‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1928Chapitre 185 sur 336 · M. GUILLON · texte numérisé non relu

M. GUILLON

Elu au deuxième tour de scrutin. — 6.729 voix.

Citoyens,

En son congrès de novembre 1927, la Fédération socialiste de la Nièvre a désigné comme candidat, dans la 2* circonscription de Ne vers le citoyen Claude Gui! Ion, dit « P'tit Charles », conseiller général du canton de Saint-Benin-d’Azy.

Le citoyen Guillou est né à Saint-Bemn-d’Azy le 13 septembre 1385. C'est donc un enfant du pays.

Dès le début de la guerre, il était mobilisé et partait au front avec son régiment, le 256e régiment d'infanterie.

Démobilisé en 1919*

En 1922, le Parti socialiste présentait sa candidature au Conseil général, à la suite du décès de M, Colas. 11 était élu au 2e tour de scrutin après avoir lutté eonUeM. le comte de Damas d’Anlezy.

Kn 1935* U était réélu m premier tour de scrutin,

A l’Assemblée départementale, U se signala par ses interventions eu faveur des ouvriers agricoles et bûcherons. li pactes ta jna^u’à eompiète satisfaction contre l’emploi abusif de la main-d'œuvre étrangère dans les coupes de bois.

Il demanda ci obtint le contrôle du placement des enfants assistés de la Nièvre.

Au Conseil général, le citoyen Guillori fait en outre partie des Commissions suivantes ;

1° Commission départementale ;

Commission des travaux publics ;

3* Commission de révision du salaire des cantonniers des ponts et chaussées ;

4° Commision chargée de l'examen des demandes de subvention départementale pour l'électrification des campagnes ;

5° Commission de réorganisation des services d’autobus;

6° Commission de contrôle pour la répartition des subventions accordées au Comice agricole de Ne vers ;

7° Commission paritaire de travail ;

8° Commission sanitaire des cantons de SainGBéni n-dVtay et de Saint-Saaige.

La confiance des travailleurs des campagnes lui permet d-’accuper le poste de secrétaire du Syndicat des bûcherons de Saint-Benm-cfAzy,

Sa compétence en matière agricole et Postière f a fait désigner par la C. G. T. pour

représenter les organisations bûcheronnes de France au Conseil national économique créé en 1925,

Evidemment, le citoyen Guillou n'est ni millionnaire, ni gendre de millionnaire. Mais il a un avantage sur ses trois concurrents i il connaît la vie de travail et de misère des

ouvriers et en particulier des cultivateurs et des bûcherons et, s'il est votre élu, il saurs,

d’accord avec ses camarades du Parti socialiste et de 3a G. G, G, défendre efficacement les travailleurs.

Noire doctrine .

Le Socialisme est né le jour ou, à la petite exploitation familiale d’autrefois, s’est substituée la grande industrie d’aujourd’hui, fondée sur îe développement continu du machinisme, utilisant un outillage de plus en plus perfectionné, qui ne peut s’acquérir que par une concentration massive de capitaux et qui rend de plus en plus impossible au travailleur, ne disposant que de son salaire quotidien, l'acquisition de ces formidables moyens de production collectifs que représentent les entreprises modernes.

Les socialistes proclament que ces grands moyens de production doivent appartenir à f ensemble des travailleurs qui les mettent en œuvre et ils appellent «t Révolution sociale» cette transformation du régime de la propriété capitaliste d’aujourd’hui en propriété sociale de demain.

iis proclament aussi que cette transformation peut et doit s’opérer pacifiquement, par la volonté du suffrage universel, par la, force de la loi, et non par la violence systématique et par la guerre civile, que prêchent sournoisement les « communistes ».

Non, le socialisme, ce nest ni la haine, m le vol, ni la tuerie, ni l’émeute.

C’est l’ordre substitué an désordre qu’engendre le système capitaliste*

C’est la certitude donnée à chacun, travailleur manuel ou travailleur intellectuel, de pouvoir vivre et faire vivre sa famille du produit intégral de son labeur, sans être -obligé de payer une dîme à la minorité des parasites qui lf exploitent.

C’est la fia de la lutte entre ces deux classes dont les intérêts sont aujourd’hui opposés et qui nen formeront plus qu’une seule demain ; celle des travailleurs solidaires dans 1 indépendance, dans la justice et dans la fraternité.

— wy — N° 3814

Ainsi, notre Parti, qui sc rattache à la grande tradition révolutionnaire de 1789 et 1793 et pour qui le socia israc est le couronnement de la Démocratie, réalisera, lorsqu’il aura conquis le pouvoir, le plus noble idéal de la République.

Notre programme d ac tion immédiate. — Réforme politique et constitutionnelle ,

Limitation immédiate des pouvoirs du Sénat; Désignation des délégués sénatoriaux par le suffrage universel; ~ Obligation pour le Sénat de Se prononcer dans le délai de trois mois sur tous les projets de loi qui lui sont envoyés par la Chambre ;

Extension des attributions du Conseil national économique ;

Egalité civile et politique de la femme ;

Abrogation des lois scélérates ;

Amnistie générale en matière politique ;

Suppression des conseils de guerre et des cours martiales.

Réforme financière ;

Stabilisation légale du franc ;

Consolidation de la dette flottante ;

Amortissement de la dette publique, que la politique d'emprunts à jet continu, pratiquée par le Bloc national entre 1919 et 1924, a porté au chiffre écrasant de 332 milliards ;

Prélèvement exceptionnel sur la fortune acquise, avec exonération à la base des capitaux inférieurs à 100.000 francs, pour réaliser l'amortissement immédiat d’une tranche importante de la dette publique ;

Refonte et allégement des impôts frappant les revenus du travail et paralysant l’activité économique ;

Réduction dçs impôts de consommation ;

Remplacement de la taxe sur le chiffre d’affaires par une taxe unique à la production ;

rationalisation industrialisée des grands monopoles capitalistes et des services publics-

Réduction du montant des dettes interalliées.

Contrôle ouvrier et participation ouvrière à la gestion des entreprises ;

Encouragement à l’artisanat ;

Développement des associations coopératives.

Travail, pensions et hygiène sociale :

Application stricte de la journée de huit heures, les heures supplémentaires étant rémunérées avec une majoration de 25 0/0 ;

Droit pour les salariés à un congé payé de 15 jours par an ;

Extension du droit syndical aux travailleurs de l’Etat,’ des départements et des

communes ;

Développement du système des contrats collectifs ;

Attribution du salaire national à tous les travailleurs de l’Etat et des chemins de fer : nterdietion de l’emploi des enfants âgés de moins de 14 ans dans les établissements industriels et commerciaux ;

Création de délégués ouvriers chargés de veiller à l’application des lois sur le travail, 13 securité et l’hygiène ;

Révision de la loi du h avril 1808 sur les accidents du travail (projet Gros) ; sition Durai”1 8nt ^ ^ pensions allouéeâ aux victimes du travail ; vote de la propo-

Révision et péréquation des retraites et pensions suivant les fluctuations du coût de la vie ;

Amélioration de la législation sur les victimes de la guerre, suivant les voeux adoptés par les États généraux de la France meurtrie ;

Application libérale de la loi du 14 mars 1928 sur les assurances sociales, qu’il faU£ améliorer, notamment sur les points suivants : participation financière de l'Etat, assurance contre le chômage, régime de la période transitoire ;

Augmentation des allocations servies aux vieux travailleurs pensionnée, en vertu de la loi du 5 avril 1910 sur les retraites ouvrières et paysannes ;

Refonte et amélioration des lois sur l'encouragement national aux familles nombreuses sur f assistance aux vieillards, infirmes et. incurables, sur les allocations aux familles des militaires ;

Lutte méthodique et énergique contre les fléaux sociaux (tuberculose, syphilis, cancer).

Politique du logement :

Limitation du droit de reprise des locaux d’habitation au propriétaire exclusivement et sous la condition de fournir au préalable un logement équivalent au locataire évincé ;

Reconnaissance du droit au bail pour le commerçant ou l’industriel ; suppression du droit de reprise sans juste et préalable indemnité ;

Création d’un office national du logement, largement doté de crédits budgétaires ;

Droit pour les municipalités de réquisitionner les locaux vacants ou inhabités.

Programme agraire :

Le Parti socialiste proclame, une fois de plus, que la terre appartient à celui qui la cultive. Loin de vouloir modifier Je régime de la petite et moyenne propriété, qui n’est qu'un instrument de travail entre le? mains de celui qui la féconde de son labeur, il a toujours eu le souci d'améliorer le sort de l’agriculteur, À cet effet, il préconise les mesures suivantes :

Nationalisation de la fabrication et de P importât! on des engrais^ de manière à les livrer au prix coûtant à l'agriculteur ;

Création d'un Office national du blé, destiné à soustraire les producteurs à la spéculation nationale et internationale et à protéger les consommateurs contre les effets de cette même spéculation ;

Organisation méthodique de l'électrification rurale avec le concours financier de l'Etat dans une proportion plus élevée qu’aujourd'hui ;

Révision de l’assiette de l’impôt excessif et mal réparti ;

Développement des syndicats, mutuelles et coopératives agricoles ;

Extension des caisses de crédit agricole, afin de permettre laccès de la propriété terrienne aux travailleurs des champs et de doter d’une maison et d’une petite exploitation personnelle l’ouvrier agricole qui en est dépourvu ;

Etablissement de tarifs réduis pour les engrais, les machines et les produits agricoles, et création de tout un matériel moderne pour le transport des denrées périssables ;

Application de toutes les lois ouvrières et de prévoyance sociale aux travailleurs agricoles, de manière k rendre leur situation équivalente à celle des ouvriers des villes ;

Fixation, par les syndicats ouvriers et patronaux, d’accord avec les municipalités, d’un* minimum de salaires, tant pour les ouvriers à la journée que pour les loués à l’année (bouviers, charretiers, bergers, valets de ferme, servantes, etc.) ;

Institution d une journée de travail normale. — Pour les travaux saisonniers intensifs (moissons, fenaison, vendanges, semailles, etc.}, des heures supplémentaires pourront être permises ; leur durée et leur rétribution spéciale, ainsi que les dérogations au repos hebdomadaire pour cas de force majeure, seraient fixées par les syndicats ouvriers ou patronaux;

Indemnités de plus-value au fermier et au métayer sortants;

Contrôle et limitation de lïntroducüon de la main-d’œuvre étrangère, qui ne doit pas concurrencer la main- d oeuvre locale ,

Nationalisation des grandes forêts particulières et, en tout cas, contrôle par l’Etat de l'exploitation des coupes, de manière à éviter la destruction totale des bois d’industrie et à réserver aux ouvriers bûcherons la possibilité de gagner leur vie par leur travail dans la région ou ils résident.

Education nationale :

Défense de l'école laïque et des lois de laïcité ;

Enseignement gratuit, à tous les degrés, pour tous les enfants, sélectionnés selon leur mérite et non suivant la fortune de leurs parents — Ecole unique, n 'impliquant pas le monopole ;

Gratuité complète de la scolarité (fournitures, soins médicaux, cantines, etc,}, avec l aide des municipalités et de 1 Etat ;

Respect absolu, de l'obligation et fréquentation scolaire rendue effective par des allocations compensatoires aux familles ;

Scolarité obligatoire jusqu’à un minimum , de 14 ans, pour tous les enfants qui ne pénétreront pas dans le second degré ;

Diffusion de renseignement technique ;

Organisation de l’apprentissage obligatoire ;

Développement de renseignement postscolaire, de l’éducation physique et des sports Politique internationale :

Démocratisation de la Société des Nations, — Transformation de ce syndicat de gouvernements en une communauté réelle de tous les peuples ;

Organisation de la Paix* — Préparation du désarmement général par la pratique de l’arbitrage international obligatoire ;

Maintien des relations avec la Russie ;

Réforme militaire : application rapide du service d'un an, prélude du service de neuf ou de six mois ;

Renonciation aux expéditions et aux aventures coloniales ;

Préparation des Etats-Unis d’Europe.

Glaudü GUILLON.

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