‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1928Chapitre 195 sur 336 · M. BOUTEILLE · texte numérisé non relu

M. BOUTEILLE

Elu au deuxième tour de scrutin. — 9.403 voix.

Depuis le mois de novembre 1919, j’ai l’honneur de représenter le département de l’Oise à la Chambre des Députés. Mais, par le nombre de ses suffrages, par la sympathie particulière dont il ne cessa de m’eriLourer, enfin par mon mandat de conseiller général, l’arrondissement de Clermont me montra une confiance, dont je suis fier, dont j’ai toujours tâché de me montrer digne, à laquelle je viens adresser un nouvel appel, pour le scrutin du 22 avril prochain.

Homme politique, au fur et à mesure que se prolongeait mon mandat, j’ai subi les plus violentes attaques. Elles ne m’ont ni abattu, ni découragé. Autour de moi, plus serrées, plus nombreuses, j’ai vu se grouper des amiLiés agissantes et fidèles ; leurs manifestations, au cours de la campagne qui va se Lerminer, engagée par moi dans les conditions dé santé assez difficiles, me montrèrent sur quels appuis solides je pouvais compter et quelles énergies entendaient m’aider, pour le succès des idées qui nous sont communes.

U oeuvre d'hier. — - La lâche de demain.

Les idées, il ne m’est possible que de les résumer en quelques mots. Je ne parlerai pas de ce que fut l’œuvre d’hier. En dépit de toutes les polémiques et de toutes les attaques mauvaise foi, il n'en reste pas moins que le pays s’est relevé de ses ruines, que l oppor de certaines lois ouvrières lui évita les désordres sociaux et qu enfin, apres Icpreuic,

presque mortelle du Cartel, qui manqua de tuer leTranc, ila retrouvé TO l’Union irépublicaine et l’impulsion du Président Poincaré, tous les élans d'une confiance rénovatrice,. Parmi les premiers, sans m’éterniser en inutiles récriminations, sans attendre dans une attitude de bouderie, j’avais, dès 1925, alerté l’opinion publique. Mes conférences dans tout le pays, le préparèrent aux mouvements ordonnés d’une volonté, à laquelle le Ministère actuel pour être a ppuyé et agir, n’eut qu’à faire appel, le moment venu* Regardons, aujourd’hui, tous ceux qui se réclament des heureux résultats acquis. Tenons-nous en défiance contre ces concours tardifs trop tardifs pour être désintéressés.

Regardons aussi la tâche de demain. Elle sera lourde* Fort de votre confiance, je ne désespère pas de la mener à bien* Laissez-moi vous en esquisser, à grands traits, les lignes essentielles. Dans le cadre restreint de ce programme, je ne prétends pas absorber toutes les questions qui vous intéressent, ni dresser le calendrier de toutes les réformes. Tenonsnous en, avec sérieux,, à l'essentiel.

Questions sociales :

Les faits économiques démentent tous les conceptions du marxismjs rév olutionnaire,

À un syndicalisme haineux, étape déguisée de la fonctionnarisation universelle, qui briserait les individus el les initiatives, j’oppose les méthodes de la liberté corporative, qui donnent à l’ouvrier son plein épanouissement d’artisan libre. Dans la collaboration du capital et du travail, par la participation aux bénéfices, par l’assurance contre Fin validité et tous les risques de l’âge. Je rassure tous ceux que peut angoisser le lendemain. Je préconise un concours généreux aux mères, aux familles nombreuses et je réclame tout ce qui au point de vue de l’hygiène sociale, de l’habitation et des jardins, peut améliorer leur sort.

Questions fiscales :

Pas d’améliorations sociales sans ressources* Pas de ressources sans économies féroces. Révision de tous les impôts ; beaucoup de taxes, beaucoup de contributions se ressentent, dans leurs formules brutales, des circonstances tragiques, dans lesquelles elles furent improvisées. Je propose que notre fiscalité soit revisée* N’écrasons pas le contribuable. Donnons-lui l’idée de la justice contributive. En équilibrant le budget, en V ordonnant, nous arriverons à obtenir une monnaie saine. Le franc ne retrouvera sa valeur, la vie ne deviendra bon marché que si nous pratiquons des économies rigoureuses*

Yole des femmes :

Pourquoi les femmes qui ont les mêmes obligations que les hommes, n’auraient-eUes pas le droit de vote ? Je soutiendrai cette revendication; elle me paraît appelée à nous rendre les plus éminents services au point de vue social et au point de vue familial*

L’Ecole :

L’enseignement public est la chose de tous* J’entends que l’enseignement professionnel secondaire ou supérieur, soient facilités à tous et que les pauvres |n’en soient pas privés. Lorsqu'il s’agit du savoir, c’est à l’Etat qu’incombe la mission de réparer les inégalités de la naissance et de la fortune. En démocratie, chacun doit pouvoir s’élever par le seul fait de son intelligence et de son savoir. J’apprécie — et je leur rends hommage — tout ce que nos instituteurs primaires font pour nos enfants* Ils sauront nous aider dans tout ce qui concerne la question scolaire*

La paix extérieure :

Je veux et je souhaite la paix. Je l’envisage, avec le concours d’une diplomatie vigilante, eu collaboration avec la Société des Nations* J’admets les espérances de Locarno, que

saluait hier le Président Poincaré, Elles pourraient devenir une réalité si les autres pays les considéraient avec une bonne foi pareille à la nôtre.

Combattants :

Tandis que chacun apporte son concours à la question si importante de la paix, doublions pas ce que nous devons aux combattants et continuons à nous intéresser à leur sort, à celui des mutilés, des veuves et des orphelins. Je garde, avec mes camarade^ les liens de nos communs souvenirs et de leurs admirables sacrifices.

Politique agricole :

J’ai eu Toccasion de dire avec quelle bienveillante attention je m’attachais à l’étude des questions rurales f soit en ce qui concerne nos taxes de douanes, la production de nos engrais et la main-d’œuvre. Toujours en rapports étroits avec les groupements agricoles, j’étudierai avec eux les questions qui les intéresseront et je poursuivrai ainsi f une collaboration confiante ; qui donna, jusqu’ici, les plus utiles résultats.

Devoirs et droits :

Puis, attentif ans: évènements extérieurs, ponctuel aux débats parlementaires, aux travaux des Commissions, je saurai décider suivant les circonstances et m’inspirer, toujours du bien public. Mon attitude sera celle d’un vigilant serviteur de la démocratie et d'un dévoué représentant de ce pays clermontois, que je connais et dont je traduirai toujours par mes actes les légitimes aspirations.

Ceux-là tous ceux-là, les Républicains, qui connaissent leurs droits, savent bien qu’il n’y aurait pas de vie possible si chacun, sans subir la contrainte des disciplines générales, entendait leur opposer les caprices de rindividualismc et les appétits de l'intérêt.

Telles furent, il y a quelques mois, les expériences du Cartel.

Wy retombons pas. Ensemble, je vous convie à relever le Pays, à poursuivre le sauvetage du franc.

Mes chers Concitoyens,

Pour moi, la République, par dessus les cadres précaires des partis, c'est le devoir, le devoir social, quejfoppose aux concessions calculées d’un cartel en déroute, au désordre socialiste et à tout ce qui détruirait la Patrie.

Conservons dans un même amour vibrant et enthousiaste, nos institutions, notre Pays et maintenons -leur les biens de l'ordre, de la paix et de la liberté.

Désmi BOUTEILLE

Député sortant.

Conseiller général de l'Oise.

Conseiller municipal de Clermcmt.

Circonscription de COMPÏÈGNE.

M. FOURNIER- SARLÜVÈZE Élu au deuxième tour de scrutin, — 11 .662 voix.

Chers Concitoyens,

Le Congrès de la Fédération des républicains de l'arrondissement de Compïègne m'a fait l'honneur de me choisir comme candidat de concentration républicaine. J'ai accepté cette candidature;

Vous me connaissez.

Depuis vingt-quatre ans h la mairie de Compïègne et au Conseil général de FOise, pendant trois législatures au Parlement, j’ai servi la démocratie, non en paroles, non eu promesses, maïs en actes et en réalisations.

Contrairement à tant d'autres, je n'ai pas varié dans ma ligne de conduite. J'ai soutenu la politique de M, Raymond Poincaré dans les heures les plus difficiles. C'est encore pour la défense de cette politique républicaine, que je me présente à vos suffrages.

Républicain, je ne sépare pas nos institutions de la liberté qui en est îa base essentielle, liberté religieuse, liberté d 'enseignement, liberté d'association, liberté sous toutes ses formes et dans toutes ses manifestations légitimes.

Le redresement de nos finances commencé par le Ministère Poincaré doit être poursuivi et achevé. Il ne pourra l'être que si le Gouvernement est appuyé par une majorité d'hommes qui seront pour lui des soutiens fidèles et non des alliés intermittents.

Diminution des impôts et de la vie chcre :

L'amélioration de notre situation financière en même temps qu'elle nous donnera la stabilité nécessaire au commerce, à l'industrie et à l'agriculture, permettra la révision de notre système fiscal, une plus juste répartition des impôts et la diminution des charges si lourdes qui pèsent sur tous,

La diminution de la vie chère est à cette condition.

L'intensification de la production, la mise en valeur de nos colonies, le développement rationnel de notre agriculture, de notre commerce et de notre industrie y contribueront pour une très large part.

La suppression des monopoles d'ÉLat doit aussi procurer d'immenses ressources, tout en sauvegardant les droits acquis des buralistes, des bénéficiaires et des ouvriers des manufactures.

De même, il importe de pratiquer, de la façon la plus rigoureuse, la politique d’écono- 3D*es commencée par le Ministère Poincaré.

Défenseur résolu de la propriété individuelle, je veux faciliter aux travailleurs F accession à la propriété*

Comme je Fai fait à Compicgne, je suis résolu à encourager la construction des habitations salubres pour remplacer les taudis, principale source des maladies sociales et de l’alcoolisme.

Familles nombreuses :

J'encouragerai tous les efforts qui seront tentés en faveur des familles nombreuses, par l'augmentation des allocations, par des primes à la natalité et par des dégrèvements d’impôts.

Pour tout ce qui a trait aux familles nombreuses, à la protection de l’enfance, aux œuvres de maternité, le rôle de la femme est prépondérant : aussi je réclame l’égalité politique des hommes et des femmes.

Hygiène publique :

Les institutions sociales telles que hôpitaux, dispensaires, préventoriums, œuvres de maternité et de F enfance, hospices des vieillards, jardins ouvriers que j’ai développés à Compïègne, doivent, grâce k une plus large participation de l’État, s’étendre, en France, k tous les intéressés sans grever les faibles budgets communaux.

Assurances sociales :

J’ai voté la Loi des assurances sociales, mais sous réserve qu elle sauvegarde la juste rémunération des services rendus et qu’elle soit perfectionnée de façon à ne pas peser trop lourdement sur les assujettis, sur les agriculteurs surtout, auxquels on prétend imposer de? charges qu’ils ne pourront supporter.

On peut arriver à ce résultat par l’application de la taxe de solidarité que j’avais proposée et soutenue à la Chambre, le 30 mars 1926.

La paix :

Partisan de la paix, je m’associerai â tout ce qui pourra rendre plus efficace Faction de la Société des Nations, h tout ce qui contribuera au rapprochement des peuples et au règlement des conflits par l’arbitrage.

Anciens combattants :

Ceux à qui nous devons la paix, les anciens combattants, ont droit à la reconnaissance du pays. En complet accord avec leurs associations, je ne laisserai jamais amoindrir las droits des anciens combattants, des veuves, des orphelins, des mutilés, des prisonniers de guerre.

Régions dévastées *

L’Allemagne doit remplir les obligations qu’elle a contractées par le Traité de Pais ^ l1 acceptai ion du plan Dawes,

Nous pourrons ainsi achever l’œuvre de reconstitution des régions dévastées.

Agriculture. — - Commerce, — Industrie :

Je défendrai les intérêts de l’agriculture, du commerce et de Fmdustrie, en agissant .en accord avec les Chambres de Commerce et d’ Agriculture, avec les groupes commerciaux et industriels, les sociétés et syndicats agricoles, les groupements d’artisan

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C’est ainsi qu’en respectant k liberté de J 'agriculture et du commerce, on leur donnant les encouragements et les protections auxquels ils ont droit, nous augmenterons la prospérité nationale.

Il conviendra aussi d’achever l’œuvre d’ électrifie a tioïi des campagnes.

Il ne suffit pas de se parer de Pétiquette, parfois bien illusoire, de candidat agricole ; les cultivateurs savent quïls ont pu, en toutes circonstances, compter sur mon concours le plus absolu et que j’ai toujours fait passer Le souci de leurs intérêts légitimes avant les préoccupations d’ordre politique*

Diminution des charges communales :

Nos services administratifs doivent cire remaniés et modernisés*

Les communes devront être libérées des charges qui résultent pour elles de l'application des lois sociales, charges qui doivent incomber à PE Lai,

L’entretien dos routes doit être plus largement supporté par l’Etat, alors qu’il pèse si lourdement sur les communes ; celui des cours d’eaux doit être particulièrement surveillé et assuré pour éviter le retour des inondations si préjudiciables aux campagnes*

Administrateur d’une Compagnie d’Àssurances, fondée par ma famille, je sais quelles sommes importantes oes compagnies versent à l’Etat pour les sapeurs-pompiers. Ces sommes conservées par 1 Etat dans son budget, devraient etre reversées intégralement aux communes pour leurs subdivisions de sapeurs-pompiers. Elles permettraient ^amélioration du matériel, la création de centres de protection contre 1 incendie, l’attribution aux sapeurs-pompiers, à leurs veuves, à leurs orphelins des pensions qui leur sont si légitimement dues.

Enseignement :

Si Pécule publique doit conserver son caractère de neutralité, il ne doit être porté aucune atteinte à la liberté de renseignement, garantie par les lois de la République,

L enseignenent à tous les degrés doit être ouvert à tous les enfants suivant leurs aptitudes, 1 Etat devant subvenir aux frais de cet enseignement pour les enfants des travailleurs, sans pour cela recourir au système de l’école unique, qui conduirait fatalement au Monopole de Renseignement,

L’enseignement technique, industriel et agricole doit être développé.

Défense nationale et préparation militaire :

Partisan de la diminution des charges militaires, j’ai voté la loi réduisant à un an la durée du service actif, mais j’ai refusé mon concours aux propositions socialistes tendant à iaire supporter aux formations de réserves des « Départements Frontière »]e premier choc des envahisseurs.

Cet abaissement de la durée du service devra obliger l’Etat à accorder des subventions importantes aux œuvres de préparation militaire de la jeunesse ainsi qu’à toutes les sociétés sportives,

Parallèlement aux mesuras d’ordre, général, je poursuivrai la défense des intérêts de notre région et vous savez qu-à cei égard ma bonne volonté et mon dévouement ne vous feront jamais défaut*

U{ programme qui se résume ainsi : Paix, Solidarité sociale, Finances saines, ^ ei te sous toutes ses formes, devront se grouper dans la prochaine législature, tous les épiiblieaîps fermement résolus à continuer l’œuvre d’ Union nationale du Ministère

lomcaré.

Pûlü ^a*re triompher ce programme, je fais appel à tous ceux qui, s’élevant au-dessus

des rancunes et des interets personnels, comprennent la nécessité de 1" Union de tous les citoyens, pour la prospérité et la grandeur de la Patrie,

Electeurs : Nous devons gagner la partie au premier tour.

Pas d’absten Lions.

Vive la France î Vive la République 1

FOURNIER-SÀRLÜVÈZE.

lrt circonscription de SENLIS,

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