M. CARLIER-CAFFIERI
Elu au deuxième tour de scrutin. ~ 6,241 voix.
Chers Concitoyens,
Je n’ai pas à me présenter à vous, vous me connaissez puisque vous avez, en 1926, affirmé sur mon nom, dans cette circonscription, à la majorité absolue, raccord entre votre politique et la mienne.
Modeste ouvrier de Fœuvre de reconstitution financière et nationale du cabinet Poincaré que j’ai constamment soutenu de mes votes, je vous demande, aujourd’hui, le renouvellement de mon mandat,
La politique que j'entends poursuivre, si vous me désignez de nouveau pour vous représenter au Parlement, est, vous le savez, une politique avant tout économique. Le redressement de notre situation financière domine tout actuellement, même le problème social, parce que les réformes en ce sens ne sont réalisables que dans un état prospère. L’œuvre eat en bonne voie, Il faut Tache ver.
Mais, pour atteindre ce but, il est nécessaire d'assurer une stabilité gouvernementale qui permette la continuité de T effort de redressement si heureusement commencée, C’est pourquoi j entends poursuivre également îa politique de paix et de concorde qui a permis â notre Président Poincaré de sauver le franc.
Le problème économique, à une des heures les plus graves que nous ayons jamais traversées, vaut bien qu'on lui sacrifie quelque chose. Sans rien abdiquer de nos convictions, je le souligne, nous vouions faire trêve aux luttes politiques qui divisent.
Inscrit a 3a Chambre au groupe de la gauche radicale, fermement et profondément républicain, j’appuie mes convictions sur la Déclaration des Droits de T Homme et du Citoyen. La République laïque, de laquelle nous sommes fils, doit être servie avec loyauté. 'I entends donc, si vous me désignez à nouveau, faire triompher le programme basé sur les principes suivants : restauration et sauvegarde de l'autorité de l’Etat, respect de la légalité, et contrairement aux volontés des partis de révolution, opposition à tout ce qui tiendrait à restreindre la liberté individuelle.
Respect par l’Etat des engagements qu’il a pris* notamment en ce qui concerne les victimes de la guerre pour lesquelles les mesures de solidarité ne seront jamais trop larges.
Les démocraties sont fondées sur les libertés. La liberté de T Etat ne doit pas être entravée, non plus que les libertés individuelles. La séparation et la délimitation stricte des pouvoirs en est une des conditions essentielles. Le bon fonctionnement des institutions parlementaires et la liberté ainsi garantie permettront d’assurer à tous la liberté individuelle, laquelle comprend le droit de propriété et la liberté formelle des consciences ; droit absolu de chaque citoyen de pratiquer la religion qui lui plaît ou de n’en pratiquer aucune sans qu’il en résulte pour lui faveur ou défaveur.
f( Les églises libres dans 1 Etat souverain », voilà la formule du parti républicain du Nord que je fais mienne.
La laïcité, je Liens à l'affirmer, n'est pas pour moi la guerre religieuse, mais la neutra- 1 i té vis-à-vis des questions de conscience, «le ne connais que des Français égaux devant la loi»
Le maintien et rélargissement de toutes les libertés, c'est ainsi que je vois révolution et le progrès continu d'une République vraiment démocratique*
Pr o gra mm e ad m inis ira tif.
Réorganisation, d'accord avec les fonctionnaires, des services administratifs. Décentralisation et simplification d'un système qui ne cadre plus avec le progrès et les besoins d une population moderne*
Les fonctionnaires ont à remplir une mission d’utilité publique et non un service d’intérêt privé, L'Etat, en échange du dévouement qu’ils doivent apporter à leur tâche, leur doit une rémunération équitable et un statut protecteur dans les limites de l’intérêt général.
Suppression de rouages inutiles, mais fonctionnement amélioré des services jusqu'ici existants.
Accroissement du rendement des exploitations que T Etat se réserve sous quelque forme que ce soit (monopole, régie) et perfectionnement de l'outillage national, mise en valeur de nos colonies. La France doit parvenir k se suffire à elle-même par l'exploitation intelligente de ses richesses nationales et coloniales*
Assainissement du régime fiscal, répartition plus équitable des impôts, dégrèvement à la base, perfectionnement du système d'impôt sur le revenu, suppression des privilèges fiscaux tels celui des bouilleurs de crus, répression de toute fraude, suppression des dépenses qui ne sont pas indispensables*
Afin de pouvoir alléger le contribuable du poids des lourdes charges qu'il apporte, afin de diminuer les impôts actuels dès que l’assainissement financier le permettra, la nouvelle Chambre devra porter tous ses efforts sur le développement de la richesse nationale en favorisant toutes les formes de l'activité économique : l’industrie, le commerce et l'agriculture, et cela, par tous les moyens dont elle disposera. Nous ne devons pas oublier que c'est dans la production intensive que nous trouverons le meilleur remède à la vie chère*
Enfin, pour rester fidèle à notre programme de concorde et de paix intérieure, garantie de la prospérité économique d'un pays : collaboration et coopération de toutes les forces de production. « Il faut que le capital travaille et que le travail possède à.
Par conséquent, l’Etat doit encourager les formes de société qui diffusent les richesses entre de nombreuses mains, assurer à tous la propriété ou la jouissance d'un foyer salubre, par la construction des habitations à bon marché. k La propriété étant — - selon l'heureuse formule des radicaux — le prolongement de la personnalité humaine » et le gage de son indépendance, elle doit être protégée et rendue accessible à tous*
Programme social *
Adversaire résolu de la lutte des classes, je suis partisan de tout ne qui fortifiera la démocratie, de tout ce qui réalisera l'avènement de l'égalité et de la justice sociale. Eu élevant le niveau de culture et de bien-être de tous les travailleurs, nous comblerons le fosse qui sépare les catégories sociales, mettant fin par là à la stérile et criminelle guerre des classes, inexplicable dans un pays comme le nôtre où les diverses catégories de citoyens se pénètrent et se confondent*
Nû 3814
Pour élever systématiquement le, niveau intellectuel, moral et matériel des travailleurs, il faut s'attacher à la formation des élites indispensables à l'épanouissement d'une démocratie. ï)e là, nécessité de donner un accès de plus en plus large au degré supérieur de renseignement, notamment par un passage rationnel clu primaire au secondaire, ions les petits Français qui y sont aptes, quelle que soit la situation de leurs parents, doivent se trouver égaux devant renseignement. Le pouvoir de développer les facultés doit jouer sans entrave dans un Etat pleinement démocratique.
Le droit familial que je défends énergiquement, et qui est un droit naturel, exige la liberté d’enseignement et, suivant la politique de concorde et d’apaisement que j’entends pratiquer, je veux comme corollaire la cessation des luttes politiques ou religieuses autour des écoles publiques qui doivent être contrôlées et soutenues.
L’application d’une neutralité loyale, fondée sur le principe intangible de la liberté de conscience, est la base de Pécole laïque et nationale*
Dans une République, la liberté 11e doit jamais perdre ses droits, c’est pourquoi je suis adversaire du monopole de renseignement par FEtat.
La réalisation des assurances sociales doit être énergiquement poursuivie. Les infirmités et la maladie doivent, dans un Etat profondément républicain, avoir droit au secours de l’Etat.
L’Etat doit également aider les familles nombreuses, non par des allocations provisoires, piais par une législation qui allège efficacement les charges de famille, développer tout ce qui est de nature à relever la natalité sans même négliger les facteurs moraux, comme le respect dû aux familles nombreuses, protéger l'enfance par la lutte contre la mortalité infantile et contre les facteurs de dénatalité, alcoolisme, /tuberculose, etc. J’ajoute encore, législation permettant à la femme mariée de jouir de ses droits civiques et politiques.
Défense nationale.
C’est en assurant la sécurité à l’intérieur .que* nous pourrons envisager la question du service militaire.
Notre sécurité doit être recherchée dans le perfectionnement de la Société des Nations qui doit devenir un organe assez fort pour garantir la paix mondiale, et aussi dans les accords internationaux conformes aux traités existants.
Mais la France ne pqut se remettre exclusivement à autrui du soin d’assurer sécurité, la force de son armée est la meilleure garantie de la paix du monde. Cette force doit être obtenue par la réorganisation de l’armée nationale, notamment par la modernisation et l'augmentation du matériel et par l'organisation de cadres solides* A ces conditions, il est permis d’envisager une réduction du service militaire La France doit faire dans le monde figure d'un peuple pacifique mais jaloux de son indépendance et de sa dignité. R où réduction du service militaire, mais proportionnée aux exigences de notre sécurité nationale et compensée parune réorganisation profonde de l’armée tant pourl arm entent que pour 1 utilisation du temps de service.
La bataille de demain, chers Concitoyens, doit se dérouler dans la clarté.
Comme. l'écrivait récemment le sénateur Charles Debierre, président de la Fédération radicale et radical e-socialistè du Nord ; « On ne peut être à la fois avec et contre les destructeurs de la propriété individuelle, avec et contre la dictature d une classe sur les autres.
J'ajoute : avec le Ministre Poincaré pour achever le redressement économique de notre pays meurtri par la plus terrible des guerres, et contre Poincaré pour la funeste expérience qui avait mis hier la banqueroute à nos portes.
Électeurs, l'heure est venue de prendre une décision. Si vous partagez les idées que je viens d exposer et si vous m'accordez de nouveau votre confiance, je me consacrerai, aux
côtés de notre grand président* « au mieux-être de le pays tout entier. »
tous ceux qui souffrent et espèrent dans
Vive la France !
Vive la République ï
Jules CAS LIER- CAFFIER I
Agriculteur, — Ingénieur agricole.
Vice-président de la Société des agriculteurs du Nord. Membre de la Cuajnijre des agriculteurs du Nord* Maire de Vi Uers-Pol. — Conseiller général. Député sortant.
Candidat de concentration républicaine.
lra circonscription de CAMBRAI.
M. DELMOTTE
Élu au deuxième tour de scrutin. — 12.254 voix
Mon Programme.
La République véritable, libérée de la dictature d’une secte
Pas d’Etat dans l’Etat.
Liberté de conscience. Liberté d’enseignement. Liberté du travail. Liberté du comnationide^0 a&rlCUÏture- Ni étalisme ni monopoles. Neutralité loyale de l’école laïque et
Égalité pour tous dans le respect des lois: toutes les libertés légitimes, mais dans oi re c est-a-dire dans le respect des lois établies, qui, indéfiniment perfectibles, ne doivent constituer ni pour les personnes ni pour les consciences, un instrument d’oppression.
bralermtê — Solidarité des citoyens. Les assurances sociales. SolidariLé du capital et du travail sur le type américain adapté à nos coutumes. 11 faut que le capital travaille et que le travail possédé. La sélection des élites intellectuelles et leur instruction gratuite. Reglement immédiat des petits sinistrés. La propriété pour tous, par le crédit. L’habitation saine Laide aux familles nombreuses. La lutte contre les fléaux sociaux (tuberculose, a coolisme ..). La justice pour les mutilés, les veuves et les orphelins.
Le lrava.il, — Rationalisation ; réorganisation des vieilles méthodes et de noire outillage sur le type moderne américain pour la production facile et abondante, source unique u uen a i e t es travailleurs. Protection de la culture pour vivre avec notre sol Protection ,H P commerce, de Partisan et de l’apprenti. Les transports à la hauteur des besoin* economiques. Restauration financière par la confiance, fille unique de la concorde et de
i-Union nationale. Des économies. Des simplifications. Une p]us iuste rénarHfmn 1 ■ A<
:Sj"ron"“'le"trel8srégio“-Mi'e « ^
U paix, par l’a,., ai loyal de 1» Société de, N.lions, soos l’œil vigilant dW solide
Frlr,“ Fœtiaf é“rSi”“ ‘ ™““« ^UomL étrangé^!
Il n’y a pins aujourd’hui que deux partis :
1“ Le parti de l’ordre ;
‘2° Le parti de la Révolution,
Vous êtes pour l’un ou pour l’autre, vous ne pouvez pas être entre les deux Le part! révolutionnaire est une machine dont le premier engrenage s’appelle le Cartel 81 V0US y mettez Ie dolSt. vou« y passerez tout entier avec vos biens vos liberté „ ’
serez ensuite par l’engrenage socialiste, et vous sortirez de la machine pl le l2ilT ^ munis te, dépouillé de tout, même du droit de vote, même du dr^de^r P7r “e' rég:mc du revolver et de 3a trique. ë ^ vlvre le
C est cela que vous voulez ?
Non! Alors venez avec nous contre le Cartel, faire le bloc de l’ordre.
Gadriel DELMOTTE
Candidat d’ücïon nationale.
2e circonscription de CAMBRAI.
M. DELIGNE
Elu au deuxième tour de scrutin. — 11.076 voix
Aux Electeurs,
ijfteg***.^ ? “ «*"*• Républicaine, h Parti du
profession do foi. J. v.eaa vous exposer mon programme et ma
Programme financier B
™, “““ commerciale en équilibre, procéder i de, amorüs-
parvenir à de justes accords ave °°T ^ ^ V°lontaire de ,a detta liante intérieure,
1 désaccords avec nos créanciers étrangers, si l’on veut continuer l’œuvre dè
réforme monétaire, de redressement financier et d'assainissement économique poursuivie avec fruits depuis juillet 1926.
Des économies peuvent être réalisées dans le budget i toute dépense inutile doit être impitoyablement rejetée.
Les impôts, hâtivement votés pour faire face à des situations critiques, doivent faire l’objet d'une révision complète : il en est qui sonL excessifs, ceux qui, notamment, frappent la production et le travail ; il faudra les réduire. Il faut les rendre plus clivïrs, plus justes, plus compréhensibles, en tenant un compte exact des charges et du coût de la vie.
P r oef ram ni e économique.
Je suis pour le maintien de la loi de huit heures, contre l’extension des monopoles, pour la suppression des privilèges.
L’industrie, le commerce, l’agriculture, bases de notre régime économique, doivent être favorisés et protégés par des conventions douanières de longue durée et par le développement du. crédit à long terme;
Notre domaine colonial doit être mis en valeur : nous devons favoriser la production, développer notre outillage national si nous voulons rendre la vie moins chère.
L'artisanat, l'atelier familial doivent être développés, protégea.
Réformes législatives.
Les anciens combattants méritent toute notre sollicitude, il est indispensable de faire droit à leurs légitimes revendications ; rajustement des pensions au coût de la vie, juste augmentation des pensions attribuées aux veuves et ascendants, révision des dossiers d allocations militaires des familles des anciens combattants restées en pays envahis, etc.
Les réclamations dos anciens prisonniers méritent également un examen attentif*
Les fonctionnaires ont droit à un statut * il faudra le leur voter.
Il faut permettre à l’élite des élèves des écoles primaires, à l'enfant de l'ouvrier comme à tout autre d'accéder aux études secondaires et supérieures et ce, par l’augmentation du nombre des bourses annuellement accordées et par une sélection donnant toutes garanties d impartialité.
de suis pour le maintien du service militaire d'un an, pour l'application intégrale du traité de Versailles et du plan Dawes, l'occupation de la Rhénanie et pour une large politique de paix (Genève, Locarno, Thoiry).
Programme politique*
Mes opinions sont franchement républicaines*: d'esprit laïque, je suis très tolérant . je réprouve tout sectarisme. Je suis pour toutes les libertés légitimes, liberté absolue penser, ayant nécessairement pour corollaire la liberté de croire, comme de ne pas croire liberté de conscience, de réunion d’opinion, liberté d'enseignement qui n est d ailleurs qu'une des formes de la liberté de penser.
Partisan résolu de toutes ces libertés, je n'en conçois l'usage que dans 1 oidre et par conséquent dans le respect des lois établies ; celles-ci, toujours perfectibles, doivent, « 1Tl0 sens, être appliquées dans un esprit tel qu'elles ne constituent pour aucune conscience instrument d'oppression, *
Je suis contre tout projet de monopole de l'enseignement par l'Etat, mais poui emai tien de la laïcité de nos écoles publiques, et, par voie de conséquence, pour le main Uc d’une neutralité complète de ces écoles publiques. ,
Je suis pour un gouvernement d'autorité et une stricte séparation des pouvoirs.
Je combats le communisme qui nous conduirait à la révolution universelle.
Je combats le socialisme international, qui tend à la lutte des classes et à la propriété collective.
Progra mme social.
Je préconise, au contraire, l'accession du plus grand nombre à la propriété individuelle.
Les lois sociales ont, depuis un certain nombre d'années, transformé profondément notre société, elles sont en pleine évolution ; elles devront faire l'objet d'une attention marquée au cours de la prochaine législature. Il faut qu'il s'établisse une véritable collaboration entre le travail et le capital.
J’admets le syndicalisme, le plus large des travailleurs et des ouvriers sur le terrain professionnel.
Je suis le partisan résolu de l'amélioration continue des lois d'hygiène, des lois sur les habitations à bon marché et sur les jardins ouvriers. Les familles nombreuses doivent êLre favorisées par des dégrèvements d’impôts, des primes à la natalité et le sursalaire familial ; il faut reviser, améliorer, refondre tontes les lois de protection de l'enfance, de protection ouvrière et paysanne, de mutualité sous toutes ses formes, et enfin mettre au point dans le délai imparti, la grande loi sur les assurances sociales.
Tel est mon programme.
Electeurs, vous avez à choisir :
Ou pour l'ordre qui noua conduira au redressement financier et économique, c'est-àdire au bien-être de tous.
Ou pour le désordre, qui nous conduira à la révolution, génératrice de ruines et de misères.
Maurice DELIGNE.
ire circonscription do DOUAI.