricoles, concouru ardemment au progrès social et à l'apaisement religieux*
C'est tout mon passé, touLe ma longue carrière de militant catholique, social et républicain, qui leur garantit ce que je suis et ce que je ferai.
Chers Electeurs,
Vous m'avez adopté avec une confiance que je vous demande de ratifier officiellement le 22 avril. De mon côté, je me donne à vous sans réserve, et cette activité que je déployai sur tant de terrains divers, je la consacrerai uniquement à la défense de votre patrimoine moral et de vos intérêts matériels, en des conditions que j'ai le devoir de préciser*
Le péril financier :
Il domine encore toutes les préoccupations.
Les imprudences cartel listes nous avaient conduits au bord de l1 abîme.
Avec autant de courage que de clairvoyance, M. Poincaré a entrepris une œuvre de redressement qui n'est point achevée.
Pour qu elle soit menée à bonne fin, il faudra que le Président du Conseil puisse compter, non sur des partisans qui lui sont venus k l'heure de son succès, mais sur une majorité fidèle -résolue à le soutenir avec désintéressement jusqu'à ce que soit définitivement gagnée la bataille du franc.
Je donnerai mon entier concours à cette entreprise de redressement, tout en m appli-* quant à repartir plus équitablement les impôts et à les alléger, en pratiquant une sévere
économie, en tirant un meilleur parti de nos richesses nationales et coloniales* «n industrialisant les monopoles.
Paix et justice internationales :
Avec le spectre de la faillite, se dresse encore, hélas ! celui de la guerre.
Il convient d’abord, d’assurer la sécurité de nos frontières ea maintenant intact le moral et en améliorant P organisation technique de la marine et de Tannée.
Mais je pense que ce n’est point avec une & forêt de baïonnettes » que Ton garantira une paix durable, la paix qui permettra aux mères de voir grandir leurs Ris, sans appréhender pour eux les effroyables tueries dont j’ai été, durant quatre ans de front,, le témoin navré.
Aussi, devions-nous travailler de toutes nos forces à perfectionner les institutions d'arbitrage et de justice internationale, à désarmer Jea haines et à réconcilier les peuples. Henri TV, rêva jadis d'établir, dans l'Europe de son temps, une Société des Nations. Ce sera, je l'espère, la gloire de la République, d’assurer la parfaite réalisation de oet idéal si français et si chrétien.
Paix intérieure :
Nos efforts a cet égard resteraient stériles et nous prêcherions inutilement la paix aux peuples, si nous éternisions parmi nous les luttes de classes et les discordes religieuses*
La paix intérieure est la condition essentielle de, la paix extérieure.
Cet apaisement înd impensable, auquel j’ai travaillé toute ma vie, j’en poursuivrai la réalisation en écartant avec le plus grand soin le sectarisme qui a fait tant de mal a la République, les lois d'exception qui privent du droit de s’associer et d’enseigner; les- meilleurs des Français, les luttes désastreuses autour de T école. Nous devrons associer étroitement l’effort de l’Etat, des familles et de Timü a live privée pour perfectionner Lcd u cation des générations jeunes, espoir de demain, l’enseignement technique et post-scolaire, pour permettre surtout à l’enfant intelligent, né dans un foyer peu fortuné, d'accomplir toutes ses études et d'accroître le nombre des hommes de valeur dont notre pays dépeuplé a tant besoin.
Cette œuvre d’apaisement religieux et de progrès scolaire, nous l’attendons, non d’une République sournoisement irréligieuse, mais de la République tolérante et largement ouverte, vraiment nationale et sociale, dont j’ai le grand honneur de porter le drapeau.
Progrès social et revendications ouvrières :
Les lutles confessionnelles, entretenues par le radicalisme, nous ont fait perdre trente ans que d’autres peuples ont eau sacrés u réaliser dans Tordre social des progrès qui restent encore a accomplir chez nous ; si bien que Ja patrie des idées généreuses est restée en retard, h faut favoriser les familles nombreuses par des allocations, des dégrèvements et des en cou-* ragements de toute nature, etc.; perfectionner l'organisation professionnelle, base de toute amélioration substantielle et féconde ; donner à la législation protectrice du travail toutes ses applications bienfaisantes ; lutter contre la vie chère qui pèse si lourdement sur les travailleurs modestes ; résoudre le problème du logement ; faciliter à l'ouvrier îa propriété individuelle et familiale, assurer à ses vieux jours une honorable aisance grâce à la loi des assurances sociales sérieusement perfectionnée et appliquée.
L'essor de T agriculture :
Les agriculteurs du Morbihan ont réalisé une organisation professionnelle beaucoup plus développée que dans la plupart ries régions de France. Ils savent qu’üs peuvent
compter entièrement sur moi pour soutenir, par ma parole et par mes votes, leurs revendications si justes et si consciencieusement étudiées au sein de leurs associations professionnelles, notamment en ce qui concerne les tarifs douaniers et les lacilités d exportation, la réforme des lois successorales qui émiettent les domaines ruraux, l’indemnité de plus-value aux fermiers sortants, l’aménagement des assurances sociales sur la base professionnelle et mutualiste, l’amélioration des routes et des chemins ruraux, le développement de l’électrili cation des campagnes,
La crise du petit commerce :
La prospérité commerciale est lice à la prospérité agricole; le tiroir du négociant ne s'emplit pas lorsque la poche du cultivateur reste vide,
fies conflits qui s'élèvent parfois entre commerçants et agriculteurs peuvent et doivent être résolus dans un esprit de conciliation et de coopération.
Les commerçants ont été lésés par le contre-coup d'un redressement financier nécessairement hâtif et improvisé. Parmi les impôts qui les frappent, celui sur le chiffre d'affaires sera avantageusement remplacé par une taxe unique. On est entré dans celte voie. J y pousserai de toutes mes forces, travaillant aussi a 1 amelioration des tarifa de transport, des voies de communication et au remplacement des octrois.
Marins ;
Un représentant de la Bretagne manquerait à son devoir s'il négligeait les intérêts des admirables populations du littoral, dont le rude et périlleux labeur ne reçoit pas toujours la récompense qu'il mérite- Je connais déjà les besoins des marins et des inscrits ; je m appliquerai à les mieux connaître encore et à réclamer avec persévérance toutes les mesures susceptibles de leur procurer l'exercice de leurs droits civiques, des pensions aussi avantageuses que celles des autres retraités, les bienfaits du crédit maritime, des tarifs de transport permettant de tirer un meilleur profit des produits de la mer, des améliorations fiscales susceptibles d'apaiser la crise de l'ostréiculture.
Fonctionnaires :
La prochaine législature devra se montrer particulièrement économe des deniers publics et provoquer la suppression de tous les emplois inutiles (en commençant par la réduction du nombre des sénateurs et des députés). Mais cette réforme, réclamée, je le sais, par une partie do personnel administratif, ne saurait léser les intérêts légitimes ni les droits acquis d'aucun fonctionnaire. Elle devra aussi avoir comme corollaire une amélioration de traitement pour ceux qui accomplissent avec conscience une fonction nécessaire. J'ai toujours réclamé pour les fonctionnaires un statut général établi par la collaboration loyale de l Administration et des intéressés. Ce statut est une garantie nécessaire que l’Etat doit à ses fonctionnaires pour les mettre à l'abri de l’arbitraire et leur permettre de défendre leurs intérêts professionnels.
Mutilés de guerre :
Il va de soi que les mutilés de guerre et du travail, leurs veuves, les retraités de toutes catégories ne doivent pas être les victimes de la dévalorisation du franc. Prendre en main leurs intérêts, ce n'est point seulement une question de justice, mais pour la plupart d entre eux, c'est un devoir de reconnaissance nationale. J'ai vu de trop près l’héroïsme des combattants pour ne pas seconder leurs associations et ranimer sans cesse la gratitude que leur doit ce pays qu'ils ont sauvé.
Conclusion,
Ai-ie tout dit? Évidemment non. , , , .
Sur ces points et sur beaucoup d’autres, nous nous sommes expliqués dans plus de
soixante-dix réunions publiques. me tiendrai en contact avec
n^illeur^ si vous me choisissez; j nannerai vanne-, jç
de vos intérêts moraux et matériels, à la grandeur de la France et de la Repubbque.
Abbé Jean PESGRÂNGES
Candidat républicain.
Chevalier de la Légion d’honneur. - Croix de guerre (4 citations). Lauréat de V Académie français
2e circonscription de VANNES.
M- PEZET
Elu au deuxième tour de scrutin. — 9.606 voix
Mes chers Amis,
Elire c'est choisir; pour choisir, il faut connaître; sans équivoque, sans masque, sans d«d£ i^dkivo».: qui que voue soye. croyant. ou
ou démocrates, royalistes ou républicains, je vous do.s un compte fidèle de que je
de cev^Jâm^^;rerez en p]eine c!arté. Ceux qui ne m’accorderont pas leurs suffrages ne pourront me refuser l’estime que l’on doit à un homme franc et droit. Cett*
L pe'pt "^^un bon républic'ain , -nête
homme et d'un chrétien T c est la loyauté.
Déclaration de principes .
Je suis républicain :
La République n’est pas seulement pour moi le Gouvernement Légitime de la France Gouvernement d’e tait auquel certaine se rouent
terrain constitutionnel, ou se rallient faute ce pour 1 ,,Qmmencée au temps des
m'apparaît être la eonelusion de notre Évolution nationale, eommeneee temps
communes, vers le progrès civique etla liberté politique.
Quiconque, de droite ou de gauche, tenterait jamais de compromettre l’existence de la République, au risque certain de jeter la nation française dans de nouvelles révolutions, trouverait en moi un ad versaïre résolu.
Maïs la République sort k peine de sa période de fondation. On lui reproche de nombreuses imperfections ; elle a commis des fautes C’est la condition de toutes les institutions humaines que d'être imparfaites mais perfectibles ; la République doit à son propre principe de devenir vraiment la « Maison commune » de tous les bons et loyaux Français.
Je suis catholique :
Dans la famille, la profession et la cité, il ny a pas que des intérêts matériels à régler : hommes et peuples ont besoin de hautes disciplines morales : je puise, quant à moi, les disciplines de ma vie personnelle et familiale, sociale et civique dans le catholicisme, qui n'est pas un instrument de domination ou de gouvernement : i! est essentiellement esprit et vie. La liberté religieuse n'est donc pas affaire de parti, mais affaire de conscience. Je demande pour le catholicisme, et ses institutions, au nom même des principe:* républicains et de la Déclaration des Droits de l'Homme et do Citoyen, l’égalité des droits, la justice et la liberté.
En France, et à ce jour où, qu'on le veuille ou non, l'unité des croyances n'existe pas en fait, le respect des consciences ne peut être assuré que par la pratique sincère de la liberté, de la justice et de l égalité ci viques : sans elles, il ne saurait y avoir de fraternité nationale* Priver, par exemple, certains citoyens, à cause de leurs conceptions religieuses et d'une organisation spéciale et librement choisie de leur vie, des droits naturels de s'associer et de transmettre leur pensée par renseignement libre, c'est commettre une déplorable erreur et contredire au principe même de la République.
C'est pourquoi, en particulier, je demande pour tous les Français, sans exception, les religieux comme les autres, la liberté d’association ; de même, je demande pour tous les citoyens, laïques, prêtres ou religieux, munis dçs diplômes nécessaires, une pleine et pratique liberté d'enseignement,
La sécurité du régime républicain et l'indépendance de l'Etat peuvent aisément s’accorder avec ces exigences impérieuses de l'égalité, de la liberté et de la justice.
Pour qu’il n’y ait pas d’équivoque, je précise que, en matière de politique religieuse, mon programme est' celui-là même de la Ligue des droits du religieux ancien combattant et de la Fédération nationale catholique dont j'ai dirigé, trois ans durant, la presse et les conférences.
Ce programme, je le défendrai avec autant de conviction que de fidélité ; mais qu'on n'attende de moi ni surenchère, ni sectarisme*
S'il en est qui veulent se servir des revendications religieuses et de l'organisation catholique comme d'une arme contre la République, qu'ils ne comptent pas sur moi*
Fidèle à la doctrine et à l'esprit, du Christ, soucieux avant, tout de rétablir la paix religieuse pour le repos des consciences et le plus grand bien de la République et delà patrie, je mettrai scrupuleusement eu pratique le précepte : « Rendez à César cc qui est à César et k Dieu ce qui est à Dieu». La religion a tout à perdre k être mêlée à la politique ; il ne faut plus qu'elle soit l’enjeu des luttes de partis.
Instruction et éducation populaires :
Je suis profondément convaincu de la nécessité primordiale des élites pour la démocratie, élites surgies de tous les milieux sociaux ; le recrutement et la formation de ces élites indispensables pour diriger la vie publique mettent au premier rang de mes préoccu-
pations tous les problèmes que posent l'instruction et l'éducation populaires. Je suis hostile à tout monopole direct ou indirect d'enseignement — l'école unique par exemple — qui aboutirait, en luit, à une conscription des intelligences et dépouillerait les familles du droit qu'elles ont de choisir librement les maîtres de leurs enfants* Un office national des bourses, largement dote, devra faciliter l'accession des élevés de renseignement primaire à renseignement secondaire et à renseignement supérieur, en laissant aux familles le choix de l'école. Quant à T éducation professionnelle eL pos [-scolaire, c'est surtout aux organisations professionnelles et aux associations d'éducation civique, mieux adaptées que l'Etat à cette fonction, qu'il convient d’en confier la charge et la responsabilité, Ï1 appartiendra k l’Etat, aux départements et aux communes, de les aider de leurs subsides.
Pour un meilleur aménagement de la République :
De l'avis des plus sûrs républicains et des Français observateurs et impartiaux, nos institutions publiques appellent des réformes, Certes, la République n'est plus contestée que par une impuissante minorité ; mais l'Etat souffre d’un manque d'adaptation de ses services publics aux besoins d'une société moderne. La réforme administrative, mal amorcée, devra être reprise et réalisée selon les principes de la décentralisation dans le cadre régional. Le Parlement devra réformer ses méthodes, notamment en appelant à collaborer avec lui, dans la préparation de son œuvre législative, le Conseil national économique, le Conseil supérieur du Travail, le Conseil supérieur de l’Agriculture, devenus, par une transformation de leur recrutement, des organismes véritablement représentatifs des intérêts sociaux, écono^ iniques et professionnels.
La Présidence du Conseil devra être organisée de façon à avoir l'autorité et la liberté d’action nécessaires pour coordonner l'activité des divers Ministères, Le statut des fonctionnaires, tant de fois promis, devra etre vote. Enfin, la prochaine Chambre devra donner au pays un régime électoral organique établissant le vote obligatoire, 1 électorat et 1 éligibilité des femmes, le suffrage familial, le scrutin de liste régional avec représentation proportionnelle intégrale.
Progrès social et justice sociale:
La France victorieuse ne saurait être une marâtre pour les travailleurs de la ville et des champs : pour rendre la France plus hospitalière et plus douce a tous ses enfants, je rechercherai l’en tente des classes et l’accord social par 1 -amélioration des conditions de la vie des travailleurs, par le perfectionnement des institutions sociales et de 1 organisation professionnelle.
La justice sociale:, avec 3a justice fiscale et administrative, garantira efficacement ^équilibre des intérêts et par conséquent, Tordre. Un vif sentiment de fraternité sociale doit inspirer Faction* sociale, c'est-à-dire les applications pratiques du sens social dans les lois et T organisation du travail*
Je crois à l'éminente dignité de la personne humaine, et cette croyance inspirera toute mon action législative au point de vue de l’organisation professionnelle et de la protection des travailleurs et de leurs familles, et en particulier des ruraux.
Pour la famille :
Un pays à natalité forte est un pays fort. Or la natalité ne cesse de baisser, d ou de graves problèmes de main-d'œuvre, de défense nationale, de sauvegarde de la race* U faut donc avoir le vif souci de fortifier la famille et d'aider la famille nombreuse*
Pour cela voici ma politique : restaurer le statut juridique de la famille pour assurer à celle-ci l'unité et la perpétuité : supprimer les obstacles à T accompli s se ment consciencieux de la procréation (répression énergique de l'avortement, de la propagande néo-malthusienne* de l’immoralité provocante par le livre ou la publication } etc,} ;
Donner à la famille la sécurité par le salaire familial, par des institutions d'assurance, de prévoyance, de compensation ; organiser sa représentation équitable dans les Conseils de la nation. Corrélativement, je poursuivrai l'élabora tion d une politique méthodique, suivie, d 'hygiène sociale (réforme de la loi de 1902 sur la santé publique, développement des œuvres de protection de F enfance, équipement scientifique, hospitalier, administratif de la lutte contre la tuberculose, contre la syphilis et ie cancer).
Pour la terre et les terriens :
L'agriculture est un élément capital du redressement et de l'indépendance économiques de la France* Les campagnes françaises sont d'ailleurs la réserve la plus riche et la plus sûre des forces saines, des familles nombreuses, des santés solides, des soldats vigoureux : c'est a la terre que la France doit l’équilibre de sa vie et sa magnifique résistance aux heures de crise ou de danger. II faut donc que toutes mesures d'ordre social, économique, fiscal et d'organisation professionnelle soient prises en vue de permettre à l’agriculture de remplir pleinement son office.
Une solidarité réelle, due aux conditions générales de la culture en France et à des traditions qui existent dans la plupart des régions, unit les divers éléments de la production agricole, dont la famille rurale est l’Instrument primordial.
En conséquence, la politique agricole doit, dans ses lignes directrices, tendre à fortifier rattachement des cultivateurs à la terre et à éviter la dislocation de la propriété familiale, d'où la nécessité de modifier le régime des taxes successorales pour consolider cette propriété,
D’autre part, une politique douanière protectrice de la culture devient chaque jour plus nécessaire,
La stabilité du fermier sur la terre qu'il cultive doit être assurée par une véritable indemnité de plus value pour ses améliorations foncières ou culturales au fermier sortant ; par le droit de priorité pour le renouvellement du bail ; par un droit de préemption pour Fâchât de la ferme louée en cas de vente, par une mise au point légale des baux à ferme.
Les petits chemins d'exploitation rurale ne doivent pas être laissés à l’abandon : ïa vieinalitc rurale fera l'objet de ma spéciale préoccupation .
Vie économique {monnaie, finances, impôts) :
Il est temps de rendre à la nation une monnaie « sûre » et fixe et donc de sanctionner au plus tôt par la loi, la stabilité de fait de notre devise. Pas de vie économique sans monnaie stable, pas de stabilité sans retour à la convertibilité en or.
Les résultats de la politique financière du Gouvernement d'Unioo nationale sont incontestables, Us ne sont pas définitifs et seraient immédiatement compromis si une crise politique qui, en mettant fin à la trêve des partis, empêcherait « d’achever » l'oeuvre entreprise et si bien menée par Al. Poincaré,
Us le seraient également si le Gouvernement, séparant les questions financières des questions économiques, et n'envisageant que le côté comptable du problème, ne se préoccupait de remédier au malaise dont souffre la production nationale. Le ralentissement des affaires e Lait inévitable. Il était prévu comme une conséquence nécessaire du retour a la stabilité après une longue période de déséquilibre. Mais la crise de désintoxication ne doit pas dégénérer en une véritable crise économique.
Le poids des impôts est lourd. Il est surtout mal réparti. Trop de Français échappent encore ù l'impôt, qui écrase, par contre-coup, les contribuables honnêtes. Un meilleur aménagement des charges fiscales fera plus pour étendre la matière imposable, que les menaces de nouvelles pénalités.
Pour réaliser la justice et poursuivre efficacement la fraude ou la dissimulation, ü convient de faire aboutir très rapidement un travail de révision, de coordination et de
lification de noire régime fiscal, sans porter atteinte aux principes démocratiques de personnalité et de progressivité raisonnable.
Il faut en particulier remplacer au plus tôt la taxe sur le chiffre d affaires par ta « taxe à la production. ».
Tous les contribuables doivent être équitablement imposés, proportionnellement à leurs ressources évaluables : celui qui a ou gagne plus, doit être plus imposé ; les charges
familiales doivent faire l’objet de sérieux abattements.
De plus, confondre revenus et salaire vital individuel et surtout familial, pourl assiette de l’impôt, serait injuste et impolitique, même au point de vue du rendement des impôts, fine plus équitable répartition des charges fiscales, un examen plus sérieux de leurs conséquences économiques parfois désastreuses sur le commerce et l’industrie, enfin une simplification des impôts s’imposent.
Sécurité nationale :
Le problème de l'organisation de la défense nationale par la nation armée dépasse infiniment les anciennes conceptions de Tannée de métier et déborde les capacités, le* compétences et Texpérience des * hommes de métier». GTest pourquoi, qui! s'agisse du statut et de La formation des officiers de complément, de la mobilisation aérienne, industrielle, scientifique, voire même intellectuelle et morale, du plan de défense de nos frontières,1 de l'instruction des troupes et de sa durée, de l'organisation de la vie économique de l'arrière, de la réforme de la justice militaire, etc,, il faut tenir le plus grand compte des leçons de la guerre, des découvertes scientifiques, des facteurs économiques.
Mais la paix extérieure exige avant tout que toutes mesures efficaces de sécurité soient prises pour mettre la patrie à l’abri de toute nouvelle agression,
La paix internationale :
Pour « tenir » jusqu à la victoire, il fallut aux combattants une grande crainte — celle de la servitude et de La ruine de la patrie — et une grande espérance — celle de la paix durable. Pour que l'espérance suprême des morts de la guerre et de leurs frères d’armes ne soit pas déçue, il faut, tout en assurant la sécurité des frontières, rechercher des solutions pacifiques dans Tordre* moral, juridique, politique ou economique, aux différents internationaux ; il faut souhaiter et faciliter T apaisement des haines et des répulsions psychologiques de peuple à peuple ; exiger le recours, chaque fois que les événements le permettent, aux services de la Société des Nations, à condition que nos créances essentielles n y soient pas abandonnées à des mains étrangères qui nous tiendraient à leur merci.
Sous la réserve du respect des droits positifs que nous tenons des traités, il faut faire confiance à la Société des Nations, mais exiger qu'on lui dorme les moyens d'éclairer son jugement, de sanctionner ses décisions, et d'affermir ainsi son autorité.
Victimes de la guerre et anciens combattants :
Plus s'éloigne la sanglante tragédie de 1914, plus s'efface le souvenir des mérites des combattants — ces « créanciers » de la nation. Et pourtant, le douloureux héritage de la guerre s'alourdit à mesure que les années passent et que la vieillesse approche. Les anciens combattants, dans la nation par eux sauvée, ne seront bientôt plus que des témoins parfois gênants d'une époque oubliée j il est temps qu ils se resaïsissent, s ils veulent obtenir les modestes compensations matérielles et morales auxquelles leur donnent droit leurs mérites et les promesses à eux prodiguées.
L'Etat français a contracté et reconnu 1 obligation vis-a-vis des victimes de la guerre^, de réparer les dommages corporels qu elles ont subi. 11 a également des devoirs envers les anciens combattants non pensionnés ; l'Office national du combattant dont, je suis un des administrateurs — lui permettra de les remplir.
Le droit à réparation , tel qu'il résulte des principes posés -par la loi du 31 mars et des dispositions du traité de paix, constitue une créance privilégiée. Il doit s’exercer pour tous les anciens combattants sous ïa forme d'une compensation pécuniaire de ïusurç physique subie du fait de la guerre. Le rajustement des pensions au1 prix réel de la vie devrait être obtenu au moyen tTune échelle mobile.
CoRclvsion.
Pour entreprendre la réalisation de ce «.plan de Gouvernement » — républicain et libéral, «oeiid et démocratique — > je crois à L'absolue nécessité de TOnion nationale.
Sans confusion, ni abdication, ni abandon des revendications essentielles — paysannes, sociales et religieuses — je soutiendrai de tout mon pouvoir le Ministère d'Union nationale et son chef M. Poincaré, à qui va la reconnaissance de tous les bons citoyens.
Je serai toujours prêt à collaborer avec tous ceux qui voudront, comme moi, la stabilL nation financière, la rénovation politique, la prospérité commerciale et économique, b , progrès rural, la justice sociale et Ja paix dans tous les domaines, paix religieuse, sociale et internationale, avec tous ceux qui, repoussant toute dictature d’un parti, d’une caste, d’une classe ou d'un homme, ont confiance en la République, pour assurer les destinées supérieures cle la France, notre patrie bien -armée.
Vive la République i Vive, la France ï
Ernest PE Z ET
Crois do guerre. — Chevalier de la Légion d’hotiüeur. Ancien combattant. — Blessé de* guerre.
Père de famille nombreuse. — Enfant du peuple* Candidat républicain ; catholique.