M. LOUCHEUR
Eiu au deuxième tour de scrutin. — 8.493 voix.
Deux fois déjà en 1919 et en 1924, en assurant le succès de la liste de la Fédération républicaine du Nord, vous avez largement contribué, par vos suffrages, à mon élection comme Député do noire département.
Je viens aujourd’hui demander le renouvellement de mon mandat aux Electeurs de ce e première circonscription d Avcsnes que notre ami regretté Léon Pascal a représentée pendant sn longtemps, avec tant de conscience et de dévouement.
Je suis un enfant du Nord et vous me connaissez. Vous savez dans quelles circonstances u im leu de la guerre, alors que je ne pensais à solliciter aucun mandat, j’ai été appelé à faire partie du Gouvernement, et je suis devenu Ministre de l’Armement.
Depuis cette date, honoré, à plusieurs reprises, de la confiance des Présidents du Conseil je me suis efforcé, dans tous les postes que j’ai occupés, au milieu de circonstances souvent difficiles, de justifier cette confiance, et de servir, avec les intérêts du pays, ceux de notre grand département*
Au point de vue de la politique intérieure, il m'a toujours para que l’union la plus
. rgce aiLnecessa.rc a noire rétablissement, et, après avoir approuvé la constitution du a met préside par M. Poincaré, je l’ai constamment soutenu de mes votes.
L œuvre entreprise par le Gouvernement actuel, avec la collaboration des chefs des
principaux Partis républicains, est en bonne voie. Elle doit être continuée
La tâche si dure léguée par la guerre obligeait les Gouvernements successifs à demander au pays un eflort financier dépassant de beaucoup tons ceux qui lui avaienL été réclamés
dans le passe. H k fallait pour sauver notre monnaie nationale, et pour défendre notre crédit a J intérieur et à V extérieur .
Le Groupe auquel j’appartiens à la Chambre s’honore d’être resté constamment fidèle
au souc. d assurer, avant tout, au-dessus des préoccupations de Parti, le relèvement
des finances publiques, sans la prospérité desquelles il n’y pas d’améliorations sociales possibles*
I es charges imposées au pays au cours des dernières législatures étaient indispensables,
C 1 em0n^ ou le Gouvernement ont proclamé la nécessité de les alléger et d’en faire une répartition plus équitable.
^ ^ cn ime (ïu^ rsison des multiples difficultés de son a ppli-
ca ion a créé un véritable malaise dans le commerce de détail. J'ai préconisé, depuis longtemps à la Chambre, la réforme complète de l'impôt sur le chiffre d’affaires et je continuerai a faire tous mes efforts pour avancer l’heure de sa réalisation.
Du poste que j’occupais pendant la guerre, j’ai pu voir de plus près et apprécier à sa haute valeur le rôle considérable que joue l’agriculture dans l’économie nationale et ma conviction s'est fortifiée que l’on commettrait une lourde faute en poussant vers l'industrialisation à outrance dans notre pays essentiellement agricole.
Je reste persuadé qu’il faut, au contraire, maintenir une judicieuse proportion entre nos deux grandes forces de production : l’industrie et l’agriculture.
Cette dernière traverse en ce moment une crise dont la grarrilé pourrait s’accentuer si les Pouvoirs publics ne prenaient pas résolument et rapidement les mesures particulières propres à assurer d’abord son indispensable protection et ensuite à satisfaire aux conditions de son développement notamment : engrais, en abondance eL à bon compte par l’exploita Lion rationnelle des immenses ressources de l’Algérie et du Maroc ; création et extension dos réseaux électriques ainsi que des moyens de transport, etc.
Vous savez que j’ai toujours suivi de près les questions économiques. Comme délégué delà France à la Société des Nations, à Genève, j’ai, en 1925, proposé et fait adopter la convocation d’une Conférence économique internationale, pour essayer de régler la production, les échangés et la situation du travail dans un monde bouleversé par la guerre Cette Conférence a tenu ses séances, il y a moins d’un an, avec un très grand succès.
Elle a créé un organisme permanent : le Comité économique international, à la viceprésidence duquel j’ai eu l'honneur d’être appelé et où je siège comme premier délégué de la France aux côtés des représentais qualifiés des grandes organisations ouvrières, industrielles, agricoles et commerciales du monde entier.
Si l’on veut que la vie économique puisse reprendre toute son activité, il faut qu’à rintérieur comme à 1 extérieur puisse régner la paix,
La paix intérieure, que les bonnes volontés doivent rendre facile, ne saurait être obtenue, dans un Etat laïque, que par une franche adhésion de tous les Citoyens aux lois de la République,
Ce serait aller contre une concorde intimement souhaitable que de vouloir rouvrir des questions qui relèvent de la conscience individuelle, et qui ont trop onglemps divisé les citoyens-
Appliquées dans un esprit de mutuel respect, les lois existantes garantissent à tous les Français la libre expression de leurs opinions comme la libre manifestation de leurs croyances, de quelque doctrine qu’ils se réclament, sans privilège pour personne, sans persécution contre personne.
C est dans cet esprit et aussi par conviction personnelle que, en accord, d’ailleurs, avec les grands chefs républicains, je suis nettement opposé au monopole de l’enseignement.
Pour cette paix intérieure, il faut également que soient résolues d’autres questions générales et mêmes locales.
Attentif au grand mouvement de solidarité qui a rassemblé à Versailles en États généraux de la France meurtrie : mutilés, veuves et orphelins de guerre, anciens combattants, prisonniers de guerre, prisonniers civils et politiques, reconnaissant les droits que leurs sacrifices leur ont acquis, j’ai soutenu et je défendrai au Parlement leurs justes et légitimes revendications.
Les fonctionnaires de la République, qui la servent avec fidélité et dévouement, sont ondes a réclamer une situation qui assure la dignité de leurs fonctions et qui soit en rapport avec le travail qu’ils fournissent au profit de la collectivité. J’ai eu l'occasion de leur
prouver mon constant souci de leur assurer cette situation jet ils savent que je continuerai a le faire. ' J
Ln certain nombre de dossiers de dommages de guerre sont encore en suspens devant verses juridictions. Il importe que des mesures soient prises pour qu’interviennent à bref e ai es solutions definitives, et que soiL efFecLué le plus rapidement possible le règlement es indemnités restant dues aux sinistrés, particuliers et communes.
Lnfiiq ayant constamment soutenu vos dévoués représentants au Conseil général, dans sur action en laveur de Ja reconstruction à voie large du chemin de fer du sud, vous pou-
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vez compter que je m'emploierai de nouveau pour activer la réalisation du projet definitivement adopté par l’Assemblée département ale.
La paix extérieure, je connais autant que quiconque, les obstacles quelle rencontre.
Depuis 1924, aux côtés du chef éminent de la délégation française, M* Aristide Briand, j'ai représenté notre pays à Genève, dans toutes les discussions relatives a la paix, J ai collaboré à rétablissement du protocole de 1924, et pris part à toutes les grandes controverses qui Tout suivi.
C’est à Genève que la France apparaît vraiment avec son visage traditionnel : celui d une nation qui, parce q u’clle respecte la liberté et 1 indépendance des autres nations T entend que soient respectées son indépendance et sa liberté.
Aussi, pendant que se continuent les difficiles discussions sur le problème de la réduction des armements, ne perdons-nous pas de vue le problème capital de notre Sécurité,
Tant que cette sécurité ne sera pas garantie d’une façon absolue et efficace par T ensemble des autres nations, nous avons fini péri euse obligation de la garantir nous- mêmes par notre armée nationale dont ^organisation doit s’inspirer des nécessités modernes,
GTest à cela qu’ont pourvu les lois militaires votées par la Chambre, laquelle a réussi k concilier, dans Tintére-t supérieur du pays, le désir de réduire au minimum la durée du temps de service et la volonté d’assurer solidement la garde de nos frontières. En particulier, nous devons nous attacher à organiser d’une façon effective la défense de notre frontière du Nord, afin que soit écartée jusqu’à la possibilité d une nouvelle violation de notre territoire.
Mais, ces précautions indispensables étant prises, il faut se pénétrer de cette idée : c’est la Société des Nations qui, s’appuyant sur les grandes démocraties du monde et s'appliquant à poursuivre dans un esprit positivement méthodique, la réalisation du plus haut idéal que l’humanité se soit proposé d’atteindre, réussira à donner enfin aux peuples réconciliés : la paix 1
Mes chers concitoyens, je ne remplirais qu’une partie de mon devoir, si je bornais mon action à ces problèmes, si importants qu'ils soient.
Aussi, ayant étudié avec soin, depuis longtemps, les questions sociales, je me suis efforcé par mes propositions et par mes votes, d’assurer la réalisation la plus rapide possible des améliorations attendues avec impatience par le monde du travail ; assurances sociales! habitations a bon marché, etc,..
Les républicains n’ont à craindre la comparaison avec aucun parti, pour ce qui concerne la hardiesse, des réformes, lorsqu’elles sont j ustes et pratiquement réalisables,
El cela même oblige à repousser énergiquement les théories dissolvantes écloses dans des pays où sévit toujours la plus intolérable tyrannie, et qui prétendent opposer les unes aux autres, des classes qui, chez nous, loin de se combattre, se pénètrent chaque jour davantage pour réaliser, sans heurt et sans violence, toujours plus de justice sociale et d’humaine fraternité.
Mettant donc au-dessus de tout l’intérêt général, dans cet accord nécessaire entre tous les citoyens, je servirai notre région d’Avesoes, notre département et notre pays.
À cette œuvre, si vous me désignez à nouveau comme votre représentant, je consacrerai une ardeur et une énergie, qui puiseront leur force dans la confiance que vous m aurez témoignée.
Vive la France l Vive la République î
Louis LOUCHEUR
Député sortant. — Ancien Ministre, Délégué de le France à la Société dos Nations- Candidat de Concentra lien républicaine.
2e Circonscription d’AVESNES.