M. BOUTET
Elu au deuxième tour de scrutin. — 6.721 voix.
Char Citoyen,
Désigné parle Parti Socialiste comme candidat à l'élection législative du 22 avril 1928 dans la 2e circonscription de Minières, j'ai l'honneur de solliciter votre suffrage.
Mes idées, mes méthodes d’action, mon programme, touL cela vous est connu car ce n est pas d’aujourd’hui que date mon entrée dans la vie publique.
Déjà, depuis de nombreuses années, je sers une cause que je crois juste : celle dn monde du travail. Cette cause, je la place bien au-dessus des préoccupations d’ordre personne) ; aussi est-ce cette conception de la lutte qui m’a permis de traverser tant de batailles politiques, sans que jamais la sérénité m’abandonne.
Sur le fond du problème social, je reste convaincu que les classes laborieuses des villes et des champs ne sauraient trouver tranquillité, liberté, sécurité, bien-être, tant que les grands moyens de production et d’échanges seront détenus par une minorité de capitalistes, maîtres des.grands domaines terriens, de la grande industrie, du haut négoce et des oligarcliies financières.
Je me prononce donc très nettement en favear d'one transformation intégrale de l’État social, mats on voudra bien convenir qu’en poursuivant l’appropria Lion sociale des monopoles capitalistes, je ne poursuis que la réalisation d’une idée de justice, à l’exclusion de toutes violences, de tout désordre, dont je suis l’adversaire résolu.
Pour ce qui est des réformes les plus urgentes, je préconise la réduction immédiate du somee militaire pour tous les citoyens, en attendant le désarmement progressif et simulta ne de tontes les puissances.
Je réclame aussi la démocratisation et le renforcement de la Société des Nations, proclamant la liberté des peuples à disposer d eux-mêmes.
Je déclaré que l’assainissement financier et l’allègement des charges fiscales qui pèsent sur les classes laborieuses ne se peuvent réaliser que par un prélèvement sur les grosses fortunes, avec de larges exonérations à la base.
Eu ce qui concerne les assurances sociales, qu’un vote récent du Parlement a enfin instituées, j’en demande l’amélioration par une augmentation sérieuse de la contribution financière de l’Etat et par leur extension au risque de chômage involontaire.
Les victimes de la guerre et du travail, les réformés d’avant-guerre, les rétraités civils
G, ^' danes, leurs veuves et leurs orphelins trouveront en moi un défenseur énergique et vigilant. 0 1
Les cultivateurs, salariés agricoles, petits propriétaires terriens méritent qu’on les souhenne. On ne saurait le faire plus efficacement qu’en abaissant les tarifs de transport, afin t e .au o wisser le prix des engrais ; qu’en développant l’enseignement agricole en nommant, n ^ laque canton, un ingénieur agronome; qu’on créant des champs d’expérimentation dans la plupart des communes; qu’en procédant à la réfection du plan cadastral ; qu en favorisant le remembrement des parcelles de terre; qu’en mettant en valeur les ter-
ra,ns 1 ommunaux » ?u en favorisant par de larges subventions les caisses du Crédit agricole et les mutuelles.
L! abrogation desiois do 1893 et de 1S94 (lois scélérates), l’amnistie pleine et entière des délits politiques, la suppression des conseils de guerre, voilà des questions qui ne sauraient rester longtemps en suspens et que la nouvelle Chambre devra voter dès le- début do la législature,
/Vu moment où les cléricaux réclament 1 abrogation des lois de laïcité, il me parait nécessaire de rappeler que je considère cos lois comme intangibles et que renseignement public, a tous ses degrés, trouvera toujours en moi un atril fidèle et un défenseur ardent.
A propos de la question do ravitaillement, dont le paiement, dans les départements occupés de 1914 à 1918, a donné lieu à tant de légitimes protestations, j'ai déclaré dans une de mes réunions, que l’in justice ne se prescrit jamais. C'est dire que je saisirais avec empressement toute occasion de remettre la question en discussion afin de la faire trancher dans un sens conforme à l’équité.
j'arrête là cette énumération — très incomplète d'ailleurs — des questions qui doivent^ selon moi, retenir toute l'attention d'un représentant du peuple digne de sa mission. Mais je vous dois une dernière déclaration. La voici :
Je juge toutes les dictatures haïssables. Je les considère comme le tombeau des libertés individuelles et publiques.
Les dictatures, qu’elles soient exercées par un individu ou par une caste, ne servent que des intérêt particuliers et c'est toujours la classe ouvrière qui en fait les irais.
Q je vous dirais-je de plus* Vous me connaissez; au Conseil général, à la mairie de Charlevilic, c'est des idées qui précèdent que je me suis toujours inspiré pour Faction.
Notre grand Jaurès disait : « Sans le Socialisme, ia République est vide; mais sans, la République, le Socialisme est impuissant. »
C'est parce que le Socialisme n'est que la Republique intégrale que je continuerai à combattre, avec une ardeur accrue, tout ce qui peut ébranler ou jeter bas la République et la Démocratie.
A vous de me juger et de dire, par votre bulletin de vote, si je vous offre des garanties suffisantes pour vous permettre de me confier la mission de vous représenter a la Chambre.
Si vous vous prononcez en ma faveur, je m efforcerai de suivre 1 exemple de mon regretté camarade Albert Poulain, qui fut votre député pendant près de vingt armées, et dont vous avez gardé le meilleur souvenir. Comme lui je mettrai toute ma bonne volonté à votre service.
Si vous vous prononcer contre moi, je rentrerai sans amertume dans le i ang, et je continuerai d’y défendre J a cause à laquelle j'ai voué ma vie et qui est celle de la République sociale.
Veuillez agréer, cher Citoyen l'expression de mes sentiments tout dévoués.
Ciî. BOUTET
Maire de CkarlevÜln,
Yko-Président du Conseil général des Ardennes.
Circonscription de BETHEL
M« Albert MEUNIER
Elu au premier tour de scrutin, — 6*269 voix.
Mes chers Corn patriotes ,
Je viens solliciter de vos suffrages, sous la forme du scrutin uninominal, le mandat législatif que le scrutin départemental m'avait confié en 1919? et continué en 1924.
Désigné par I'Uhïor républicaine Ârdennaïse, je fais appel a tous ceux qui veulent bien admettre qu’aujourd'lmi, comme hier, F union seule peut sauver notre pays.
En 1921, mes amis et moi vo^s disions :
<t Nous n'avons pas cru 3e moment venu de recommence! les luttes de partis*
tt ïi nous a paru qu'il fallait, avant tout, assurer la sécurité de la pairie, achever la réorganisation du pays et In reconstitution de notre département,
« Triple et lourde tâche, qui exige 3a collaboration de tous les hommes d'ordre, dans une action Commune,
« Est-ce le moment de nous dresser à nouveau les uns contre les autres ? Est-ce le moment d'opposer à la politique nationale que nous entendons suivre, les querelles stériles de la politique de parti ?
* « Nous ne Je pensons pas, »
A quatre ans de distance, je vous tient le même langage.
Après deux années d'une expérience malheureuse, qui a failli conduire notre pays à la pire catastrophe, il a fallu revenir à la politique de concorde, par la constitution d’un cabinet d’union nationale, dans lequel ont collaboré, sous l'habile direction du grand lorrain Raymond Poincaré, des adversaires de la veille qui, depuis vingt mois, continuent d’oublier leurs vieilles querelles, leurs divergences d'opinions, pour travailler sans relâche au redressement de la France, — Vous savez ce qu'il en est advenu.
Allons-nous rompre avec eet esprit d'union, et courir à nouveau vers l'abîme, ou permettrons-nous au gouvernement actuel d'achever son œuvre ?
Avec moi, j'en suis persuadé, vous serez pour le maintien de Poincaré aux affaires.
Franklin-Bouillon, dans son admirable campagne en faveur de la même fhèse, demande à tous les hommes de bonne volonté une trêve d’au moins quatre années, dans un esprit de tolérance absolue, entre tous les partis de gouvernement restant sur leurs positions : ni sacrifice pour personne, ni menace contre personne.
Avec moi encore, vous serez pour ia trêve des partis,
La directive générale de ma politique, si vous me renvoyez au Parlement, sera donc ce qu'elle a été depuis que j’y suis entré : repousser tout ce qui peut diviser le pays, parce que tout ce qui le divise F affaiblit ; défendre et soutenir tout ce qui rapproche les bons citoyens, parce que V union, c'est la force.
Cette politique se concilie dans toutes ses grandes lignes avec le programme arrêté par l'Union Républicaine Ardennaise, et que je fais mien ;
1° Politique intérieure :
Séparation de la religion et de la politique. - Exercice de la liberté de conscience dans ]e cadre des lois républicaines. - Ni agitation, ni intolérance, m sectamme, clou qu ils viennent. - Défense de l’école laïque, qui, respectueuse des croyances, doit observer la
nhis stricte neutralité. , ,
Liberté d’opinion pour tous, mais lutte résolue contre la propagande révolutionnaire
et communiste, qui, tendant à désorganiser la société, à s'introduire dans les services publics, à l’école, dans l’armée, constitue un danger grandissant pour l’ordre social et la sécurité nationale.
2° Politique extérieure :
Politique de paix, fondée sur l'extension des pouvoirs et des moyen d action de la Société des Nations, sur le désarmement moral et matériel, sur l’organisation de l’arbitrage obligatoire et sanctionné des conflits internationaux. Mais tant qu’en Allemagne, l’esprit de Tancnberg n’aura pas été remplacé par l’esprit de Locarno, politique de sécurité vigilante, par la garde au Rhin, et maintien d’une armée disciplinée, pourvue des moyens de deiense les plus modernes,
3* Politique financière :
Achèvement de l’œuvre d’ assainissement et de redressement en treprise par Poincaré. — Amortissement de la dette, équilibre rigoureux du budget qui doit etre vote chaque année avant le 31 décembre, remboursement des avances à la Banque de France, respect absolu des engagements de l’Etat, organisation industrielle des monopoles simplification des lois fiscales, répartition équitable des impôts, abaissement du taux de certains impôts, notamment de l’impôt de la première mutation des immeubles, et de 1 .mpôt sur les valeurs mobilières, application de l’impôt sur les bénéfices commerciaux aux petits commerçants, en déduisant du chiffre de leurs bénéfices U rémunération forfaitaire de leur travail. — Politique de confiance, favorisant l’épargne et soutenant la production, dont l’accroissement est la condition essentielle de la prospérité financière.
4° Politique économique et sociale :
La prospérité économique est la condition du progrès social. En conséquence organisation de la production suivant les méthodes modernes, développement de 1 exportation par l’établissement de tarifs spéciaux de transport, par le crédit à long terme aux exportations, par la mise au point de nos services de renseignements commerciaux a 1 étranger, par ‘accroissement de notre marine marchande. - Mise en valeur des colon.es en orientant rers nos possessions les capitaux et l’activité des Français, en intensifiant 1 échangé des
aroduits coloniaux et des produits de la métropole,. . , ,
Politique de développement agricole, et notamment politique des engrais, ton es arix doivent être réduits, et dont le transport doit être moins coûteux
En un mot, lutte contre la cherté de vie, non par des taxations arbitraires et inefficaces, nais par l'abondance de la production et la diminution du prix de revient.
Au point de vue social, opposer h la politique socialiste de suppression ce a propnf e me politique permettant ^accession de tous à la propriété. Aux doctrine» c c icm> ution e le dictature, dont la réalisation apporterait à quelques-uns la jouissance et le profit du >ouvoir, et la misère à la masse, nous opposons une politique de reformes -su s cep i es u lonner à l’ouvrier des villes et des champs le logement propre et sam, 1 hygiène a usine, me protection efficace contre le chômage, la maladie et la vieillesse, par app ica ion m .e- ;rale et l'amélioration des lois sociales (loi sur les retraites ouvrières, sur es as \ '
ociaîes, sur les familles nombreuses, etc*), et la possibilité de s élever moi a em en
riellement pour 1g développement des œuvres post-scolaires, permettant l'éducation professionnelle, morale et civique.
Défense des droits et revendications des anciens combattants, mutilés et réformés, veuves et orphelins de guerre.
Acceptation du vote des femmes et du vote familial, — Pour tous, électeurs et éiectriées, le vote obligatoire.
Sur ce programme, peuvent se grouper tous ceux qui veulent la paix intérieure, qui rejettent b égoïsme de caste et la haine de classe, qui ne reculent devant aucun progrès , aucune mesure de justice sociale, mais croient indispensables à l’ordre, à la prospérité et à la sécurité du pays, le maintien de la propriété individuelle et la lutte contre les conceptions politiques et économiques do collectivisme.
Mes chers Compatriotes,
Vous me connaissez, vous m’avez vu à l’œuvre.
Vous savez que je me suis consacré tout entier à P exercice de mon mandat, et que je n'ai jamais failli à mes promesses.
Ce que j’ai .été, je continuerai de l'être,
A tous ceux qui veulent bien encore me faire confiance pour la défense de leurs intérêts et ceux du pays, je réponds : Présent, comptez sur moi,
fous aux urnes, mes amis, pour la France, pour la République !
Albert MEUNIER,
Docteur en droit.
Maire de Juré ville. — - Conseiller générai des Ardennes.
Député sortant.
Candidat d'.ünion nationale.
Circonscription de ROGROÏ.